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Régiment Aidar
Image illustrative de l’article Bataillon Aidar

Création
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Allégeance Ministère de l'Intérieur d'Ukraine (uk)
Branche Garde nationale de l'Ukraine
Type Régiment de volontaires
Effectif 400
Devise Dieu est avec nous
Guerres Guerre du Donbass

Le bataillon Aidar, Aïdar ou Aydar (Айдар) est une unité paramilitaire spéciale formée de volontaires ukrainiens intégrée à la garde nationale ukrainienne. Il est placé sous le commandement du ministère de l'intérieur d'Ukraine, et intégré aux « forces de défense[1] » par l’État-major ukrainien. Ce bataillon est chargé de lutter contre l'insurrection pro-russe à l'Est. Le bataillon est basé à Starobilsk, à quelque 80 kilomètres au nord de Lougansk[2]. Il est composé d'environ 400 volontaires, issus des services d'ordre et de manifestants de l'Euromaïdan[3].

OrganisationModifier

CréationModifier

Alors que l’État Ukrainien est en faillite et que de nombreux soldats de l'armée nationale ont déserté[4], et aussi pour pallier une armée ukrainienne, désorganisée et peu motivée, dont les appelés du Donbass ne sont plus envoyés combattre dans l'est du pays, par crainte qu’ils ne changent de bord[5], le 13 avril 2014, au lendemain des référendums de Lougansk et de Donetsk, le ministre de l'intérieur du gouvernement par intérim Arsen Avakov décide de former des milices armées spéciales, afin de lutter contre le désordre à l'Est. Les actions de combat qui sont menées sont dénommées « opérations antiterroristes », afin de souligner l'illégalité de ces référendums populaires et de ne pas négocier avec les insurgés de l'Est.

CommandementModifier

 
Le commandant du bataillon Aidar Serhiy Melnychuk

Le commandement en chef du bataillon Aidar était assuré par Serhiy Melnychuk (Сергій Мельничук)[6] « qui n’était pas très respecté de ses hommes, ne sachant pas faire régner la discipline et devant confier la stratégie militaire à son no 2 »[7]. Serhiy Melnychuk quitte la fonction de commandant du bataillon Aidar à la suite de son élection comme député du Parti radical d'Oleh Liachko à la Rada lors des élections législatives. En mars 2015, le Procureur général ouvre une enquête criminelle contre Serhiy Melnychuk pour avoir créé un gang composé de combattants du bataillon Aidar qui ont commis des enlèvements des actes de torture et des vols. En juin 2015, Serhiy Melnychuk s'est vu retirer son immunité parlementaire[8].

Après l'élection de Serhiy Melnychuk à la Rada, son adjoint Oleksandr Bardash est devenu le commandant de l'unité[8].

Il est secondé par Valentin Lyholit (Валентин Лихолiт)[5], un sous-officier, qui clame que si les politiciens « trahissent » la cause nationale, les unités de volontaires sont prêts à les renverser de nouveau en disant que « nous avons chassé Ianoukovitch avec des cocktails Molotov, mais maintenant nous avons des blindés »[5]. Chez les combattants de l'unité Aidar, « la méfiance envers l’État est un sentiment partagé »[1]. Après les accords de Minsk II, un combattant du bataillon déclare à un journaliste : « Je ne fais ni confiance aux Russes, ni à Poroshenko et sa clique »[9]. Un proche collaborateur de l’ancien secrétaire Andriy Paroubiy, membre du conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, confie que « ni le gouvernement, ni le commandement militaire ne font confiance aux bataillons de volontaires »[10].

FinancementModifier

Le bataillon Aidar est financé en partie[11] par l'oligarque milliardaire ukraino-chyprio-israélien Ihor Kolomoïsky, nommé gouverneur de Dnipropetrovsk en mars 2014[12] ; Ihor Kolomoïsky offre des récompenses à ceux qui remettent des armes aux autorités, notamment 1 500 dollars pour un AK-47[13], l'arrestation d’un rebelle pro-russe vaut 10 000 dollars et la libération d'un bâtiment occupé par les séparatistes, 200 000 dollars[14].

Ihor Kolomoïsky offre même un million de dollars à celui qui assassinera le député pro-russe et ancien candidat à la présidentielle ukrainienne du 25 mai 2014, Oleg Tsarev[15].

