Bernard de Rouergue

(Redirigé depuis Bernard II de Rouergue)

Bernard de Toulouse
ou de Rouergue
Titre
Comte de Toulouse et de Quercy
Prédécesseur Raimond Ier de Toulouse-Rouergue
Successeur Bernard Plantevelue
Comte de Rouergue
Prédécesseur Raimond Ier de Toulouse-Rouergue
Successeur Eudes de Toulouse-Rouergue
Comte de Carcassonne et Comte de Razès
Prédécesseur Olibia II de Carcassonne
Successeur Olibia II de Carcassonne
Biographie
Dynastie Raimondins
Date de naissance début du IXe siècle
Date de décès entre août et
Père Raimond Ier de Toulouse-Rouergue
Mère Berthe
Fratrie Eudes de Toulouse-Rouergue
Foucaud de Rouergue
Héribert de Rouergue
Régilinde
Comtes de Toulouse

Bernard de Toulouse ou de Rouergue (mort entre août et décembre 872)[1], fut comte de Toulouse, de Rouergue, de Quercy (863-872), de Carcassonne et de Razès (871 ou 872)[2],[3] mais également comte de Pallars et de Ribagorce[4] . Fils de Raimond Ier, comte de Toulouse et de Rouergue, il participe à l'implantation de la famille raimondine dans le Midi toulousain. Proche du roi des Francs, Charles II le Chauve, il est pris dans un conflit qui l'oppose à Bernard Plantevelue, comte d'Auvergne, et à Bernard, comte de Rouen, il meurt assassiné.

Il est considéré par la plupart des historiens récents comme Bernard le Veau[1],[5],[6],[7],[8],[9],[10].

Selon Sébastien Fray[5], Le problème des différents Bernard a été définitivement démêlé par J. Dhondt[10], C. Settipani dans, La Préhistoire des Capétiens, a prétendu voir en Bernard le Veau un comte d’Autun, en invoquant les travaux de C.B Bouchard[11], qu’il a manifestement mal interprétés, au dire même de son auteur[12].

BiographieModifier

Bernard est le fils de Raimond, et d'une certaine Berthe. Son père est un prince franc possessionné dans le Midi du royaume des Francs, puisqu'il a reçu du roi Charles II le Chauve les comtés de Quercy et de Rouergue en 849, et ceux de Rouergue, de Toulouse, de Carcassonne et de Razès en 862. Raimond renforce son pouvoir et poursuit le mouvement d'appropriation des bénéfices comtaux par les familles princières ː Bernard est qualifié de comte sur une charte en faveur de l'abbaye de Vabres en , ce qui laisse penser qu'il avait été associé par Raimond au pouvoir, sans doute avec l'appui et l'approbation de Charles le Chauve, qui voyait ainsi le moyen de s'assurer la fidélité de Raimond et de ses fils.

La situation de roi Charles le Chauve est d'ailleurs fragile depuis que, à la fin de l'année 861, il a essayé de s'emparer du royaume de Provence, tenu par son neveu Charles de Provence[13] ː la noblesse provençale menée par le comte de Vienne, Girart, le met en échec avec le soutien de plusieurs nobles d'Aquitaine et de Gothie, parmi lesquels le puissant comte de Barcelone et marquis de Gothie, Hunfrid , En 863, Hunfrid pénètre dans le comté de Toulouse pour affronter Raimond Ier, resté fidèle à Charles le Chauve. Profitant peut-être d'une trahison, il occupe la ville de Toulouse, ainsi que le reste du comté[14]. C'est probablement à ce moment que meurt Raimond.

En 864 ,Hunfrid est cependant mis en échec et doit fuir ses domaines. Entre 864 et 865, Charles le Chauve, qui a repris le contrôle de l'Aquitaine et de la Gothie, procède à la redistribution des biens des rebelles ː Bernard reçoit les comtés de Toulouse, de Rouergue, et du Quercy. Comme comte de Toulouse, dont le pouvoir s'étend au-delà des Pyrénées sur une partie de la marche d'Espagne, à la frontière avec al-Andalus, il porte également le titre de marquis.

Sa politique s'appuie sur le réseau des nombreux monastères. Le monastère de Vabres, qui a été fondé par son père dans le Rouergue, bénéficie particulièrement de la faveur comtale. Il reçoit des donations de Bernard et de sa mère le jour du dimanche saint de 865[3].

En août 868 Bernard est avec Charles le Chauve et Bernard de Gothie au palais de Pistes dans le diocèse de Rouen[2].

Le , il accompagne le roi au palais de Marienval, près de Compiègne et obtient une confirmation de privilèges pour le monastère de Vabres. En , Bernard est dans le Quercy, où il tient un plaid afin de juger une affaire qui concerne Gairulf, abbé de Beaulieu. En 871, il confirme les privilèges donnés par Charles le Chauve à l'abbaye royale de Santa María de Alaón , en Ribagorce, et la place sous sa protection[4].

Cette politique n'empêche pas Bernard d'usurper d'autres biens ecclésiastiques. Il entre en particulier en conflit avec l'archevêque de Reims Hincmar au sujet des biens que le chapitre de la cathédrale de Reims possédait dans les comtés de Poitou, de Limoges et d'Auvergne. Ces biens avaient déjà été cédés en précaire par le chapitre de Reims à ses prédécesseurs, Frédelon et Raimond Ier, mais Hincmar le lui refuse. Bernard décide de se les approprier malgré tout et les confie à ses propres vassaux. Hincmar fait alors appel au comte d'Auvergne, Bernard II Plantevelue, et au comte de Rouen, lui aussi prénommé Bernard, pour qu'ils appuient sa position[3].

L'opposition entre Bernard de Toulouse-Rouergue et Bernard Plantevelue prend d'ailleurs l'allure d'une vengeance familiale qui oppose les Raimondins aux Guilhelmides, car le grand-père du premier, Frédelon, avait obtenu le comté de Toulouse à la suite de l'exécution du frère du second, Guillaume de Septimanie, décapité en 850 sur ordre de Charles le Chauve.

En 872, le roi Charles le Chauve accorde à Bernard des comtés de Carcassonne et de Razès, dans des territoires qui sont également en possession d' Olibia II[3]. Mais Bernard ne les conserve que peu de temps car il est assassiné la même année par un vassal de Bernard Plantevelue. À la mort de Bernard, sans héritier, ses possessions sont partagées ː son frère Eudes reçoit le Rouergue, tandis que Olibia II recouvre pleinement les comtés de Carcassonne et de Razès, et Bernard Plantevelue s'octroie les comtés de Toulouse et de Rouergue. La situation, confuse, permet aussi à un noble pyrénéen, Raimond, de séparer du comté de Toulouse les territoires qui se trouvaient au-delà des Pyrénées, la Ribagorce et le Pallars.

FamilleModifier

Bernard n'a ni épouse ni enfants connus.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Toulouse Dukes », sur le site de la Foundation for Medieval Genealogy
  2. a et b Jacques-René Magné, Jean-Robert Dizel ; préface par le comte Raymond de Toulouse-Lautrec, Les comtes de Toulouse et leurs descendants, les Toulouse-Lautrec : étude historique et généalogique : IXe-XXe siècles, Paris, Christian, , p. 455
  3. a b c et d Devic, Claude; Vaissette, Joseph; Du Mège, Alexandre, Histoire générale de Languedoc : avec des notes et les pièces justificatives, composée sur les auteurs et les titres originaux.T. 2, Toulouse, J.-B. Paya,
  4. a et b « Bernat II de Tolosa », Gran enciclopèdia catalana
  5. a et b Sébastien Fray, L’aristocratie laïque au miroir des récits hagiographiques des pays d’Olt et de Dordogne (Xe-XIe siècles), Paris, Université Paris-Sorbonne - Paris IV, (lire en ligne), p. 1154
  6. Hélène Débax, Les comtés de Carcassonne et de Razès et leurs marges (IXe-XIIe siècle), Société d’études scientifiques de l’Aude, pp.16-28, (lire en ligne), pp.16-28
  7. Philippe Christol, La généalogie incertaine des premiers comtes de Toulouse, Héraldique et Généalogie,
  8. sous la direction de É. Crubézy et Ch. Dieulafait ; avec la collaboration de D. Cardon, H. Débax, M. de Framond..., Le comte de l'an mil, Talence, Fédération Aquitania, (lire en ligne)
  9. Auzias Léonce (Tome 44, N°175), Bernard « le Veau » et Bernard « Plantevelue », comtes de Toulouse (?) (863-872-885)., Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, (lire en ligne), pp. 257-295
  10. a et b Jan Dhondt, Etudes sur la naissance des Principautés territoriales en France: (IXe-Xe siècles), Editions des Régionalismes, , 270 p.
  11. (en) Constance Brittain Bouchard, Family Structure and Family Consciousness among the Aristocracy in the Ninth to Eleventh Centuries : Francia (14),
  12. (en) Constance Brittain Bouchard, Those of my blood : constructing noble families in medieval Francia, Philadelphia, , p. 218 n. 37.
  13. René Poupardin, 1901, p. 26 et 30.
  14. « Ramon I de Tolosa », Gran enciclopèdia catalana, consulté le 26 mai 2016.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • René Poupardin, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens, éditions Bouillon, Paris, 1901.

Liens externesModifier