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Bernard Volker
Description de cette image, également commentée ci-après
Bernard Volker en 2014.
Naissance (76 ans)
Tuttlingen (Allemagne)
Profession

Bernard Volker est un journaliste de télévision, né le , chef du service de politique étrangère de TF1 jusqu'en octobre 2007. Il a été directeur adjoint de l'École de journalisme de Sciences Po de 2004 à 2010. Depuis 2010, il est directeur général de Telesud, première chaîne de télévision panafricaine dont les locaux se trouvent rue Cognacq-Jay, à Paris.

BiographieModifier

Bernard Volker a commencé sa carrière en juin 1961 à Radio Alger (RTF) en tant que pigiste au service des informations générales, il est volontaire en 1962 pour participer à la diffusion des journaux parlés depuis les locaux de l'exécutif provisoire à Rocher Noir, lorsque l'émetteur principal est coupé par l'OAS. Menacé par l'organisation il quitte l'Algérie avant l'indépendance, passe un an à Radio Nancy, puis deux années à la station de Toulouse-Pyrénées au moment du lancement des télévisions régionales. Il est ensuite appelé à Paris, rue Cognacq-Jay, où il collabore à l'émission "Panorama" avant d'être nommé premier correspondant de la télévision française en Allemagne (Bonn, 1965, pour la première chaîne de l'ORTF).

Après la remise en liberté des responsables nazis condamnés à Nuremberg, il réalise une série d'entretiens avec Albert Speer, architecte, puis ministre de l'armement de Hitler. Il fait également connaître aux téléspectateurs français Baldur von Schirach, chef des "Jeunesses hitlériennes", le "Grand Amiral" Doenitz, qui dirigea la flotte sous marine pendant la guerre puis fut désigné par Hitler pour lui succéder après son suicide. Bernard Volker participe également à la réalisation de la série Les grandes batailles de Henri de Turenne, Jean Louis Guillaud et Daniel Costelle.

En 1968 il est envoyé en Tchécoslovaquie pour suivre les événements du Printemps de Prague (Première interview d'Alexander Dubcek, 1er secrétaire du Parti communiste) ; en août il commente depuis Paris l'entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie et devient ensuite le plus jeune présentateur du Journal Télévisé[1] d'août 1968 à 1970.

En janvier 1970, Bernard Volker, réussit un scoop en parvenant à rencontrer et interviewer Régis Debray, détenu par l’armée bolivienne dans une prison à Camiri[2]. L’armée avait autorisé une entrevue de 20 minutes seulement. Régis Debray était un fidèle lieutenant de Che Guevara, aux côtés duquel il se trouve depuis 1965. En avril 1967, le jeune écrivain et philosophe français est arrêté par l'armée bolivienne. Il est condamné à trente ans de réclusion, la peine maximale en Bolivie. Cette interview de Bernard Volker est la première depuis la capture de Régis Debray et la mort du Che.

En avril 1970 Bernard Volker est envoyé au Cambodge après le putsch du général Lon Nol. Bernard Volker était, le 6 avril 1970, en compagnie du photographe américain Sean Flynn, fils de l’acteur Errol Flynn, dans le village de Chi Pou, lorsque Sean Flynn disparut, capturé par les Khmers rouges et assassiné. Bernard Volker fut remplacé à la fin de sa mission par son confrère de l'ORTF René Puissesseau, qui disparut à Angkor le 7 juillet 1970, en même temps que le cameraman Raymond Meyer. Claude Arpin, de Newsweek, Gilles Caron, de Gamma, et Guy Hannoteaux de l'Express, avaient eux disparu les 5 et 6 avril 1970 à Svayrieng. Roger Colne, de NBC, fut assassiné par les Khmers rouges le 31 mai 1970 à Takeo.

En juin 1970 Bernard Volker est nommé directeur du bureau de l'ORTF en Extrême Orient à Tokyo.

En 1971, il accompagne en Chine la mission parlementaire française dirigée par Alain Peyrefitte et réalise au cours d'un voyage de plus de deux semaines, les premiers reportages filmés sur la fin de la révolution culturelle. Bernard Volker est ensuite rédacteur en chef adjoint et présentateur à 24 Heures sur la une[3] (1972-74), envoyé spécial permanent de TF1 à Bonn et à Bruxelles (1975-82), puis grand reporter et responsable des questions allemandes de 1989 à 2007.

En 1994, Bernard Volker intervient au journal télévisé à propos de l'attentat contre le marché de Markale[4] (Yougoslavie) commis le 5 février 1994 pendant le siège de Sarajevo, et qui fit 68 morts et 144 blessés. Les Serbes furent immédiatement désignés comme coupables et un ultimatum de l'OTAN imposa aux forces serbes de se retirer des environs de Sarajevo. L'OTAN fut accusée d'avoir utilisé ce massacre comme prétexte aux préparatifs de l'opération Deliberate Force. Le 18 février, Bernard Volker affirme sur TF1 qu'il existe un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU), dont le secrétaire général Boutros Boutros-Ghali a connaissance – mais qui ne sera pas rendu public – selon lequel l'origine de l'obus de mortier ne pouvait pas être déterminée avec précision, sous-entendant que les Musulmans de Bosnie pourraient être responsables de l'attentat. Violemment critiqué par le journal Le Monde, Volker obtient un droit de réponse, citant en particulier l'ancien président François Mitterrand :

« ll y a quelques jours, M. Boutros-Ghali m'a dit qu'il était certain que le projectile qui est tombé sur le marché de Sarajevo de Merkale était une provocation de la part des Musulmans. »

Une "Association de téléspectateurs" baptisée "Carton Jaune", animée par l'avocat Arnaud Montebourg, poursuit en justice Bernard Volker pour « avoir diffusé une information "erronée" selon laquelle l'obus avait été tiré des lignes "bosniaques et non serbes" ». Un arrêt de la cour d'appel de Paris du 24 février 1996 a condamné l'association TV Carton jaune à payer[5] à Bernard Volker la somme de 20 000 francs de dommages et intérêts ainsi que 10 000 francs de frais de justice. Le Tribunal de grande instance de Paris avait déjà condamné TV Carton jaune en novembre 1995, mais les deux parties s'étaient pourvues en appel. La cour d'appel a statué que l'association n'apportait aucune preuve de ses allégations et portait atteinte à la réputation du journaliste.

Envoyé spécial aux États-Unis pendant la première guerre du Golfe et les campagnes présidentielles américaines, (Carter, Clinton, G.W. Bush), Bernard Volker a réalisé de nombreux documentaires aux États-Unis[6], en particulier pour l’émission Reportages (TF1) sur la peine de mort (la condamnation à mort et l’exécution d’innocents, de handicapés mentaux, de mineurs) et sur le système pénitentiaire américain et ses dérives.

En 2005, Bernard Volker se rend à Berlin pour interviewer Rochus Misch, dernière personne à avoir vu Adolf Hitler en vie[7].

En décembre 2006, Bernard Volker a interviewé Condoleezza Rice[8], secrétaire d'État des États-Unis[9].

Bernard Volker a été directeur adjoint de l'École de journalisme de Sciences-Po de 2004 à 2010[10].

Il a reçu en décembre 2009, pour l'ensemble de sa carrière, le Grand Prix spécial de la Presse Internationale[11], « Homme de Télévision et Correspondant international qui a, par l'excellence de son travail, profondément marqué et largement contribué à l'évolution de l'information internationale dans les médias français ».

Il est actuellement le directeur général de Telesud, la première chaîne panafricaine basée à Paris. Telesud émet depuis l'ancien siège de TF1, 15 rue Cognacq-Jay, Paris 7e, à destination de l'Afrique francophone, via Canal Africa et des réseaux câblés en France, ainsi qu'en Europe par le satellite Hotbird.

Notes et référencesModifier