Bernhard Koehler

Industruel et collectionneur d'art allemand Bernhard Koehler,
Bernhard Koehler
August Macke - Bernhard Koehler.jpg
August Macke: Portrait de Bernhard Koehler (1910), huile sur toile, 63,5 x 41 cm, Lenbachhaus (Munich).
Biographie
Naissance
Décès
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BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Enfant
Bernhard Koehler (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
La Montagne Sainte-Victoire vue des Infernets (d) (), Les Petits Chevaux jaunes (), Two Peasant Women Digging in Field with Snow (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Bernhard Koehler, né le à Berlin et mort le à Berlin, est un industriel allemand et collectionneur d'art.

BiographieModifier

Issu d'une famille de négociants, Bernhard Koehler fonde en 1876 une usine de mécanique à Berlin pour la fabrication de produits en métal, l'impression des timbres et des gravures, le tout destiné à l'industrie, au matériel de bureau et à la bijouterie. Installée à Berlin-Kreuzberg, son entreprise acquiert une renommée internationale et lui permet d'acquérir une fortune confortable. Il commence à s'intéresser de plus près à l'art grâce à August Macke que connaissait sa nièce Elisabeth Gerhardt. En 1908, ils font tous les trois un voyage à Paris et visitent la galerie Durand-Ruel, la galerie Bernheim-Jeune, la galerie Ambroise Vollard et d'autres, afin d'acquérir des œuvres de peintres français.

Elisabeth Gerhardt épouse August Macke quelques mois plus tard en 1909. C'est par l'entremise du jeune ménage que Koehler fait la connaissance en 1910 de Franz Marc. Le fils de Koehler, prénommé également Bernhard, acquiert pour son père quelques toiles de Franz Marc à la galerie Franz Josef Brakl de Munich. C'est le début d'une collection importante. Un an plus tard, Koehler commence à collectionner les tableaux de peintres de la Nouvelle Association des artistes munichois et il finance des almanachs de la société du Cavalier bleu. En plus des catalogues des expositions du Cavalier bleu qu'il finance, il achète plusieurs tableaux de Franz Marc, comme La Vache jaune, Le Cerf dans la forêt, ou La Frise des singes qui se trouve aujourd'hui à la Kunsthalle de Hambourg. Il finance aussi un voyage en Tunisie que fait August Macke au début de l'année 1914 avec Paul Klee et Louis Moilliet. August Macke et Franz Marc meurent quelques mois plus tard à Verdun.

Sa collection est exposée dans les trois étages de sa maison, comme dans un musée. Elle comporte des toiles majeures de l'expressionnisme allemand et français, et d'impressionnistes et de postimpressionnistes français.

Après sa mort en 1927, son fils Bernhard (1882-1964) hérite de la collection, mais il est obligé de se séparer d'un certain nombre de tableaux à cause de la crise économique qui frappe l'Allemagne. Un bombardement aérien détruit l'usine familiale à la fin de la guerre et la maison est également bombardée quelque temps après. Une grande partie du restant de la collection disparait à jamais. Pourtant quelques œuvres sont sauvées, comme un tableau du Greco et des tableaux impressionnistes qui se trouvaient protégés par la Nationalgalerie de Berlin. Après la fin de la guerre, ces tableaux sont transférés par l'Armée soviétique à l'Ermitage et au musée Pouchkine comme réparation des dommages de guerre. Ils sont cachés du public, jusqu'à une grande exposition de 1995, intitulée La Peinture française des XIXe et XXe siècles [de l'Ermitage] issues des collections privées d'Allemagne[1]. Une partie de la collection d'expressionnistes épargnée par les bombardements se trouve aujourd'hui (depuis 1965) au musée Lenbachhaus de Munich.

Quelques œuvresModifier

L'hôtel particulier familial était essentiellement décoré avant la rencontre avec August Macke de toiles de peintres allemands du XIXe siècle dans le style prisé par la bourgeoisie de l'époque. Lors de son premier voyage de Paris, Koehler achète des tableaux de Monet et de Renoir (dont la Femme se coiffant de 1887, une Nature morte aux pommes et aux fleurs de 1895 ou 1896). Plus tard, il achète des Pissaro, des toiles de Degas et de Cézanne, de Manet (Portrait de la ballerine Rosita Mauri ou La Jeune Femme en rose, peinte vers 1879[2]). Il collectionne également des toiles de Van Gogh, de Gauguin et de Seurat, ainsi que de Signac. À la fin, il achète des tableaux de Bonnard et de Matisse, ainsi qu'un bronze de Maillol. Vers 1910, il s'intéresse aux fauvistes. Parallèlement, il achète régulièrement des tableaux de son neveu par alliance August Macke (une cinquantaine de toiles) et de son ami Franz Marc.

Il possédait aussi un Picasso, un Paysage de falaise de Derain et deux Douanier Rousseau. Il est le premier en Allemagne à collectionner Robert Delaunay avec une Tour Eiffel. Enfin, il s'intéresse entre autres à la fin de sa vie à Kandinsky, Kokoschka, Modigliani, Chagall, Munch et Max Slevogt.

Notes et référencesModifier

 
Courbet: Femme couchée (1865-1866), huile sur toile, 77 x 128 cm, achetée à la galerie Gustav Knauer de Berlin en 1908, musée de l'Ermitage.
  1. (ru) (de) Albert Kostenevitch, catalogue de l'exposition, Saint-Pétersbourg-Munich, 1995
  2. Aujourd'hui au musée Pouchkine

BibliographieModifier

SourceModifier