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Basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien

église catholique de Nantes, France

Basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien
La façade de la basilique, sur la place des Enfants-Nantais, au centre de laquelle est érigée une statue équestre de Jeanne d'Arc signée Charles-Auguste Lebourg (1829-1906)
La façade de la basilique, sur la place des Enfants-Nantais, au centre de laquelle est érigée une statue équestre de Jeanne d'Arc signée Charles-Auguste Lebourg (1829-1906)
Présentation
Culte Catholique romain
Type basilique mineure
Rattachement diocèse de Nantes
Début de la construction 1872
Fin des travaux 1889
Architecte Émile Perrin
Style dominant néogothique primitif
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Ville Nantes
Coordonnées 47° 13′ 45″ nord, 1° 32′ 33″ ouest

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Basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien

La basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien est une basilique française de style néo-roman située dans le quartier Malakoff - Saint-Donatien de Nantes. Sa façade principale donne sur la place des Enfants-Nantais. Elle est l'une des deux basiliques de la ville, avec la basilique Saint-Nicolas.

Datant du XIXe siècle, elle est dédiée à saint Donatien de Nantes et à son frère saint Rogatien, premiers chrétiens nantais, martyrisés dans la ville à la fin du IIIe siècle. Outre la basilique, le site est également composé d'un cimetière et de la chapelle Saint-Étienne, protégée au titre des monuments historiques.

HistoireModifier

 
À gauche de la nef, sarcophage en marbre gris des Pyrénées[1] qui aurait contenu les corps des martyrs[2].

L'édifice s'élève à l'emplacement d'une ancienne villa gallo-romaine. Des fouilles effectuées en 1873 mettent au jour un ancien cimetière païen, une fosse au centre de l'abside contenant 27 clous attribués aux cercueils des deux martyrs et révèlent que quatre églises furent successivement bâties[3].

La promulgation de l'édit de Constantin, neuf ans après leur mort, voit se développer un culte autour des corps des deux frères morts en martyrs, d'abord disloqués sur le chevalet, fouettés puis menés hors de la cité non loin de l'actuelle basilique, au niveau du no 63 rue Dufour, où un bourreau leur enfonce un javelot dans la gorge puis leur tranche la tête (deux croix de pierre marquent le lieu de leurs exécutions)[4]. Selon la tradition, leurs corps sont placés, 21 ans après leur mort, dans un sarcophage en marbre gris des Pyrénées, mesurant 2,25 mètres de long et 75 centimètres de large. Les reliques attirent alors des pèlerins, nécessitant la création d'une « Garde d'honneur » constituée des moines de Saint-Martin[5]. Le paroisse fut alors considéré par les Nantais comme une « terre sainte »[4].

La première église aurait été édifiée suivant la tradition sur la propriété familiale des saints nantais vers 490[4]. Les invasions normandes détruisent le premier édifice qui, une fois la paix revenue, laisse place à une nouvelle église vers l'an 980. Cependant, selon Dubuisson-Aubenay, des vestiges du sanctuaire primitif existent encore au XVIIe siècle, notamment l'abside ancienne[6].

Le , la première pierre de la reconstruction est posée par Jean-Marie de Trevelec, conseiller au Parlement de Bretagne et sa femme Françoise Charrette[3].

Transformée en hôpital pendant la Révolution, elle est vendue en 1796. Une fois l'église rendue au culte en 1802, les parties manquantes sont reconstruites à partir de 1804, donnant naissance à une église plus vaste de forme cruciforme, consacrée par Mgr Duvoisin, le [4].

L'édifice du XIXe siècleModifier

 
Vue générale de l'édifice, depuis le sommet de la tour Bretagne.

Le projet commence à prendre forme après la guerre franco-prussienne de 1870, encore renforcé par une forte résurgence du sentiment religieux dans un contexte politique et social agité. Mgr Félix Fournier, évêque de Nantes, avait en effet fait vœu de construire une basilique en l'honneur des deux patrons de son diocèse si celui-ci était préservé de l'invasion des Prussiens, ce qui fut le cas[7].

Ainsi l'architecte Émile Perrin, le frère du curé de Saint-Père-en-Retz dont il est également en train de construire l'église[8], dresse-t-il les plans d'un sanctuaire dans le style néogothique primitif, et Louis Liberge, fils de l'architecte François Liberge, le constructeur de l'église Saint-Clément de Nantes, ordonne les travaux qui débutent le par le creusement des fondations et vont durer près de trente ans. Après avoir effectué quelques fouilles, Mgr Fournier bénit le , en présence de 300 prêtres, la première pierre qui est placée au pilier droit du sanctuaire[5]. Un rescrit papal daté du 14 mars 1889 lui accorde le titre de basilique et le 14 avril, Mgr Lecoq, évêque de Nantes, promulgue le décret pontifical[9]

Le , on commence la construction de la façade inspirée à Liberge par celle de Notre-Dame de Paris. Les travaux sur la façade achèvent l'édifice en 1901, celle-ci recevant deux tours jumelles d'une hauteur de 44 mètres (néanmoins dépourvues des deux flèches initialement prévues). Les tours achevées, on met en place la croix qui domine le chancel des pignons et qui est bénie par Mgr Rouard[5].

L'édifice au XXe siècleModifier

Il faut attendre l'année 1902 pour que l'église reçoive enfin ses dix cloches, pesant chacune entre 291 et 4 614 kg, fondues par la maison Bollée du Mans et bénies par Mgr Rouard le 18 juin. La sonnerie du carillon de l'horloge reproduit le célèbre air des Westminster Quarters, le carillon du Palais de Westminster, le siège du parlement britannique à Londres[5].

En 1971, la rénovation du chœur est confiée à l’architecte Philippe Joëssel[10],[11].

