Ouvrir le menu principal

Bataille de Nanshan

bataille de la guerre russo-japonaise
Bataille de Nanshan
Description de cette image, également commentée ci-après
Ukiyo-e japonais de la bataille par Kobayashi Kiyochika (1904).
Informations générales
Date 24 - 26 mai 1904
Lieu Nord de Port-Arthur, Mandchourie
Issue Victoire japonaise
Belligérants
Drapeau de l'Empire du Japon Empire du JaponDrapeau de l'Empire russe Empire russe
Commandants
Oku YasukataAnatoly Stoessel
Alexandre Foch
Forces en présence
35 500 hommes3 800 hommes
Pertes
6 198 tués, blessés ou disparus182 tués
836 blessés
598 disparus

Guerre russo-japonaise

Batailles

Port-Arthur (1re) · Chemulpo · Yalou · Nanshan · Te-li-Ssu · Incident du Hitachi Maru · Col de Motien · Tashihchiao · Port-Arthur (2e) · Hsimucheng · Mer Jaune · Ulsan · Korsakov · Liaoyang · Cha-Ho · Sandepu · Mukden · Tsushima · Invasion de Sakhaline

Coordonnées 39° 04,49′ nord, 121° 43,27′ est

Géolocalisation sur la carte : Asie

(Voir situation sur carte : Asie)
Bataille de Nanshan

Géolocalisation sur la carte : Liaoning

(Voir situation sur carte : Liaoning)
Bataille de Nanshan

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Bataille de Nanshan

La bataille de Nanshan (en russe : Бой у Цзиньчжоу, Boĭ na Chinchow) (en japonais : (南山の戦い, Nanzan no tatakai) est l'un des violents affrontements de la guerre russo-japonaise. Elle a lieu du 24 au dans la province chinoise du Liaoning au nord de Port-Arthur. Bien que victorieux, les Japonais ont à souffrir de bien plus de pertes que les Russes.

Sommaire

ContexteModifier

Après la victoire japonaise à la bataille du fleuve Yalou, l'armée impériale japonaise commandée par le général Oku Yasukata débarque sur la péninsule du Liaodong à 100 km de Port Arthur. La 2e armée est forte de 38 500 réparties en trois divisions : la 1re, la 3e, et la 4e. Le débarquement est achevé le .

L'objectif des Japonais est de briser les positions défensives russes en capturant le port de Dalny et en faisant le siège de Port Arthur.

Le vice-roi russe Ievgueni Ivanovitch Alekseïev est rappelé à Moscou pour une consultation avec le tsar Nicolas II. Il laisse le major-général Anatoly Stoessel à la tête des forces terrestres russes dans la péninsule du Guandong, et l'amiral Wilhelm Withöft au contrôle de la flotte russe de Port-Arthur. Puisqu'il n'y a aucun ordre précis de reçu, l'indécis amiral Withöft laisse les Japonais débarquer sans opposer de résistance.

Le général Stoessel dispose d'environ 17 000 hommes et des 4e, 5e, 13e, 14e, et 15e régiments de fusiliers de Sibérie orientale. Environ 3 000 hommes du 5e régiment du colonel Nikolaï Tretiakov (en) érigent des positions fortifiées sur la colline Nanshan où ils prévoient de résister malgré leur très grande infériorité numérique connue. Les divisions de réserve sont commandées par le lieutenant-général Alexandre Foch, un ancien officier de la police ayant gravit les échelons par soutien politique plutôt que par l'expérience ou la compétence. Les forces russes disposent de 114 pièces d'artillerie et mitrailleuses et ont creusé un réseau de tranchées et de fils barbelé. Les Japonais sont bien conscients de la présence de ces fortifications, étant donné que le colonel Doi des renseignements japonais fut l'un des centaines de « travailleur chinois » employés par les Russes pour construire le projet en 1903.

La BatailleModifier

 
Carte japonaise de la bataille de Nanshan.
 
Carte russe de la bataille de Nanshan.

