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Bataille de Boukamal (2017)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bataille de Boukamal.
Bataille de Boukamal
Informations générales
Date 8
Lieu Boukamal
Issue Victoire des loyalistes
Belligérants
Drapeau de la Syrie République arabe syrienne
InfoboxHez.PNG Hezbollah
Harakat Hezbollah al-Nujaba
Brigade des Fatimides
Drapeau de l'Iran Iran
Drapeau de la Russie Russie
Drapeau de l'État islamique État islamique
Forces en présence
inconnues inconnues
Pertes
43 morts au moins[2] 64 morts au moins[2]
Civils : 50 morts au moins[1]

Guerre civile syrienne

Coordonnées 34° 26′ 47″ nord, 40° 55′ 16″ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Bataille de Boukamal

La bataille de Boukamal a lieu depuis le lors de la guerre civile syrienne.

Sommaire

PréludeModifier

 
Carte des évolutions à la frontière irako-syrienne, fin octobre et début novembre 2017 :
  •      Territoire contrôlé par l'armée syrienne et ses alliés
  •      Territoire contrôlé par l'armée irakienne et ses alliés
  •      Territoire contrôlé par l'État islamique
  •      Territoire contrôlé par les Forces démocratiques syriennes

À l'été et à l'automne 2017, l'État islamique s'effondre dans le gouvernorat de Deir ez-Zor[3]. Deux offensives sont menées contre les djihadistes : l'une à l'ouest, par le régime syrien avec le soutien de l'Iran et de la Russie ; l'autre au nord, par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par la coalition internationale menée par les États-Unis[3]. Début novembre, l'État islamique ne contrôle plus que 30 % du gouvernorat de Deir ez-Zor ; contre 38 % pour les forces gouvernementales et 32 % pour les FDS selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)[3]. Les villes des Deir ez-Zor et Mayadine ont été reconquises par les loyalistes ; Boukamal est alors la dernière ville d'importance tenue par l'État islamique en Syrie[3].

Boukamal se situe au sud-est du gouvernorat de Deir ez-Zor, près de la frontière avec l'Irak. Fin octobre, après s'être emparés de Mayadine, l'armée syrienne et ses alliés avancent dans sa direction : les positions loyalistes sont alors à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest et au nord-ouest de Boukamal et l'offensive est menée sur ces deux axes : à l'ouest, depuis al-Houmaymah, et au nord-ouest, le long de l'Euphrate, depuis Mayadine[4]. Sur le font nord-ouest, les loyalistes s'emparent le 22 octobre de la petite ville d'al-Quriyah (en), au sud-est de Mayadine, mais les djihadistes la reprennent le 28[5],[6],[7]. En revanche sur le front ouest, les troupes du régime et les milices chiites prennent la station de pompage de pétrole T2 le 26 octobre[8].

Article détaillé : Bataille d'al-Qaïm (2017).

Mais en Irak, une offensive est également lancée le 26 octobre par l'armée irakienne et les milices chiites des Hachd al-Chaabi contre la dernière poche tenue par l'État islamique à l'ouest de la province d'Al-Anbar[9]. Le 3 novembre, la ville d'al-Qaïm, située près de la frontière syrienne, face à la ville de Boukamal, est reprise par les forces gouvernementales irakiennes[10].

DéroulementModifier

Le , des miliciens chiites du Hezbollah et des Hachd al-Chaabi franchissent la frontière irako-syrienne pour attaquer Boukamal[11]. Les troupes du régime syrien et les milices chiites encerclent ensuite la ville dans la journée : l'armée syrienne prend position à l'ouest et au sud, tandis que les milices chiites venues d'Irak contournent la ville par le nord[12]. Dans la soirée, les forces loyalistes entrent dans la ville en « se livrant à de violents combats » selon l'agence Sana[13],[14]. L'armée syrienne, les miliciens libanais du Hezbollah, les miliciens irakiens du Harakat Hezbollah al-Nujaba et les Iraniens du Corps des Gardiens de la révolution islamique sont engagés dans les combats[11],[15],[16]. Selon les médias du Hezbollah, Abou Bakr al-Baghdadi est signalé à Boukamal au moment de l'attaque[17].

Dans la journée du 9 novembre, les djihadistes battent en retraite et le régime syrien annonce avoir « libéré » la ville de Boukamal ; ce qui est confirmé par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)[18],[19],[20]. Cependant l'État islamique dément avoir quitté la ville[21] et l'OSDH affirme par la suite que l'EI a « fait croire aux forces pro-régime qu'elles avaient pris le contrôle de la ville pour ensuite pouvoir mieux les attaquer »[22]. Selon des habitants et des observateurs, les djihadistes de l'EI se dissimulent dans des tunnels creusés au cœur de Boukamal[23].

Dès le soir du 9 novembre, l'État islamique lance une contre-offensive et reprend les quartiers nord, nord-ouest et nord-est[3],[24]. Les djihadistes tendent des embuscades et mènent des attaques kamikaze avec des véhicules piégés[22]. Au matin du 10 novembre, l'État islamique a repris 40 % de la ville selon l'OSDH[3] ; et 11 novembre, les djihadistes reprennent Boukamal en totalité[22],[25]. Les forces loyalistes sont repoussées à un ou deux kilomètres de la périphérie de la ville[22].

Le même jour, près de la frontière irakienne, les aviations syriennes et russes bombardent deux camps de déplacés et des villages ayant accueilli des habitants de Boukamal qui avaient fui les combats : au moins 50 civils sont tués dont 20 enfants selon l'OSDH[1].

