Bataille de Bois-de-Céné

bataille de la guerre de Vendée
Bataille de Bois-de-Céné
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue en 2009 des ruines de l'abbaye de l'Île-Chauvet.
Informations générales
Date
Lieu Entre Bois-de-Céné et Châteauneuf
Issue Victoire vendéenne
Belligérants
Drapeau de la France République françaiseDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Nicolas HaxoFrançois Athanase Charette de La Contrie
Jean-Baptiste de Couëtus
Louis Guérin
Forces en présence
100 à 400 hommes[1],[2],[3]800 à 1 200 hommes[4],[5]
Pertes
InconnuesInconnues

Guerre de Vendée

Batailles

Coordonnées 46° 56′ 20″ nord, 1° 53′ 03″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
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Bataille de Bois-de-Céné
Géolocalisation sur la carte : Pays de la Loire
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Bataille de Bois-de-Céné
Géolocalisation sur la carte : Vendée
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Bataille de Bois-de-Céné

La bataille de Bois-de-Céné se déroule le lors de la guerre de Vendée.

Prélude et forces en présenceModifier

Le , Charette parvient à s'échapper de l'île de Bouin avec une partie de ses troupes après avoir été battu par les forces républicaines de l'adjudant-général Jordy[4]. À 3 heures de l'après-midi, il arrive à Châteauneuf[4]. Son armée compte 800 rescapés selon l'estimation de Jordy[4],[6] ou bien 1 200 d'après celle du lieutenant-colonel républicain Dominique Aubertin[5]. En fin de journée, les Vendéens rencontrent entre Bois-de-Céné et Châteauneuf un convoi républicain escortant des caissons de munitions[2],[7]. La force des républicains est de 300 hommes à pied et quelques cavaliers selon les mémoires du chef vendéen Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière[2] et de 400 hommes d'après Charles-Joseph Auvynet[3]. Selon les mémoires anonymes de l'administrateur militaire, le détachement est constitué de 300 hommes du 3e bataillon de volontaires d'Ille-et-Vilaine et d'une compagnie de cavaliers nantais menés par le général Nicolas Haxo[8]. Cependant dans ses mémoires, Aubertin, qui affirme tenir ses informations d'Haxo lui-même, indique que le général n'avait avec lui que 80 hommes d'un bataillon d'Ille-et-Vilaine, douze cavaliers nantais et son état-major[1].

DéroulementModifier

Les affrontements ont lieu entre Bois-de-Céné et Châteauneuf, non loin de l'abbaye de l'Île-Chauvet[9]. Les différents témoignages ne s'accordent pas totalement sur le déroulement du combat. Selon Lucas de La Championnière[A 1], les Vendéens mettent rapidement en fuite les « bleus » après avoir crié « républicains ! » en réponse à « qui vive ? »[10]. Cependant des renforts patriotes arrivent depuis Bois-de-Céné et l'Île-Chauvet et réengagent le combat pour tenter de reprendre les caissons[10]. Les républicains arrêtent leur poursuite à la tombée de la nuit[10].

Selon l'administrateur militaire[A 2], les cavaliers prennent la fuite dès le début de l'attaque, mais le général Haxo oppose une longue résistance avec le bataillon d'Ille-et-Vilaine[8]. Il ne peut cependant empêcher la prise par les royalistes de quelques caissons[8].

Selon l'adjudant-général Aubertin[A 3], l'alerte est donné alors que Haxo et son état-major sont rassemblés dans une maison[1]. Les deux camps sont surpris par la rencontre et les Vendéens hésitent à lancer l'attaque[1]. Ils finissent cependant par s'apercevoir du faible nombre des républicains, mais battent en retraite par crainte de l'arrivée de renforts[1]. D'après Aubertin, l'affrontement s'est limité à l'échange de quelques coups de fusil[1].

Après le combat, Haxo se rend à Beauvoir-sur-Mer[1]. Les Vendéens se replient quant à eux sur Saint-Étienne-de-Mer-Morte[2].

PertesModifier

Cette victoire, qualifiée de « miracle » par Lucas de La Championnière[3], permet aux Vendéens de s'emparer de munitions, d'armes et d'une trentaine de chevaux[11]. Le nombre des caissons capturés varie selon les sources : un seul selon Aubertin[1], deux selon l'administrateur militaire[8] et trois selon Lucas de La Championnière et Le Bouvier-Desmortiers[10],[12].

