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Barrett Brown
Description de cette image, également commentée ci-après
Barrett Brown à Denton (Texas) en 2017

Américain

Nom de naissance Barrett Lancaster Brown
Naissance
Dallas, Texas
Nationalité Américain
Profession
Journaliste, Activiste

Barrett Lancaster Brown (né le 14 août 1981) est un journaliste américain, essayiste et écrivain satirique. Il fonde le Projet PM, une platforme de recherche collaborative et un wiki, afin de faciliter l'analyse de documents confidentiels révélés par le biais de hackers ou de lanceurs d'alerte, décrivant le fonctionnement interne de sociétés appartenant au complexe militaro-industriel et cybernétique[1].

En janvier 2015, Barrett Brown est condamné à 63 mois de prison et incarcéré dans une prison fédérale pour les crimes d'assistance à personne ayant commis un acte criminel, obstruction de la justice, et menace sur la personne d'un agent fédéral, consécutivement à une enquête du FBI en 2012 concernant la fuite des emails de la société Stratfor. Les procureurs ont également tenté de mettre en avant des charges liées au partage d'un lien HTTP vers les emails fuités de Stratfor, mais ces accusations ont par la suite été abandonnées en 2014[2],[3],[4],[5]. Dans le cadre de son jugement, Barret Brown a également été condamné à payer à Stratfor des indemnités de l'ordre de $900 000[6].

Enfance, adolescence et éducationModifier

Barrett Brown est né à Dallas, au Texas. Il est le fils de Robert Brown et de Karen Lancaster, actuellement divorcés. Il a grandi à Dallas et a dès son plus jeune âge manifesté un intérêt pour l'écriture et le journalisme. Il a créé ses propres journaux sur l'ordinateur familial alors qu'il était écolier à l'école élémentaire de "Preston Hollow[7]. Il est a continué dans cette voie durant son adolescence en contribuant à différents journaux et hebdomadaires. Il a étudié à l'École Episcopale de Dallas jusqu'à sa dixième de cycle secondaire, puis a passé sa onzième année en Tanzanie avec son père qui y résidait pour affaires. Toujours en Afrique, Barret Brown termine son cycle secondaire par un enseignement en ligne proposé par Texas Tech University. Il obtient les crédits nécessaires à l'entrée à l'université ainsi que son diplôme d'études secondaires. En 2000, il s'inscrit à l'Université du Texas à Austin où il étudie l'écriture pendant deux semestres. Il quitte ensuite l'école pour poursuivre une carrière à temps plein en tant que pigiste[8],[9],[10].

Carrière journalistiqueModifier

Barrett Brown a écrit pour Le Daily Beast[11]Vanity Fair[12], True/Slant[13], Le Huffington Post[14], Le Guardian[15], ainsi que d'autres publications.

Barret Brown a été employé en tant que directeur de la communication pour Enlighten the Vote, un comité d'action politique à caractère non religieux qui offre un soutien financier et stratégique aux candidats politiques qui prônent l'application stricte de l'« Establishment Clause », le passage de la constitution des Etats-Unis traitant de la séparation de l'église et de l'état[16],[17].

En 2010, Barret Brown commence à travailler sur son projet collaboratif d'enquête wiki, le Projet PM. Barrett Brown a décrit le principal objectif du Projet PM ainsi : accroître l'influence positive de ce qu'il appelle « les éléments les plus capables de la blogosphère », tout en réduisant l'influence négative des experts habituellement invités par les médias traditionnels pouvant avoir des agendas politiques qui ne sont pas compatibles avec l'intérêt public. Le but du Projet PM étant que la masse critique d'information générée par des blogueurs fiables pousse les segments des médias traditionnels à répondre à des questions d'intérêt public essentielles, dans le cadre de leurs propres méthodes et approches journalistiques. Un autre but expérimental du Projet PM était de développer un schéma de communication pouvant fournir aux blogueurs, journalistes et tout autre citoyen journaliste, un meilleur flux d'informations brutes, afin de produire du contenu journalistique.

À propos du Projet PM, Barrett Brown a déclaré :

« Les institutions et les structures qui se sont développées au cours des deux dernières décennies et l'accélération de l'usage de l'Internet par le public ont eu un effet que nous pouvons décrire comme globalement bénéfique sur la circulation des informations. Mais l'âge de l'information n'est pas achevé et des progrès sont donc possibles. De manière significative, ces progrès peuvent être initialement portés par un petit nombre de gens influents travaillant de manière collaborative. Le but du Projet PM est précisément de mettre en œuvre des solutions permettant à des participants de travailler collectivement, de mettre en évidence les effets bénéfiques de ces solutions et de susciter toutes autres initiatives à même de continuer nos efforts, voire d'en construire de nouveaux, indépendamment de nous[18]. »

Association avec AnonymousModifier

Certains médias ont présenté Barett Brown comme un porte parole d'Anonymous, une étiquette qu'il conteste[19]. Il apparait dans les documentaires Nous Sommes Légion, Termes et Conditions Peuvent s'Appliquer, et The Pirate Wars[20],[21]. Barrett Brown indique qu'il a renoncé à ses liens avec le groupe en 2011[22]. Il a également été signalé en 2011 que Barrett Brown et Gregg Housh, un ancien membre d'Anonymous, ont conclu un contrat estimé à plus de $100,000 avec Amazon pour écrire un livre dont le titre aurait été "Anonymous: Tales From Inside The Accidental Cyberwar"[23].

