Bernard Lapasset

dirigeant sportif français du rugby

Bernard Lapasset, né le à Tarbes (Hautes-Pyrénées), est un dirigeant français du monde sportif. Il occupe la présidence de la Fédération française de rugby de 1991 à 2008.

Bernard Lapasset
Bernard Lapasset à la Philharmonie de Paris.jpg
Bernard Lapasset durant l'événement organisé par Paris 2024 à la Philharmonie de Paris le 17 février 2016
Fonctions
Président
World Rugby
-
Président
Fédération française de rugby
-
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (72 ans)
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Nationalité
Activités
Autres informations
Spécialité
Distinctions

Il est ensuite président de l'International Rugby Board du au . Sous son impulsion, le rugby réintègre à partir de 2016 le programme des Jeux olympiques sous sa forme à sept.

Il est également vice-président du Comité national olympique et sportif français de 1992 à 2009. Il est enfin co-président du comité de candidature Paris 2024, candidat à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’été en 2024. Après l'obtention des jeux par Paris, il devient président d'honneur du comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2024.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Fils de résistant et petit-fils d'un maire qui a fait les deux guerres, il participe aux manifestations de mai 68 alors qu'il est étudiant à Bordeaux[1]. Licencié en droit et fonctionnaire, il est directeur des services douaniers au sein de la direction générale des douanes et droits indirects. Il est marié et a trois enfants.

En tant que joueur de rugby à XV, il évolue à Bègles au poste de deuxième ligne avant de rejoindre le SU Agenais, présidé par Albert Ferrasse[1]. Il est champion de France juniors Reichel en 1967[1], puis champion de France corporatif avec l'US Douanes de Paris.

Bernard Lapasset termine ses études à Paris. En 1972, il est appelé par Albert Ferrasse, devenu président de la Fédération française de rugby, pour l'épauler à la tête de la fédération. Il devient alors son nègre[1].

Dirigeant de rugby à XVModifier

En tant que dirigeant, il est d'abord président du comité régional de rugby en Île-de-France de 1988 à 1991[2], puis secrétaire général de la FFR en 1991[2]. En décembre 1991, Albert Ferrasse quitte la présidence de la fédération et le comité directeur doit alors élire le nouveau président. Jean Fabre, successeur naturel de Ferrasse propose un vote à main levée. Le comité directeur lui refuse. Aucun autre candidat ne se présente. Après un vote secret, le nom de Bernard Lapasset sort vainqueur[3].

Il veut alors rajeunir la fédération sans apparaître comme un anti-Ferrasse, un monument qui a régné sur la FFR pendant un quart de siècle[1]. Il reste un président assez conservateur, méfiant tant par rapport à l’évolution du jeu que du statut du joueur[4].

Une polémique éclate en 1993 lorsque Bernard Lapasset critique ouvertement un arbitrage favorable au FC Grenoble entraîné par son rival pour le poste de président de la fédération Jacques Fouroux. En guise de réponse, le camp Grenoblois s’étonne que, pour pouvoir assister aux deux demi-finales, le président Lapasset ait utilisé le jet privé du Castres olympique, leur futur adversaire en finale[5]. Jacques Fouroux, en conflit avec la Fédération, se méfie alors de l’arbitrage avant cette finale[6] et crie au complot à l'issue de la rencontre car la finale, dirigée par un arbitre agenais, tourne au scandale avec une polémique sur l'arbitrage[7],[8]. En effet un essai d'Olivier Brouzet est refusé aux Grenoblois et l'essai décisif de Gary Whetton est accordé par Daniel Salles alors que le grenoblois Franck Hueber a aplati au préalable le ballon dans son en-but, privant ainsi les Grenoblois du titre[9],[10].

Ensuite, Lapasset est un opposant à la CNRE (commission nationale du rugby élite), ancêtre de la Ligue nationale de rugby, qui prônait l’indépendance des grands clubs face à la FFR[4]. Il ouvre toutefois la porte du professionnalisme au rugby dès 1995[11].

Il est également vice-président du Comité national olympique et sportif français de 1992 à 2009[2] et président de l'International Rugby Board (IRB) de 1995 à 1996 dont il dirige la commission des tournées.

En 2003, il contribue à obtenir pour la France, l'organisation de la Coupe du monde de rugby à XV 2007 dont il deviendra en 2004 président du groupement d'intérêt public Coupe du monde 2007.

