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Bataille de Khoucham
Description de cette image, également commentée ci-après
Informations générales
Date 7 -
Lieu Khoucham, près de Deir ez-Zor
Issue Victoire des FDS et de la coalition
Belligérants
Drapeau de la Russie Groupe Wagner
Drapeau de la Syrie République arabe syrienne Division des Fatimides
Flag of Syrian Democratic Forces.svg Forces démocratiques syriennes

Seal of Combined Joint Task Force – Operation Inherent Resolve.svg Coalition

Forces en présence
Drapeau de la Syrie Drapeau de la Russie
300 à 700 hommes[1],[2],[3],[4]
Flag of Syrian Democratic Forces.svg
inconnues

Drapeau des États-Unis
inconnues
Pertes
Drapeau de la Syrie Drapeau de la Russie
45 à 300 morts[5],[6]
150 à 400 blessés[7],[6],[4],[8]
Flag of Syrian Democratic Forces.svg
1 blessé[5]

Drapeau des États-Unis
aucune[1]

Guerre civile syrienne

Coordonnées 35° 17′ 55″ nord, 40° 17′ 36″ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Bataille de Khoucham

La bataille de Khoucham a lieu les 7 et lors de la guerre civile syrienne. Une offensive est lancée par des troupes pro-gouvernementales syriennes contre des positions des Forces démocratiques syriennes à l'est de Deir ez-Zor. L'attaque provoque une riposte des forces aériennes de la coalition internationale menée par les États-Unis qui repousse les assaillants.

Sommaire

PréludeModifier

Au cours de l'année 2017, le gouvernorat de Deir ez-Zor a été conquis à l'État islamique par les troupes du régime syrien et les Forces démocratiques syriennes[5]. Les premiers tiennent alors essentiellement la rive ouest de l'Euphrate et les seconds la rive est[5].

Forces en présenceModifier

Du côté des forces pro-Assad, l'offensive est lancée par des milices tribales arabes sunnites des Forces de défense nationale[9], des miliciens chiites afghans de la Division des Fatimides[5],[9], des soldats syriens des ISIS Hunters[10] et des mercenaires russes du Groupe Wagner, une société militaire privée placée sous le contrôle du ministère russe de la Défense[10].

Le nombre de leurs combattants est estimé de 300 à 500 selon l'United States Central Command (CENTCOM)[2]. Un responsable du CENTCOM affirme que l'attaque, de « grande envergure », est lancée par 500 combattants loyalistes soutenus par de l'artillerie de calibre 122 mm, des blindés T-55 et T-72, des lance-roquettes multiples et des mortiers[1],[11]. Selon le général Jeffrey Harrigian, commandant des forces aériennes américaines : « Ce que nous avons vu venir, c’était une unité de la taille d’un bataillon »[4]. L'agence Reuters indique que selon Ievgueni Chabaïev,, le chef d'une unité paramilitaire cosaque, 550 mercenaires russes ont été engagés dans les combats[12],[13]. Un commandant russe nommé Mikhaïl Polinkov, proche d'Igor Strelkov, publie pour sa part un document audio dans lequel un homme se présente comme l'un des mercenaires qui a pris part à l'offensive : il évoque l'implication de 700 hommes et du bataillon Carpates[4].

DéroulementModifier

Dans la nuit du 7 au 8 février 2018, des combats éclatent entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les troupes du régime syrien dans les environs du village de Khoucham (en), près de Deir ez-Zor[14]. Les loyalistes passent à l'attaque vers 23 heures[4]. Leur objectif aurait été de reprendre le contrôle de l'usine Coneco et des gisements de pétrole présents dans la région[4],[15]. Les FDS sont attaquées sur une position à huit kilomètres à l'est de l'Euphrate[16]. Environ 20 à 30 obus de chars et d'artillerie s'abattent à 500 mètres de leur quartier-général à Khoucham[14],[17]. Leurs positions dans les villages de Jdid Ekydat, Jdid Bakara et le champ pétrolier de Koniko sont ciblées, les FDS répliquent alors avec leur propre artillerie[17],[18]. Cependant les tirs loyalistes sont menés alors que des soldats de la coalition sont déployés sur le site, dans une mission « consultative et de soutien » aux forces kurdes et arabes alliées[16]. Les forces de la coalition interviennent alors : un bombardier B-52[19], des chasseur-bombardiers F-15E, des gunship AC-130, des hélicoptères AH-64 Apache et le bataillon d'artillerie de l’USMC équipé de M777 howitzer et de HIMARS[20] bombardent pendant trois heures les troupes du régime syrien à Khoucham, Marrat et al-Salihiyah[14],[18]. L'offensive loyaliste est repoussée[5],[21].

