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Bataille de Prataporci

victoire de Barberousse sur Rome en 1167
Bataille de Monte Porzio
Description de cette image, également commentée ci-après
Le site de Prataporci vu depuis le Monte Porzio Catone
Informations générales
Date 29 mai 1167
Lieu Champ de Prataporci, entre la colline de Monte Porzio Catone et les remparts de Tusculum (Latium)
Issue Victoire des Impériaux
Belligérants
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire romain germanique Saint Empire Romain Germanique
Commandants
Christian de Mayence
Rainald de Dassel
Oddo Frangipani
Forces en présence
1600 hommes10000 hommes
Pertes
inconnuesinconnues

Guelfes et gibelins

Batailles

Bataille de PrataporciBataille de Legnano

Coordonnées 41° 49′ 05″ nord, 12° 42′ 59″ est

La Bataille de Monte Porzio (aussi appelée bataille de Tusculum) s'est déroulée le 29 mai 1167. Elle opposait le Saint Empire Romain Germanique aux milices de la Commune de Rome. Cette milice romaine, que l'historien Gregorovius a qualifié de « plus grande armée que Rome eut envoyé au combat depuis des siècles[1] » fut défaite par les forces de l'empereur Frédéric Barberousse et ses alliés locaux, les Comtes de Tusculum et le seigneur d'Albano.

DéroulementModifier

Le site de la bataille est un champ (le Prataporci) dominé par une colline et s'étendant jusqu'au pied des remparts de la ville antique de Tusculum, à 25 km environ au sud-est de Rome. Dans sa chronique universelle, la Chronica Universalis, un auteur contemporain, Sicard de Crémone, dit qu'elle a eu lieu « près de Monte Porzio » (apud Montem Portium).

La bataille de Monte Porzio s'inscrit dans la longue lutte opposant les cités-états italiennes au Saint Empire. En 1166, Barberousse avait lancé une campagne militaire en Italie avec l'intention de déposer le pape rival Alexandre III et de placer sur le trône son propre candidat, l'antipape Pascal III. Il avait confié le commandement de l'armée à deux éminents princes de l'Empire, l'archevêque Rainald de Cologne et l'archevêque Christian de Mayence. Le 18 mai, Rainald s'empara de Civitavecchia puis prit ses quartiers dans la ville alliée de Tusculum, peut-être à l'invitation du comte Raino, partisan de l'empereur. La milice romaine accablait alors cette ville, longtemps rivale de Rome, de ses rapines. Le pape Alexandre, certain que Barberousse viendrait au besoin à la rescousse de Raino, engagea le Romains à la prudence ; ce fut vain : le consul des Romains n'avait pas sitôt appris l'arrivée de Rainald à Tusculum, qu'il partit y mettre le siège.

À l'approche de l'armée des Romains, le comte Raino et l'archevêque Rainald appelèrent à l'aide Christian de Buch, qui assiégeait alors Ancône sur la côte. Les deux corps de troupe de Christian étaient commandés l'un par l'évêque Alexandre II de Liège, l'autre par le comte Robert II de Bassonville[2]. L'armée de Christian comptait à peu près 1 300 hommes dont, selon Othon de Saint-Blaise, 500 milites (chevaliers ou hommes en armes) et 800 cæsarianos (fantassins), 300 d'entre eux étant retranchés à l’intérieur des remparts de Tusculum. Selon d'autres chroniqueurs, Christian aurait disposé de 500 à 1000 chevaliers et de mercenaires brabançons.

Christian fit camper son armée de l'autre côté de la colline et tenta la première journée de négocier, mais les milices romaines repoussèrent son offre et, fortes de 10 000 hommes faiblement armés, attaquèrent en masse le jour de la Pentecôte. On ignore le nom du chef de ces milices, mais il pourrait s'agir d'Oddo Frangipani. L'armée impériale était en nette infériorité numérique, mais elle était bien mieux entraînée et équipée. Les Brabançons et les chevaliers de l'évêché de Cologne (ville de Rainald) soutinrent le choc. Puis deux sorties de Tusculum eurent pour effet de diviser les troupes romaines : l'une les prit par le travers et l'autre les engagea au centre. Alors que la cavalerie romaine s'enfuyait, les Brabançons marchaient vers le camp romain. Moins d'un tiers de l'armée romaine avait pu se retrancher dans Rome à la tombée de la nuit. Des milliers de Romains survivants (y compris l'un des fils d'Oddon Frangipani) furent capturés et emmenés à Viterbe[3].

Le pape et Oddon se réfugièrent à l'intérieur du Colisée (qui était à l'époque fortifié comme un château) et cherchèrent à réunir des renforts. Rome se préparait à présent au siège. Mais lorsqu'après 7 jours de siège, Barberousse fit son entrée dans Rome, le pape était parvenu à s'enfuir à Benevent. Barberousse se fit couronner une seconde fois empereur par l’antipape Pascal III le 1er août mais son armée était décimée par une épidémie[4] (malaria ou peste), et il dut se replier en Allemagne au printemps 1168. C'est probablement au cours de cette épidémie que l'archevêque Rainald de Cologne trouva la mort[5],[6].

BibliographieModifier

  • Acerbus Morena et Phil. Jaffé (dir.), De rebus Laudensibus, vol. VII, Berlin, Weidmann, coll. « Monumenta Germaniae Historica », .
  • Ferdinand Gregorovius. Rome in the Middle Ages Vol. IV Part 1. trad. Annie Hamilton. 1905.
  • Ottonis de Sancto Blasio Chronica. trad. G. A. Loud.
  • La Bataille de Tusculum (1167).

Notes et référencesModifier

  1. Cf. Ferdinand Gregorovius (trad. Annie Hamilton), The History od Rome in the Middle Ages, vol. IV, (réimpr. Cambridge University Press, mars 2011), 580 p. (ISBN 9780511710223, DOI https://doi.org/10.1017/CBO9780511710223), partie 1.
  2. Selon l'archevêque Romuald de Salerne, qui fit un récit des événements d'Italie méridionale à cette époque, un autre des généraux gibelins était André de Rupecanina.
  3. Friedrich Schoell, Cours d'histoire des états européens depuis le bouleversement de l'Empire…, vol. 3, Paris, Gide Fils, (présentation en ligne)
  4. Nicolas Viton de Saint-Allais, L'art de vérifier les dates…, vol. 7, Valade, (présentation en ligne)
  5. (de) Peter Herde, « Die Katastrophe vor Rom im August 1167, eine historisch epidemiologische Studie zum vierten Italienzug Friedrich I. Barbarossa », Sitzungsberichte der wissenschaftlichen Gesellschaft an der Johann-Wolfgang-Goethe-Universität Frankfurt am Main., Stuttgart, Franz Steiner Verlag,‎ .
  6. Rainald von Dassel en L'Encyclopédie universalis