Bataille de Memel
Description de cette image, également commentée ci-après
Les troupes soviétiques prenant d'assaut la ville portuaire de Memel en octobre 1944.
Informations générales
Date 5 - (offensive principale) ; (fin du siège)
Lieu Klaipėda (Lituanie / Prusse-Orientale)
Issue Victoire soviétique
Belligérants
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemandDrapeau de l'URSS Union soviétique
Commandants
Erhard RausHovhannes Bagramian
Forces en présence
3. Panzerarmee
Unités de la Kriegsmarine
Premier front balte
Troisième front biélorusse

Seconde Guerre mondiale

Batailles

Front de l’Est
Prémices :

Guerre Germano-soviétique :

  • 1941 : L'invasion de l'URSS

Front Nord :

Front Central :

Front Sud :

  • 1941-1942 : La contre-offensive soviétique

Front Nord :

Front Central :

Front Sud :

  • 1942-1943 : De Fall Blau à 3e Kharkov

Front Nord :

Front Central :

Front Sud :

  • 1943-1944 : Libération de l'Ukraine et de la Biélorussie

Front Central :

Front Sud :

  • 1944-45 : Campagnes d'Europe centrale et d'Allemagne

Allemagne :

Front Nord et Finlande :

Europe orientale :


Front d’Europe de l’Ouest


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l’Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise


Théâtre américain

Coordonnées 55° 40′ nord, 21° 30′ est

La bataille de Memel ou le siège de Memel (allemand : Erste Kurlandschlacht) est une offensive des forces de l'Union soviétique menée en octobre 1944, sur le Front de l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale. La bataille débute lorsque l'Armée rouge lance son « opération offensive Memel » (russe : Мемельская наступательная операция), celle-ci conduit à l'encerclement des forces allemandes restantes dans la région, à savoir la Lituanie et la Lettonie, dans une petite tête de pont à Klaipėda (Memel) et son port, menant à un siège de trois mois jusqu'à leur évacuation à la fin de janvier 1945.

La tête de pont fut finalement écrasée dans le cadre d'une offensive soviétique ultérieure : l’offensive de Prusse-Orientale menée au début de 1945.

PréludeModifier

L'offensive soviétique biélorusse de juin-août 1944 (connue sous le nom d'opération Bagration) mène à la quasi-destruction du groupe d'armées Centre et au large repli allemand de l'actuelle Biélorussie, de la majeure partie de l'actuelle Lituanie et d'une grande partie de la Pologne. En août et septembre suivants, une série de contre-offensives allemandes — opérations Doppelkopf et Casar — réussissent à bloquer l'avance soviétique et à maintenir la connexion entre les groupes de l'armée allemande, le Centre et le Nord ; cependant, la Stavka s'est préparée à une attaque du 1er front balte contre les positions de la 3. Panzerarmee et de là vers Memel, séparant les ainsi deux groupes d'armées.

Le général soviétique Bagramyan avait prévu de lancer son attaque principale dans un secteur de 19 km à l’ouest de Šiauliai. Il y concentra jusqu'à la moitié de ses effectifs dans cette zone, utilisant des techniques de diversions pour éviter toute accumulation correspondante des forces allemandes, et tentant ainsi de convaincre le commandement allemand que l'axe principal de l'attaque serait dirigé vers Riga[1].

Forces en présencesModifier

WehrmachtModifier

Armée rougeModifier

L'offensiveModifier

Le 5 octobre, Bagramyan lance une l'offensive contre la 3. Panzerarmee de Raus sur un front de soixante kilomètres, concentrant ainsi sa force de percée sur la relativement faible 551e Volksgrenadier Division[2]. Ce dernier s’effondre le premier jour et une tête de pont de 16 km est consolidée. Bagramyan engage ensuite la 5e armée blindée de la Garde de Volsky dans la brèche, visant la côte au nord de Memel. Le 7 octobre, les positions de la 3e armée blindée allemande subit de lourdes pertes tendis que la 43e armée de Beloborodov pénètre plus au sud. En deux jours, il atteint la côte au sud de Memel, tandis que Volsky encercle la ville par le nord. Au sud, le flanc nord du 3e front biélorusse de Chernyakhovsky avance sur Tilsit. La 5e armée blindée envahit le quartier général de la 3e armée de Panzer, Raus et son état-major devant se frayer un chemin jusqu'à Memel[3].

Le 9 octobre, le commandant du groupe d'armées voisin, Ferdinand Schoerner, avait annoncé qu'il lancerait une attaque pour libérer Memel si les troupes pouvaient être libérées en évacuant Riga. Une décision à ce sujet a été retardée, mais la Kriegsmarine a réussi à retirer une grande partie de la garnison et de certains civils du port entre-temps[4]. Le XXVIIIe Corps allemand sous Gollnick parvient à avoir une ligne de défense autour de la ville elle-même.

Le succès de l'offensive dans le secteur nord incite le commandement soviétique à autoriser le 3e front biélorusse à tenter une percée dans la région principale de la Prusse-Orientale. Cette opération, l'opération Gumbinnen, s'heurte à une résistance extrêmement forte de la part des Allemands, ce qui provoque son interruption quelques quelques jours après avoir été lancée.

Le siègeModifier

L’arrêt de l’opération Gumbinnen signifie que les forces soviétiques (principalement de la 43e armée) s’imposent sous le blocus des troupes allemandes s’étant retirées à Memel. La force allemande, composée en grande partie d'éléments des divisions de Großdeutschland de la 58e division d'infanterie et de la 7e division de Panzer, est aidée par des défenses tactiques fortement renforcées, des tirs d'artillerie de navires (notamment les Lützow et Prinz Eugen) dans la Baltique et une connexion tenue avec le reste de la Prusse-Orientale sur l'isthme de Courlande. Une opération de dégagement est prévue, l’opération Geier mais est finalement abandonnée.

Le blocus et la défense sont maintenus jusqu'en novembre, décembre et une grande partie de janvier, période au cours de laquelle les civils qui s'étaient enfuis dans la ville et les blessés de l'armée ont été évacués par voie maritime. Lors du blocus, la Großdeutschland et la 7e division de Panzer s'étaient retirées après avoir subi de lourdes pertes, et ont été remplacées par la 95e division d'infanterie, arrivée par voie maritime.

La ville est finalement abandonnée le . Le succès de l'offensive soviétique de la Prusse orientale au sud rend la position de la tête de pont insoutenable et il est décidé de retirer le XXVIIIe Korps de la ville en Sambie afin de participer à la défense ; les troupes restantes des 95e et 58e divisions d'infanterie sont évacuées vers l'isthme de Courlande, où la 58e joue le rôle d'arrière-garde pour le retrait[5]. Les dernières unités allemandes organisées partent à 4 heures du matin le 28 janvier, les unités soviétiques prenant possession du port quelques heures plus tard.

ConséquencesModifier

Memel, qui ne faisait partie de la Lituanie que de 1923 à 1939 avant d'être réincorporée à l'Allemagne, fut transféré à la RSS de Lituanie sous l'administration soviétique. En 1947, elle fut officiellement renommée sous le nom lituanien Klaipėda[6].

Notes et référencesModifier

  1. Glantz, pp..434-5
  2. Mitcham, p.151
  3. Glantz, p.440
  4. Mitcham, p.152
  5. Most of the evacuated formations were later destroyed around Pillau, with the 95th being cut off and destroyed at Palmnicken in mid-April.
  6. Wellmann, « Recognising Borders: Coping with Historically Contested Territory » [archive du ] [PDF] (consulté le 1er mars 2007)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier