Bataille de Moncontour

Bataille de Moncontour
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La bataille de Moncontour par Jan Snellinck, 1587
Informations générales
Date
Lieu Moncontour, en Poitou
Issue Victoire des catholiques
Belligérants
Armée des huguenotsArmée royale française (dont les Provençaux du comte de Tende et les reîtres du rhingrave et du margrave de Bade)
Commandants
Amiral de ColignyHenri, duc d'Anjou (futur Henri III, roi de France), conseillé par Gaspard de Saulx-Tavannes
Forces en présence
12 000 fantassins, 7 000 cavaliers18 000 fantassins, 9 000 cavaliers
Pertes
plus de 6 000 hommesenv. 600 hommes

Troisième guerre de Religion (1568-1570)

Batailles

Guerres de Religion en France


Prélude


Première guerre de Religion (1562–1563)


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Troisième guerre de Religion (1568-1570)


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Huitième guerre de Religion (1585–1598)
Guerre des Trois Henri


Rébellions huguenotes (1621-1629)


Révocation de l'édit de Nantes (1685)

Le , les forces catholiques du roi Charles IX, sous le commandement du duc d'Anjou, battent à Moncontour, dans le Poitou, les troupes huguenotes, commandées par l'amiral Gaspard de Coligny. Cette bataille a lieu durant la troisième guerre de Religion.

Campagne précédant la batailleModifier

L’amiral de Coligny, venant du sud, avait mis le siège devant Poitiers. Après sept semaines, près de prendre la ville, il doit lever le siège devant l’avancée de l’armée royale, qu’il rencontre au nord-ouest de Poitiers, près de la commune de Moncontour.

DéroulementModifier

 
Bataille de Moncontour. Les protestants sont représentés, en tant qu'hérétiques, comme des « singes du diable[1] ».
Enluminure du manuscrit Carmen de tristibus Galliae, 1577, Bibliothèque municipale de Lyon, ms. 0156, fo 21.

La préparation de la bataille est marquée par la trahison de mercenaires au service des protestants. Affaiblie, l’armée protestante est battue et les catholiques triomphent, avec l'aide des troupes envoyées par le roi d'Espagne, commandées par Pierre-Ernest Ier de Mansfeld.

Cette bataille se déroule lors de la 3e guerre de religion (1568-70) et oppose donc les forces protestantes dirigées principalement par l’Amiral Coligny, face aux forces catholiques dirigées par le Duc d’Anjou, futur Henri III. Les deux camps se connaissent bien et se sont affrontés à de multiples reprises. La bataille de Moncontour, se déroule le 3 octobre 1569 et prend place non loin de Poitiers, à seulement quelques kilomètres de là.


La matinée avant la bataille:

Tôt le matin, dans le donjon de Moncontour, les protestants aperçoivent depuis leurs camp des flammes au loin. L’amiral Coligny pensant à une diversion du Duc d’Anjou, s’organise et distribue ses ordres à ses subordonnés. Son armée a perdu des membres de commandement assez importants durant plusieurs escarmouches ce qui embête fortement. Il craint une désertion de la part de ses mercenaires allemands qu’il ne paie pas depuis longtemps afin d'éviter leurs départ inopiné et les réparties au mieux parmi les membres de son armée. L’Amiral souhaite traverser au plus vite la Dive vers l’ouest afin de rejoindre le Bas-Poitou. Il ne veut pas prendre le risque d’être assiégé dans cette ville trop difficile à défendre. Le jour se levant peu à peu, les protestants se redent compte que c’est l’un de leurs châteaux qui est ravagé par les flammes. Leurs troupes comptant environ 18 000 hommes tous habillés de blancs pour se reconnaitre dans la bataille face aux 25 000 hommes du Duc d’Anjou, regroupant des Italiens, des espagnols, des français et des suisses réputés pour leurs violence.