Les pertes ne sont pas connues. D'après les mémoires de Charles-Joseph Auvynet, les hommes de l'escorte sont « presque entièrement égorgés »[3]. Selon Le Bouvier-Desmortiers, l'escorte perd les trois quarts de ses hommes[12] et six républicains auraient été capturés à Châteauneuf avant le combat[3]. En revanche selon les mémoires de l'adjudant-général Aubertin, le combat s'achève « sans perte notable de part et d'autre »[1].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Echappée d'un extrême danger, l'armée ne pouvait manquer de périr au milieu de l 'ennemi qui occupait tous les postes environnants, étant errante à l'aventure, n'ayant ni poudre, ni cavalerie. M. Charette était lui-même à pied et ne voulut pas monter le seul cheval qu'on avait pu sauver ; un second miracle nous fournit bientôt de nouveaux moyens de défense.

    Entre Châteauneuf et Bois de Céné, trois cents hommes et quelques cavaliers conduisaient trois caissons à un poste voisin. Au cri de "qui vive", nous répondîmes républicains ; ils s'y laissèrent aisément tromper et nous prirent pour une colonne revenant de l'attaque de Bouin ; dans un instant ils furent culbutés, les munitions en notre pouvoir, et déjà une trentaine de chevaux montés de trente de nos cavaliers qui servirent dans cette journée même à arrêter beaucoup de fantassins. Cependant les troupes du Bois de Céné et de l'Isle Chauvet s'avancèrent pour nous ravir notre proie et défendre leurs camarades ; on fit les plus grands efforts de part et d'autre et un des caissons ayant été renversé, on en vint jusqu'à s'arracher les gargousses d'une main tandis qu'on se poignardait de l'autre ; la nuit approchant, les républicains cessèrent de nous poursuivre et nous continuâmes notre route au milieu des feux qui brillaient de toutes parts dans les camps.

    Nous nous arrêtâmes à Saint-Etienne de Mermorte ; les caissons trop embarrassants pour la marche furent jetés dans un étang et la poudre chargée sur les chevaux. Nous nous mîmes de suite en marche pour rejoindre MM. Joly et Savin qui, ayant refusé de s'enfermer dans Bouin avaient conduit leur troupe vers le Lac.

    Ceux qui ne se sont jamais trouvés dans un besoin pressant peuvent apprendre combien dans de pareils moments, le dégoût cède à la nécessité. Nous fimes halte pendant la nuit dans une maison où il se trouvait du vin. Un de mes camarades parvint à approcher de la barrique et faute de vase, il en remplit son chapeau ; lorsqu'il vint nous faire part de cette heureuse découverte, chacun lui demanda par grâce une gorgée de cette liqueur précieuse ; toutes les bouches étaient attachées au bord de son chapeau graisseux, il fut vidé dans l'instant[10]. »

    — Mémoires de Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière.

  2. « L'ennemi prit la route du bois de Sené, et tomba à l'improviste sur le général Haxo qui n'avait avec lui que trois cents hommes d'infanterie (le 3e bataillon d'Ille-et-Vilaine) et une compagnie de cavaliers nantais. L'attaque fut si prompte et si vive, qu'à peine ces cavaliers eurent le temps de monter à cheval; plusieurs même ne voyant plus le général, et ne sachant où il avait rallié et mis sa troupe en bataille, se replièrent sur les dix-huit cents hommes conmandés par les adjudans-généraux Sainte-Suzanne, Chadeau et Mangin. Cependant Haxo, à la tête de son petit bataillon d'Ille-et-Vilaine, se battit en héros, et disputa long-temps le terrain qui lui resta; malheureusement sa valeur ne put empêcher les royalistes de lui prendre et d'emmener deux caissons de cartouches, prise précieuse qui leur valait une victoire dans un temps où ils n'avaient plus de moulins à poudre; mais c'en était une pour général que de n'avoir pas succombé au nombre et à l'impétuosité des assaillans. Sur le soir, il envoya reconnaitre si les adjudans-généraux Sainte-Suzanne, Chadeau et Mangin étaient encore à leur poste: on n'y trouva personne. D'après les rapports qui leur avaient été faits, ne sachant ce qu'était de devenu le général qu'on présumait pris ou tué, et incertains sur le nombre des ennemis que la renommée avait grossi, ils avaient jugé prudent de battre en retraite sur le Port-Saint-Père. En passant à Machecoul, ils avaient donné ordre au commissaire des guerres, qui y était resté, d'évacuer sur ce même lieu son ambulance et ses subsistances.