Le 16 novembre, les forces du régime syrien repassent à l'attaque à l'ouest, au sud et à l'est de Boukamal ; elles parviennent à entrer de nouveau dans la ville[26]. Au soir du 18 novembre, selon l'OSDH, Boukamal est à 80 % sous le contrôle de l'armée syrienne, du Hezbollah et des milices chiites irakiennes[27]. Le 19 novembre, les djihadistes battent en retraite, Boukamal repasse entièrement aux mains du régime syrien et de ses alliés[28],[29],[30].

Les pertesModifier

Du 16 au 19 novembre, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) recense au moins 43 morts dans les rangs loyalistes, dont 28 Libanais, Irakiens et Iraniens, et 64 du côté de l'État islamique, dont onze kamikazes[2].

VidéographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Des camps de réfugiés bombardés: 50 morts, ATS, 12 novembre 2017.
  2. a, b et c In the second battle of Al-Bokamal, about 110 members of ISIS and the regime forces and militiamen loyal to them of Syrian, Arab and Asian nationalities are killed, OSDH, 19 novembre 2017.
  3. a, b, c, d, e et f Syrie : l'EI contre-attaque et reprend près de 50% de Boukamal, AFP, 10 novembre 2017.
  4. Paul Khalifeh, La Syrie, l'Irak et leurs alliés à l'offensive contre les derniers fiefs de l'EI, RFI, 26 octobre 2017.
  5. Leith Fadel, Syrian Army advances south of Al-Mayadeen, enters new town, Al-Masdars News, 22 octobre 2017.
  6. مفاوضات تجري بين وجهاء وتنظيم “الدولة الإسلامية” لتسليم الأخيرة معظم شرق الفرات إلى قوات سوريا الديمقراطية, OSDH, 22 octobre 2017.
  7. The advancement of the “Islamic State” organization achieved within its counter attack in the east of Deir Ezzor brings the fighting back to the desert of the former capital of “Al-Khair State”, OSDH, 29 octobre 2017.
  8. Syrie: l'armée reprend à l'EI une station de pompage de pétrole, Le Figaro avec Reuters, 26 octobre 2017.
  9. L'Irak à l'assaut du dernier bastion de l'EI sur son sol, AFP, 26 octobre 2017.
  10. Acculé en Syrie et en Irak, l'EI perd sa dernière grande ville, AFP, 3 novembre 2017.
  11. a et b Le régime a repris Boukamal, la dernière ville aux mains de l'EI en Syrie, OLJ avec agences, 8 novembre 2017.
  12. Le régime encercle la dernière ville aux mains de l'EI en Syrie, AFP, 8 novembre 2017.
  13. Syrie: le régime entre dans la dernière ville aux mains de l’EI, AFP, 8 novembre 2017.
  14. The violent clashes continue in the largest stronghold of the organization in Syria and the attacking forces impose their control on parts of Al-Bokamal and continue their advancement under a cover of intensive shelling, OSDH, 9 novembre 2017.
  15. The news about controlling al-Bokamal city by the Iraqi Popular Mobilization Forces or the regime forces regime is false, OSDH, 8 novembre 2017.
  16. Iraqi Popular Mobilization Forces enter Syrian territory and surround the Bokamal from its south and east, OSDH, 8 novembre 2017.
  17. Baghdadi signalé à Boukamal lors de la chute de la ville, selon les médias du Hezbollah, Reuters, 10 novembre 2017.
  18. Le groupe Etat islamique perd sa dernière ville en Syrie, AFP, 9 novembre 2017.
  19. L'armée syrienne annonce la chute du dernier bastion de l'EI, Radio-Canada avec AFP et Reuters, 9 novembre 2017.
  20. The “Islamic State” organization withdraws from Al-Bokamal city- its largest stronghold in Syria- and retreats to the areas remaining under its control in the eastern countryside of Deir Ezzor, OSDH, 9 novembre 2017.
  21. Wassim Nasr, #Syrie vid #EI depuis #BouKamal affirmant que la ville est tjrs sous le contrôle des jihadiste, twitter, 10 novembre
  22. a, b, c et d Syrie: le groupe EI reprend le contrôle total de la ville de Boukamal, AFP, 11 novembre 2017.
  23. Syrie : l'EI reprend le bastion stratégique de Boukamal, France 24 avec AFP et Reuters, 13 novembre 2017.
  24. Hours after withdrawing from the city, the “Islamic State” organization carries out attacks in the vicinity of al-Bokamal -the last city it used to control in the Syrian territory, OSDH, 10 novembre 2017.
  25. The “Islamic State” organization inflicts a great defeat on the gunmen loyal to the regime forces and almost completely restores Al-Bokamal city, OSDH, 11 novembre 2017.
  26. Syrie: nouvel assaut du régime à Boukamal, dernière ville tenue par l'EI, AFP, 16 novembre 2017.
  27. Le régime syrien reprend le contrôle quasi total de Boukamal, dernier fief urbain de l'EI, AFP, 18 novembre 2017.
  28. L'armée syrienne et ses alliés chassent de nouveau l'EI de Boukamal, OLJ avec agences, 19 novembre 2017.
  29. Syrie: le régime chasse l'EI de Boukamal, pilonne un fief rebelle, AFP, 19 novembre 2017.
  30. The “Islamic State” organization loses its last city in Syria, and the regime forces, Iraqis Nujabaa, Hezbollah and the Iranian Guards start sweeping al-Bokamal city, OSDH, 19 novembre 2017.