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Berthe (fille de Lothaire II)

fille de Lothaire II de Lotharingie et de sa concubine Waldrade
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Berthe.
Berthe
Titre de noblesse
Margravine
Biographie
Naissance
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Hugues
Gisela (d)
Ermengarde (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Enfants

Berthe, (vers 863 - Lucques) fille de Lothaire II de Lotharingie et de sa deuxième femme, Waldrade[1], excommuniée par le pape Nicolas Ier pour concubinage.

Elle épousa d'abord Théobald d'Arles, comte d'Arles, puis Adalbert, marquis de Toscane et mourut en 925. À la mort d'Adalbert, en 915, son fils Guy devint comte puis duc de Lucques et margrave de Toscane, sous la régence de Berthe jusqu'en 916.

À la beauté, elle unissait l'esprit et le courage mais par son ambition, elle entraîna son mari dans un grand nombre de guerres.

BiographieModifier

Au moment de sa naissance, son père, Lothaire II, avait tenu deux conciles à Aix-la-Chapelle qui devaient avoir des conséquences importantes sur la vie de l'enfant : le premier lui avait permis de faire condamner et répudier, d'après la Chronica Albrici Monachi Trium Fontium[2], son épouse Téoberge (ou Teutberge, décédée avant le 25 novembre 875), l'éloignant de la cour et la remplaçant par sa maîtresse, Waldrade ; grâce au second, il avait obtenu l'annulation de son premier mariage et l'approbation du second. Selon l'Herimanni Augiensis Chronicon, cette union fut célébrée la même année (862) que la dissolution du lien avec Teutberge, avec l'appui de l'évêque de Trêves, Thietgaud (Dietgold), et de l'archevêque de Cologne, Gunther[3], respectivement frère et oncle de Waldrade.

L'année de la naissance de Berthe (863), le pape Nicolas convoqua à Metz un synode d'évêques francs, au cours duquel fut confirmée la validité du mariage entre Lothaire et Waldrade, sur la base d'une union entre les deux qui aurait été célébrée avant celui de Lothaire avec Teutberge.

Mais l'abbé Hubert, frère de Teutberge intervint auprès du pape, qui, informé de ce qui s'était passé au cours du synode, déjugea ses légats et annula les décisions prises à Metz. Lothaire, abandonné de tous, en appela au pape et déclara se soumettre à toute décision le concernant.

Teutberge, qui s'était entretemps réfugiée à l'abbaye d'Avenay sous la protection de l'oncle de son mari, Charles II le Chauve, roi de Francie occidentale, revint en Lotharingie accompagnée du légat du pape, Arsène, et fut investie des insignes de la royauté, tandis que Waldrade, dont les noces avaient été annulées, fut contrainte de partir pour Rome avec Arsène pour se disculper aux yeux du pape.

Toutefois, à son arrivée à Pavie, Waldrade parvint à tromper la surveillance du légat et retourna en Lotharingie, où, selon le Folcuini Gesta Abbatum Lobiensium, elle apprit son excommunication et celle de Lothaire, en 865. Berthe, son frère Hugues et leurs sœurs Gisèle et Ermengarde furent déclarés bâtards.

À la mort de son père de paludisme, le 8 août 869, près de Plaisance, alors qu'il revenait de Rome où il avait tenté de défendre la cause de son mariage auprès du pape Adrien II, elle perdit tout droit à la succession paternelle au profit du frère de son père, l'empereur Louis II. Mais ses grands-oncles, le roi des Francs d'Orient, Louis le Germanique, et le roi des Francs d'Occident, Charles le Chauve, s'emparèrent des territoires de leur neveu et l'année suivante, le partage fut consolidé par le traité de Meerssen.

Son frère Hugues, qui avait été privé du duché d'Alsace, devint prétendant au trône de Lotharingie et pendant 15 ans, tenta de récupérer son duché, tandis que la petite Berthe, déjà orpheline de mère à la mort de son père, grandissant au milieu des difficultés, devint courageuse et combative.

