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Beata Maria Virgo in cælum Assumpta in gallicæ

La Beata Maria Virgo in cælum Assumpta in gallicæ, ou Galliam Ecclesiæ filiam selon les premiers mots, est une lettre apostolique du pape Pie XI, énoncée le 2 mars 1922, au début de son pontificat. Il s'agit d'un document papal qui proclame officiellement la principale et la secondaire patronnes de la France, Notre Dame ainsi que sainte Jeanne d'Arc.

Sommaire

Titre complet de la lettreModifier

LITTERA APOSTLICA
Beata Maria Virgo in cælum Assumpta in gallicæ nationis patronam præcipuam Sanctaque Ioanna Arcensis in minus principalem patronam rite electæ declarantur et confirmatur[bmv 1].

LETTRE APOSTOLIQUE
Notre Dame d'Assomption est proclamée patronne principale de la France, et sainte Jeanne d'Arc, patronne secondaire[bmv 1].

HistoireModifier

 
Pape Pie XI en 1922.

En 1922, le nouveau pape Pie XI fit expédier la lettre Beata Maria Virgo in cælum Assumpta in gallicæ. Ce document était la première lettre apostolique sortie par ce Saint-Père et également le deuxième document pontifical, après un motu proprio concernant le conclave et expédié la veille, 1er mars[bmv 2].

Explicitement, le motif de l'expédition de la lettre apostolique est attribué à l'intention des cardinaux, archevêques et évêques de France, mais notamment à Stanislas-Arthur-Xavier Touchet, évêque d'Orléans[bmv 3]. Ce dernier fut enfin nommé cardinal, à la fin de 1922. Il s'agissait de l'un des premiers cardinaux créés par Pie XI. Il est évident, d'après la lettre, que le prédécesseur de Pie XI, Benoît XV, était déjà sollicité, et, avant son décès, examinait le dossier avec son avis favorable. De sorte que la lettre fut expédiée par son successeur[bmv 4].

Le document s'illustrait de nombreux indices corrects en faveur de la Sainte Vierge. On comprend que le Saint-Siège eût besoin de ces preuves, étant donné que Notre Dame d'Assomption n'avait jamais vécu en Gaule, dans sa vie sur la terre. Il est normal que le Vatican dût mentionner aussi plusieurs Apparitions mariales en France[bmv 5].

En comparaison de Notre Dame, les justifications pour sainte Jeanne d'Arc demeurent plus modestes, non que cette vierge, canonisée en 1920, soit secondaire mais parce que son privilège pour la France est octroyé en « écoutant les vœux passants des évêques, du clergé et des fidèles des diocèses et des missions de la France[bmv 6]. » Dans l'enthousiasme de canonisation, c'était a priori. Mais la lettre n'oubliait pas de louer sa foi catholique, son courage et sa mission divine : « C'est après en avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu'elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c'est en murmurant au milieu des flammes, en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu'elle s'envola au ciel[bmv 7]. » Le document mentionne trois protectrices célestes de « la Pucelle d'Orléans », pour constituer le lien avec la première patronne. Il s'agit de Notre Dame de Bermont, Notre Dame d'Orléans et Notre Dame de Reims[bmv 7].

Par ailleurs, cette lettre apostolique peut être considérée comme Credo, si implicite, de Pie XI, consacré à Notre Dame. Le conclave de 1922 se caractérisait de plusieurs particularités. Cette élection pontificale élut surtout l'un des cardinaux dernièrement créés, normalement observateurs lors du conclave. En fait, Mgr Ratti ne connaissait que cinq mois de fonction en tant que cardinal. Lorsqu'il avait été chargé en 1921 à l'archidiocèse de Milan, déjà, il lui fallait effectuer son pèlerinage « pour aller chercher à Lourdes la protection de Notre Mère immaculée[nc 1]. » Tout comme la Vierge Marie, Achille Ratti accepta ce qui lui était arrivé tandis que c'était juste avant la fête de la première apparition de Lourdes[nc 1]. Cela peut expliquer pourquoi cette lettre fut expédiée aux Français sans délai après son élection pontificale, et au lieu de tous les fidèles dans le monde entier.

En admettant que sainte Thérèse de Lisieux soit devenue une autre sainte patronne du Pape, béatifiée et canonisée par lui-même, la Vierge Marie restait toujours sa patronne céleste durant tout son pontificat. Pie XI consacra finalement, à Notre Dame, 309 documents pontificaux selon les études de Domenico Bertetto[nc 2]. Aucune année manquait d'encyclique ou de lettre apostolique dédiée à la Sainte Vierge[nc 1]. Au regard de Lourdes, Bernadette Soubirous fut, de même, béatifiée puis à la fête de l'Immaculée Conception 8 décembre 1933, canonisée par ce Saint-Père[nc 1].

Personnages et événements mentionnés dans la lettreModifier

La lettre apostolique soulignait que cette décision fut également tenue selon certa scientia (science certaine [historique])[bmv 6]. Rapellons que le jeune prêtre Ambrogio Damiano Achille Ratti, futur Pie XI, avait obtenu trois doctorats, en philosophie, en théologie et en droit canonique, à l'Université pontificale grégorienne, notamment qu'il était l'un des deux premiers docteurs éminents de l'Académie de Saint-Thomas [d'Aquin] fondée le 13 octobre 1879[bmv 8]. Si la lettre manque de références, ceux qui sont mentionnés indiquent une connaissance profonde et correcte de ce pape au regard de ce sujet.

  • Personnages ayant promu le culte de la Vierge Mère de Dieu, parmi de nombreux théologiens et docteurs[bmv 9] :
    • Irénée de Lyon († 202) : étant donné que l'évangélisation en Gaule fut effectuée par des prêtres grecs (dont Irénée de Lyon) et non par Rome[2], le culte d'après le rite gallican y restait différent sous influence de l'Église d'Orient, jusqu'à l'arrivée du pape Étienne II à l'abbaye de Saint-Denis en 754 ; le premier évêque de Lyon Irénée, disciple de Polycarpe de Smyrne, présentait sa dévotion particulière en faveur de la Sainte Vierge, qui avait réparé la faute fatale d'Ève : « Comme par sa désobéissance, la vierge Ève a été cause de la mort, pour elle et pour le genre humain, de même la Vierge obéissante Marie devient cause de salue pour elle et pour le genre humain. » ; également, l'évêque Irénée définissait Notre Dame comme « médiatrice de salut[3]. » ; non seulement son idée de comparaison entre la nouvelle Ève et l'ancienne Ève, correspondant à Jésus-Christ et à Adam, le prêtre grec exprimait aussi une autre symétrie, dans le troisième tome de son Contre les hérésies : la « terre vierge » au sein de la Sainte Marie, tout comme le premier Paradis immaculé, à partir de laquelle l'action de grâce de Dieu avait tiré le corps de Christ[4],[5] ;
    • Hilaire de Poitiers († 367) : ce docteur de l'Église était un grand défenseur de la doctrine de virginité perpétuelle de sainte Marie. Dans un texte, il parallélisait la fonction divine de Sainte Marie à celle de Dieu : « Merveille que le lieu sublime où je contemple Marie ! Rien n'égale Marie, rien sinon Dieu n'est plus grand que Marie. À Marie, Dieu a donné son Fils Lui-même, seul engendré de son cœur, égal à Lui, qu'Il aimait comme Lui-même, et de Marie, Il s'est fait un Fils, non pas un autre mais le même, en sorte qu'Il fût par nature l'unique, le même et le commun Fils de Dieu et de Marie. Toute nature a été créée par Dieu, et Dieu est né de Marie. … » [lire en ligne entièrement][6] ;
    • Eucher de Lyon († 449) : il est vraisemblable que le culte de la Sainte Vierge était bien gardé à Lyon, quoique de nombreux manuscrits concernants aient été perdus à cause de plusieurs dévastations des bibliothèques dans la région. Heureusement que le texte de l'évêque Eucher se conserve : « Celui qui donna le commencement à toutes choses l'a reçu de vous ; il a pris dans votre sein tout le sang qu'il voulait répandre pour la vie du monde, et encore a-t-il pris de vous de quoi payer pour vous-même. »[7] ;