Le , en plein orage, la 4e division japonaise du lieutenant-général Ogawa Mataji attaque la ville fortifiée de Chinchou (actuelle Jinzhou) juste au nord de la colline Nanshan. Bien que seulement défendue par 400 hommes ne disposant que de canons dépassés, la 4e division échoue deux fois à percer les portes. Deux bataillons de la 1re division attaquent indépendamment à 5h30 le , perçant finalement les défenses et capturant la ville[1].

Une fois son flanc sécurisé, le général Oku peut commence l'assaut principal sur les forces russes retranchées sur la colline Nanshan. L'attaque est reportée au lendemain à cause du mauvais temps. Le , Oku commence avec un tir de barrage des canonnières japonaises présentes au large, suivi par des assauts de l'infanterie des trois divisions. Les Russes infligent de lourdes pertes aux Japonais durant les assauts répétés avec des mines, des mitrailleuses et des obstacles de fils barbelés. À 18h00, après neuf tentatives, les Japonais échouent à submerger les positions retranchées russes. Oku engage alors toutes ses réserves, et les deux camps utilisent la plupart de leur munition d'artillerie restante[1].

Ses appels de renforts restant sans réponses, le colonel Tretiakov est étonné de découvrir que les régiments de réserve non engagés sont en totale retraite et que ses réserves de munitions restantes ont été épuisées par le général Foch, paranoïaque d'un possible débarquement japonaise entre sa position et le refuge de Port-Arthur, paniqué par une attaque de flanc de la 4e division japonaise, lourdement touchée, le long de la côte Ouest. Dans sa course pour se replier, Foch néglige de transmettre à Tretiakov un ordre de retraite, et Tretiakov découvre lui-même que sa position est sur le point d'être encerclée, sans munitions ni force de réserve disponible pour une contre-attaque. Tretiakov n'a pas d'autres choix que de reculer jusqu'à la seconde ligne défensive.

À 19h20, le drapeau japonais flotte sur la colline Nanshan. Tretiakov, qui a bien combattu et n'a perdu que 400 hommes durant la bataille, perd 650 hommes dans sa retraite précipitée vers les lignes de défenses principales de Port-Arthur[1].

IssueModifier

Les Russes perdent un total de 1 400 tués, blessés ou disparus durant la bataille. Bien que les Japonais n'ont pas remporté la bataille sans difficultés, avec 6 198 pertes, ils peuvent prétendre à la victoire. Parmi les tués se trouvent le fils aîné du général Nogi Maresuke. Les Japonais ont tiré 34 000 obus d'artillerie durant la bataille, plus que durant toute la première guerre sino-japonaise[1].

En raison du manque de munition, les Japonais ne peuvent repartir de la colline Nanshan avant le . À leur étonnement, les Russes n'ont fait aucun effort pour tenir le port stratégique facilement défendable de Dalny, mais se sont au contraire repliés vers Port-Arthur. Bien que la ville ait été pillée par des habitants locaux, les équipements portuaires, les entrepôts, et les chantiers ferroviaires sont intacts.

Après que les Japonais eurent occupé Dalny, une tour mémoriale est érigée au sommet de la colline Nanshan avec un poème du général Oku. La tour est démolie après la guerre du Pacifique et seules les fondations existent encore aujourd'hui. Un morceau de la tablette de pierre est actuellement exposée à la prison de Lushun à Dalian.

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Kowner, Historical Dictionary of the Russo-Japanese War, p. 250-251.

BibliographieModifier

  • Connaughton, Richard (2003). Rising Sun and Tumbling Bear. Cassell. (ISBN 0-304-36657-9)
  • Jukes, Geoffry. The Russo-Japanese War 1904–1905. Osprey Essential Histories. (2002). (ISBN 978-1-84176-446-7).
  • Rotem Kowner, Historical Dictionary of the Russo-Japanese War, (ISBN 0-8108-4927-5), The Scarecrow Press,
  • Nish, Ian (1985). The Origins of the Russo-Japanese War. Longman. (ISBN 0-582-49114-2)
  • Sedwick, F.R. (1909). The Russo-Japanese War. Macmillan.

Liens externesModifier