Bataille de La Garnache

bataille de la guerre de Vendée
Bataille de La Garnache
Description de cette image, également commentée ci-après
Château et bourg de La Garnache, gravure de Thomas Drake, vers 1850.
Informations générales
Date
Lieu La Garnache
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Drapeau de la France République françaiseDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Dominique AubertinFrançois Athanase Charette de La Contrie
Jean-Baptiste Joly
Jean Savin
Forces en présence
1 100 à 1 500 hommes[1],[2]
1 canon[3]
3 000 à 8 000 hommes[2],[1]
Pertes
InconnuesInconnues

Guerre de Vendée

Batailles

Coordonnées 46° 53′ 29″ nord, 1° 49′ 47″ ouest
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Bataille de La Garnache
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Bataille de La Garnache

La bataille de La Garnache se déroule le lors de la guerre de Vendée.

PréludeModifier

Alors que le gros des forces vendéennes et républicaines sont engagées au nord de la Loire dans la Virée de Galerne, en Vendée le général Nicolas Haxo est chargé de reprendre l'île de Noirmoutier et de détruire l'armée de Charette[1]. Haxo sort de Nantes le 21 novembre[4]. Après avoir mené quelques fouilles dans les bois et les hameaux des environs de Saint-Philbert-de-Bouaine, il entre dans la ville de Machecoul le 26 novembre après un petit combat[5],[6]. Pendant ce temps, le général Dutruy se met en marche au sud depuis Les Sables le 22 novembre[7]. Le 27, une de ses colonnes, commandée par Aubertin, attaque Charette à La Garnache[7],[8]. Le général vendéen était alors sorti de son refuge de Touvois pour tenter une nouvelle attaque pour reprendre Machecoul[7].

Forces en présenceModifier

Dans ses mémoires[A 1], l'adjudant-général Aubertin, déclare qu'il commande 1 000 à 1 100 hommes lors de ce combat[3]. Ce nombre est repris par Émile Gabory[1]. Le général Haxo évoque quant à lui 1 500 hommes[2],[1]. D'après Aubertin, la colonne est constituée de 455 hommes[3] du 11e bataillon de volontaires d'Orléans[7],[1],[8],[3], de détachements des 109e et 110e régiments d'infanterie, ainsi que de quelques autres corps, de grenadiers mayençais et d'un canon de 4 livres servi par des artilleurs du 1er bataillon de volontaires du Bas-Rhin[3].

Selon Aubertin, les Vendéens sont 8 000[1],[3], tandis que Haxo dans son rapport à Vimeux[A 2], parle de 3 000 à 4 000 rebelles[2]. Les forces vendéennes sont commandées par Charette, Joly et Savin[9].

DéroulementModifier

D'après le récit laissé par Aubertin dans ses mémoires, sa colonne, arrivée depuis peu à Machecoul, reçoit l'ordre dans la nuit du 26 au 27 novembre de mener une reconnaissance sur la route de Challans[3]. Les républicains se mettent en marche au matin et rencontrent une colonne vendéenne près de La Garnache[3]. Aubertin fait alors avancer ses troupes au pas de course pour qu'elles prennent position sur une hauteur située entre les deux armées[3]. La pièce d'artillerie ouvre alors le feu et les tirailleurs républicains engagent le combat et les Vendéens battent en retraite sans opposer une grande résistance[3].

Ce récit est confirmé par les mémoires[A 3] de l'officier royaliste Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, qui indique que l'avant-garde, constituée de chasseurs à pied menés par Charette, prend la fuite face aux tirailleurs républicains, ce qui provoque la débandade du reste de l'armée[10].

Selon Aubertin, les Vendéens se rallient au bourg de La Garnache[3]. Les républicains les poursuivent mais manquent de cavalerie pour provoquer une déroute[3]. À La Garnache, Aubertin fait déployer ses troupes sur une colline dominant le bourg et le château[3]. Après un nouveau combat, les Vendéens prennent la fuite et les républicains s'emparent du bourg[3]. D'après Lucas de La Championnière, l'armée ne se rallie qu'à Saint-Gervais, puis se replie sur Beauvoir-sur-Mer[10].