    La nouvelle d'une défaite et de la mort du général se répandit bientôt à Nantes, et vint jusqu'aux oreilles de Carrier qui entra dans une fureur épouvantable contre les trois adjudans-généraux à cause de leur retraite.

    Cependant quand Haxo sut qu'ils étaient au Port-Saint-Père , il leur manda qu'il était resté maître du pays, et leur ordonna de venir le rejoindre avec leurs troupes à Machecoul. Il leur apprit comment il avait soutenu le choc d'un ennemi cinq fois plus nombreux que lui, et quel courage avait montré son bataillon d'Ille-et-Vilaine, qu'il n'appela plus que le bataillon des héros. Il les combla de témoignages d'affection, et fut leur défenseur auprès de Carrier qui voulait les envoyer prendre, et les faire conduire à son tribunal pieds et poings liés. Le premier qui se glorifia de la prise de l'ile de Bouin fut le général Dutruy qui n'y avait point paru. Outre les trois cents républicains qu'on y délivra , on y trouva une ample provision de blés de toute espèce qui furent d'un grand secours pour l'armée et pour la ville de Nantes qui manquait de subsistances[8]. »

    — Mémoires de l'administrateur militaire.

  3. « Le chef de brigade Jordy eut ordre de rester dans l'île de Bouin, pour empêcher les royalistes d'y rentrer; et le commandant Aubertin , dont la colonne n'avait pas quitté la terre-ferme, après s'être emparé de la redoute du moulin, retourna à Beauvoir, où le général Haxo vint passer la revue des troupes.

    Ce dernier raconta au commandant, qu'ayant établi son quartier-général, pendant l'attaque de l'île de Bouin, dans une maison du Bois-de-Cené, gardé seulement par un détachement, de quatre-vingts hommes d'un bataillon d'Ille-et-Vilaine, et douze cavaliers nantais, lui et son état-major, avaient couru un assez grand danger.

    Ils étaient rassemblés dans la maison, et le détachement, posté aux environs, lorsqu'une sentinelle donna l'alarme en tirant son coup de fusil et criant : « Voilà les Vendéens ! » A ce cri inattendu, le général et ses officiers sortirent à la hâte et virent une troupe de royalistes qui n'étaient pas moins surpris de rencontrer les républicains sur leur passage. La colonne ennemie s'arrêta et parut vouloir rétrograder. Haxo profita de cette hésitation pour monter à cheval, ainsi que l'état-major et les cavaliers nantais : le faible détachement d'infanterie était déjà sous les armes. Les Vendéens ne soupçonnaient pas que le général pût se trouver avec aussi peu de monde, surtout en l'entendant donner, à haute voix, l'ordre de faire avancer des bataillons dont il désignait les noms, et en voyant la contenance assurée du petit nombre de braves qu'ils avaient devant eux. Au bout de quelques instans ils s'aperçurent de la ruse ; mais, dans la crainte que la résistance de cette poignée d'hommes, ne donnât le temps, à quelque renfort, d'arriver, ils continuèrent leur marche à travers la forêt, et se bornèrent à emmener un caisson de cartouches, placé à quelques distance de la maison, et qu'on n'avait pas pensé à mettre en sûreté. Il y eut quelques coups de fusil échangés, sans perte notable de part et d'autre.

    Charette, à la sortie des marais, mouillé et morfondu, avait changé ses habits contre ceux d'un meunier chez lequel il était entré. Il se trouvait à la tête de la colonne qui venait de passer devant le général Haxo[1]. »

    — Mémoires de l'adjudant-général Aubertin

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j Aubertin 1824, p. 73-75.
  2. a b c et d Dumarcet 1998, p. 293.
  3. a b c d et e Dumarcet 1998, p. 296.
  4. a b c et d Loidreau 2010, p. 332.
  5. a et b Aubertin 1824, p. 72.
  6. Savary, t. II, 1824, p. 471.
  7. Chassin, t. III, 1894, p. 389.
  8. a b c d et e Administrateur militaire 1823, p. 117-118.
  9. Gabory 2009, p. 331.
  10. a b c d et e Lucas de La Championnière 1994, p. 60-61.
  11. Loidreau 2010, p. 334.
  12. a et b Le Bouvier-Desmortier, t. I, 1809, p. 208-209.

BibliographieModifier