Bataille de la Neretva

bataille yougoslave de la Seconde Guerre mondiale
Bataille de la Neretva
Description de l'image Operacija Weiss I.jpg.
Informations générales
Date mars 1943
Lieu Bosnie occidentale, zone de la Neretva, Herzégovine, Yougoslavie occupée
Issue Retraite des partisans avec de lourdes pertes, défaite des Tchetniks, échec de l'Axe d'atteindre ses objectifs stratégiques
Belligérants
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Flag of Croatia (1941–1945).svg Croatie
Chetniks Flag.svg Tchetniks
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Partisans yougoslaves
Commandants
Drapeau de l'Allemagne Alexander Löhr
Drapeau de l'AllemagneRudolf Lüters
Drapeau de l'Italie Mario Roatta
Chetniks Flag.svg Draža Mihailović
Chetniks Flag.svg Zaharije Ostojić
Chetniks Flag.svg Dobroslav Jevđević
Chetniks Flag.svg Pavle Đurišić
Chetniks Flag.svg Vojislav Lukačević
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Josip Broz Tito
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Arso Jovanović
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Velimir Terzić
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Koča Popović
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Peko Dapčević
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Pero Ćetković
Flag of Yugoslavia (1943–1946).svg Vicko Krstulović
Forces en présence
90 000 Allemands, Italiens, Croates
12 escadrons aériens
12 000 à 15 000 Tchetniks
Inconnu
(environ 20 000 hommes)
Pertes
Pertes allemandes:
514 à 583 tués, 1 214 à 1 642 blessés, 145 à 158 disparus[2],[3]
Pertes italiennes :
1 605 tués, 983 capturés[3]
Pertes croates:
126 tués, 258 blessés, 218 disparus[3]
Pertes tchetniks:
2 000 à 3 000[3]
Total des pertes de l'Axe:
7 000 à 8 600
11 915 à 12 000 tués, 616 exécutés
2 099 à 2 506 capturés
(sources allemandes)[2],[4]
10 000 tués, blessés ou disparus et 2 000 capturés
(sources yougoslaves)[3]
3 370 civils tués
1 722 civils déportés dans des camps de concentration[1]

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Coordonnées 43° 39′ 15″ nord, 17° 45′ 45″ est

La bataille de Neretva[5], connu également sous le nom de quatrième offensive anti-partisane ou opération Fall Weiss, qui s’est déroulée de janvier à mars 1943, a opposé à Jablanica les résistants yougoslaves aux forces conjointes allemandes, italiennes, oustachis et tchetniks lors de la phase finale des opérations de guerre sur le théâtre des Balkans après le début de l'offensive allemande Fall Weiss (Plan blanc), opération stratégique lancée au début de 1943 pendant la Seconde Guerre mondiale. La bataille tire son nom du fleuve Narenta (Neretva en croate), où se sont déroulés les moments décisifs de l'opération. Ce fut l'un des affrontements les plus importants de la guerre en Yougoslavie.

ContexteModifier

Fin 1942, alors que la situation de l'Axe en Afrique du Nord se détériorait, le haut commandement allemand s'inquiétait de la possibilité d'un débarquement allié dans les Balkans. Imaginant cette possibilité, les forces de résistance en Yougoslavie seraient susceptibles d'interférer avec les opérations de défense allemandes ainsi qu'avec leur exploitation économique des ressources naturelles, notamment du bois, du cuivre et de la bauxite. En conséquence, le , Adolf Hitler ordonna au général commandant Alexander Löhr, commandant des forces armées du sud-est de l'Europe, d'écraser la résistance en Yougoslavie. Les 18 et 19 décembre, une réunion est organisée par l'état-major de la Wehrmacht. Le 8 janvier, Löhr et Mario Roatta, commandant de la 2e armée italienne, se rencontrent à Zagreb afin d'élaborer un plan détaillé.

Composition des effectifsModifier

Du côté des forces de l'Axe, neuf divisions sont prévus à cet effet : six Allemandes, trois Italiennes, deux Croates et plusieurs formations de Tchetniks et d'Oustachis. Environ 60 000 à 90 000 soldats de l'Axe participent aux trois différentes phases de l'opération Weiss contre 20 000 à 25 000 combattants Partisans (les forces partisanes présentes dans la région, y compris des blessés, des malades, des soldats locaux et des sympathisants civils, s'élevaient en réalité à 50 000 à 90 000) ; les sources yougoslaves calculent plutôt les forces de l'Axe à 130 000[6].

Ordres de batailleModifier

Ordre de bataille des partisans yougoslavesModifier

  Partisans yougoslaves :

  • Commandant suprême: Josip Broz Tito
  • 4e Corps d'armée (Croate) (16 000 hommes) commandant : Ivan Gošnjak
    • 6e division de Lika
    • 7e division de Banja
    • 8e division du Kordun
  • 3e Corps d'armée (bosniaque) (11 500 hommes) commandant : Kosta Nađ
    • 4e division de Craina
    • 5e division de Craina
  • Groupe opérationnel principal (14 500 hommes) commandant : Josip Broz Tito
    • 1re division prolétarienne
    • 2e division prolétarienne
    • 3e division d'assaut
    • 9e division dalmate

Ordre de bataille des forces de l'AxeModifier

  Allemagne[7]

  Italie

  Croatie

  Tchetniks (nominalement défini comme milice volontaire anticommuniste sous commandement italien)

  • environ 20 000 soldats

OpérationsModifier

L’opération Fall Weiss a été réalisée en trois périodes successives[11] :

  • Weiss I : lancée le avec l'attaque des territoires partisans dans l'ouest de la Bosnie et une partie du centre de la Croatie.
  • Weiss II : lancée le 25 février avec des combats dans l'ouest et le sud-ouest de la Bosnie et le retrait des partisans au sud-est de la rivière Narenta.
  • Weiss III : lancée en mars et s'est concentré sur les régions du nord de l'Herzégovine, mais les partisans ont réussi à rompre l'encerclement des forces ennemies et à se réfugier au nord du Monténégro : la troisième phase de l'offensive n'a donc pas été menée à bien.

Pour les Partisans, sous les ordres de Tito, le but de cette bataille était de stopper l’invasion allemande en Yougoslavie, mais aussi de sauver plus de 4 000 blessés soignés dans quatre grands centres hospitaliers de la zone libre.

Pour anéantir la résistance des unités de Partisans de Tito, qui avaient formé une vaste zone libre dans les parties occidentales de la Yougoslavie, en Bosnie et en Croatie, connue sous le nom de « République de Bihać », les Allemands lancent donc l’opération Weiss, considérée comme la quatrième offensive anti-Partisans. Tito, conscient que les Partisans, mal armés et inférieurs en nombre et en équipement, ne seraient pas capables de défendre ce grand territoire libre, a ordonné à ses troupes de ne pas attaquer l’ennemi de manière directe, mais de mener des combats de guérilla, en attaquant sur les flancs et à l’arrière des troupes ennemies, afin de tenter de les contenir.

Refusant d'abandonner les nombreux blessés, le maréchal Tito a ordonné de les amener, malgré les conditions très difficiles liées à leur transport sur un terrain très accidenté et au froid glacial de l’hiver. La colonne sera rejointe également par environ 80 000 civils qui se mettront également en marche en direction de la vallée de la Neretva.

 
Carte des attaques lancées par les partisans yougoslaves contre les forces italiennes et tchetniks à Narenta.

Fin février 1943, des unités de Partisans, des blessés et des civils se retrouvent encerclés dans la vallée du fleuve Neretva, à Prozor. Après avoir essuyé un premier échec, les Partisans réussissent à libérer la ville le lendemain puis, trois jours après, le , ils reprennent aussi la ville de Jablanica, mais à Konjic leur avancement est stoppé.

Dans les rangs des Partisans, le typhus fait des ravages. Tito peut compter sur quelque 20 000 hommes, mais ils sont entièrement encerclés de tous les côtés. Une situation sans issue à laquelle le commandant en chef yougoslave décide de répondre en ordonnant la démolition de tous les ponts sur le fleuve Neretva. Le pont de Jablanica, un ouvrage austro-hongrois construit en 1888, a été détruit par les Partisans à l’aube du . Suite à cette destruction, les Partisans construisent un pont de fortune en bois, à l’endroit même où se trouvait le premier, permettant aux blessés de traverser le fleuve.

Tito ordonne ensuite le redéploiement vers le nord, à 40 kilomètres de Jablanica. Du 3 au 5 mars, les Partisans réalisent la célèbre contre-attaque près de Donji Vakuf, en repoussant les Allemands et les Italiens vers la vallée de la rivière Vrbas.

ConséquencesModifier

À la fin du mois de mars, les forces de l'Axe avaient tué près de huit mille partisans et capturé deux mille autres. En dépit de ces lourdes pertes et de la victoire tactique des troupes de l'Axe, les formations de Tito ont sauvé leur commandement et l'hôpital de campagne, pouvant poursuivre les opérations de guérilla les mois suivants. De ce fait, lorsqu'ils atteignent l’est de la Bosnie-Herzégovine, les partisans ne sont confrontés qu’aux Chetniks, qui sont peu à peu éliminés à l’ouest de la Drina. La prochaine grande opération sur le front yougoslave est l'opération Schwarz.

FilmographieModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

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  • Matteo J. Milazzo, The Chetnik Movement & the Yugoslav Resistance, Baltimore, Johns Hopkins University Press, (ISBN 978-0-8018-1589-8)
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