ConséquencesModifier

Charette bat en retraite sur Saint-Gervais[7]. Aubertin reste quant à lui à La Garnache pendant 48 heures[3]. Il reçoit ensuite l'ordre de se porter à Beauvoir-sur-Mer[3].

De son côté, Haxo fait sa jonction avec la colonne de Jordy le 28 novembre à Legé[5]. Les forces de Dutruy rejoignent également celles d'Haxo à Machecoul[7].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Le même jour 25 novembre, l'adjudant général Guillaume reçut l'ordre de se rendre au quartier-général, et de remettre le commandement de la colonne au lieutenant-colonel Aubertin. Celui-ci vint camper à une demi-lieue de Machecoul, à droite du chemin de Challans, et où se trouvaient déjà d'autres troupes. Dans la nuit du 26 au 27 novembre, cet officier supérieur eut ordre du général Haxo, de faire une reconnaissance sur le chemin de Challans. Comme ce mouvement a occasionné la dispersion d'un des plus forts rassemblemens du chef Charette, il est utile d'en donner les détails, qui ne se trouvent dans aucun autre des nombreux écrits sur la guerre de la Vendée.

    La colonne d'Aubertin, forte de mille à onze cents hommes, se composait (indépendamment du 11e bataillon d'Orléans, dont l'effectif était de quatre cent cinquante cinq combattans), de détachemens de plusieurs autres corps, tels que les 109e et 110e régiments, les grenadiers réunis de la garnison de Mayence, etc. On y avait attaché une pièce de quatre, servie par une escouade de canonniers du 1er bataillon du Bas-Rhin.

    Le 27 cette colonne se mit en marche sur la route de Challans. Il avait gelé pendant la nuit, mais pas assez fortement pour qu'on ne pût apercevoir la trace d'un corps de cavalerie passé récemment. A la distance de trois quarts de lieue, on trouva quelques soldats républicains tués depuis peu de temps; et on remarqua dans toute la largeur du chemin une forte empreinte, de pieds de chevaux, indice certain que pendant la nuit la cavalerie ennemie s'était approchée des avant-postes et avait assassiné les hommes qui s'étaient écartés imprudemment de leur bivouac. Un peu plus loin, les éclaireurs découvrirent, à portée de canon , sur la route, une colonne ennemie d'une grande profondeur, s'avançant avec célérité, sur Machecoul. Bien que le commandant Aubertin eût pour instruction de reconnaître seulement l'ennemi, sans tenter aucun engagement, il n'y avait pas culer; un mouvement rétrograde trop brusquement opéré, à une distance aussi rapprochée, pouvait augmenter l'ardeur des assaillans, et entraîner une déroute qui se serait promptement communiquée aux troupes postées en dehors de Machecoul, et de là à celles qui occupaient cette ville. Aubertin prit sur le champ sa détermination. La retraite offrait trop d'inconvéniens; cette manœuvre est périlleuse à faire avec des soldats français, et elle réussit bien rarement de Français à Français, comme cela est prouvé dans l'histoire de nos guerres civiles. Il у avait entre les royalistes et les républicains, à une distance à peu près égale de part et d'autre, une hauteur dont on pouvait tirer avantage. Aubertin, sans hésiter et sans considérer la grande supériorité numérique de ses adversaires, forme sa troupe par section (ce qui était justement la largeur de la route), et fait serrer en masse : les tirailleurs en tête, masquant la pièce de quatre qui n'avait pas encore fait feu; et en arrière pour la protéger, le détachement des grenadiers mayençais. Ainsi formée, la colonne s'avance au pas de course, et arrive la première sur la hauteur, dont les Vendéens étaient encore éloignés d'une portée de fusil. La pièce est démasquée par les tirailleurs qui s'éparpillent et appuyent l'effet du canon de leur feu également meurtrier.

