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HistoireModifier

1895-1910 : Banque russo-asiatique (Paribas)Modifier

La banque est créée à Saint-Pétersbourg sous le nom de Banque russo-chinoise, par un ukase de 1895, afin d'assurer un prêt à la Chine (qui devait rembourser la dette qu'elle avait contractée auprès du Japon dans le cadre du traité de Shimonoseki). La création de la banque est due au comte Serge Witte, le ministre des finances russe, et au diplomate français Auguste Gérard[1]. Le capital de la banque est divisé entre les Russes (37,5%) et des intérêts français dominés par la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas)[2](62,5%). Le comité de directeurs est alors basé à Paris, et le comité exécutif à Saint-Pétersbourg[3].

En 1898, elle obtient la construction et l'exploitation pendant quatre-vingts ans du chemin de fer de Tchita à Vladivostok (Chinese eastern railway). Cet investissement revêt un caractère stratégique pour la Russie qui cherche à développer son influence dans les chemins de fer sibériens et mandchouriens, et de se doter d'un bras financier dans la région. Le 12 mars 1898, une première succursale est ouverte à Shanghai[1].

1910-1917 : Banque russo-chinoise (Société générale)Modifier

En , la Banque russo-chinoise fusionne avec la Banque du nord (Severnyi bank), un réseau d'agences affilié à la Société générale présent en Russie depuis septembre 1901. Le directeur de la Banque du nord, Maurice Verstraëte[4], diplomate de formation, devient le directeur de la nouvelle structure. La nouvelle direction réduit le nombre d'agences du nouveau groupe de 108 à 99, et les méthodes de la Société générale y sont appliquées[5].

Avant la première guerre mondiale, l'enseigne est la neuvième banque la plus riche de Russie, et possède 100 agences dans le pays, et 20 autres à l'international[3]. En 1912, elle est la première banque russe en termes de dépôts, deuxième en termes de fonds propres, et troisième pour les avances sur titres[5].

1917-1926 : Nationalisation bolchévique et failliteModifier

Elle est nationalisée par le régime bolchévique en 1917. Le nouveau régime provoque la fuite du pays de la plupart de la direction, dont son directeur Maurice Verstraete[5]. Les français, détenteurs de 3/4 du capital de la banque (parts évalués à 150 millions de francs), craignent que le nouveau pouvoir soviétique ne s'approprie également la Chinese eastern railway. Les relations se tendent, la banque devient pour le quai d'Orsay l'un des principaux axes de sa politique anti-bolchévique. Durant les années 1920, la banque est au cœur des déboires diplomatiques franco-russes, mais sa structure s'effrite graduellement, et le , la banque se déclare en faillite[3].

Les intérêts de la banque en Extrême-Orient sont alors repris par la Banque de New York[1].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Charles Lagrange, « Gazette de Changhai - 26 : Les banques », sur Ambafrance-cn.org
  2. Hubert Bonin, Le monde des banquiers français au XXe siècle, Editions Complexe, , 311 p. (ISBN 978-2870277782, lire en ligne)
  3. a b et c (en) Michael Jabara Carley, The international history review : From revolution to dissolution : The Quai d'Orsay, the Banque russio-asiatique, and the chinese eastern railway, 1917-1926, vol. 12, t. 4, Taylor & Francis, Ltd., (lire en ligne)
  4. Anna Kraatz, « Maurice Verstraëte, un banquier français en Russie au début du xxe siècle », sur Obsfr.ru
  5. a b et c Xavier Breuil, Au-delà des frontières - Société générale de 1864 à nos jours, Nouveau Monde éditions (lire en ligne)

SourcesModifier

  • Jean Lambert-Dansette, Histoire de l'entreprise et des chefs d'entreprise en France:L'entreprise entre deux siècles (1880-1914) - Les rayons et les ombres -, Volume 5, 2009
  • Sean McMeekin, History's Greatest Heist: The Looting of Russia by the Bolsheviks, 2005