Bataille de Lashkar Gah (2021)

Bataille de Lashkar Gah de 2021

Informations générales
Date
(15 jours)
Lieu Lashkar Gah (Afghanistan)
Issue Victoire des taliban
Changements territoriaux Lashkar Gah passe sous le contrôle des taliban
Belligérants
Logo-flpt Taliban Flag of Afghanistan (2013–2021).svg République islamique d'Afghanistan
  • Forces de sécurité nationales afghanes (en)
  • Drapeau des États-Unis États-Unis

    Commandants
    Flag of the Taliban.svg Mawlawi Moubarak [1]Flag of Afghanistan (2013–2021).svg Sami Sadat[4],[5]
    Flag of Afghanistan (2013–2021).svg Hibatullah Alizai[4],[5]
    Flag of Afghanistan (2013–2021).svg Ezzatullah Tofan[2]
    Pertes
    > 40 morts[1]1 500 capituleurs[7]
    Civils :
    > 40 morts[6]

    Offensive des talibans de 2021

    Batailles

    Kandahar, Lashkar Gah, Kaboul

    Coordonnées 31° 34′ 59″ nord, 64° 22′ 09″ est
    Géolocalisation sur la carte : Afghanistan
    (Voir situation sur carte : Afghanistan)
    Bataille de Lashkar Gah de 2021

    La bataille de Lashkar Gah est une série d'affrontements ayant opposé les taliban aux Forces de sécurité nationales afghanes (en), soutenues par les États-Unis[3], pour le contrôle de la ville de Lashkar Gah durant l'été 2021.

    ContexteModifier

    Lashkar Gah est la dixième ville la plus peuplée d'Afghanistan[8] et la capitale de la province du Helmand, principalement connue pour sa production d'opium : en 2020, elle concentre à elle seule plus de la moitié des surfaces du pays plantées en pavot[9].

    En , les taliban tentent une première fois de s'emparer de Lashkar Gah mais leur attaque est défaite et la ville reste sous contrôle gouvernemental dans les mois qui suivent.

    En , d'importants combats éclatent en périphérie de Lashkar Gah au tout début de l'offensive généralisée des taliban, occasionnant la mort d'une centaine d'entre eux selon le ministère de la Défense (en)[10] ainsi que le déplacement de près de 6000 civils[11]. Rapidement, les commandos (unité d'élite de l'armée afghane) sont dépêchés sur place[12] mais les taliban se montrent résilients et parviennent même à s'emparer momentanément des troisième et dixième districts de police de la ville[13]. Cette série d'affrontements se poursuit jusqu'au début du mois de juin.

    Dans les semaines qui précèdent la bataille à Lashkar Gah, ses défenses s'affaiblissent considérablement dans un premier temps avec la désertion de la plupart des agents de la police nationale afghane. Cependant, à partir du , l'Armée afghane redéploie à Lashkar Gah des soldats mobilisés plus au sud dans les districts de Nad Ali (en) et de Garmsir (en) (ce qui permet aux taliban de s'emparer entièrement de ces derniers)[14]. Malgré cet envoi de renforts, la défense de la ville reste principalement assurée par des hommes de la police aux frontières, davantage motivés par leur loyauté envers leur commandant (Ezzatullah Tofan) qu'envers le gouvernement (en) de la République islamique d'Afghanistan d'Ashraf Ghani[2].

    La batailleModifier

    La bataille pour Lashkar Gah débute à proprement parler le lorsque, comme en octobre 2020, les taliban lance une attaque multidirectionnelle sur la ville[5],[15],[16]. Avant cela, les combats faisaient déjà rage autour de cette dernière[6]. Désormais, ils ont lieu en son cœur, dans le premier district de police (qui abrite les QG de la police nationale et de la Direction nationale de la sécurité, de même que le palais du gouverneur du Helmand) ainsi que dans le septième[17]. Seul le neuvième reste véritablement aux mains des troupes pro-gouvernementales, qui reçoivent de nouveaux renforts le [18]. Le matin du , les locaux de la télévision nationale tombent aux mains des taliban, qui font également le siège de la prison et du QG de la police[16].

    Le , le commandant du 215e corps d'armée de Maiwand, le général Sami Sadat, demande aux civils d'évacuer Lashkar Gah en vue d'une contre-attaque massive des Forces de sécurité nationales afghanes (en). Plus tard le même jour, des centaines de commandos (unité d'élite de l'armée afghane), dirigés par le général Hibatullah Alizai, débarquent à Lashkar Gah[4],[5]. Si la contre-offensive gouvernementale peine à produire des résultats probants dans un premier temps (les taliban contrôlent toujours 9 districts de police sur les 10 que compte la ville[19]), une possible inversion de la situation commence à s'entrevoir à partir du 6 août. Ce jour-là, le chef des assaillants, le commandant Mawlawi Moubarak de l'Unité rouge (en) des taliban, est tué dans un raid aérien avec une trentaine de ses hommes[1]. Rapidement, les troupes pro-gouvernementales affirment avoir repris des territoires aux insurgés[20].

    Leur succès s'avère néanmoins de courte durée : le , le quartier général de la police est pris par les taliban après un attentat-suicide la veille[21]. Cette prise décisive[22],[23] entraîne la débâcle des derniers défenseurs qui se réfugient dans la résidence du gouverneur du Helmand[24],[25], où une partie d'entre eux est héliportée vers camp Shorabak (ancienne base opérationnelle des forces armées britanniques) tandis que ceux qui restent sur place finissent par se rendre aux taliban, leur permettant de prendre la totalité de la ville le [26],[27].