Ihor Kolomoïsky fait l'objet de poursuites par le Comité d'enquête russe pour « organisation de meurtres, de recours à des moyens et méthodes de guerre illégaux »etc. Un mandat d'arrêt international est prévu[16].

EffectifsModifier

Le bataillon Aidar est composé d'environ 400 volontaires, issus des services d'ordre et de manifestants de l'Euromaïdan[3]. Selon le journal allemand Tagesschau, les dirigeants et de nombreux membres du bataillon sont des néo-nazis et des membres de partis d'extrême droite[17].

En octobre 2014, à la suite des élections législatives, Ihor Lapin[18],[19] un combattant du bataillon est élu député du parti du Front populaire et devient un des membres du bureau militaire de ce même parti politique[20].

Le magazine Elle dans son numéro 3594, daté du 14 au 20 novembre 2014 aborde le sujet des femmes combattant dans les bataillons de volontaires et présente notamment Vita Zaveroukha qui fait partie du bataillon Aidar[21],[22]. Dans sa page de réseau social, Vita publie des images d'Hitler, des photos d'elle portant un top noir frappé d'une croix gammée ou en faisant le salut nazi et déclare notamment « l’Ukraine sans les Juifs »[23]. Vita Zaveroukha a été arrêtée par les autorités ukrainiennes en mai 2015 pour avoir abattu deux policiers lors du braquage d'une station service[24].

Dans un article du Guardian datant du 5 mars 2015, sur une des photos, on peut apercevoir, derrière une combattante dénommée Anaconda, une camionnette siglée de symboles nazis comme le 14-88 et le logo de la 36e Waffen-Grenadier-Division de la SS[25] représentant deux grenades à main croisées. Cette unité est connue pour avoir été composée de criminels.

Voyant l'absence de réaction à l'annexion de la Crimée par la Russie[26], Nadia Savtchenko quitte l'armée ukrainienne et rejoint les rangs du bataillon Aidar[27],[28]. Les Russes l'accusent d'être impliquée dans le meurtre de deux journalistes russes[29],[30] Igor Korneliouk et Anton Volochine[31],[32].

Le photographe ukrainien de l'agence Reuters et volontaire dans le bataillon Aidar Viktor Gourniak est mort le 19 octobre 2014 près de la ville de Chtchastya[33].

En novembre 2014, un journaliste russe du nom de Alexeï Toporov affirme que la jihadiste britannique Samantha Lewthwaite servait en tant que sniper au bataillon Aidar jusqu'à qu'elle-même se fasse abattre par un sniper du côté des insurgés[34],[35]. Cependant le 13 novembre 2014, le commandant du bataillon nie la présence de Samantha Lewthwaite dans ses rangs[36].

ActionsModifier

 
Un séparatiste détenu par des miliciens du bataillon Aidar, le 30 juillet 2014

En 2014, Amnesty International et l'OSCE[37] accusent le bataillon de violations des droits de l'homme, de détentions arbitraires[38], d'exécutions de civils, de prisonniers[39], de vols, rackets[5] et d'autres actions pouvant être traduit comme des crimes de guerre[40].

Un autre rapport d’Amnesty International dénonce que les paramilitaires pro-européens, dont ceux du bataillon Aidar, commettent des actes de crimes de guerres en exécutant des otages et des prisonniers pro-russes en leur coupant la tête[41].

Le [42], selon les Russes, Nadia Savtchenko aurait communiqué par téléphone la position de deux journalistes russes Igor Korneliouk et Anton Volochine[31],[32] aux volontaires du bataillon Aidar qui les ont bombardés[43] aux tirs de mortier.

En juillet 2014, des miliciens du bataillon Aidar ont capturé Tamerlan Enaldiev, l'un des sous-ministres de la Défense de l'Ossétie du Sud[44],[45].

Le [46], le bataillon Aidar reprend la ville de Severodonetsk qui était tenue par les séparatistes prorusses[47]. Dès lors, les combattants volontaires volent et rackettent les habitants de la ville[48].