Le 10 février, un char T-72 syrien s'approche en tirant de la base des FDS et est détruit par un drone MQ-9[11],[19].

Les pertesModifier

Sana, l'agence de presse officielle du régime syrien, reconnaît plusieurs « martyrs » dans les frappes de la coalition, mais ne donne pas plus de précision[16]. La télévision publique syrienne reconnaît « des dizaines de morts et de blessés » dans les rangs des forces pro-gouvernementale[15]. Les ISIS Hunters publient également un communiqué dans lequel ils affirment avoir perdu vingt hommes lors des combats, mais indiquent que l'armée syrienne en a perdu encore davantage[22]. Le New York Times indique que 100 soldats syriens sont morts au cours de la nuit du 7 au 8 février selon un officier de l'armée syrienne[23].

Un responsable du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient affirme pour sa part que le bilan des pertes pro-régime est estimé à plus de 100 morts, tandis qu'aucun militaire américain n'a été tué ou blessé[24],[1]. Le Pentagone confirme que les frappes ont fait une centaine de victimes et fait aussi état de 300 à 400 blessés[4]. Les Forces démocratiques syriennes ne déplorent quant à elles qu'un blessé[5].

L'Observatoire syrien des droits de l'homme donne initialement un bilan de plus de 20 morts pour les loyalistes[17],[18]. Son bilan est cependant par la suite revu à la hausse, à au moins 45 tués[5],[25]. Selon l'OSDH, au moins 23 combattants pro-régime — dont quinze mercenaires russes et sept miliciens syrien du Liwa al-Baqir — sont également tués le 10 février par l'explosion inexpliquée d'un dépôt d'armes à Tabiya Jazira, près de Deir ez-Zor[26],[7],[4]. L'OSDH fait également état d'au moins 150 blessés du 7 au 10 février[7].

Plusieurs mercenaires russes du Groupe Wagner figurent également parmi les morts[27],[28],[29]. L'agence Bloomberg News affirme que plus de 200 combattants ont été tués selon deux sources russes, en majorité des mercenaires russes et ukrainiens vétérans de la guerre du Donbass[6],[2],[30]. Les blessés sont soignés aux Troisième hôpital militaire Vichnevski à Krasnogorsk, à l'hôpital Bourdenko, à Moscou, et à l'Académie médicale militaire de Saint-Pétersbourg ; plusieurs d'entre-eux succombent dans les jours qui suivent[3],[31]. L'agence Reuters affirme également qu'environ 100 mercenaires russes ont été tués et 200 autres blessés, sur 550 combattants engagés, selon des sources médicales militaires russes[13],[31]. Le colonel Igor Strelkov, ancien ministre de la Défense de la République populaire de Donetsk, déclare que sur les deux divisions tactiques de Wagner engagées, l'une a été presque totalement détruite et l'autre « réduite en miettes » ; il porte également les pertes russes à plus de 100 morts[10]. Aleksandr Ionov, homme d'affaire russe travaillant dans le domaine sécuritaire en Syrie, fait également état de plus de 200 morts, en majorité russes[23]. Plusieurs médias russes donnent des bilans semblables[12].

