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Bataille d'Agen
Description de cette image, également commentée ci-après
Les Romains passant sous le joug (1858) de Charles Gleyre.
Informations générales
Date 107 av. J.-C.
Lieu Agen (actuelle France)
Issue Victoire des Tigurins
Belligérants
Vexilloid of the Roman Empire.svg République romaineTigurins
Commandants
Lucius Cassius Longinus
Lucius Calpurnius Piso Caesoninus
Caius Popillius Laenas
Divico
Forces en présence
10 00030 000 guerriers
Pertes
Elevé (4 000 prisonniers)Relativement faible

Guerre des Cimbres

Batailles

Noreia • Agen • Arausio • Aquae Sextiae • Vercellae

La bataille d'Agen opposa en 107 av. J.-C., pendant la guerre des Cimbres, le peuple Helvète des Tigurins, commandé par Divico, aux légions romaines de Lucius Cassius Longinus, Lucius Caesoninus et Caius Popillius Laenas. Elle eut lieu sur les bords de la Garonne près d'Agen (France), dans le territoire des Volques, vit la mort de Longinus et Caesoninus et se conclus par la victoire des Tigurins.

Sommaire

Situation initialeModifier

 
La migration des Teutons et des Cimbres.
  Défaites cimbres et teutonnes
  Victoires cimbres et teutonnes

La bataille d'Agen à pour contexte la « migration des Cimbres et des Teutons »[1]. En 112 av. J.-C. les peuples germaniques Cimbres et Teutons pénétrèrent en territoire romain et défèrent une armée romaine sous le commandement de Cnaeus Papirius Carbo à la bataille de Noreia. Les vainqueurs demandèrent à s'installer en territoire romain, ce qui leur fit refusé. En 111 av. J.-C., le peuple Helvète des Tigurins s'était joints à eux et sillonnèrent la gaule[1]. Alors que la route de l'Italie leur est ouverte, les Cimbres et leurs alliés se déplacent vers les champs Décumates et pénètrent en Gaule transalpine, puis en Celtibérie. En -109, ils défont l'armée du consul Marcus Junius Silanus en Gaule narbonnaise. En 107 av. J.-C., les Tigurins, en quête de riches butins, faisaient route vers Toulouse.

La batailleModifier

En 107 av. J.-C., le sénat romain, pour défendre un peuple allié, lança une nouvelle campagne militaire sous le commandement du consul Lucius Cassius Longinus et de ses légats, le consulaire Lucius Caesoninus et de Gaius Popillius Laenas (fils de Publius Popillius Laenas). Sous la conduite de Divico, les Tigurins infligèrent aux légions romaines une cuisante défaite, tuant le consul Longinus et massacrant la plupart de ses troupes. Les romains restants sont sauvés par Laenas en se rendant. Les Tigurins exigèrent la majorité des fournitures de l'armée, prirent des otages et firent passer le reste de l'armée sous le joug[1].

ConséquencesModifier

Lorsque la nouvelle de la défaite romaine atteignit la campagne gauloise, plusieurs villes, dont Tolosa (Toulouse), se soulevèrent. L'année suivante, un autre consul, Quintus Servilius Caepio, marchait contre les forces rebelles gauloises et capturait Toulouse, s'accaparant ainsi l'Or de Toulouse (Aurum Tolosanum). Une grande partie du butin "disparut" lors de son transfert à Massilia. En 105 av. J.-C., les Cimbres, les Teutons et leurs alliés Tigurins remportèrent une nouvelle victoire contre les Romains lors de la bataille d'Arausio.

Lors de la guerre des Gaules en 58 av. J.-C., le souvenir de cette bataille était encore présente dans les mémoires et restait un affront pour l'honneur de Rome. Après avoir écrasé les Tigurins sur la Saône, César, dont l'aïeul de son beau-père, L. Pison, lieutenant de Cassius, avait été tué avec lui lors de la bataille d'Agen, rapporta avec fierté dans son Commentaires sur la Guerre des Gaules « cette partie des citoyens de l'Helvétie, qui avait fait éprouver une si grande perte au peuple romain, fut la première à en porter la peine. » (De bello gallico I, 12).), puis vint la victoire totale contre les Helvètes à la bataille de Bibracte.

Au XIXe siècle, cette célèbre bataille, faussement située sur les bords du lac Léman, inspira de nombreux poèmes et tableaux patriotiques, comme Les Romains passant sous le joug (1858) de Charles Gleyre[1].

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Gilbert Kaenel, « Bataille d'Agen » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .

Voir aussiModifier