En septembre 2014, les forces séparatistes découvrent le corps de trois femmes et d'un homme, des civils, qui auraient été exécutés d’une balle dans la tête dans un terrain vague près de Donetsk, dans une zone occupée par la 25e brigade aéroportée ukrainienne et le bataillon Aidar[49].

Le , les bataillons Azov et Aidar, accompagnés par 4 000 personnes qui célébraient le 72e anniversaire de la création de l'UPA ont tenté de prendre le Parlement ukrainien[50].

Le , Amnesty International rapporte que des unités bloquent l'aide humanitaire destiné au population des zones contrôlées par les séparatistes. Selon Amnesty International, les bataillons Aidar, Donbass et Dnipro-1 ont bloqué le convoi d'aide humanitaire parce qu'ils « croyaient que la nourriture et les vêtements allaient finalement tombés entre de mauvaises mains et qu'il serait vendu au lieu d'être donné ». Denis Krivosheev, le directeur d'Amnesty International en Europe et Asie Centrale souligne qu'utiliser la faim contre les populations civiles est un crime de guerre[51].

Le , les combattants du bataillon Aidar manifestent devant le parlement ukrainien en brûlant des pneus[52],[53] et tentent de pénétrer dans le ministère de la Défense pour protester contre la dissolution de leur unité[54].

À la suite du cessez-le-feu des accords de Minsk II, dès le 14 février 2015, les combattants du bataillon Aidar ont annoncé leur volonté de ne pas cesser de combattre[55].

En mars 2015, trois combattants du bataillon Aidar sous l'emprise de l'alcool pénètrent dans un appartement à Lysychansk, l'ont saccagé après avoir tabassé le propriétaire. Un officier de Aidar se dédouane des faits en disant que n'importe qui peut acheter l'écusson du bataillon[56].

