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Bataille du convoi Duisburg
Description de cette image, également commentée ci-après
Le croiseur léger HMS Aurora, navire amiral du Captain Agnew.
Informations générales
Date 8-
Lieu Sud-ouest de la Calabre, mer Méditerranée
Issue Victoire britannique
Belligérants
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal NavyFlag of Italy (1861-1946) crowned.svg Regia Marina
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni William Gladstone Agnew (en)Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg Bruno Brivonesi (en)
Forces en présence
2 croiseurs légers
2 destroyers
2 croiseurs lourds
10 destroyers
7 navires marchands
Pertes
1 destroyer légèrement endommagé1 destroyer coulé
2 destroyers gravement endommagés
7 navires marchands coulés

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Coordonnées 37° 08′ nord, 18° 09′ est

Géolocalisation sur la carte : Méditerranée

(Voir situation sur carte : Méditerranée)
Bataille du convoi Duisburg

La bataille du convoi Duisburg, également appelé en Italie bataille du convoi Beta[1], est un engagement naval entre les navires de guerre italiens et britanniques pendant la campagne de la Méditerranée, l'affrontement s'étant déroulé dans la nuit du 8 au au sud-ouest de la Calabre. Le convoi a été nommé « Beta » par les autorités navales italiennes, mais est communément appelé « convoi Duisburg  », nommé d'après le bateau à vapeur allemand Duisburg, le plus gros navire du convoi.

La Force K de la Royal Navy a annihilé le convoi, coulant tous les navires marchands et le destroyer Fulmine en ne subissant aucune perte et quasiment aucun dommage. Le lendemain, le destroyer Libeccio a été coulé par le sous-marin britannique HMS Upholder alors qu'il ramassait des survivants.

Sommaire

Arrière-planModifier

Les forces de l'Axe engagées dans la guerre contre les Britanniques en Afrique du Nord étaient ravitaillées à travers la Méditerranée. L'île assiégée de Malte était l'une des bases britanniques clés en Méditerranée à partir duquel ils pouvaient attaquer les convois de ravitaillement de l'Axe en Libye. Le mois de novembre 1941 fut le mois où les pertes des convois italiens fut le plus important, les avions et les navires alliés coulant près de 60% des navires en convoyage.

Forces italiennesModifier

Le convoi comprenait deux navires allemands, le SS Duisburg (7 889 t) et le SS San Marco (3 113 t), et trois italiens, le MV Maria (6 339 t), le SS Sagitta (5 153 t) et le MV Rina Corrado (5 180 t), transportant 389 véhicules, 35 026 tonnes de munitions, de carburant en barils et des troupes pour les forces italiennes et allemandes en Libye. Les pétroliers Conte di Misurata (7 599 t) et Minatitlan (5 014 t) transportaient 17 558 tonnes de carburants, dont du carburant aviation pour l'armée de l'air allemande[2].

Le convoi était protégé par une escorte proche et une escorte à distance.
 

Escorte rapprochée (capitaine Ugo Bisciani)[3]
Escorte distante (vice-amiral Bruno Brivonesi)[3]

Forces britanniquesModifier

La Force K était composée de deux croiseurs légers armés de six canons de 6 pouces chacun et de deux destroyers armés huit canons de 4 pouces chacun. Les croiseurs et les destroyers embarquaient des torpilles de 21 pouces.
 

Force K (Captain William Agnew)

La batailleModifier

Le convoi italien et ses escortes quittent Naples pour Tripoli le [4]. Les Britanniques ont découvert, grâce à des renseignements Ultra que l’Axe était sur le point d’envoyer un gros convoi en Libye. La présence du convoi a été confirmée par un Martin Maryland lors d'une opération de reconnaissance aérienne en provenance de Malte (pilotée par Adrian Warburton (en)). La Force K reçoit donc l'ordre d'intercepter les navires de l'Axe[3]. Au même moment, 12 bombardiers Bristol Blenheim décollés de Malte sont dépêchés au cap Spartivento pour attaquer un convoi plus petit composé de deux marchands escortés par un destroyer italien. L'un des cargos a été incendié, mais les Britanniques ont perdu deux des bombardiers abattus par l'escorte[5].

Les Britanniques avaient l'avantage du radar et du système de pointage nocturne que les Italiens de disposaient pas. Après avoir localisé le convoi principal au large de Syracuse peu après minuit[4], ils se mirent en position, la pleine lune dessinant la silhouette du convoi. Les canons britanniques étaient dirigées par des radars, parés à tirer à une distance d'environ 5 000 mètres. Le destroyer Grecale est touché par les trois premières salves de l’Aurora et a été abandonné avec un incendie à bord. Il sera pris en remorque par l'Oriani[4]. Les destroyers britanniques ont ensuite ouvert le feu sur l'Aurora par erreur, avant de rectifier leurs tirs sur le destroyer Maestrale, qui avait déjà été touché par le Penelope. Les mâts radio ayant été abattus, le capitaine Bisciani est dans l'incapacité de diriger l’escorte du convoi. Le destroyer Fulmine attaque les forces britanniques, touchant quelque peu le Lively, avant d'être contre-attaqué et coulé par les Lance et Penelope[3].

 
Le destroyer italien Fulmine est le seul navire de guerre coulé lors de la bataille.

La force de couverture distante, bien qu'étant qu’à neuf milles marins de distance, n'est pas intervenue en raison de la confusion et du manque d'équipement technologique permettant des tirs efficaces dans le noir. Les Britanniques ont ensuite encerclés le convoi, qui n'a pris aucune mesure d'évitement. La totalité des navires marchands sont envoyés par le fond. Les destroyers d'escorte restants du convoi ont tenté d'engager la force britannique en utilisant de la fumée pour se couvrir, sans succès. Les Britanniques se retirèrent à Malte à grande vitesse et furent inutilement poursuivis par la force de couverture. Au total, la Force K coula quelques 39 800 tonnes de navires de l'Axe en ne subissant aucune perte. Les Allemands étaient furieux de l'issue de la bataille et deux commandants italiens furent relevés de leurs fonctions[3], dont Bruno Bivonesi, commandant la 3e division de croiseurs. Il fut nommé Commandant militaire maritime de Sardaigne et par le hasard, fut le geôlier de celui qui l'envoya en disgrâce : Mussolini, prisonnier alors sur l'archipel de La Maddalena[4].

Notes et référencesModifier

  1. (it) Piero Baroni, La guerra dei radar: il suicidio dell'Italia : 1935/1943, Greco & Greco, , 277 p. (ISBN 8879804316)
  2. USMM pp. 49-50
  3. a b c d et e Vincent O'Hara, World War II at Sea: An Encyclopedia, Santa Barbara, California, ABC-CLIO, , 100–102 p. (ISBN 978-1-59884-457-3, lire en ligne)
  4. a b c et d « Forum Le Monde en Guerre - Les convois italiens pour l'Afrique du Nord », sur www.39-45.org (consulté le 13 janvier 2019)
  5. Shores, Cull and Malizia, p. 325

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • J Green and A Massignani The Naval War in the Mediterranean 1940–1943, Chatham Publishing, 1998. (ISBN 1-86176-057-4).
  • Shores, Cull and Malizia: Malta: The Hurricane Years: 1940–41. Grub Street, London. (ISBN 0-948817-06-2).
  • USMM La Difesa del Traffico con L’Africa Settentrionale dal 1 ottobre 1941 al 30 settembre 1942.
  • USMM La Bataglia degli Convoy

Liens externesModifier