L'édifice au XXIe siècleModifier

 
L'édifice à l'été 2015, quelques semaines après l'incendie du .

Le , un violent incendie ravage les trois quarts de sa toiture[12]. Selon le directeur départemental de la sécurité publique, le sinistre aurait pris accidentellement alors que deux ouvriers-couvreurs travaillaient à la réfection de l'édifice, réparant un chéneau en plomb à l'aide d'un chalumeau[13].

Le , les travaux de réparation de la basilique sont entamés. Ils seront divisés en trois phases et devraient s'achever en 2019[14]. Ils permettront notamment d'améliorer les dispositifs de sécurité, par l'installation notamment de colonnes sèches jusqu'au sommet du bâtiment, destinées à facilité l'interventions des secours dans la lutte contre les incendies[15].

La réouverture de la basilique est envisagée pour le printemps 2021 et l'évaluation du coût des travaux est de 13 millions d’euros[16].

Le cimetière Saint-Donatien et la chapelle Saint-ÉtienneModifier

 
Cimetière Saint-Donatien : la chapelle Saint-Étienne.

Les terrains jouxtant la basilique au sud et à l'est sont occupés par le cimetière Saint-Donatien, le plus ancien lieu de sépulture chrétien à Nantes encore en usage. Au centre de la partie méridionale de celui-ci se trouve la chapelle Saint-Étienne (qui a également porté les noms de « Saint-Georges » ou de « Saint-Agapit »). Il s'agit d'un édifice rectangulaire de 17,5 mètres de long par 7,5 mètres de large, dont le toit à deux rampants atteint un peu moins de huit mètres de hauteur. Il s'agit du plus vieil édifice religieux du diocèse puisque les plus anciennes parties remontent au tout début du VIe siècle. En effet, ce bâtiment aurait été construit, selon l'historien Albert Travers, sur ordre de l'évêque Épiphane afin d'abriter les reliques de saint Étienne ramenées de Jérusalem au plus tard en 506[5].

La façade a été remaniée dans un style néoclassique au XVIIIe siècle. Un puits « traditionnel » était creusé à l'extérieur, juste devant la chapelle. Les pèlerins pouvaient s'y laver les mains avant de pénétrer dans le sanctuaire. Ce puits, disparu à la fin du XXe siècle, était pour Léon Maître une preuve de l'ancienneté de la chapelle[5].

Ce bâtiment fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 décembre 1984 [17].

Galerie de photosModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Le couvercle de marbre qui n'existe plus a été remplacé par un autre en bois
  2. Vidé en 1092 de ses reliques qui sont transférées dans la cathédrale de Nantes, le cénotaphe censé abriter les restes de deux martyrs a en effet disparu à la Révolution, en 1798. Lors des fouilles en 1873, on retrouve de nombreux sarcophages mérovingiens (dont un en marbre attribué aux deux martyrs) dans le cimetière gallo-romain tardif à incinération attenant à l'église. Source : Philippe Guigon, Les sépultures du haut Moyen âge en Bretagne, Institut culturel de Bretagne, , p. 69.
  3. a et b Collectif, Iconographie de Nantes, d'après les collections du musée Dobrée, , 224 p., p. 129.
  4. a b c et d Rodolphe Delaroque, « Sur la pas des Enfants nantais », Nantes au quotidien, no 136,‎ , p. 31 (lire en ligne [PDF])
  5. a b c d e et f « Le cimetière Saint-Donatien et sa chapelle Saint-Étienne », sur le site de la mairie de Nantes (consulté le 10 mars 2012).
  6. Dubuisson-Aubenay, Itinéraire de Bretagne, dans Archives de Bretagne, t.X, , p. 134.
  7. « La défaite [de 1871] avait fait renaître un grand mouvement de ferveur religieuse. (...) Pour remercier le ciel d'avoir préservé son diocèse de l'invasion [prussienne], Mgr Fournier avait fait le vœu de dédier une basilique aux enfants nantais Donatien et Rogatien (...). » Armel de Wismes, Les grandes heures de Nantes, Perrin, , 282 p. (ISBN 226200827-2), p. 235.
  8. « L'église de Saint-Père-en-Retz », « club de l'Amitié » de Saint-Père-en-Retz (consulté le 11 février 2013).
  9. Télégramme, Patrimoine religieux de Bretagne : histoire & inventaire, Télégramme, , p. 47
  10. Durand 1986, p. 28.
  11. « Loire-Atlantique Nécrologie : l'architecte Philippe Joëssel », Presse-Océan, (consulté le 26 novembre 2015).
  12. « Nantes: Violent incendie en cours à la basilique Saint-Donatien », sur 20minutes (consulté le 15 juin 2015)
  13. Agnès Clermont et Philippe Gambert, « À Nantes, la basilique flambe, sa voûte fragilisée », Ouest-France, no 21558,‎ , p. 5
  14. Les travaux de réparation de la basilique incendiée à Nantes ont débuté
  15. « Nantes [VIDEO] Trois colonnes sèches installées pour parer un futur incendie », Presse-océan,‎ (lire en ligne)
  16. « L'impressionnante reconstruction de la basilique Saint-Donatien à Nantes », sur www.20minutes.fr (consulté le 17 mars 2019)
  17. « Chapelle Saint-Étienne », notice no PA00108656, base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 11 février 2013.
  18. En 1766, l'abbé Y. Coat, curé de saint-Donatien, obtient de l'évêque le cubitus gauche de saint Donatien et la clavicule gauche de saint Rogatien qui sont placés dans une châsse en bois puis dans un reliquaire-monstrance offert en 1881 par l'évêque de Nantes Mgr Lecoq.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Eugène Durand, La Basilique Saint-Donatien, Nantes, (notice BnF no FRBNF35041823).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier