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Bigorexie

addiction liée à l'activité physique

La bigorexie[n 1], parfois appelée sportoolisme, est une dépendance à l'activité physique qui concerne les personnes devenues dépendantes par suite d'une pratique excessive du sport. Identifiée dès le milieu des années 1970 par le docteur William Glasser[2], elle est reconnue comme dangereuse par l'Organisation mondiale de la santé depuis 2011 ; elle touche principalement les adeptes des sports d'endurance ou de culturisme.

Sommaire

SymptômesModifier

Les personnes souffrant de bigorexie ne sont pas à leur aise si elles ne font pas de sport tous les jours. Elles organisent leurs journées autour de l'activité sportive et sont souvent obsédées par leurs performances et leur poids[3]. La notion du modelage du corps et de la perte de graisse est souvent un élément clef de cette dépendance[4].

Des signes de manque peuvent apparaître en cas de sevrage du sport, en particulier l'anxiété et l'irritabilité. Une personne touchée par la bigorexie peut insister pour pratiquer son sport malgré une blessure et s'éloigner de ses proches[3],[5] que ce soit dans l'entourage social, familial ou professionnel[1],[6]. La bigorexie peut causer des problèmes psychologiques, mais également avoir un effet sur la santé en conduisant à un épuisement général, à des déchirures musculaires, à des atteintes tendineuses, à des fractures ou même à un infarctus[3].

Les personnes les plus touchées sont principalement celles qui font du culturisme ou un sport d'endurance[5] mais aussi des activités liées au fitness[1] ou au cyclisme[6].

CausesModifier

Une cause possible de la bigorexie est la production d'endorphines, apportant une sensation de bien-être, qui est stimulée lors de la pratique sportive[3],[7],[8].

D'autres raisons sont purement psychologiques : manque d'estime de soi, vide affectif ou encore besoin de changer d'apparence physique[3]. « Le bigorexique masque une souffrance psychique (dépression, rupture) sous une douleur physique. Avec cette addiction, on est passé d'une définition positive du sport, fondée sur la liberté et l'effort, à une définition négative » précise Aude Sophie Cagnet psychologue des Hôpitaux de Paris[1].

TraitementModifier

Cette addiction « sans substance  » peut être traitée avec une thérapie en psychologie du sport. Le risque principal du traitement est de remplacer cette addiction par une autre[3].

ReconnaissanceModifier

En 2008, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale estime qu'environ 4 % de Français sont atteints de bigorexie[3] ; cette addiction touche principalement des hommes[9].

En 2011, l'Organisation mondiale de la santé reconnaît la dépendance au sport comme une maladie[3].

Personnalités atteintes de bigorexieModifier

En octobre 2015, Tibo InShape affirme avoir souffert de bigorexie[10].

En avril 2018, Bixente Lizarazu affirme souffrir de bigorexie[5],[11].

Yves Beauchamp et son projet de courir 365 marathons sur l'année 2014 reconnait être « viscéralement bigorexique » depuis des décennies après son premier Ironman ; il continue à courir malgré de multiples blessures[1].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Néologisme composé de « big » (gros en anglais) et de « orxis » (envie, appétit en grec)[1]

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Favrice Pliskin, « Bigorexique, comme ils disent », Le Nouvel observateur, no 2591,‎ , p. 74 (ISSN 0029-4713)
  2. « L'addiction à l'exercice physique », Psychotropes, vol. 8,‎ , p. 39-46 (lire en ligne)
  3. a b c d e f g et h BFMTV, « La bigorexie: quand le sport devient addiction », sur BFMTV (consulté le 22 décembre 2018)
  4. Laurence Negroni-Nikitine, « Quand l'amour du sport tourne à la bigorexie », sur madame.lefigaro.fr,
  5. a b et c « Qu'est-ce que la bigorexie ? », sur Santé Magazine, (consulté le 22 décembre 2018)
  6. a et b « Bigorexie : le sport crée des junkies presque comme les autres », sur nouvelobs.com,
  7. « Quand être accro au sport devient une maladie », sur ouest-france.fr,
  8. Laurent Karila, « Marathoniens, sportifs, connaissez-vous la bigorexie? », sur huffingtonpost.fr,
  9. « La bigorexie : quand le sport et le contrôle de son alimentation deviennent une obsession », sur ici.radio-canada.ca,
  10. Tibo InShape, « JE SUIS BIGOREXIQUE ! », sur www.youtube.com, (consulté le 6 janvier 2019)
  11. « Bigorexie : "Je préfère avoir cette maladie que d'autres", confie Lizarazu », sur RTL.fr (consulté le 22 décembre 2018)

Voir aussiModifier

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Lien externeModifier