    • Anselme de Cantorbéry († 1109) : le docteur ordinaire d'Aoste devint abbé du monastère Notre-Dame du Bec en 1078 auquel le culte de la relique de Sainte Vierge était établi ; il s'agissait de quatre cheveux de la Sainte Vierge, apportés par Ilgyre, commandant des troupes de Bohémond de Tarente lors des croisades ; deux étaient dédiés à Notre Dame de cette abbaye ainsi que deux possédés par saint Anselme lui-même[8],[9].
      — Il y a deux points importants. D'une part, ces reliques avaient été octroyées par le patriarche d'Antioche, à savoir grande autorité, afin d'enrichir les églises en Gaule. D'autre part, il s'agissait des reliques directement issues de la Vierge Marie[9] ;
    • Bernard de Clairvaux († 1153) : « Toutefois, le contexte spirituel du XIIe siècle est marqué par un développement intense de la dévotion envers la Vierge Marie, dont saint Bernard est le promoteur le plus connu. » (Bernard Ardura, Prémontrés, histoire et spiritualité, p. 43 (1995)[10]). Ce moine, également docteur de l'Église, écrivait surtout un texte en tant que sermon de l'octave de l'Assomption, Les 12 Prérogatives de la bienheureuse Vierge Marie pour le texte de l'Apocalypse, « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une femme qu'enveloppait le soleil, la lune sous les pieds et douze étoiles en couronne sur sa tête. » [lire en ligne] ;
    • François de Sales († 1622) : enfin, la lettre mentionne un autre docteur de l'Église, qui est surtout connu avec son célèbre texte, Prière à la Vierge Marie [lire en ligne]. Il est évident que la prière en faveur de la Mère de Dieu liée à la trinité était, pour l'évêque de Genève, particulièrement importante d'après son orientation pour le chapelet, qui était ajoutée à la fin de son œuvre principale Introduction à la vie dévote : « … Sur les trois premiers grains petits, vous demanderez l'intercession de la sacrée Vierge, la saluant au premier comme la plus chère fille de Dieu le Père, au second comme mère de Dieu le Fils, et au troisième comme Épouse bien-aimée de Dieu le saint Esprit. … » (Manière de dire dévotement le Chapelet, et de bien servir la Vierge Marie, dans la dernière édition, p. 659-661, 1630) [lire en ligne].
  • Clovis :
    « Bien plus, les principaux et les chefs de la nation se sont fait gloire longtemps d'affirmer et de défendre cette dévotion envers la Vierge. Converti à la vraie foi du Christ, Clovis s'empresse, sur les ruines d'un temple druidique, de poser les fondements de l'Église Notre-Dame, qu'acheva son fils Childebert[bmv 5]. » ; cette attribution reste, exceptionnellement dans cette lettre, hypothétique[11],[12] faute de documents ni d'indices archéologiques ; en effet, l'Histoire des Francs, seule chronique certaine de l'époque, ne mentionnait pas cet événement[13] ;
Néanmoins, il est vrai que l'origine des établissements dédiés à Notre Dame était parfois le culte des druides pour la vierge, par exemple, celle de la cathédrale Notre-Dame de Chartres[14],[15]. La conversion de Clovis était une double conversion, c'est-à-dire, celle des souverains mais aussi celle du culte ; et la première favorisait la deuxième. Sachant que le peuple avait besoin non seulement du Verbe, texte sacré, mais aussi du culte, l'Église en Gaule réussit à transformer les lieux pour le culte primitif en hauts lieux mariaux, sophistiqués et renforcés par la théologie[15]. Aussi n'est-il pas incompréhensible que :
« Il est certain, selon un ancien adage, que « le royaume de France » a été appelé le « royaume de Marie », et cela à juste titre[bmv 4]. » (« Regnum Gallicum regnum Mariæ »[bmv 4]). La lettre apostolique mentionne cette appellation en tant que premier justificatif[bmv 4] ;

