Bataille de Skafida

La bataille de Skafida (en bulgare : Битка при Скафида) est un affrontement entre le deuxième Empire bulgare et de l'Empire byzantin survenu en 1304, près de Poros (Bourgas), en Bulgarie. Elle débouche sur une victoire bulgare[2]. Elle permit à l'Empire bulgare de surmonter une crise majeure à la fin du XIIIe siècle, de retrouver une stabilité interne et de reconquérir la majeure partie de la Thrace. Durant les années suivantes, son principal ennemi, l'Empire byzantin, ne fut pas en mesure de constituer une menace sérieuse pour l'Empire bulgare.

Origine du conflitModifier

Lorsque Théodore Svetoslav est couronné Empereur de Bulgarie en 1300, il décide de se venger des attaques des Tatars survenues lors des vingt années précédentes. Des traîtres sont tout d'abord punis, dont le Patriarche Joachim III, qui est déclaré coupable de complicité avec les ennemis de la couronne. L'Empereur se tourne ensuite vers l'Empire byzantin, qui avait favorisé l'invasion de la Bulgarie par les Tatars et qui avait réussi à conquérir un certain nombre de forteresses bulgares en Thrace. En 1303, il marche avec son armée à travers le sud et parvient à reconquérir de nombreuses villes[3]. L'année suivante, les Byzantins contre-attaquent et les deux armées se rencontrent près de la rivière Skafida.

BatailleModifier

Dans un premier temps, les Byzantins parviennent à prendre l'avantage et à repousser les Bulgares à travers la rivière. Trop occupés à poursuivre leur adversaire, les Byzantins s'entassent sur un pont que les Bulgares ont saboté avant la bataille. Ce dernier s'effondre sous les poids. A cet endroit, la rivière est très profonde. De nombreux soldats byzantins paniquent et se noient, ce qui permet aux Bulgares de finalement arracher la victoire[4].

ConséquencesModifier

Après leur victoire, les Bulgares capturent de nombreux soldats byzantins. Selon la coutume, les soldats ordinaires sont libérés. Seuls les nobles sont retenus prisonniers à des fins de rançon. L'armée bulgare poursuit ensuite sa campagne victorieuse, sans que les Byzantins ne parviennent à stopper sa progression. L'empereur byzantin décide de fondre une partie de son trésor personnel afin de recruter plus de soldats, mais ne peut inverser la situation. Les Byzantins sont forcés de reconnaître les gains territoriaux de Théodore Svetoslav. Celui-ci épouse ensuite Théodora, la fille de l'empereur byzantin Michel IX Paléologue, ce qui rapproche les deux puissances. Un traité de paix est signé en 1307, qui dure jusqu'à la mort de Théodore Svetoslav en 1321.

Voir aussiModifier

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Andreas Speer, 2010, p.817
  2. Andreas Speer, 2010, p. 817
  3. Y. Andreev, M. Lalkov, 1996.
  4. Michael O’Rourke, 2010, p.128