Beryl Markham

aviatrice


Beryl Markham
Beryl Markham 1936.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
NairobiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Entraîneuse de chevaux, aviatrice, écrivaineVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction
Women in Aviation, International (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
West with the Night (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Beryl Markham () est une aviatrice kényane d'origine britannique. Elle est une des premières pilote de brousse kényane. Aventurière, entraîneuse de chevaux de course et écrivaine, elle est la première pilote à traverser l'Atlantique d'est en ouest sans escale et en solo. Elle raconte ses aventures dans ses mémoires West with the Night (en).

EnfanceModifier

Beryl Markham nait dans le village d'Ashwell, dans le comté de Rutland, en Angleterre, fille de Charles Baldwin Clutterbuck, entraîneur de chevaux reconnu et de Clara Agnes (née Alexander) Clutterbuck (1878-1952)[1]. Elle a un frère ainé, Richard Alexander "Dickie" Clutterbuck (1900-1927).

A l'âge de quatre ans, la famille Clutterbuck déménage au Kenya. Son père y crée un élevage de chevaux de courses[2] à Njoro (en), près de la vallée du Grand Rift, entre l'escarpement de Mau et la vallée de Rongai. Un an après leur arrivée, sa mère qui ne supporte pas leurs conditions de vie spartiates, retourne en Angleterre avec son frère ayant une santé faible[3]. Beryl Markham passe une enfance aventureuse[4] à apprendre, jouer et chasser avec les enfants locaux de la tribu Kipsigi. Sur la ferme familiale, elle développe ses connaissances et son amour pour les chevaux, s'établissant comme entraîneuse à l'âge de 17 ans, après le départ de son père pour le Pérou[5]. Cette éducation non conventionnelle pour quelqu'un de son rang fait d'elle une jeune femme farouche et audacieuse, qui se moque de la bienséance.

Record aérienModifier

Beryl est surtout connue pour son vol en solo à travers l'Atlantique, d'est en ouest[2]:166,205.

Lorsque Beryl décide d'entreprendre la traversée de l'Atlantique, aucune femme pilote n'a effectué un vol sans escale ou en solo de l'Europe à New York, bien que plusieurs soient mortes en essayant. Beryl espère remporter les deux records. Le , elle décolle d'Abingdon, dans le sud de l'Angleterre aux commandes de son Percival Vega Gull (en) nommé The Messenger. Après 20 heures de vol, l'avion subi une panne d'alimentation en carburant due au givrage des évents des réservoirs de carburant. Elle se crashe à Baleine Cove (en) sur l'île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse à l'est du Canada. Elle est devient la première femme reliant l'Angleterre à l'Amérique du Nord sans escale, en solo et d'est en ouest. Elle est reconnue pionnière de l'aviation[6].

Beryl raconte ses nombreuses aventures dans ses mémoires, West with the Night, publiées en 1942. Après avoir vécu pendant de nombreuses années aux États-Unis, Beryl retourne au Kenya en 1952, devenant pour un temps l'entraîneuse de chevaux la plus titrée du pays.

Vie privéeModifier

Aventureuse, indépendante et belle, Beryl Markham était admirée et décrite comme une non-conformiste réputée, même dans une colonie - à l'époque le Kenya s'appelle l'Afrique orientale britannique - connue pour ses excentricités. Elle se marie trois fois, prenant le nom de Markham de son deuxième mari, le riche Mansfield Markham (en), avec qui elle a un fils, Gervase. Elle a une liaison en 1929 avec le prince Henry, duc de Gloucester, fils du roi George V, mais les Windsors demandent à mettre un terme à cette relation. Elle a également une liaison avec Hubert Broad (en), ancien pilote britannique de la première guerre mondiale. Mansfield Markham, lors de son divorce en 1937 avec Bery, demandera le témoignage de Hubert Broad (en) [7]. Après sa traversée de l'Atlantique, elle revient pour vivre avec Broad, qui avait influencé sa carrière de pilote.

Elle s'est liée d'amitié avec l'écrivaine danoise Karen Blixen pendant les années où la baronne Blixen gérait la plantation de café de sa famille dans les collines de Ngong près de Nairobi. Lorsque la relation romantique de Blixen avec le chasseur et pilote Denys Finch Hatton se terminait, Markham a commencé sa propre liaison avec lui. Il l'a invitée à faire une tournée des terrains de jeu sur ce qui s'est avéré être son vol fatal, mais Markham aurait refusé en raison d'une prémonition de son instructeur de vol, le pilote britannique Tom Campbell Black[4].

Inspiré et entraîné par Tom Campbell Black, Beryl a appris à voler. Elle a travaillé pendant un certain temps comme pilote de brousse, repérant les gibiers depuis les airs et signalant leur emplacement à des safaris au sol[2]:166-168.

Elle s'est aussi mêlée à la célèbre série Happy Valley.


De mariages ratés en liaisons contrariées – elle tombe éperdument amoureuse de Denys Finch Hatton, amant de la romancière Karen Blixen –, Beryl va peu à peu s'imposer comme l'une des femmes les plus singulières de son temps. Elle sera la première aviatrice à accomplir un vol transatlantique en solitaire d'est en ouest ...

C'est une des premières femmes à avoir pu vivre de son activité dans l'aviation commerciale quoique cette possibilité existât, pour les femmes, depuis 1926

Beryl Markham est représentée dans le film Out of Africa par le personnage de Felicity. C'est lors d'un séjour avec elle que Denys Finch Hatton s'écrase en avion, alors qu'elle avait refusé au dernier moment de l'accompagner[8].

Le cratère vénusien Markham a été nommé en son honneur[9].


RéférencesModifier

  1. Lovell, Mary S., Straight on Till Morning, New York: St. Martin's Press, 1987, p. 3
  2. « L'aviatrice - Paula McLain », sur Babelio (consulté le 25 janvier 2019)
  3. « L'Aviatrice, un fascinant portrait de femme ! », sur Café Powell, (consulté le 25 janvier 2019)
  4. L'Aviatrice : roman (trad. de l'anglais), Paris, le Livre de poche, , 567 p. (ISBN 978-2-253-06784-9, lire en ligne)
  5. Aschan, Ulf., The man whom women loved : the life of Bror Blixen, St. Martin's Press, (ISBN 0-312-02249-2 et 9780312022495, OCLC 17918283, lire en ligne)
  6. Sally Shuttleworth, « Philip W. Martin, Mad women in Romantic writing, Brighton, Harvester Press, New York, St Martin's Press, 1987, 8vo, pp. x, 198, illus., £29.95. », Medical History, vol. 34, no 04,‎ , p. 452 (ISSN 0025-7273 et 2048-8343, DOI 10.1017/s0025727300052893, lire en ligne, consulté le 25 janvier 2019)
  7. (en-GB) The National Archives, « The Discovery Service », sur discovery.nationalarchives.gov.uk (consulté le 25 janvier 2019)
  8. Karen Blixen, Afrique, Gallimard, coll. « Quarto », , 1036 p. (ISBN 978-2-07-078234-5), « Karen Blixen : Vie et œuvre », p. 952
  9. (en) Working Group for Planetary System Nomenclature, Gazetteer of Planetary Nomenclature 1994, Washington, International Astronomical Union, United States Government Printing Office, , 295 p. (lire en ligne), p. 19.

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