« Quant à la Vierge, on a vu que cette grande médiatrice des hommes auprès de son fils Jésus et donc l'objet, en général, d'une particulière dévotion des princes, qui se recommandent à elle avec leurs sujets, est tout spécialement vénérée et priée par Saint Louis, pèlerin aux sanctuaires mariaux, qui fait dire tous les jours l'office de la Vierge. Dans ses Enseignements à son fils, il lui demande de réprimer « toute chose qui se fait ou se dit contre Dieu ou Notre Dame » et lui conseille qu'il prie Dieu de le garder « par sa grande miséricorde et par les prières et par les mérites de sa bienheureuse mère, la Vierge Marie ». »

— Jacques Le Goff, Saint Louis, p. 830 (1996)[22]

  • Louis XI :
    « pour l'accomplissement d'un vœu, édifie à Cléry un temple à Notre Dame[bmv 7]. » ; le dauphin Louis, à la suite d'une victoire définitive contre l'armée anglaise en 1443, ne cessa jamais son soutien en faveur de Notre Dame de Cléry ; sans doute cette basilique de Cléry était-elle le témoin de l'origine de la pratique de l'Angélus à midi en 1471[23] ; avec son épouse, il y fut finalement inhumé au lieu de la basilique de Saint-Denis.
    — Le pape Sixte IV suivit la décision du roi de France, le 16 janvier 1476, en expédiant sa bulle de confirmation en faveur de trois fois d'Ave Maria, y compris à midi, à l'honneur de l'Annonciation de la Vierge Marie[24]. Dorénavant, la prière de l'Angélus est universelle, notamment à la place Saint-Pierre tous les dimanches à midi par le Saint-Père ;
 
Ingres, Le vœu de Louis XIII.
  • Louis XIII :
    « Enfin Louis XIII consacre le royaume de France à Marie et ordonne que chaque année, en la fête de l'Assomption de la Vierge, on célèbre dans tous les diocèses de France de solennelles fonctions : et ces pompes solennels, Nous n'ignorons pas qu'elles continuent de se dérouler chaque année[bmv 7]. » ; on peut considérer que cette lettre apostolique est une confirmation définitive de ce vœu (1638).
    — Par le bref expédié le 31 mai 1937, Pie XI octroya, à nouveau, un privilège pontifical à la France. Il s'agissait d'un jubilé extraordinaire en 1938 pour distinguer le tricentenaire de ce vœu[25] ;
Article détaillé : Vœu de Louis XIII.
  • Université Paris-Sorbonne :
    « À Paris, dans la très célèbre Université de Sorbonne, il est historiquement trouvé que dès le XIIIe siècle la Vierge a été proclamée conçue sans péché[bmv 11]. » ; la nation normande de l'université de Paris adopta la fête de la Conception, déjà en 1266[26] ; notamment, la Sorbonne défendait à perpétuité l'idée de l'Immaculée Conception, au XIVe siècle sous une puissante direction de Pierre d'Ailly, aumônier de Charles VI, en luttant contre un théologien aragonais Jean de Montson enseignant que la Vierge Marie était née avec le péché originel[27],[26] ; d'où, la pratique de la fête du 8 décembre était habituelle en Gaulle.
    — Le Vatican n'officialisa qu'en 1854 le dogme de l'Immaculée Conception avec la bulle pontificale de Pie IX Ineffabilis[26] ;
Article connexe : Immaculée Conception.
  • Apparitions de Lourdes et sanctuaires de Lourdes :
    Il faut remarquer une autre justification en faveur de Notre Dame, assez longue : « L'immense affluence des fidèles accourant de loin chaque année, même de notre temps, aux sanctuaires de Marie, montre clairement ce que peut dans le peuple la piété envers la Mère de Dieu, et plusieurs fois par an la basilique de Lourdes, si vaste qu'elle soit, paraît incapable de contenir les foules innombrables de pèlerins[bmv 5]. » ; à vrai dire, sa dévotion pour Notre Dame de Lourdes était tellement profonde[nc 1] que Pie XI était pèlerin fidèle à ce haut lieu depuis 1893[nc 3]. Cela explique les événements en 1921 et 1922. Ce témoin fut nommé cardinal évêque de Milan 13 juin par le pape Benoît XV. Toutefois, il présida un pèlerinage national italien vers Lourdes du 29 août au 2 septembre, avant d'être en fonction à Milan, à partir du 3 septembre[bmv 12]. Cet archidiocèse de Milan n'était autre que celui où, depuis sa naissance, il grandit et reçut sa formation jusqu'en 1879[bmv 13]. Puis, à la suite du décès de Benoît XV le 22 janvier 1922, le conclave élut le nouveau pape le 6 février[bmv 14] et l'intronisation de Pie XI fut tenu le 12 février, lendemain de la fête de l'apparition de Lourdes. Aussi l'expédition de la lettre apostolique en mars n'était-elle pas par hasard[nc 4].

Cathédrales dédiées à la Vierge MarieModifier

La lettre souligne de même l'existence d'un grand nombre de cathédrales consacrées à Notre Dame en France, plus nombreuses que dans d'autres pays : « Même les monuments sacrés attestent d'éclatante manière l'antique dévotion du peuple à l'égard de la Vierge : trente-quatre églises cathédrales jouissent du titre de la Vierge Mère de Dieu, parmi lesquelles on aime à rappeler comme les plus célèbres celles qui s'élèvent à Reims, à Paris, à Amiens, à Chartres, à Constances et à Rouen[bmv 5]. »

Article connexe : Cathédrale Notre-Dame.