Les préparatifs de la Bataille:

L’artillerie protestante s’organise et se positionne sur le haut d’une colline et arrosera les catholiques durant de longues heures en ne faisant que très peu de dégâts. Les catholiques ne restent pas sans rien faire et leurs renvoient en retour eux aussi des boulets de pierre. Les deux camps s’approchent petit à petit, ne craignant pas l’artillerie ennemie encore trop éloignée pour faire de plus gros dégâts que quelques jambes cassées. Les catholiques, fort de leur avantage numérique, lancent une mouvement vers les protestants. À mesure que les deux camps se rapprochent, l’artillerie se fait de plus en plus ravageuse, visant en priorité les fantassins car un boulet pouvait parfois annihiler plusieurs combattants d’un coup, tandis que les chevaux, énormes masses de muscles étaient tués sur le coup mais ne faisaient pas plus de dégâts. Les artilleurs catholiques arrivaient à tirer un coup toutes les cinq minutes et envoyaient sur les protestants des boulets de pierre pesant entre cinq et six kilogrammes. Le mouvement des belligérants est fortement ralentie par les échanges d’artillerie, de plus en plus efficace et retarda les combats de front.

L'assaut:

Ce n’est que vers 15h que l’artillerie s’arrêta par crainte de faire autant de dégâts dans son propre camp que chez l’adversaire. Les deux camps peuvent presque se voir dans le blanc des yeux, alors l’assaut est donné par le commandant Méru, subordonné du Duc d’Anjou. La cavalerie catholique s’élance à l’assaut d’une colline offrant une vue sur le bourg de la cité et reçoit une pluie de balles envoyée par les arquebusiers huguenots en retour. Les pertes catholiques sont nombreuses dont les corps glissent en bas de la collines, mais la supériorité numérique l’emporte sur les protestants, qui finissent par lancer en dernier recours leurs tonneaux de poudres, enflammant les cavaliers et leurs montures. Mais cela n’empêchera pas la prise de la colline par les catholiques. Les morts se firent encore plus nombreux, d’autant plus que l'armée du Duc d'Anjou ne fit aucun prisonnier.

Dans le bourg de la cité, les combats au corps à corps sont violents et les adversaires nombreux, forçant souvent les combattants à changer d’adversaire au cours d’un combat pour éviter d’être tués sournoisement. Nombreux seront ceux qui combattront par paire afin de se protéger mutuellement dans ces combats difficiles. La situation s’enlise, les arquebusiers protestants empêchent toute progression de la part des catholiques, mais les suisses débloquent la situation en chargeant et submergeant les protestants et en les massacrant sans faire la distinction entre les fantassins et les officiers. Les cavaliers encore sur la colline, quittent leurs positions pour charger une partie de la cavalerie ennemie qui arrive en renfort. Les deux camps se transpercent avec leurs lances. L’armée de Coligny, est alors en déroute et l’Amiral comprend sa défaite et s’enfuit avant d’être tué ou blessé. Les cavaliers protestants tentant de se replier, après l’accroche avec la cavalerie catholique. Ils sont attendues par près de 2 000 fantassins et arquebusiers qui les arrosent de balles, visant principalement les chevaux, car plus facile à toucher.

Issue de la bataille:

Le Duc d’Anjou, ressort victorieux de la bataille de Moncontour et recevra beaucoup d’honneurs. Il deviendra Henri III quelques années plus tard en 1575. Après la bataille l’Amiral Coligny fuit vers le Sud et remportera d’autres victoires qui découleront sur la Paix de Saint-Germain-en-Laye le 8 aout 1570. Il sera finalement assassiné durant le massacre de la Saint-Barthélemy le 24 aout 1572.

Selon les historiens de l'époque, l'assaut fut de brève durée mais particulièrement sanglant. Du côté des protestants, on dénombre entre 6 000 et 10 000 morts et prisonniers[2] ; quant aux catholiques, leurs pertes n'excédèrent pas les 600 hommes.

SuitesModifier

Comme après La Bataille de La Roche-l'Abeille où les protestants avaient massacré leurs prisonniers, les catholiques font de même, bien qu’Henri d’Anjou sauve quelques gentilshommes français.

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Notes et référencesModifier

  1. Marie-Madeleine Fragonard, « Les tricheurs de la métaphore : polémique du mixte et ennoblissement des coups bas », dans Françoise Argod-Dutard (dir.), Histoire et littérature au siècle de Montaigne : mélanges offerts à Claude-Gilbert Dubois, Genève, Droz, coll. « Cahiers d'Humanisme et Renaissance » (no 60), , 409 p. (ISBN 2-600-00643-5), p. 79-96.
  2. Élisabeth Carpentier, Les batailles de Poitiers : Charles Martel et les Arabes, La Crèche, Geste éd, coll. « En 30 questions » (no 10), , 63 p. (ISBN 978-2-84561-007-1), p. 56.

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier