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La bataille de Sagrajas (en arabe : معركة الزلاقة?) ou Zalaca, se déroule le entre les troupes du général almoravide Youssef Ibn Tachfin et celles du roi de Castille Alphonse VI. Cet épisode de la Reconquista voit la victoire des armées musulmanes (Maures).

Contexte historiqueModifier

Le début du XIe siècle en Andalousie voit la fin des Omeyyades de Cordoue. La fin du règne d'Al-Hakam II en 976 est marquée par la mise sous tutelle par le hadjib Almanzor du nouveau calife, Hicham II. À la mort d'Almanzor, en 1002, s'ouvre une longue période de luttes internes pour le pouvoir qui aboutit à l'éclatement du califat en une multitude de petits royaumes plus ou moins indépendants.

Il en découle un nouveau rapport de force avec les royaumes chrétiens du nord : les rois des taïfas se font la guerre entre eux, n'hésitant pas à nouer des alliances avec les royaumes chrétiens contre leurs coreligionnaires. En contrepartie, ils sont contraints de payer un lourd tribut à leurs « alliés » chrétiens.

La puissance croissante des souverains chrétiens inquiète les rois des taïfas, en particulier celui de Séville, Al Mutamid Ibn Abbad, qui fait appel à la force montante au Maroc : les Almoravides.

La batailleModifier

 
Enluminure sur parchemin de 1086, année de la bataille. Les Quatre Cavaliers

La bataille de Sagrajas survint un an après la prise de Tolède en 1085. En 1086, l'émir Youssef Youssef Ibn Tâchfîn, considéré comme le premier souverain almoravide, est donc invité par les rois des taïfas, à les aider contre Alphonse VI de Castille. Débarquées le 30 juin à Algéciras, les troupes de Ibn Tāchfīn sont rejointes par celles des rois de Séville, Grenade, Malaga, Almeria et Badajoz. Ibn Tachfin réclama la conversion à l'islam d'Alphonse, qui répondit s'en remettre au sort des armes. La coalition musulmane inflige le 23 octobre une sévère défaite à Alphonse VI à Sagrajas, non loin de Badajoz. Un mouvement tournant des Almoravides décida d'une si complète victoire que le roi de Castille faillit être pris et fut contraint de se retirer de la région de Séville et de lever le siège de Saragosse. Cette victoire eut, dans le monde musulman tout entier, un retentissement aussi considérable que la prise de Tolède par Alphonse VI. Ibn Tachfin fut désormais considéré comme l'un des principaux champions de l'Islam menacé[1].

Cette victoire conforta par ailleurs le prestige de l'émir almoravide qui écrasera à nouveau par la suite les chrétiens à la bataille d'Aledo en 1090, avant d'entamer la conquête des royaumes taïfas.
Cependant, informé de la mort de son héritier, Youssef Ibn Tâchfîn doit retourner prématurément au Maroc, évitant à la Castille de perdre trop de territoire, malgré la destruction d'une grande partie de son armée. Il ne laissait à Al Mutamid que 3 000 soldats sévillans. Les chrétiens reprirent alors l'offensive vers Murcie et Almeria, et Al Mutamid prit le parti de se rendre en personne auprès d'Ibn Tachfin pour implorer une nouvelle intervention des Almoravides. Ibn Tachfin rendit inutilisable la puissante base militaire d'Alédo (au Sud-Ouest de Murcie), contre laquelle les taïfas avaient échoué, et rétablit la situation[1].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Histoire de l'Afrique du Nord, Ch.-André Julien, Publié par Payot, 1966. P 85.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Vincent Lagardère, Le Vendredi de Zallâqa : 23 octobre 1086, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », (ISBN 978-2-7384-0305-6)
  • Gauvard, Claude (dir.), De Libera, Alain, Zink, Michel, Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, Quadrige/PUF, 2002, p.1485.