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Bateau-mouche

bateau utilisé pour le tourisme fluvial
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Bateau-mouche sur la Seine.

Un bateau-mouche est un type de navette utilisée pour le tourisme fluvial à Paris ainsi qu'à Strasbourg et Lyon, d'où il est originaire. Ce terme est devenu un nom générique pour ce type de transport.

En France, la dénomination « Bateaux Mouches » est une marque déposée et enregistrée depuis 1950 par la « Compagnie des Bateaux Mouches », notamment sous les numéros 1092478 et 1611120, pour désigner des services de promenade touristique[1].

Sommaire

Origine du nom et conceptModifier

Médaille de la Croix-Rouge française de 1870, frappée dans le cadre de la guerre franco-prussienne, et qui mentionne les bateaux-mouche.
 
Bateau faisant demi-tour près du pont d'Austerlitz.

Le mot bateau-mouche existait au XIXe siècle pour désigner des embarcations qui n’avaient qu’un but utilitaire, et ne servaient qu’au transport de marchandises et éventuellement de passagers d’un lieu vers un autre sur divers fleuves et canaux.

Ces embarcations n’avaient jamais été utilisées dans un cadre touristique, ni pour des promenades partant d’un site pour y revenir.

C'est à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867 que les premiers bateaux-mouches firent leur entrée dans la capitale. À la suite d'un concours lancé par les organisateurs de l'exposition, le constructeur naval lyonnais Michel Félizat (associé à d'autres Lyonnais) remporta le prix et achemina par la Saône, le canal de Bourgogne, l'Yonne et la Seine, une trentaine d'exemplaires de ses bateaux à passagers construits dans ses ateliers implantés dans le quartier de la Mouche (d'où leur nom)[2], au sud de Lyon (au nord de l'actuel quartier de Gerland)[3]. L'exploitation de ces bateaux avait déjà commencé en région lyonnaise de décembre 1862 à 1913, la « Compagnie des Bateaux Mouches » des sieurs Chaize et Plasson exploitant une ligne de transport de voyageurs entre la Mulatière et Vaise avec cinq navires[4].

 
Bateau-mouche sur la Seine vers 1900.

À Paris, la ligne unique de la compagnie des Bateaux-Omnibus a transporté plus de 2,5 millions de passagers durant l'exposition[5].

Après la Seconde Guerre mondiale, alors que le transport fluvial de voyageurs disparaissait au profit des transports terrestres (voies sur berges) ou souterrains (métro de Paris), Jean Bruel (1917-2003)[6],[7],[8], fondateur de la Compagnie des Bateaux Mouches, a acquis un des derniers bateaux ayant été construits pour l’exposition universelle, afin de proposer des promenades touristiques sur la Seine. De ce nouveau concept, Jean Bruel[9] a créé une nouvelle activité, et déposa la marque-dénomination « Bateaux Mouches » dès 1950 [réf. souhaitée].

Afin de conférer une notoriété et une publicité suffisantes à sa nouvelle activité touristique sur la Seine, Jean Bruel inventa le personnage mythique de Jean-Sébastien Mouche, qu’il présenta comme le concepteur des Bateaux-mouche. Il organisa ainsi, le , port de Solférino, une cérémonie d’inauguration de son nouveau bateau en présentant un buste de Jean-Sébastien Mouche en présence du ministre des Transports, du préfet de Paris et du Tout-Paris culturel et artistique de l’époque. La presse évoqua cet événement insolite[10], acte fondateur d’une nouvelle activité touristique sur la Seine qui attire depuis des millions de visiteurs.

À MontréalModifier

 
Vieux-Port de Montréal
Accosté, en bas à droite, le Bateau-Mouche

Le « Bateau-Mouche au Vieux-Port de Montréal » est une entreprise créée en 1992. Construit, dans le Vieux-Port même, le Bateau-Mouche a été inauguré à l'occasion des fêtes du 350e anniversaire de la ville de Montréal en 1992.

Le Bateau-Mouche de Montréal est un bateau d’une capacité de 190 personnes qui propose cinq voyages quotidiens : quatre voyages le jour et un le soir. Le bateau est doté de deux ponts. La verrière du pont supérieur est découverte dans la journée.

Comme son cousin parisien, il évolue sur un fleuve : le Saint Laurent. Son but est de proposer des promenades touristiques au cœur du Vieux-Port et de ses îles (île de Montréal, île Notre-Dame, île Sainte-Hélène) et de découvrir un paysage à la fois urbain et naturel.

Le faible tirant d’eau du Bateau-Mouche lui permet d’emprunter un parcours inaccessible aux bateaux traditionnels : entrée du canal Lachine, Habitat 67, le courant Sainte-Marie, la tour de l'Horloge, le pont Jacques-Cartier, La Ronde, le chenal Lemoyne, la Biosphère

Depuis 1992, le Bateau-Mouche a accueilli plus d’un million de visiteurs. Il y a été servi plus de 400 000 repas en soirée à l'occasion de ses soupers-croisières.

À Rio de JaneiroModifier

Une ligne du même nom opérait à Rio de Janeiro dans la baie de Guanabara. Le 31 décembre 1988, le bateau mouche IV fit naufrage, causant 55 morts et la faillite de la société.

Dans la fictionModifier

Plusieurs scènes du film Le cave se rebiffe (1961) se déroulent sur des bateaux-mouche parisiens.

Notes et référencesModifier

  1. « Institut national de la propriété industrielle, Base de données Marques », (taper « Bateaux Mouches » dans le champ « Nom de la marque » pour vérifier), sur bases-marques.inpi.fr (consulté le 2 février 2019).
  2. Jean-Marc Combe, Bernard Escudié et Jacques Payen, Vapeurs sur le Rhône : histoire scientifique et technique de la navigation à vapeur de Lyon à la mer, Presses universitaires de Lyon, 1991, p. 398.
  3. « Gerland - Les Rues de Lyon », sur lesruesdelyon.hautetfort.com (consulté le 12 mai 2019)
  4. Dominique Frémy, Michèle Frémy, Quid, Robert Laffont, 2007, p. 1819
  5. Lippincott's monthly magazine: a popular journal of general literature, volume 19, J. B. Lippincott and co., 1877, p. 380
  6. « Jean Bruel », sur francaislibres.net
  7. « Le PGD des Bateaux-Mouches volé et décédé en rentrant à Castelreng », ladepeche.fr, 29 juillet 2003.
  8. « Le dernier voyage du PDG des Bateaux-Mouches », leparisien.fr, 1 août 2003.
  9. « Et que vogue le Jean Bruel ! », Jean-Pierre Thiollet, France Soir, 8 novembre 2010.
  10. Bruno Fuligni, L'Évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire, Les Arènes, 2017, p. 93-96.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier