Bataille de Varna

Bataille de Varna
Description de cette image, également commentée ci-après
La bataille de Varma
peinture de Jan Matejko.
Informations générales
Date
Lieu Varna en Bulgarie
Issue Victoire ottomane
Belligérants
Hongrie
Pologne
et autres
Empire ottoman
Commandants
Ladislas
Jean Hunyadi
Julien Cesarini
Mourad II
Forces en présence
30 000 hommes (source chrétienne)25 000 hommes (source musulmane)60 000 hommes (source chrétienne)28 000 hommes (source musulmane)
Pertes
11 000 morts dont Ladislas et Cesarini (source chrétienne)21 000 morts dont Ladislas et Cesarini (source musulmane)4 000 morts ottomans (source musulmane)

Guerres entre Ottomans et Hongrois

Coordonnées 43° 13′ 00″ nord, 27° 53′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : Bulgarie
(Voir situation sur carte : Bulgarie)
Bataille de Varna

La bataille de Varna a eu lieu le entre Varna et Kaliakra dans l'Est de ce qui est actuellement la Bulgarie. Elle oppose les forces du sultan Mourad II aux croisés commandés par Ladislas III Jagellon, roi de Pologne et de Hongrie. La bataille se solda par une victoire ottomane.

DéroulementModifier

Après leur défaite à Belgrade en 1440, les Ottomans ont signé une trêve de dix ans avec la Hongrie que cette dernière ne respectait pas, puisqu'elle s'est entendue avec la république de Venise et le pape Eugène IV pour organiser une nouvelle croisade. Mourad II, rappelé au pouvoir par le Grand Vizir Çandarlı Halil Hayreddin Pacha, décida donc de mener son armée sur les terres occidentales. Des bateaux français et italiens firent traverser le Bosphore à son armée.

L'armée chrétienne commandée par les voïvodes de Transylvanie et de Valachie, Jean Hunyadi et Vlad Dracul, était principalement formée de Hongrois, de Roumains et de Polonais, mais comptait aussi des détachements tchèques, croates, serbes, bulgares et russes, ainsi qu'un détachement français commandé par le légat papal Julien Cesarini.

La flotte vénitienne ne pouvait pas empêcher le transport des renforts turcs en provenance d'Asie Mineure. À cause de cela, Venise a été accusée de trahison et d'avoir laissé traverser le Bosphore aux Turcs, chose qu'elle niera toujours.

 
Chronique Wszystkiego Swiata de Bielski, Marcin, publiée en 1564.

Le , les chrétiens sont alertés de la présence d'une énorme armée turque autour de Kaliakra, Jean Hunyadi va en reconnaissance l'examiner. Réalisant que les forces turques surpassent largement en nombre celles des chrétiens, il convoque immédiatement un conseil de guerre. Cesarini est favorable à un retrait, les Turcs ayant l'avantage du terrain. Mais la fuite aurait laissé la possibilité aux Turcs de harceler sans relâche les chrétiens, de plus la fierté du roi Ladislas et de Hunyadi leur interdisait la fuite. Cesarini propose alors de camper sur une position défensive et d'attendre des renforts moldaves, génois et grecs par la mer Noire, de manière à prendre les Turcs à revers. Tous approuvent sauf Hunyadi qui préfère une attaque frontale pour paniquer l'ennemi. S'échapper est impossible, se rendre est impensable. Battons-nous avec courage et honorons nos armes, dit-il.

Mourad II et ses généraux avaient appris à leurs dépens qu'ils ne pourraient vaincre qu'en poussant leur ennemi à quitter ses retranchements : leurs attaques de cavalerie sur les deux ailes ennemies s'étaient heurtées à une efficace résistance. Alors ils entreprirent une retraite précipitée qui acheva de décider Hunyadi à attaquer au centre. Ladislas menait l'attaque, qui s'écrasa contre les rangs des janissaires, défendus de fossés et de pieux fichés vers l'avant. Au terme d'un rude affrontement, les janissaires parvinrent à encercler la garde du roi Ladislas, qu'ils tuèrent. La mort du roi, conjuguée à la charge de la cavalerie ottomane qu'ils croyaient en déroute, provoqua la panique des combattants hongrois. Hunyadi parvint à s'échapper grâce au sacrifice de ses compagnons[1]. La tête du roi Ladislas fut exposée à Andrinople.

ConséquencesModifier

Après cet épisode désastreux, les chrétiens sont démoralisés, d'autant plus qu'une tempête empêche la venue de la flotte des Byzantins, des Moldaves et des Génois. L'armée chrétienne se dégage de la nasse de Kaliakra et fuit devant les musulmans. Autant d'hommes périrent au cours de la bataille que lors de la fuite. Toutefois les pertes sévères infligées aux forces du sultan par les croisés retardèrent son avancée en Europe.

Notes et référencesModifier

  1. D'après George Dodd, Pictorial History of the Russian War 1854-56, W. & R. Chambers, p. 51–55 ; W.E.D. Allen et Paul Muratoff, Caucasian Battlefields, Cambridge University Press, , 690 p. (ISBN 110801335X), p. 69–71. Cités par Mesut Uyar et Edward J. Erickson, A Military History of the Ottomans from Osman to Ataturk, Praeger Security Int. (ABC-CLIO, LLC), (ISBN 9780275988760), p. 28-30