Les chroniques la décrivent comme extrêmement belle et ambitieuse.

Son premier mariage avec le comte d'Arles, le bosonide Théobald (850-895), eut lieu en 879 ou 880. Il était le fils de l'abbé laïc de l'abbaye de Saint-Maurice en Valais, Hucbert du Valais, irréductible adversaire de son père et de sa mère en tant que frère de Teutberge.

Berthe, par ambition, encouragea fréquemment son mari à la guerre : immédiatement après le mariage, Théobald appuya la rébellion de son beau-frère Hugues contre le nouveau roi de Franconie occidentale, Louis III, qui les vainquit une première fois en 880, en s'alliant avec son frère le roi d'Aquitaine, Carloman II, et leur cousin, le roi d'Alémanie, récemment élu roi d'Italie et futur empereur, Charles le Gros. Une nouvelle défaite leur fut infligée par les troupes d'Henri de Franconie, flanqué d'Adalard le Sénéchal.

Restée veuve entre 887 et 895[4], Berthe épousa en secondes noces entre 895 et 898 le marquis de Toscane, Adalbert II le Riche, fils d'Adalbert Ier et de Richilde de Spolète.

Elle se mêla des affaires italiennes et poussa son mari à organiser la fronde contre le roi d'Italie, Bérenger Ier, en faveur du roi de Provence, Louis l'Aveugle (900), un autre descendant de Lothaire Ier, qu'elle fit couronner roi d'Italie, puis empereur. Après la triste expérience avec Louis III, veuve pour la seconde fois (915), elle tenta en vain en 920 de placer sur le trône d'Italie son fils aîné, Hugues d'Arles. Elle ne vit jamais aboutir son projet, qui se réalisaun an après sa mort le 8 mars 925 à Lucques, notamment grâce à la volonté farouche de la demi-sœur de Hugues, Ermengarde de Toscane, veuve du marquis d'Ivrée, Adalbert Ier.

Berthe fut enterrée dans la cathédrale Saint-Martin de Lucques, où il est possible aujourd'hui encore de lire son épitaphe.

Relation épistolaire avec le calife al-MuktafiModifier

Berthe est également connue pour sa curieuse correspondance avec le calife al-Muktafi en 906, dans laquelle elle se décrit avec une certaine arrogance comme "reine des Francs". Ces lettres sont intéressantes dans la mesure où elle semble avoir une faible connaissance de la politique ou de la culture du califat de Bagdad. Elle recherchait alors une alliance matrimoniale entre elle et l'émir de Sicile, ignorant qu'al-Mukfati n'avait que peu d'influence sur la colonie aghlabide en Sicile. De plus, la lettre a été écrite dans une langue inconnue des traducteurs du calife et les cadeaux qui l'accompagnaient (parmi lesquels un manteau de laine multicolore), qui indiquait sans doute des largesses de la part de Berthe, n'auraient probablement pas impressionné al-Muktafi au-delà de leur valeur de nouveauté[5].

DescendanceModifier

Berthe eut 7 enfants de ses deux unions. De la première, avec Théobald d'Arles, elle eut :

  • Hugues (885 † 947), comte d'Arles, roi d'Italie
  • Boson (885 † 936), dit aussi Boson VI de Provence
  • Teutberge (890 † 948), qui épousa Garnier vicomte de Sens
  • une fille († après 924)

De la deuxième, elle eut :

Notes et référencesModifier

  1. (la) Annales Bertiniani III, , p. 284
  2. (la) Monumenta Germaniae Historica, tomus XXIII, Chronica Albrici Monachi Trium Fontium, p. 737
  3. (la) Monumenta Germanica Historica, tomus V, Herimanni Augiensis Chronicon, p. 105
  4. (en) « Lotharingia, kings & dukes, pfalzgrafen »
  5. (en) Alex Metcalfe, The Muslims of Medieval Italy, Edinburgh University Press, , 314 p.

Autres sourcesModifier

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