En avril 2015, le gouverneur de Luhansk déclare que le bataillon Aidar « terrorise la région » et demande au ministère de la Défense ukrainienne de freiner ses membres, après une série de vols[57].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b La-Croix.com, « Chez les défenseurs de l’identité ukrainienne », sur La Croix, (consulté le 29 août 2018)
  2. « Reportage International - Ukraine: le bataillon Aïdar », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  3. a et b « Ces jeunes de Maïdan devenus volontaires à l’est », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  4. « Des pro-Russes affirment avoir déserté l'armée ukrainienne », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  5. a b c et d « Ukraine. Les volontaires en terrain conquis », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  6. (en-US) « Aydar Batallion ready to fight even as unit’s future remains unclear - Jun. 24, 2014 », KyivPost,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  7. « Législatives en Ukraine: des «héros» bientôt au Parlement », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  8. a et b (en-US) « Aidar soldiers uneasy about future as orders come to leave base - Jul. 09, 2015 », KyivPost,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  9. La-Croix.com, « Après l’accord de paix, la méfiance des volontaires ukrainiens », sur La Croix, (consulté le 29 août 2018)
  10. « La gueule de bois de l’armée ukrainienne », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  11. In Ukraine, private armies take fight to Russian separatists Nation du 7 mai 2015
  12. Piotr Smolnar, Le Monde, 17 juin 2014, p. 5
  13. L’oligarque « genevois » qui défie Poutine La Tribune de Genève du 30 mai 2014
  14. Des citoyens à Donetsk pour dire non à la Russie Le temps par Piotr Smolar du 19 avril 2014
  15. Louis Imbert, « Les subtils équilibres d’Igor Kolomoïski, nouvel homme fort du Sud-Est ukrainien », sur www.lemonde.fr,
  16. « Ukraine : le ministre Avakov dans le collimateur du Comité d'enquête russe », RIA Novosti,
  17. Blutige Kämpfe in der Ostukraine Tagesschau du 29 septembre 2014
  18. Kommunar, east Ukraine: ‘Nothing to eat, nothing to do, no point in life The Guardian du 6 février 2015
  19. Ukraine: draft dodgers face jail as Kiev struggles to find new fighters The Guardian du 10 février 2015
  20. Membres du Bureau militaire (Члени Військової ради en ukrainien) sur le site officiel du parti, 17 septembre 2014)
  21. Comment le magazine ELLE a été berné par une néo-nazi ukrainienne RFI du 1er janvier 2015
  22. Le magazine “Elle” s’excuse après la publication d’une interview d’une néo-nazie ukrainienne LesInrocks du 2 janvier 2015
  23. Le magazine "Elle" s'excuse pour la polémique après son interview d'une jeune néo-nazie Huffington Post du 31 décembre 2014
  24. Teenage girl soldier hailed as Ukraine's 'Joan of Arc' by Elle magazine is revealed as neo-Nazi and is arrested over cop killing DailyMail du 8 mai 2015
  25. The women fighting on the frontline in Ukraine The Guardian du 5 mars 2015
  26. Russie: la pilote ukrainienne bientôt libérée Le Figaro du 12 février 2015
  27. À l'étranger, deux destins de femmes en suspens le JDD du 8 mars 2015
  28. Nadia Savtchenko, l'encombrante prisonnière ukrainienne de Poutine de FranceTV du 19 décembre 2014
  29. L'égérie ukrainienne officiellement inculpée 20minutes du 24 avril 2015
  30. Une pilote ukrainienne «soignée» par Moscou du Libération du 17 octobre 2014
  31. a et b UKRAINE. Kiev annonce un cessez-le-feu "sous peu" du Nouvel Observateur du 18 juin 2014
  32. a et b Kiev va ordonner « sous peu » un cessez-le-feu unilatéral, Le Monde du 18 juin 2014
  33. Le photographe de Reuters, Viktor Gourniak, volontaire du bataillon « Aydar » est mort au combat près de la ville de Chtchastya
  34. Samantha Lewthwaite killed fighting in Ukraine du Telegraph
  35. White Widow terrorist killed by Russian sniper, reports say de Fox News du 12 novembre 2014
  36. White widow dead: Reports Samantha Lewthwaite killed in Ukraine dismissed as false The Independent du 13 novembre 2014
  37. Latest from OSCE Special Monitoring Mission (SMM) to Ukraine based on information received as of 18:00 (Kyiv time), 21 August 2014 Site de l'OSCE
  38. OSCE
  39. Kiev : charniers et crimes de guerre, mais les médias ont perdu la tête
  40. Ukraine: Abuses and war crimes by the Aidar Volunteer Battalion in the north Luhansk region de Amnesty International
  41. Ukrainian Nationalist Volunteers Committing 'ISIS-Style' War Crimes News Week par Damien Sharkov du 9 octobre 2014
  42. Ukraine – Décès de deux journalistes russes (17 juin 2014) du site du ministère des affaires étrangères français
  43. Nadejda Savtchenko, pilote d’hélico ukrainienne, arrêtée par les Russes Libération du 9 juillet 20147
  44. Dmitry Tymchuk's military blog: The number of settlements freed from insurgents is growing inexorably every day du Kyiv Post du 22 juillet 2014
  45. "Айдар" захопив помічника міноборони невизнаної Південної Осетії du Pravda ukrainien du 21 juillet 2014
  46. « Combats fratricides aux abords de Donetsk », Libération,‎
  47. Ukraine : cessez-le-feu fantôme sur le front de Lougansk Libération du 23 septembre 2014
  48. A Starobilsk, les combattants volontaires ukrainiens en première ligne RFI du 16 septembre 2014
  49. Ukraine: quatre cadavres de civils découverts à Donetsk FRI du 25 septembre 2014
  50. Ukraine : Porochenko, l’atout de l’extrême droite L'Humanité du 21 octobre 2014
  51. Eastern Ukraine: Humanitarian disaster looms as food aid blocked Amnesty Internation du 24 décembre 2014
  52. Ex-chief of Aidar Battalion fired as deputy head of Ukraine parliament committee du Kyiv Post du 12 février 2015
  53. Aidar battalion commander expelled from Radical Party faction du Kyiv Post du 5 février 2015
  54. Ukraine crisis: A dangerous shift in tempo as rebels bolster troop numbers against government forces The Independant du 5 février 2015
  55. Ukraine. La trêve mise à mal par des combats dans le Donbass Courrier International du 24 février 2015
  56. Alcohol abuse rampant at war front Kyiv Post du 9 avril 2015
  57. Governor of Luhansk region accuses Aidar of terrorizing the region du Kyiv Post du 1er avril 2015

Articles connexesModifier

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