Arrestation et procèsModifier

Le 6 mars 2012, le FBI exécute des mandats de perquisition à l'appartement de Barrett Brown ainsi qu'à la maison de sa mère afin de rechercher des preuves d'éventuelles actions criminelles. Les éléments ayant été saisis ont inclus "les Dossiers relatifs à HBGary, Infragard, Endgame Systèmes, Anonymous, LulzSec, Chats IRC, Twitter, wiki.echelon2.org et pastebin.com." Les agents du FBI ont pris possession de ses ordinateurs portables. "Je soupçonne que le FBI travaille à partir de renseignements inexacts, " Brown a déclaré à un journaliste[24].

Le 12 septembre 2012, Barrett Brown est arrêté dans le Comté de Dallas, au Texas, pour avoir menacé un agent du FBI  dans une vidéo YouTube. Son arrestation intervient alors qu'il participe à une conversation Tinychat. Le raid du FBI est audible dans le fond sonore de cette conversion[25]. Barrett Brown a fait état publiquement de sa dépendance à l'héroïne et a déclaré qu'il était sous l'influence liée au sevrage cette drogue[26],[27] le jour de son arrestation.

Barrett Brown reste maintenu en détention provisoire, le magistrat lui refusant la liberté sous caution, estimant qu'il est "un danger pour la sécurité publique et un risque de fuite[28].

En janvier 2015, Barrett Brown est condamné à 63 mois de prison. Il est également condamné à verser $890,250 en amendes et frais de restitution[29]. Le Journaliste Joshua Kopstein exprime le sentiment que le gouvernement se considère menacé par Barrett Brown, et évoque la possibilité que le ministère public a été amené à faire des fausses allégations dans le but d'augmenter la durée de la peine de Brown[30]. Cette théorie est appuyée par les nombreux arguments avancés contre le projet PM et Barrett Brown lui-même, lors de la phase finale du procès[31],[32].

Dans un interview accordé à Truthout, Brown évoque la possibilité d'aller s'installer en Islande ou en Allemagne:" je ne peux pas rester aux États-Unis, je ne peux pas travailler étant soumis en permanence à des tracasseries administratives. Ca ne se fera pas immédiatement. Je suis en période de probation pour une durée de deux ans. Ca peut être ramené à un an, en cas de bonne conduite. Donc dans un an à partir de maintenant, je pourrai  être en mesure de partir.". Dans le même interview, il explique les grandes lignes de son nouveau projet appelé "pursuance", une nouvelle plateforme encryptée pour permettre à des journalistes de partage des informations en commun[33].

Surveillance des contacts et des sympathisantsModifier

En 2017, les donateurs ayant contrinué au fonds de soutien juridique de Barrett Brown ont déposé par le biais de leurs avocats une plainte[34] contre l'Assistant du Procureur des États-Unis Candina Heath. La plainte est liée à la divulgation de leur identité dans le cadre de la procédure contre Brown. Les avocats font valoir que la non-pertinence des informations sur les donateurs et que le transfert de ces informations directement à l'Agent Spécial Robert Smith, du FBI plutôt qu'au procureur ou au juge du procès, conduit leurs clients à penser que cette initiative est en fait destinée à les surveiller et les harceler pour des activités normalement protégées par le premier amendement de la Constitution des États-Unis. Une demande de destruction de ces informations et de dommages-intérêts a été introduite[35],[36].

Une demande en référé de non lieu introduite par le ministère de la justice américain a été rejetée le 3 octobre 2017 par le juge Maria-Elena James[37].

Documentaires et séries téléviséesModifier

Relatively Free est un film documentaire réalisé en 2016 par Alex Winter (Field of Vision) sur Barrett Brown au moment de sa sortie de prison[38].

L'affaire Barrett Brown a inspiré un des éléments du scénario de la deuxième saison de la série télévisée House of Cards[39].

Barret Brown est membre du conseil consultatif de l' International Modern Media Institute[40].

