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Bataille de l'Escaut (1940)

Pour la bataille de 1944, voir Bataille de l'Escaut.
Bataille de l'Escaut
Description de cette image, également commentée ci-après
Le cours du fleuve de l'Escaut.
Informations générales
Date du 20 au
Lieu Escaut (entre Wavrechain-sous-Faulx et Bruille-Saint-Amand[1]), Nord-Pas-de-Calais, France
Issue Repli des troupes alliées
Victoire stratégique allemande
Belligérants
Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni[2]
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau de la France Général Welvert
Drapeau de la France Commandant Pierre Veyrier Du Muraud
Drapeau de la France Commandant Derache
Drapeau de la France Colonel Curnier
Drapeau de la France Colonel Pierre Dudoignon-Valade
Drapeau de l'Allemagne Général Wolfgang Edler Herr und Freiherr von Plotho
Drapeau de l'Allemagne Oberst Wuthenau
Drapeau de l'Allemagne Général Karl Kriebel
Forces en présence
Drapeau de la France 1re division d'infanterie motorisée :
1er régiment d'infanterie
43e régiment d'infanterie
110e régiment d'infanterie
15e régiment d'artillerie
215e régiment d'artillerie
Drapeau de l'Allemagne 217. Infanterie-Division
269. Infanterie-Division
56. Infanterie-Division

Seconde Guerre mondiale,
Bataille de France

Batailles

Bataille de France et campagne des 18 jours
Pour le front néerlandais, voir Bataille des Pays-Bas.

Prélude et traversée allemande des Ardennes

Drôle de guerre · Évacuation des civils de la ligne Maginot · Mobilisation · Offensive de la Sarre · Baie de Heligoland · Accident de Mechelen · Plan jaune · Plan Dyle · Luxembourg · Ében-Émael · Hannut

Percées de la Meuse et rupture du front belge :

Sedan · Dinant · Monthermé · Givet · La Horgne · Gembloux · Flavion · Louvain · Charleroi

Tentatives de contre-attaques alliées :

Stonne · Montcornet · La Sambre · Arras

Défense des ports de la Manche et rembarquement britannique à Dunkerque :

L'Escaut · Amiens · La Lys · Massacre de Vinkt · Boulogne-sur-Mer · Calais · Poche de Lille · Massacre du Paradis · Abbeville · Dunkerque · Capitulation belge

Effondrement de la Ligne Weygand et avancée allemande sur la Seine :

L'Aisne · L'Ailette · Opération Paula · l’Exode

Front italien et percée allemande dans le Sud :
Pont-de-l'Arche · Les Alpes · Vallon du Seuil · Bombardement de Toulon · Opération Vado · La Loire · La vallée du Rhône · Bombardements de Marseille · Menton (Pont-Saint-Louis) · Armistice du 22 juin

La bataille de l'Escaut est une série d'opérations militaires pendant la campagne de France au début de la Seconde Guerre mondiale. Elle oppose du 20 au les forces alliées aux troupes allemandes venant de Belgique. La défense de l'Escaut, par l'Armée française, qui doit permettre au Groupe d'armées no 1 alors encerclé de s'organiser afin de tenter une percée vers le sud, s'appuie notamment sur les ouvrages fortifiés (casemates) du secteur fortifié de l'Escaut de la ligne Maginot. Pendant une semaine, les divisions de la Wehrmacht sont mises en échec sur le fleuve avant que les Alliés ne se replient sur la Lys puis sur Dunkerque.

Sommaire

Contexte historiqueModifier

Le 19 mai 1940, la 1re armée française repasse l'Escaut après avoir été défaite sur l'axe Wavre-Gembloux-Namur par les Allemands[3]. La veille, Anvers avait été prise. La 1re DIM subit de lourdes pertes à la suite de son repli sur la Dyle[4]. Cette dernière reçoit alors l'ordre de se redéployer sur la rive ouest de l'Escaut entre Château-l'Abbaye et Bruay-sur-l'Escaut dans le département du Nord. Les 19-20 mai, les troupes du génie britanniques font sauter les ponts sur l'Escaut à Tournai[5].

Le 43e RI commandé par Veyrier Du Muraud prend position à Bruille-Saint-Amand, Notre-Dame-au-Bois et à Odomez.

Les préparatifsModifier

Dès le 20 mai, Gand est attaquée, alors que l'armée belge a organisé des positions défensives sur le canal Gand-Terneuzen, situé entre Audenarde et Terneuzen, au nord de la poche alliée[6]. Les Allemands prennent quelques ponts à l'est de la position défensive de l'armée belge à Gand mais ceux-ci seront repris le lendemain lors d'une contre-offensive lors de laquelle s'illustrent notamment les chasseurs ardennais.

Le 21 mai, les artilleurs du 15e RA et du 215e RA pilonnent les Allemands qui tentent de traverser à Hergnies et de construire un pont flottant sur l'Étang d'Amaury. L'artillerie allemande réplique contre les positions françaises vers midi et ce jusqu'à la tombée de la nuit.

Le 22 mai, à l'aube, les tirs d'artillerie ennemis reprennent contre le secteur fortifié de l'Escaut, touchant des postes de commandement, des tranchées et des casemates.

Déroulement de la batailleModifier

Les Allemands tentent de percer les lignes alliées (23-24 mai)Modifier

Le 23 mai, la 56. Infanterie-Division perce les lignes belges établies sur le canal Gand-Terneuzen[6], qui avait été évacuée au préalable dans la nuit du 22 au 23 mai pour se concentrer sur la rive gauche de l'Escaut. Quelques combats d'arrière-garde sont par ailleurs menés sur le canal de Bruges. Terneuzen sera prise le 24 mai[7].

Le 23 dans la nuit, les Allemands après avoir passé le pont d'Hergnies lancent une attaque. Celle-ci échoue et les Français tentent alors une contre-attaque afin de reprendre le terrain perdu près de la forêt. Le 110e RI repousse une attaque ennemie qui tente de déborder ses positions.

Le 24, les bombardements allemands continuent de faire rage. À l'aube, les Allemands profitent du brouillard afin de tenter une percée au niveau du carrefour de la côte 18 d'Hergnies. Les tentatives de contre-attaque du 43e RI échouent en raison des tirs d'artillerie ennemis. À la tombée de la nuit, le front devient statique et les Français parviennent à tenir la ligne de défense[8].

Arrivée des renforts allemands et repli des Alliés (25-26 mai)Modifier

Le 25, la 269. Infanterie-Division du général Wolfgang Edler Herr und Freiherr von Plotho vient porter secours à la 217. Infanterie-Division tenue en échec par les Alliés. Les Allemands réitèrent leurs attaques, cette fois-ci sur un front large de 1 kilomètre en direction de Hauteville et des fortifications de Bruille-Saint-Amand. Le 43e RI soutenu par l'artillerie française livre alors une résistance acharnée à l'ennemi qui est repoussé. Les Allemands pilonnent alors à nouveau les ouvrages fortifiés français et les villages de l'Escaut.

Le 26 mai au matin, le cimetière de Hauteville défendu par le 110e RI est pris par les Allemands. Ces derniers encerclent ensuite Notre-Dame-au-Bois et prennent les fortifications de la ligne Maginot à revers. Les garnisons françaises tentent de les défendre coûte que coûte avant que l'ordre de retraite général ne soit donné dans la soirée. Les soldats français se replient alors vers Raismes et Bruille-Saint-Amand. Ainsi la 1re DIM à effectifs réduits a tenu tête à l'ennemi pendant six jours.

Le Commandement belge suggère une contre-offensive britannique entre la Lys et l'Escaut, mais le Corps expéditionnaire britannique est alors déjà sur le point de rembarquer à la suite de la prise d'Abbeville[9].

ConséquencesModifier

Le front disloqué, les Alliés battent en retraite sur les ports de la Manche, déjà aux prises des Panzerdivisionen allemandes. Le 28 mai, alors que la Belgique capitule, le Corps expéditionnaire britannique rembarque à Dunkerque, rembarquement rendu possible grâce à la défense de Lille, de Boulogne-sur-Mer et de Calais par les troupes françaises.

Le 14 juin, après avoir sécurisé leur flanc nord, les Allemands entrent dans Paris mais les Français continuent de résister dans le cadre de la bataille des Alpes après que l'Italie ait déclaré la guerre à la France. L'échec de la défense de la Loire et de la vallée du Rhône par l'Armée française permet aux Allemands d'envahir le sud du pays. Un armistice sera signé le .

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Émile Obled, Bataille de l'Escaut et de la Sensée Mai 1940, Nord Patrimoine, 2002, 183 p. (ISBN 291296119X).
  • Émile Obled, Combats sur l'Escaut, 45 Bouchain-Rœulx-Mastaing, mai 1940, Paris, 1953

Liens externesModifier