Document pontifical supplémentaireModifier

Il existe un autre document important, si cette lettre apostolique n'en mentionnait pas, pour soutenir cette proclamation. Il s'agit d'un bref du pape Martin V, expédié en 1427, afin d'autoriser le premier Grand Pardon de Rocamadour (1428). En effet, Charles VII et son épouse Marie d'Anjou subissant la guerre de Cent Ans sollicitèrent ce souverain pontife, en exprimant leur dévotion la plus profonde en faveur de Notre Dame, sainte patronne du Royaume. Conséquence : le 17 juillet 1429, conduit par sainte Jeanne d'Arc, ce dit petit roi de Bourges fut sacré à Reims et obtint sa légitimité en tant que roi de France. À la suite d'une demande d'Ernest Rupin, ce bref fut retrouvé, à une date inconnue à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle, par le prélat et sous-archiviste du Vatican Pietro Wenzel dans les registres de Martin V[28].

Article détaillé : Grand Pardon de Rocamadour.

Postérité et nomination du documentModifier

Le texte en latin et sa traduction furent publiés, en 1927 à Paris, avec d'autres documents pontificaux sortis en 1922 et 1923, chez la Maison de la Bonne Presse[bmv 15].

À la suite de cette lettre, l'autorité du patronage pour la France est dorénavant assurée par le plus haut niveau, le Saint-Siège. En conséquence, le pape Pie XII suivit et ajouta une autre patronne de la France le 3 mai 1944, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus[29], avec sa lettre apostolique Sanctæ Romanæ Ecclesiæ, Sancta Teresia a Iesu Infante, virgo, carmelita, lexoviensis, universæ galliæ patrona secundaria constituitur[30]. Donc, trois saintes, une principale et deux secondaires, de la France sont formellement déclarées sous l'autorité du Vatican, qui optimisa ses choix : Mère Divine, héroïne nationale la plus distinguée ainsi que docteur de l'Église dont le souvenir reste encore dans le cœur des fidèles.

 
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus jouant sainte Jeanne d'Arc (vers 1890).

Par ailleurs, en France, la lettre est surtout connue au nom des premiers mots de texte, Galliam Ecclesiæ filiam. En effet, non seulement cette nomination indique effectivement, en trois mots, le sujet du document mais également facilite son identification. D'où, les chercheurs aussi, telle Nadine-Josette Chaline, spécialiste de Pie XI, adoptent cette nomination dans leur documents académiques[nc 5].

Texte intégral en latin et en françaisModifier

  • 1927 : LITTERA APOSTLICA Beata Maria Virgo in cælum Assumpta in gallicæ, dans l'Actes de S. S. Pie XI — Encycliques, Motu Proprio, Brefs, Allocutions, Actes des Dicastères etc…, Texte latin et traduction française, tome I (Années 1922 et 1923), p. 20 - 25, Maison de la Bonne Presse, Paris [lire en ligne] (numérisée par Bibliothèque Saint-Libère).
  1. a et b p. 20.
  2. p. 17.
  3. p. 20-21.
  4. a, b, c et d p. 21.
  5. a, b, c, d et e p. 22.
  6. a et b p. 24.
  7. a, b, c, d et e p. 23.
  8. p. 6.
  9. p. 21-22.
  10. p. 22-23.
  11. p. 21-22.
  12. p. 12.
  13. p. 5-6.
  14. p. 13.
  15. p. 20-25.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Références bibliographiquesModifier

  1. a, b, c, d et e p. 161.
  2. p. 161 ; Domenico Bertetto, « La devozione Mariana di Pio XI », dans la revue Salesianum, tome 26, 1964, p. 348.
  3. p. 160-161.
  4. p. 161 : « il avait souhaité ce voyage « pour aller chercher à Lourdes la protection de notre Mère immaculée » dont il aurait tant besoin dans sa nouvelle charge. L'année suivante, Pie XI se plut à constater que son élection au pontificat était survenue en février, mois de apparitions de Marie à Lourdes. »
  5. p. 160.