RéférencesModifier

  1. Alexander Zaitchik, « Barrett Brown Faces 105 Years in Jail », sur Rolling Stone, Rolling Stone, (consulté le 2 décembre 2016)
  2. David Carr, « A Journalist-Agitator Facing Prison Over a Link », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  3. (en-US) Peter Ludlow, « The Strange Case of Barrett Brown », The Nation,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Kristin Bergman, « Adding up to 105: The Charges Against Barrett Brown », Digital Media Law Project,‎ (lire en ligne)
  5. « A Dispatch From Outside the Prison Holding Barrett Brown », Vice, sur Vice,
  6. (en-US) Barrett Brown, « My Post Cyberpunk Indentured Servitude », The Daily Beast,‎ (lire en ligne)
  7. Rogers, Tim. "Barrett Brown is Anonymous." D Magazine. April 2011. Retrieved on May 30, 2014.
  8. Alexander Zaitchik, « Barrett Brown: America's Least Likely Political Prisoner », Rolling Stone,‎ (lire en ligne)
  9. (en-US) Tim Rogers, « Barrett Brown is Anonymous », D Magazine,‎ (lire en ligne)
  10. Hellender, « The Authoritarian Government's Maligning of Journalist, Polemicist Barrett Brown », Discomfit Magazine,‎ (lire en ligne)
  11. http://www.thedailybeast.com/articles/2015/01/31/my-post-cyberpunk-indentured-servitude.html.
  12. « Barrett Brown », Vanity Fair, sur Vanity Fair (consulté le 6 septembre 2013).
  13. « Barrett Brown »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), True/Slant (consulté le 10 octobre 2013).
  14. « Barrett Brown », The Huffington Post, sur The Huffington Post (consulté le 6 septembre 2013).
  15. « Barrett Brown », The Guardian, sur The Guardian (consulté le 6 septembre 2013).
  16. Ryan Gallagher, « How Barrett Brown went from Anonymous's PR to federal target », The Guardian, sur The Guardian (consulté le 6 septembre 2013).
  17. « Barrett Brown », Bloomberg BusinessWeek, sur Bloomberg BusinessWeek, (consulté le 6 septembre 2013).
  18. Barrett Brown, « The Great Pundit Hunt – Barrett Brown at True/Slant »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), True/Slant, (consulté le 24 juillet 2014).
  19. (en) Patrick McGuire, « We Spoke To Barrett Brown From Prison », VICE,‎ (lire en ligne)
  20. « Barrett Brown (II) », Internet Movie Database, (consulté le 29 septembre 2014)
  21. https://www.nytimes.com/2014/10/17/movies/the-hacker-wars-a-documentary-about-prosecutions.html
  22. (en-US) Nate Anderson, « Prolific "spokesman" for Anonymous leaves the hacker group », Ars Technica,‎ (lire en ligne)
  23. Hannah Roberts, « Cashing in as the face of Anonymous: Hacking group spokesman lands a six figure book deal », Daily Mail,‎ (lire en ligne)
  24. (en) Michael Hastings, « Exclusive: FBI Escalates War On Anonymous », BuzzFeed,‎ (lire en ligne)
  25. « Barrett Brown Busted », YouTube, (consulté le 6 septembre 2013)
  26. (en) Gerry Smith, « Barrett Brown Arrested: Former Anonymous Spokesman Taken Into Custody After Threatening FBI Agent », The Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  27. (en-US) Kevin Drum, « 105 Years in Jail for Posting a Link? », Mother Jones,‎ (lire en ligne)
  28. (en) Robert Wilonsky, « U.S. Attorney’s Office asks judge to toss motion to intervene in the case of detained hacktivist Barrett Brown », Dallas News,‎ (lire en ligne)
  29. (en) Nicky Woolf, « Barrett Brown sentenced to 63 months for 'merely linking to hacked material' », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  30. Joshua Kopstein, « Will Matt DeHart be the next victim of the war on leaks? », Al Jazeera America, Al Jazeera,‎ (lire en ligne)
  31. (en) Michelle Garcia, « Barrett Brown Sentenced to Five Years, Vows to Keep Investigating Government Wrongdoing », The Intercept,‎ (lire en ligne)
  32. (en) Zac Crain, « Barrett Brown Sentenced to 63 Months In Prison », D Magazine,‎ (lire en ligne)
  33. (en) Candice Bernd, « "We Don't Have the Rule of Law": Barrett Brown on Incarceration, Journalism and His Next Steps - Interview with Barret Brown », Truthout,‎ (lire en ligne)
  34. Sheppard, Mullin, Richter & Hampton LLP, « Class-action complaint for violation of right to speak and associate anonymously under the first amendment of the United States Constitution; the Stored Communications Act; and the California constitutional right to privacy: demand for jury trial »,
  35. « US government moves to dismiss our lawsuit on behalf of donors », The Courage Foundation
  36. Candice Bernd, « "We Don't Have the Rule of Law": Barrett Brown on Incarceration, Journalism and His Next Steps », Truth-out.org,
  37. (en) Cyrus Farivar, « Judge: Barrett Brown donors can sue government over subpoenaed records », Ars Technica,‎ (lire en ligne)
  38. Field of Vision - Relatively Free () Consulté le .
  39. (en-US) Alex Pearlman, « Why is Barrett Brown being mentioned on House of Cards? », BDCWire,‎ (lire en ligne)
  40. « Advisory Board », International Modern Media Institute (consulté le 23 décembre 2016)