Moscou déclare qu'aucun soldat des Forces armées de la fédération de Russie n'a été tué lors des combats ; le 15 février il reconnaît la mort de cinq citoyens russes, mais dément que plusieurs dizaines ou plusieurs centaines aient pu être tué lors des affrontements, en qualifiant ces annonces de « désinformation »[32],[30]. Cependant le 20 février, le ministère russe des Affaires étrangères revoit son bilan à la hausse et reconnaît alors que des dizaines de ressortissants russes ont été tués ou blessés[33].

Deux semaines après la bataille de Khoucham, un chef paramilitaire russe chargé de recruter des mercenaires pour le Donbass et la Syrie affirme à France 24 qu'au moins 218 combattants russes ont été tués le 7 février et que 150 corps ont été rapatriés en Russie dans une morgue sur la base du groupe Wagner ; « Cent-cinquante personnes se trouvent dans des frigos, sur le territoire de la base de Wagner. Leur état ? De la viande hachée. C'est comme ça qu'on me les a décrits »[8].

RéactionsModifier

Dana White, la porte-parole du Pentagone déclare que les troupes américaines ont réagi en état de « légitime défense » et que Washington « ne cherche pas un conflit avec le régime »[15]. Le régime syrien réagit en qualifiant les frappes de la coalition d'« agression », de « massacre » et même de « crime de guerre » et de « crime contre l'humanité »[34],[5].

Selon un responsable du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, la Russie avait été informée par l'état-major de la coalition de la présence des FDS dans le secteur de Khoucham ; il affirme que « les responsables de la coalition ont eu des contacts réguliers avec leurs homologues russes avant, pendant et après l'attaque »[15]. Le ministère russe de la Défense affirme pour sa part ne pas avoir été informé par l'armée syrienne des « opérations de reconnaissance » menées par les loyalistes à Khoucham[15].

Selon Le Monde : « L’incursion des loyalistes à l’est de la ligne de déconfliction n’avait rien d’une opération de dernière minute. Des partisans du régime avaient annoncé son lancement la veille sur les réseaux sociaux, signe d’une préparation en amont. Selon le journaliste syrien Hassan Hassan, les combats avaient été précédés par des rumeurs insinuant qu’un accord secret avait été passé entre les Kurdes et le régime pour restituer l’est de l’Euphrate à ce dernier. Objectif de cette campagne d’intoxication : semer le doute parmi les membres des FDS, au moment même où Damas mobilisait ses relais au sein des tribus arabes, très puissantes dans l’Est syrien. Mais la manœuvre a fait long feu »[5].