Notes et référencesModifier

  1. http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=14525.
  2. http://eglise-orthodoxe-de-france.fr/les_racines_orientales_du_chant.htm (Docteur Daniel Saulnier, abbaye Saint-Pierre de Solesmes).
  3. https://books.google.fr/books?id=KZzmLBlpczAC&pg=PA63.
  4. p. 409.
  5. https://books.google.fr/books?id=S__KAgAAQBAJ&pg=PA175.
  6. https://books.google.fr/books?id=mD-rCQAAQBAJ&pg=PT1317.
  7. p. 16 et 20 ; malheureusement citation non critique (sans précision de source)
  8. [lire en ligne] (d'Orient, le commandant en avait apporté douze.) : « ce que je [Eadmer] sais avec une entière certitude, c'est que notre seigneur le révérend père Anselme les eut toujours en extrême vénération, et que moi-même, dans une expérience solennelle et sacrée, j'ai senti qu'il y avait dans ces cheveux quelque chose de grand et un signe de sainteté à remuer le monde. » (Eadmer, Historia novorum, tome IV).
  9. a et b [lire en ligne] : « Il [Ilgyre] ajoutait que le patriarche grec, pour en garantir l'authenticité, affirmait avoir vu, dans les anciens manuscrits soigneusement conservés aux archives d'Antioche, un récit d'après lequel la Vierge au pied de la croix de son divin Fils, le jour de la Passion, quand le glaive de douleur prédit par Siméon transperça son âme, s'était, à la manière des femmes juives, arraché les cheveux. ......... »
  10. [lire en ligne].
  11. [lire en ligne].
  12. [lire en ligne].
  13. [lire en ligne] Livre II, XL (40) « Pendant son séjour à Paris, … », XLIII (43) « Ces choses s'étant ainsi passées, Chlodovech mourut à Paris, et fut enterré dans la basilique des Saints-Apôtres, qu'il avait lui-même fait construire de concert avec la reine Chrotechilde. » et le reste.
  14. [lire en ligne].
  15. a et b Cette origine de Chartres avait intéressé le médecin psychiatre Carl Gustav Jung qui trouva une grande qualité du catholicisme afin d'améliorer la foi de peuple fidèle sans négliger leur nécessité de culte ((en)) [lire en ligne].
  16. [lire en ligne].
  17. a et b [lire en ligne], p. 395-396.
  18. [lire en ligne].
  19. Jean Favier, Charlemagne, p. 582 et 690, collection Texto, 2013.
  20. Par ailleurs, cette deuxième dynastie des Carolingiens avait besoin de sa légitimité, car, son pouvoir était parfois considéré comme provisoire en faveur de la maison des Mérovingiens ; c'est la raison pour laquelle Gisèle, sœur de Charlemagne, était chargée, en tant qu'abbesse, de diriger l'abbaye royale de Notre-Dame de Chelles ([lire en ligne], p. 376 ; [lire en ligne]).
  21. [lire en ligne].
  22. [lire en ligne].
  23. Selon la brochure de la basilique écrite par A. Simon, p. 3 (reçue en 2008 à Cléry) : en 1471, lorsque Louis XI, prévoyant une forte désobéissance de féodaux, arriva à la basilique pour y prier à midi, les chanoines récitèrent spontanément l'Angélus ; d'après l'auteur, le roi ordonna le 27 juin 1471 cette pratique à midi dans tout son royaume (ordonnance difficile à retrouver en ligne : n'est pas imprimée dans l'Ordonnances des Rois de France de la troisième race, dix-septième volume (1467-1473), Paris 1820) ; d'ailleurs, plusieurs documents indiquent qu'il s'agit d'un édit expédié le 1er mai 1472 ([lire en ligne] ; [lire en ligne]).
  24. https://books.google.fr/books?id=8vYAAAAAMAAJ&pg=PA259 ; « L'an M.CCCC.LXXV., & le XVIe de janvier » est le 16 janvier 1476, en raison d'une date avant Pâques (selon le calendrier de l'époque renouvelant l'année à partir de Pâques).
  25. René Fontenelle, Sa Sainteté Pie XI, 2e édition, p. 81, Spes, Paris, 1937.
  26. a, b et c [lire en ligne].
  27. [lire en ligne], p. 305-306.
  28. En fait, Martin V (ou son prédécesseur Grégoire XII) était le premier pape qui ait fait conserver systématiquement les documents expédiés du Saint-Siège. Ce pape reste important pour identifier le jubilé du Puy-en-Velay en 1418 et 1429. En dépit d'une vaste opération aux archives du Vatican, les brefs pour les jubilés de Notre-Dame du Puy ne sont pas encore retrouvés tandis que les documents concernant au Puy furent perdus à cause de deux fois d'incendies aux archives de cathédrale.
  29. [lire en ligne].
  30. [lire en ligne].