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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Zola (homonymie).
Barrage Zola
Barrage Zola 1.JPG
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
Cours d'eau
Infernet
Objectifs et impacts
Vocation
Crues
Date du début des travaux
Date de mise en service
1854
Barrage
Type
voûte
Hauteur
(lit de rivière)
36 m
Longueur
68 m
Réservoir
Altitude
243,5 m
Volume
0,145 millions de
Superficie
7 ha
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Le barrage Zola, du nom de son architecte, François Zola (le père d'Émile Zola), est situé sur la commune du Tholonet, dans les gorges de l'Infernet en aval du barrage de Bimont, à proximité de la ville d'Aix-en-Provence. Il a été la principale source d'eau de la ville jusqu'en 1877, année de mise en service du Canal du Verdon. Depuis, le Canal de Provence lui a été substitué, mais le barrage continue à être entretenu par la Société du Canal de Provence, et sert de tampon potentiel en cas de vidange d'urgence du barrage de Bimont, situé en amont.

C'est le tout premier barrage voûte de l'ère industrielle. À ce titre, il constitue une innovation technique de premier ordre dans le domaine des ouvrages hydrauliques. En France, il faudra attendre la première moitié du XXe siècle pour que la technique de la voûte soit reprise et développée, en utilisant le béton. Le barrage Zola reste un exemple rare de voûte en maçonnerie. Il est aussi l'un des tout premiers exemples de système intégré de production d'eau potable pour les besoins d'une ville.

HistoireModifier

Le projet a pour origine l'épidémie de choléra de 1832-1835. Cette épidémie a d'abord été signalée en 1826 dans la vallée du Gange, puis en 1829, autour de la mer Caspienne, en 1830, Moscou, en 1831, la Pologne et Hambourg. Le premier cas est signalé en France en avril 1832. L'épidémie atteint Aix-en-Provence en 1834 et 1835. Jean Giono en a fait l'arrière-plan de son livre Le Hussard sur le toit.

L'épidémie frappe de nouveau Aix-en-Provence en 1837. La municipalité d'Aix-en-Provence décide de s'attaquer au problème de l'alimentation en eau potable de la ville.

Un appel à projet est lancé par le conseil municipal d'Aix en Provence, le 25 février 1837.

François Zola propose alors un projet de barrages et de canaux pour amener l'eau jusqu'à la ville[1], distante de 7 km environ.

Après de multiples complications administratives initiées, entre autres, par l'opposition du Marquis de Galliffet, son projet est adopté le 19 avril 1843. L'ordonnance royale est définitivement signée le 31 mai 1844, et les travaux commencent en 1847. François Zola ne verra jamais l'ouvrage. François Zola doit aller à Marseille, quelques jours après les premiers coups de mine, dans les rochers de Jaumegarde. Il prend froid sur le trajet: pneumonie. Il y meurt le 27 mars 1847[2].

Dans son édition du 29 juillet 1847 du journal Le Petit Provençal on pouvait lire : « Hier,... M. Thiers, ainsi que MM. Aude, maire d’Aix ; Borely, procureur général ; Goyrand, adjoint ; Leydet, juge de paix, et plusieurs autres notabilités de la ville, sont allés inopinément visiter les travaux du Canal Zola, à la colline des Infernets. Ils ont été reçus au milieu des bruyantes détonations des coups de mine, que les ouvriers, prévenus à la hâte, avaient préparés à cette intention... M. Pérémé, le gérant, a profité de la circonstance pour présenter à M. Thiers le jeune fils de M. Zola ».

La mort prématurée de François Zola a amené des difficultés financières à la famille Zola qui sera ruinée à la suite de manœuvres de créanciers de la société du Canal Zola. En 1852, la société du canal a été mise en banqueroute. En mai 1853, la société a été vendue au cours d'enchères à Jules Migeon qui représentait les créanciers.

 
Le lac Zola

Achille Durup de Baleine, ami de François Zola[réf. nécessaire], est directeur des travaux. Il fut nommé subrogé tuteur d’Émile Zola à la mort de François Zola, il était alors âgé de 51 ans 1847[3].

L'ouvrage rebaptisé Canal d'Aix, sera inauguré en décembre 1854.

Le nom de « Barrage Zola » ne lui sera donné que le [4] en hommage à son constructeur.

ExploitationModifier

En 1877, la faiblesse du débit d'eau disponible lui fait préférer les eaux apportées par le Canal du Verdon. Il n'a plus de fonction d'adduction d'eau depuis le milieu des années 1970, le Canal Zola n'est donc plus maintenu. En revanche, le barrage est régulièrement entretenu, il sert de régulateur de crues de La Cause et de l'Arc.

Dans la cultureModifier

Au cinémaModifier

Le barrage Zola est furtivement visible à la cinquième minute du long métrage Cézanne et moi réalisé en 2016 par Danièle Thompson (source : générique). Dans la scène où le barrage est visible, le jeune Émile Zola montre le barrage à ses camarades (dont Paul Cézanne) depuis un versant qui fait face au barrage (vue similaire à ce lien[5]).

Représentation en peintureModifier

 
Tableau "Le barrage Zola" par Paul Cézanne

Le barrage Zola est l'objet d'un tableau de Paul Cézanne, qui est présent dans la collection de Gwendoline Davies (en) et Margaret Davies (en) du Musée National du Pays de Galles à Cardiff[6].

RéférencesModifier

  1. Les architectes de l'eau en Provence - De la renaissance au XXe siècle, Michel Jean, Actes Sud, Arles, 2011, p. 381-402.
  2. Armand Lanoux, Zola vivant. Œuvre complète d’Émile Zola., Cercle du livre précieux - 1966, p. 21
  3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97900675/f26.image.r=durup%20de%20baleine
  4. Zola. Panorama d'un auteur, Marie-Aude de Langenhagen, Gilbert Guislain, éd. Studyrama, 2005, p. 18.
  5. http://www.as-tu-vu.com/aix-en-provence/sainte-victoire/P1020999-sainte-victoire.JPG
  6. Turner to Cézanne, Masterpieces from the Davies Collection, National Museum of Wales.

Liens externesModifier