Notes et référencesModifier

  1. a, b, c et d AFP, « Syrie : plus de 100 combattants pro-Assad tués lors d’un accrochage avec les forces de la coalition< », sur France 24, (consulté le 15 février 2018).
  2. a, b et c Julian Borger in Washington et Marc Bennetts, Scores of Russian mercenaries reportedly killed by US airstrikes in Syria, The Guardian, 13 février 2018.
  3. a et b Henry Meyer et Stepan Kravchenko, Mercenaries Hurt in U.S. Syria Strikes Are Treated at Russian Defense Hospitals, Bloomberg, 14 février 2018.
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Isabelle Mandraud, Polémique à Moscou sur des mercenaires russes tués par la coalition américaine en Syrie, Le Monde, 16 février 2018.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Allan Kaval, Madjid Zerrouky, Gilles Paris et Benjamin Barthe, Les forces américaines en Syrie repoussent une offensive des troupes pro-Assad, Le Monde, 9 février 2018.
  6. a, b et c Stepan Kravchenko, Henry Meyer et Margaret Talev, U.S. Strikes Killed Scores of Russia Fighters in Syria, Sources Say, Bloomberg, 13 février 2018.
  7. a, b et c About 220 casualties and wounded of the Russian security companies, the regime forces and their allies in Coalition’s bombing and the explosion of a warehouse of the Russian protection forces east of Euphrates, OSDH, 14 février 2018.
  8. a et b Recrutement de mercenaires russes pour la Syrie : un business secret, France 24, 23 février 2018.
  9. a et b [vidéo] "Aujourdhui, chacun avance ses pions en Syrie", France 24, 9 février 2018.
  10. a, b et c Michael Weiss, Catherine A. Fitzpatrick, Andrew Bowen, Did The U.S. Really Wipe Out 200 Russian Mercenaries?, The Daily Beast, 13 février 2018.
  11. a et b (en) « US forces in Syria destroy pro-Assad tank after second attack in a week », sur https://www.militarytimes.com, (consulté le 14 février 2018).
  12. a et b Mercenaires russes en Syrie: ce que l'on sait du mystérieux "Groupe Wagner", L'Express avec AFP, 16 février 2018.
  13. a et b Maria Tsvetkova, Russian toll in Syria battle was 300 killed and wounded: sources, Reuters, 15 février 2018.
  14. a, b et c AFP, AP et Reuters, « Syrie : plus de 100 membres des forces prorégime tués lors d’affrontements avec la coalition soutenue par Washington », sur Le Monde, nil (consulté le 9 février 2018).
  15. a, b, c, d et e Phil Stewart, Une centaine de soldats pro-Assad tués par la coalition en Syrie, Reuters, 8 février 2018.
  16. a, b et c Frappes de la coalition en Syrie, une "agression" selon la télévision officielle, AFP, 8 février 2018.
  17. a, b et c Syrie: plus de 100 membres des forces prorégime tués par la coalition, AFP, 8 février 2018.
  18. a, b et c After the regime forces began to shell their controlled areas…SDF and the International Coalition target positions of the regime forces by air and land and kill tens of their members and allies, OSDH, 8 février 2018.
  19. a et b (en) « Department Of Defense Press Briefing by Lieutenant General Harrigian via teleconference from Al Udeid Airbase, Qatar », sur Département de la Défense des États-Unis, (consulté le 15 février 2018).
  20. (en) « US Scrambles Firepower to Defend SDF Against Pro-Assad Forces », sur https://www.military.com/, (consulté le 10 février 2018).
  21. (en) Barbara Starr et Ryan Browne,, « US-led coalition strikes kill pro-regime forces in Syria », sur CNN, (consulté le 10 février 2018).
  22. Leith Aboufadel, Pro-gov’t ISIS Hunters release official statement after US airstrikes in Deir Ezzor, Al-Masdar News, 11 février 2018.
  23. a et b Ivan Nechepurenko, Neil MacFarquhar and Thomas Gibbons-Neff, Dozens of Russians Are Believed Killed in U.S.-Backed Syria Attack, The New York Times, 13 février 2018.
  24. Deluge de feu sur un fief rebelle en Syrie, plus de 210 morts en quatre jours, AFP, 8 février 2018.
  25. More casualties raise to 45 at least the number of members of the regime forces and their allies who were killed by the International Coalition’s shelling in the east of the Euphrates River in Deir Ezzor countryside, OSDH, 8 février 2018.
  26. Agence France-Presse, « Syrie : une explosion tue 15 employés russes d'une société de sécurité privée », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 15 février 2018).
  27. Tim Lister, Mary Ilyushina and Sebastian Shukla, Several Russians killed in US airstrikes in Syria, friends say, CNN, 13 février 2018.
  28. Deux Russes tués dans dans l'est de la Syrie, AFP, 12 février 2018.
  29. Philippe Chapleau, Moscou lâche ses chiens de guerre en Syrie, Ouest-France, 16 février 2018.
  30. a et b Shannah Mehidi, Syrie : ces morts russes qui embarrassent Moscou, Le Figaro, 16 février 2018.
  31. a et b Alcyone Wemaere, Le mystère de ces combattants russes tués par des frappes américaines en Syrie, France 24, 17 février 2018.
  32. Syrie: cinq Russes tués dans des frappes américaines selon Moscou, AFP, 15 février 2018.
  33. Syrie: des dizaines de Russes tués ou blessés, Le Figaro avec Reuters, 20 février 2018.
  34. Le pouvoir syrien qualifie de "crime de guerre" les frappes de la coalition, AFP, 8 février 2018