    ImpactModifier

    Lashkar Gah est un bastion historique des taliban (bien que son importance symbolique soit inférieure à celle de Kandahar) qui l'avaient prise aux hommes du Harakat-e Inqilab (en) en . Sa reprise leur confère donc un coup de boost moral considérable tandis qu'elle est un clou de plus dans le cercueil, déjà bien renfermé, de la république islamique d'Afghanistan. C'est d'ailleurs la dernière capitale provinciale à être prise après des combats au cours de l'offensive des talibans de 2021. Les capitales provinciales qui tombent par la suite, que ce soit le jour (Qala-I-Naw, Chaghcharan, Pol-é 'Alam, Tarin Kôt et Qalât), le lendemain (Gardêz, Assadâbâd, Maïmana, Mehtarlâm, Nili (en), Mazâr-e Charîf et Jalalabad) ou le surlendemain (Khost, Bâmiyân, Mahmoud-é-Râqi, Tcharikar, Paroun (en) et Kaboul) de sa chute sont prises par les taliban sans qu'ils ne rencontrent de résistance ou presque[28].

    RéférencesModifier

    1. a b c et d (en) Huaxia, « Taliban key commander among 40 killed in S. Afghanistan: army », Xinhua, (consulté le )
    2. a b c et d (en) Thomas Gibbons-Neff, Fahim Abed et Sharif Hassan, « The Afghan Military Was Built Over 20 Years. How Did It Collapse So Quickly? » [archive du ], The New York Times, (consulté le )
    3. a et b (en) Jeff Seldin, « Pentagon: US Airstrikes in Afghanistan 'Having an Effect' on Taliban », Voice of America, (consulté le )
    4. a b et c (en) « After 7 Days, Heavy Clashes Still Ongoing in Helmand’s Capital », sur TOLOnews.com, (consulté le )
    5. a b c et d (en) « Afghan Forces Launch Major Operation in Helmand’s Lashkargah », sur TOLOnews.com, (consulté le )
    6. a et b (en) « Afghanistan war: Bodies on the streets as fighting traps Lashkar Gah residents », British Broadcasting Corporation, (consulté le )
    7. (en) Alistair Bunkall, « Afghanistan: Taliban fighters take southern city of Lashkar Gah following capture of Kandahar and Herat », Sky News, (consulté le )
    8. (ps) « برآورد نفوس کشور د هېواد د وګړو اټکل ۱۳۹۸ » [archive du ] [PDF], د افغانستان اسلامي جمهوري دولة ادارة على احصائيه و معلومات
    9. (en) « Afghanistan Opium Survey 2020 » [archive du ] [PDF], Office des Nations unies contre les drogues et le crime,
    10. (en) « 106 Taliban fighters killed in security forces’ counter attack in Afghanistan », Agence de presse Latin, (consulté le )
    11. (en) Abdullah Hamim, « 1,000 Families Displaced in Fighting Around Lashkargah: Officials », sur TOLOnews.com, (consulté le )
    12. (en) Susannah George, « Afghan war enters more brutal phase as U.S. troops begin pullout », The Washington Post, (consulté le )
    13. (en) « Nearly 700 attacks launched on Afghanistan's Lashkargah in 3 weeks: Army Commander », Asian News International, (consulté le )
    14. (en) Anisa Shaheed, « Fighting Reported in Multiple Areas, 19 Soldiers Killed », sur TOLOnews.com, (consulté le )
    15. (en) « Fighting rages for key Afghan cities as Taliban blamed for attack on UN », The National, (consulté le )
    16. a et b (en) Khaled Nikzad, « Fighting in Helmand's Capital Lashkargah Continues for 5th Day », sur TOLOnews.com, (consulté le )
    17. (en) Khaled Nikzad, « Fighting Continues in Key Areas of Lashkargah for 2nd Day », sur TOLOnews.com, (consulté le )
    18. (en) Tim Lister, « Taliban threaten to seize first provincial capital as fighting intensifies across Afghanistan », CNN, (consulté le )
    19. (en) Rahim Faiez et Tameem Akhgar, « Airstrikes pummel Taliban in south; insurgents gain in north », Associated Press, (consulté le )
    20. (en) « Afghanistan: Clashes claim 20 civilians life, health clinic, school in Helmand destroyed », Asian News International, (consulté le )
    21. (en) Peter Beaumont, « Taliban tighten grip on approaches to Kabul in Afghanistan offensive », The Guardian, (consulté le )
    22. (en) Bill Roggio (en) et Andrew Tobin, « After lengthy siege, Lashkar Gah is taken by the Taliban », sur LongWarJournal.org, (consulté le )
    23. (en) « How the Taliban stormed across Afghanistan in ten days », BBC, (consulté le )
    24. (en) « Afghanistan: Major cities fall to Taliban amid heavy fighting », BBC, (consulté le )
    25. (en) Tameem Akhgar, Rahim Faiez et Jon Gambrell, « Taliban take Kandahar, Herat in major Afghanistan offensive », Associated Press, (consulté le )
    26. (en) Robert Birsel, « Taliban capture Afghanistan's Lashkar Gah, capital of Helmand -police official », sur Reuters.com, (consulté le )
    27. (en) Khaled Nikzad, « Kandahar, Helmand and Zabul Also Fall to Taliban », sur TOLOnews.com, (consulté le )
    28. (en) « Timeline: Afghanistan provincial capitals captured by Taliban », Al Jazeera, (consulté le )

    Voir aussiModifier

    Articles connexesModifier