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Bilan de la Première Guerre mondiale en France

Article principal : Première Guerre mondiale.
Cimetières militaires à Douaumont
cimetière militaire français & allemand (Première et Seconde Guerres mondiales) à Guebwiller, Alsace, France : tombes françaises

Libérée à l'est par l'effondrement russe, l'Allemagne lance toutes ses forces sur le front ouest. C'est un assaut extraordinairement violent et dévastateur. Les alliés reculent profondément, puis lancent une contre-offensive victorieuse. Celle-ci annonce la fin pour l'Allemagne. Le front des Balkans cède aussi, en septembre 1918. L'armée française de Franchet d'Espèrey pourchasse l'ennemi. La Tchécoslovaquie proclame son indépendance le 28 octobre. La Bulgarie et la Turquie jettent l'éponge. L'Allemagne sait que la guerre est perdue : les grèves, mutineries, les émeutes se succèdent. Le 7 novembre, la Bavière fait sécession ; le 9 novembre, la république d'Allemagne est proclamée. Le 11 novembre, l'armistice est signé.

En France, il souffle comme un vent d'euphorie. Le retour des prisonniers, puis celui des combattants, prend des allures de fêtes ; mais la réalité reprend vite le dessus : où est la victoire ?

Sommaire

Bilan humainModifier

Le quart nord-est de la France, qui a servi de champ de bataille, est sinistré. Toutes les usines ont été détruites ; 3 millions d'hectares de terre sont impropres à la culture ; 800 000 maisons ont été détruites. L'économie est au plus mal. Même les plus aisés sont touchés. La France comptait 500 000 rentiers en 1914. Ils n'ont plus rien, et ils attendront en vain le remboursement des emprunts russes. Les dirigeants français croient en une solution miracle : les vaincus devront tout payer. L'Allemagne, qui compte 2 millions de morts, n'était-elle pas aussi ruinée ? Le bilan humain (dressé par le rapport officiel du député Marin en 1921) est effroyable : 1,4 million de morts (900 par jour) ; 252 900 disparus ; 18 222 morts en captivité ; 145 000 morts de maladie. Près de 36 % de ceux qui avaient entre 19 et 22 ans en 1914 sont morts. Pour l'ouest de la France, on dispose d'un tableau par corps d'armée.

  • Le 3e corps d'armée (Caen, Le Havre, Rouen) : 298 000 mobilisés, 50 600 morts et disparus (17 %)
  • Le 4e corps d'armée (Le Mans) : 236 000 mobilisés, 47 200 morts et disparus (20 %)
  • Le 9e corps d'armée (Tours, Angers, Cholet, Saumur) : 333 000 mobilisés, 59 100 morts et disparus (17,7 %)
  • Le 10e corps d'armée (Rennes) : 318 000 mobilisés, 62 100 morts et disparus (19,5 %)
  • Le 11e corps d'armée (Nantes) : 470 000 mobilisés, 87 000 morts et disparus (18,6 %)

Il faut aussi compter les autres victimes : 3 594 900 blessés ; 600 000 invalides ; 300 000 mutilés et amputés. 42 000 aveugles, 15 000 gueules cassées. On compte environ 600 000 veuves et autant d'orphelins. Le poilu après cinq années de combats qui ont bouleversé sa foi et son être espère qu'il s'agit là de la der des Ders.

Le cas particulier de l'Alsace-MoselleModifier

Conséquences environnementalesModifier

 
Pièce métallique incrustée dans une pièce de bois depuis la Première Guerre mondiale, musée des métiers du bois (Labaroche).

Un siècle après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, une centaine de démineurs sont encore employés à plein temps par la sécurisation des obus non-explosés dans le quart nord-est de la France[1]. Il arrive encore que certains de ces obus explose lors de leur découverte[2]. Des accidents ont également lieu à cause des munitions immergées contenant des gaz de combat[3]. La présence de ces obus dans l'environnement génère également une pollution des sols[4],[5].

Dans la zone du front, on note également que de nombreux arbres ont reçu des éclats métalliques dus aux combats, ce qui les rend impropre à l'utilisation en scierie.

Sources et bibliographieModifier

  1. Élise Descamps, « Les démineurs de la Grande Guerre », La Croix,‎ (lire en ligne).
  2. France Bleu Picardie, « Somme : un obus de la Première Guerre mondiale explose sur un chantier », France Info,‎ (lire en ligne)
  3. « Nord. Un pêcheur à l’aimant gravement brûlé après avoir remonté un obus contenant du gaz moutarde », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  4. « Arsenic et vieux obus: casse-tête en Meuse », Le Républicain lorrain,‎ (lire en ligne).
  5. Daniel Hubé, « La pollution des sols après la Grande Guerre : quelles conséquences aujourd'hui ? », sur centenaire.org, .

Articles connexesModifier