Basilique Saint-Servais

église néerlandaise

Basilique
Saint-Servais
Basilique Sainte-Servais de Maastricht au Vrijthof.
Basilique Sainte-Servais de Maastricht au Vrijthof.
Présentation
Culte catholique
Type Basilique
Style dominant roman, gothique
Site web www.sintservaas.nlVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Pays-Bas
Ville Maastricht
Coordonnées 50° 50′ 56″ nord, 5° 41′ 14″ est
Géolocalisation sur la carte : Pays-Bas
(Voir situation sur carte : Pays-Bas)
Basilique Saint-Servais

La basilique Saint Servais est une basilique située dans la ville de Maastricht (Pays-Bas), placée sous le vocable de saint Servais. Elle dépend du doyenné de Maastricht qui lui-même dépend du diocèse de Ruremonde.

HistoireModifier

Saint Servais se réfugia, sous la menace des incursions germaniques, à Maastricht où il mourut en 384. Il fut enterré, selon la coutume romaine, le long d'une voie passante[1]. Au-dessus de son tombeau fut d'abord construite une petite chapelle, laquelle fut remplacée par Monulphe et Gondulphe par une grande église en pierre (appelée Magnum Templum) vers 550[1].

On peut rappeler l'importance de cet évêque dans la région : avec Servais, l'évêché de Tongres, cité antique, passa à Maastricht à l'époque mérovingienne avant de déménager une seconde fois pour se fixer à Liège (cathédrale Saint-Lambert dédiée à l'évêque de Maastricht saint Lambert et disparue ensuite à la Révolution).

En 721, Charles Martel vainquit les Sarrasins à Narbonne. Attribuant cette victoire à la protection de Saint Servais, les Carolingiens firent construire un nouveau bâtiment. Vers l'an 1000, le prévôt Gudulphe fit ajouter un déambulatoire autour du sarcophage de Saint Servais. Henri III assista à la consécration du lieu avec douze évêques[2].

Pour remplacer celle-ci, une nouvelle église fut construite sur le modèle des basiliques romaines sur l'ordre de Humbert (nl). La construction fut achevée en 1180 avec la finalisation du narthex. Deux tours furent aussi ajoutées ainsi qu'un portail gothique, le bergportaal. Les chapelles latérales étaient de nature gothique. Entre 1440 et 1460, les nefs et transepts furent pourvus de voûte croisées d'ogive[3].

Trois flèches baroques furent rajoutées, mais elles furent démolies par l'architecte P. Cuypers lors de la restauration en 1886[3].

ExtérieurModifier

La basilique est séparée de l'église Saint-Jean par une ruelle appelée vagevuur (« purgatoire »).

L'abside s'inspire de la cathédrale de Spire où les empereurs allemands sont ensevelis[3]. L'entrée principale, située à l'est, est constituée de deux grandes portes de bronze, placées en 1989. Celle la plus au nord (présentant les armoiries pontificales, rappelant la visite de Jean-Paul II le ) est faite par Appie Drielsma (nl), tandis que la porte du sud (présentant deux fleuves) est faite par Piet Killaars (nl). Leurs décorations ont été inspirées par le psaume 122,1[4].

Au sud se trouve le baptistère et le « bergportaal »[4] (« portail de la montagne »), situé à l'emplacement d'une colline. Sa construction commença entre 1225 et 1250 et fut influencée par le style gothique français, notamment celui de la cathédrale de Senlis. Il est situé place Hendrik van Veldeke. Les tympans représente trois tableaux : Dormition, Assomption et Couronnement de Marie; et les voussures présentent les patriarches, prophètes et rois d’Israël. L'arbre généalogique de Saint Servais, qui figure dans bergportaal, remonte jusqu'à Jésus Christ[5].

La partie ouest comporte deux tours et en comptait autrefois trois. Pour soutenir l'ensemble, des murs à arcades furent construits, reliant l'église à la prévôté[4].

Au nord se trouve le cloître et au centre le jardin. L'ancien bourdon, appelé grameer (grand-mère) y est exposé[4].

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IntérieurModifier

 
Plan de la basilique.

L'entrée de l'église est située sur la Keizer Karelplein (place de l'empereur Charlemagne). Elle est ornée de statues avec au centre le Christ entouré de Saint-Pierre et Saint-Servais[4].

La nef a une largeur de onze mètres, une longueur de 53 mètres et une hauteur de 21 mètres. Les orgues au fond datent en partie du XVIIe siècle[6].

En 1087, l'église devint une église impériale. Ceci s'est traduit dans l'architecture du westbau (la partie occidentale)[6].

La séparation entre le westbau et la nef est ornée d'une sculpture de 1170[6].

L'autel, dans le chœur, date de 1990 et a été fait par R. Brouwers. La croix, située au-dessus de l'autel, présente un Christ datant du XVIe siècle. Les fresques de la voûte de l'abside représentent le Christ lors du Jugement dernier selon Saint Jean. Elles ont été exécutées par Alexandre Klaesener. À gauche du chœur se trouve une statue médiévale de Saint-Servais terrassant un dragon de sa crosse (symbole de l'hérésie d'Arius)[7]. En vis-à-vis se trouve une statue de Saint Lambert, dernier évêque de Maastricht, assassiné à Liège en 705[8].

À peu près au-dessous du chœur de la basilique se trouve le lieu où fut enseveli Saint Servais en 384. La crypte a été construite en 1050 au-dessus de la sépulture par le prévôt Humbert[8].

Dans le transept nord, une statue du roi David se trouve sur un pilier. Au nord de la crypte, le monument funéraire du comte Van den Bergh et de son épouse Judoca Walburgis, comtesse de Leeuwenstein-Rochefort[9].

La chapelle située au nord du chœur est dédiée aux Saints Éloi et Marculphe[9].

La chapelle occidentale est consacrée aux Saints Monulphe et Gondulphe[5].

La chapelle située à l'est du bergportaal est la chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs, ornée d'une Pietà du XVe siècle. Celle-ci est suivie plus à l'est par la chapelle de Sainte Barbe[10].

ClochesModifier

La basilique compte six cloches. Trois d'entre elles sont dédiées à Saint Servais (grammeer), à Saint Lambert, et à Saint Hubert. Les trois autres sont appelées « do-ré-mi ». Les cloches de Saint Lambert et Saint Hubert datent de 1984. Cinq cloches se trouvent dans la tour nord de la façade occidentale. La cloche Saint Servais se trouve dans la tour sud[11].

SourcesModifier

RéférencesModifier

BibliographieModifier

  • P. Sigismund Tagage (trad. A. Tardier), Basilique Saint Servais, Schnell & Steiner GmbH, , 2e éd., 23 p. (ISBN 978-3-7954-6086-0)

ComplémentsModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier