Bataille d'Ipsos

Bataille d'Ipsos
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Illustration de la bataille d'Ipsos, 1877.
Informations générales
Date 301 av. J.-C.
Lieu Près d'Ipsos
Issue Défaite d'Antigone
Belligérants
Royaumes de Séleucos et de LysimaqueRoyaume d'Antigone
Commandants
Lysimaque
Séleucos
Pleistarchos
Antigone
Démétrios
Forces en présence
64 000 fantassins
10 500 cavaliers
400 éléphants
120 chars
70 000 fantassins
10 000 cavaliers
75 éléphants

troisième guerre des Diadoques

Batailles

Guerres des Diadoques

Coordonnées 38° 57′ 00″ nord, 30° 59′ 24″ est

La bataille d'Ipsos oppose en 301 av. J.-C. les Diadoques en Phrygie près d'Ipsos (en Turquie actuelle) dans le contexte de la troisième guerre des Diadoques. Elle est remportée par les forces coalisées de Séleucos, roi de Babylonie et des satrapies orientales, et de Lysimaque, roi de Thrace, face à Antigone le Borgne et à son fils Démétrios Poliorcète qui regroupent l'Anatolie, la Syrie, le Levant et les alliés grecs de la Ligue de Corinthe reconstituée en 302.

Elle peut être considérée, avec la bataille de Raphia (217), comme l'une des plus grandes batailles de l'époque hellénistique et comme la plus grande bataille d'éléphants de l'histoire « occidentale ».

Contexte historiqueModifier

En 304 av. J.-C., une coalition réunit Ptolémée, Séleucos, Cassandre et Lysimaque contre Antigone le Borgne qui entend établir sa domination sur la Grèce et la mer Égée. Étant donné la richesse de son royaume et la qualité de son armée, il est nécessaire pour les adversaires d'Antigone de faire la jonction de leurs forces. Pour cela, ils organisent la défense de l'Europe contre Démétrios afin de permettre à Lysimaque, qui commande une puissante phalange aguerrie par les guerres aux frontières de la Thrace, de débarquer en Anatolie.

Lysimaque débarque en Phrygie hellespontique, parvient à éviter Antigone et reçoit la soumission des cités du littoral égéen. Mais le débarquement de Démétrios à Éphèse durant l’automne 302 met Lysimaque en difficulté, l'obligeant à se retirer en Bithynie, tandis que les renforts envoyés par Cassandre sont défaits. Séleucos et Lysimaque parviennent à faire leur jonction en Phrygie. Ptolémée, bloqué en Cœlé-Syrie et trompé par une fausse nouvelle annonçant une victoire d'Antigone, n'a pas pu - ou voulu - joindre ses forces à la coalition. Antigone et Démétrios s'avancent alors sur l'armée coalisée, regroupée près du village d'Ipsos (aujourd'hui Ipsili) au cœur de la Phrygie.

Déroulement de la batailleModifier

 
Schéma du déroulement de la bataille.

Plutarque est le seul auteur antique à fournir un déroulement précis de la bataille[1]. Il s'inspire ici de l'Histoire des Diadoques de Hiéronymos de Cardia qui a probablement assisté à la défaite d'Antigone, son protecteur.

La nature exacte du terrain n'est pas connue, mais on peut supposer, au vu du silence des sources au sujet d'un quelconque effet du terrain, qu'il s'agit d'une plaine. L'armée antigonide comprendrait 70 000 fantassins, 10 000 cavaliers et 75 éléphants de guerre, face à une force coalisée de 64 000 fantassins, 10 500 cavaliers, 120 chars à faux et 400 éléphants de guerre ; Séleucos a en effet reçu une imposante troupe d'éléphants dans le cadre d'un traité de paix conclu avec le prince indien Chandragupta Maurya.

La nuit précédant la bataille, Antigone a fait un rêve : Alexandre le Grand lui-même, bardé d'une magnifique armure, vient lui demander quel serait son cri de ralliement lors de la bataille, à quoi le souverain borgne répond : « Zeus et la victoire ». Alexandre lui tourne alors le dos, et part vers le camp ennemi en lançant : « Alors je pars pour tes adversaires, car eux me recevront avec les honneurs qui me sont dus »[2].

Après quelques escarmouches d'infanterie légère et d'éléphants, Démétrios, à la tête de la cavalerie lourde sur le flanc droit, charge impétueusement Antiochos, le fils de Séleucos, et le met en déroute. Mais, plutôt que de retourner sur la phalange adverse, Démétrios continue sa poursuite et bientôt les éléphants adverses, postés à l'arrière de la phalange, lui interdisent de retourner sur le champ de bataille. Voyant l'infanterie antigonide privée du soutien de sa cavalerie, l'armée coalisée lance l'assaut victorieux, cavalerie en tête. La cavalerie légère de Séleucos contourne le flanc gauche d'Antigone et charge la phalange tandis que l'infanterie de Lysimaque s'avance de front. Antigone, qui commande la phalange, est percé de plusieurs traits et meurt bravement. Démétrios parvient à fuir avec 4 000 cavaliers et 5 000 fantassins.

ConséquencesModifier

 
Les royaumes des Diadoques après la bataille d'Ipsos.

À l'issue de la bataille d'Ipsos, les vainqueurs se partagent le royaume d'Antigone : Ptolémée établit sa domination sur la Cœlé-Syrie. Cassandre maintient sa présence en Macédoine et en Grèce continentale. Lysimaque annexe l'Anatolie jusqu'aux Monts Taurus. Séleucos, le grand vainqueur, s'empare de la partie orientale de l'Asie Mineure et de la Syrie. Ce partage est à l'origine des six guerres de Syrie disputées entre Lagides et Séleucides. Démétrios conserve, quant à lui, quelques places fortes en Phénicie, en Asie Mineure et dans les Cyclades ainsi que Chypre (pour quelques années encore)[3].

Notes et référencesModifier

  1. Plutarque, Démétrios, 28-30.
  2. Plutarque, Démétrios, 29.
  3. Will 2003, p. 85-87.

AnnexesModifier

Sources antiquesModifier

BibliographieModifier

  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 2-02-060387-X).
  • (en) Bob Bennett et Mike Roberts, The Wars of Alexander's Successors 323–281 BC, vol. 2 : Battles and Tactics, Pen and Sword Books, .

Articles connexesModifier