    Tous ces mouvemens furent exécutés avec ordre, précision et célérité. La masse vendéenne que l'on peut, sans exagération, évaluer à plus de huit mille hommes, rassemblée et organisée par Charette, ébranlée par le canon et la fusillade des tirailleurs républicains, ne tente pas même de repousser ces derniers. Elle tourbillonne sur elle-même pendant quelques instans, et finit par se rompre et se disperser, en grande partie, à droite et à gauche de la route. Aubertin, faute de cavalerie , ne pouvant faire poursuivre avec succès ceux qui se retiraient dans la direction de Challans, dut se borner à les suivre de toute la vitesse de ses fantassins, jusqu'au village de la Garnache, où un gros de ces fuyards, après avoir d'abord fait mine de résister, finit par se dissiper dans toutes les directions.

    La colonne républicaine prit position sur la colline qui domine le village et son antique château.

    Ce rassemblement a été jugé, chez les Vendéens, comme un des plus nombreux de ceux formés par Charette. Ce chef avait employé les moyens les plus actifs et les plus rigoureux pour contraindre la population à reprendre les armes. Il voulait avoir sa revanche, contre le général Haxo, de la journée du 25 novembre, où celui-ci l'avait complétement battu ; mais il n'avait pas réfléchi sur le peu de ressource que l'on doit trouver dans des levées faites si précipitamment et mises si promptement en action, quel que soit d'ailleurs l'esprit qui anime la masse.

    Après être resté quarante-huit heures à la Garnache, Aubertin reçut l'ordre de se porter en avant, dans la direction de Beauvoir, et de prendre position à hauteur du village de Salartène. Dans la nuit du 4 au 5 décembre, la colonne se mit en marche pour arriver le lendemain à la pointe du jour devant Beauvoir, dont le général Haxo voulait débusquer Charette. Les troupes s'avancèrent dans le plus grand silence sur cette petite ville, guidées par un habitant patriote, qui était venu chercher un refuge auprès du commandant Aubertin[3]. »

    — Mémoires de l'adjudant-général Aubertin.

  2. « Je t'annonce avec plaisir que Jordy vient d'effectuer aujourd'hui sa jonction avec moi. Il a fouillé et balayé la forêt de Prince. Nos succès sur la Garnache t'intéresseront; en deux mots, quinze cents hommes de nos troupes ont mis en déroute complète trois à quatre mille rebelles qui se disposaient, je pense, à venir nous attaquer.

    Tu peux être tranquille sur le poste de Rouans[2]. »

    — Lettre du général Haxo au général Vimeux, le 28 novembre.

  3. « M. Charette était du côté de Challans, lorsque le Port-Saint-Père fut attaqué et pris ; il marcha sur Machecoul pour en chasser l'ennemi déjà maître du poste. Avec quelques chasseurs, à pied comme lui, il avait pris les devants ; un corps de tirailleurs les força à prendre la fuite ; l'armée qui suivait de près voyant son Général courir, crut le danger fort, et au lieu de le secourir se sauva à toutes jambes. On ne se rallia qu'à Saint-Gervais où nous passâmes la nuit ; l'ennemi continua d'avancer et d'après les observations, voyant qu'on se disposait à nous attaquer, nous allâmes nous mettre en bataille dans la plaine de Beauvoir[10]. »

    — Mémoires de Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g Gabory 2009, p. 329-330.
  2. a b c d et e Savary, t. II, 1824, p. 398.
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Aubertin 1824, p. 59-63.
  4. Dumarcet 1998, p. 294.
  5. a et b Loidreau 2010, p. 318.
  6. Savary, t. II, 1824, p. 397.
  7. a b c d e et f Dumarcet 1998, p. 286-287.
  8. a et b Chassin, t. III, 1894, p. 386.
  9. Gras 1994, p. 122.
  10. a b et c Lucas de La Championnière 1994, p. 58.

BibliographieModifier