Durant son mandat à la tête de la Fédération française de rugby, il désigne, après consultations, les sélectionneurs du XV de France :

Le , il est élu président de l'IRB et prend la succession de Syd Millar[12]. Le , Pierre Camou, alors vice-président, lui succède à la tête de la FFR alors q'il héritait déjà d'une délégation de pouvoir, hors prérogatives financières, depuis le 7 mai[13].

Bernard Lapasset est président de l'International rugby board (IRB) du au . Sa première priorité est dès lors de « faire rentrer le rugby dans le monde de l'olympisme »[14]. Sous son impulsion, le CIO décide finalement, le 9 octobre 2009 d'inscrire le rugby à sept masculin et féminin au programme des Jeux olympiques de Rio, en même temps que le golf[15]. Le rugby, alors à XV avait disparu du programme après les Jeux olympiques de Paris 1924.

Il est réélu à la présidence le lundi à Los Angeles (États-Unis) au cours d'une réunion du conseil mondial, devançant Bill Beaumont de 2 voix (14 contre 12)[16]. Durant son second mandat, le rugby accélère sa mondialisation. L'IRB devient le World Rugby en 2014 par souci de reconnaissance médiatique et d’universalité[16]. La Coupe du monde de rugby à XV 2015, organisée en Angleterre, a attiré 406 000 visiteurs venus de 151 pays[16]. Elle est suivie par environ 4 milliards de téléspectateurs sur la planète[16]. Selon Brett Gosper, le directeur exécutif de World Rugby, la discipline a doublé le nombre de ses pratiquants dans le monde de 2009 à 2016[16].

Il quitte la présidence à la fin de son deuxième mandat le et est remplacé par son vice-président Bill Beaumont. Le 3 novembre 2019, World Rugby lui remet le Trophée Vernon Pugh pour services rendus.

Il est également conseiller municipal du village de Louit dans les Hautes-Pyrénées[17],[18],[N 1]. Il est le premier adjoint d'André Trinc, maire depuis 1977[19],[20],[N 2].

Candidature de Paris 2024Modifier

Le , Bernard Lapasset est nommé par la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, à la tête d'une mission destinée à améliorer l'influence de la France au sein du CIO[21]. Il est responsable d'une nouvelle cellule chargée de définir les orientations de la stratégie internationale de promotion du sport français, placée sous l’égide du Comité national olympique et sportif français. La ministre lui confie la responsabilité de conduire la stratégie internationale sportive de la France. La mission de cette cellule est de promouvoir les candidatures françaises à l'organisation des JO[22].

Dans le cadre de sa mission de président du Comité français du sport international, il coordonne une étude d’opportunité sur une candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques d’été de 2024. Remise le 12 février 2015 au mouvement sportif, à l’État et aux collectivités[23], cette synthèse permet la création d’une association dédiée à la candidature Paris 2024 en avril 2015[24]. Bernard Lapasset en prend la co-présidence avec Tony Estanguet.

Le 23 juin 2015, la France déclare officiellement sa candidature depuis le CNOSF[25]. Le 9 février 2016, le comité de candidature Paris 2024 dévoile son logo sur l’Arc de Triomphe[26]. Le 17 février 2016, le comité de candidature présente sa vision des Jeux ainsi que le concept et les sites retenus depuis la nouvelle enceinte de la Philharmonie[27],[28].

Le 13 septembre 2017, Paris est officiellement désignée ville hôte des Jeux olympiques d'été de 2024 lors de la 131e session du CIO à Lima, au Pérou[29]. Bernard Lapasset devient président d'honneur du comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2024[30].

DistinctionsModifier

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Il est conseiller municipal de Louit au moins depuis 2008.
  2. Il est le premier adjoint de Louit au moins depuis 2014.
  1. a b c d et e Blandine Hennion, « Bernard Lapasset ou le charme désuet de l'Ovalie. Le président de la Fédération subit plus qu'il ne contrôle l'évolution du rugby. », sur www.liberation.fr, (consulté le 22 décembre 2019)
  2. a b et c Conseil d'Administration du CNOSF, sur www.franceolympique.com, consulté le 30 décembre 2009.
  3. Jérôme Prévot, « Jean Fabre : « J’ai senti venir quelque chose » », sur www.midi-olympique.fr, Midi olympique, (consulté le 1er janvier 2017)
  4. a et b Frédéric Bonnet, « Paris, 20 août 1996, crépuscule du rugby français », sur rugby-en-melee.com, (consulté le 22 décembre 2019)
  5. « Grenoble 92/93 dur dur d’être un mammouth », sur rucknmaul.wordpress.com, (consulté le 22 décembre 2019).
  6. Pierre Salviac, « Merci pour ces moments : 50 ans de grands reportages », sur books.google.fr (consulté le 22 décembre 2019).
  7. « Top 14: Toulon-Castres, souviens-toi, il y a vingt ans... », sur www.lepoint.fr, (consulté le 20 décembre 2019).
  8. Clément Garioud, « Ces sombres affaires qui ont entaché la réputation du rugby français », sur actu.fr, (consulté le 22 décembre 2019).
  9. Simon Valzer, « Combien de fois Bayonne s’est imposé dans la capitale ? », sur www.rugbyrama.fr, (consulté le 21 août 2013)
  10. Richard Escot, « Le Top 5 des finales les plus marquantes », sur www.lequipe.fr, (consulté le 26 août 2019)
  11. « Il y a 15 ans, Bernard Lapasset : « Le rugby à XV renonce à l'obligation d'amateurisme » », sur www.lnr.fr, (consulté le 22 décembre 2019)
  12. « Rugby: Bernard Lapasset élu président de l'IRB », sur www.ladepeche.fr, (consulté le 23 décembre 2019).
  13. « Rugby: Camou succède à Lapasset à la tête de la fédération », sur www.leparisien.fr, (consulté le 23 décembre 2019).
  14. « Mémoire de la Francophonie sportive - #Lapasset », sur www.dailymotion.com (consulté le 26 octobre 2016).
  15. Emmanuel Quintin, « Le golf et le rugby aux JO 2016 », sur sport24.lefigaro.fr, (consulté le 23 décembre 2019).
  16. a b c d et e « Bernard Lapasset, un bilan en or massif », sur www.francsjeux.com, (consulté le 23 décembre 2019).
  17. « Résultats des élections municipales 2008 », sur www.interieur.gouv.fr (consulté le 24 décembre 2019).
  18. « Résultats des élections municipales et communautaires 2014 », sur www.interieur.gouv.fr (consulté le 24 décembre 2019).
  19. Paule Béard, « Louit. La sérénité dans la continuité avec le maire André Trinc », sur www.ladepeche.fr, (consulté le 24 décembre 2019).
  20. L.Kudla, « Louit. Huitième mandat pour André Trinc », sur www.ladepeche.fr, (consulté le 13 juin 2020).
  21. Jean-Damien Lesay, « Le sport français muscle sa diplomatie », sur www.rfi.fr, (consulté le 24 décembre 2019).
  22. Laurent Telo, « La France vise l'organisation des Jeux d'été 2024 ou 2028 », sur www.lemonde.fr, (consulté le 24 décembre 2019).
  23. « JO 2024 : Paris fait un pas de plus vers une candidature », sur www.lemonde.fr, (consulté le 8 mars 2016).
  24. « Première réunion de l’association Ambition Olympique et Paralympique », sur cpsf.france-paralympique.fr (consulté le 8 mars 2016).
  25. « Paris officialise sa candidature aux JO 2024 », sur Le Huffington Post (consulté le 8 mars 2016).
  26. « Jeux olympiques 2024 : Paris dévoile son logo de candidature sur l'Arc de triomphe », sur www.francetvinfo.fr (consulté le 8 mars 2016).
  27. « JO-2024 : Paris lève le voile sur son projet olympique », sur www.europe1.fr (consulté le 8 mars 2016).
  28. « EN IMAGES. JO Paris 2024 : découvrez tous les sites », sur www.leparisien.fr, (consulté le 25 décembre 2019).
  29. « C'est officiel, Paris accueillera les Jeux olympiques en 2024 », sur www.francetvinfo.fr, (consulté le 25 décembre 2019).
  30. « Tony Estanguet sera le président du Comité d'organisation en cas d'attribution des JO 2024 à Paris », sur www.lequipe.fr, (consulté le 13 septembre 2017).
  31. Décret du 31 décembre 1993 portant promotion et nomination
  32. Décret du 31 décembre 2006 portant promotion et nomination
  33. Décret du 31 décembre 2015 portant promotion

Liens externesModifier

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