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Lecteurs sécurisés de carte bancaire de différentes générations.

Une banque en ligne est une banque accessible par internet. Sa disponibilité permet l'accès aux comptes, d'effectuer des transactions ou d'obtenir des informations financières récentes. Son accès peut s'effectuer depuis un guichet automatique bancaire (GAB), par téléphone, via un ordinateur ou grâce à un smartphone via Internet. La connexion se fait par accès sécurisé.

HistoireModifier

Au fil du développement des technologies de télécommunications numériques (Minitel, internet, téléphones portables, smartphones) les activités de la banque en ligne ont connu ces dernières années un développement rapide, rendant possible l'existence d'acteurs bancaires (dits pure players) ayant choisi comme canaux exclusifs de distribution les moyens à distance.

La première génération de la banque en ligne offre essentiellement des services de banque d'épargne et de courtage en bourse, sans ouverture de compte bancaire.

En 1985, ouverture du pionnier Cortal, filiale de BNP Paribas, ancêtre de la banque à distance sans agence utilisant principalement le téléphone et le courrier dans la mise en relation client et le Minitel pour les services électroniques (Vidéotex). Cortal, spécialisé dans l'épargne puis le courtage en bourse sera fusionné en 2002 avec l'allemand Consors pour donner naissance à Cortal Consors. En 1994 avec la création de la première banque en ligne française par la Compagnie bancaire (Groupe Paribas) : Banque Directe.

En 1999 de nouveaux acteurs indépendants entrent sur le marché avec Zebank, financé par Bernard Arnault (LVMH) via sa holding de participation internet Europ@web avec 80 millions d'euros de capital. La banque Dexia représentée par Pierre Richard est devenue l'actionnaire bancaire de référence exigé par la Banque de France à hauteur de 20 % quelques mois plus tard. Zebank est devenue Egg SA en septembre 2002, puis transformée en succursale de Egg plc (en), dans le cadre du passeport européen en mars 2003. La banque BiBop est également créée dans les années 2000, filiale française de l'italien Bipop Carire (en) (Capitalia) avant de perdre son agrément bancaire et de fermer ses portes en France en 2005[1]. Le 21 mars 2000, la filiale française d'ING (filiale du groupe néerlandais ING) est créée.

Capitalisant principalement sur les produits d'épargne à frais d'entrée réduits, cette première génération de banques en ligne avait alors du mal à trouver son marché, demeurait cantonnée dans le rôle de deuxième banque et n'étaient utilisées comme banque principale que par de jeunes cadres urbains ou par des clients sensibles aux technologies de l'information et de la communication. Elles mettaient en général en avant des promotions alléchantes de type "Bonus d'entrée".

La seconde génération de la banque en ligne est marquée par l'arrivée des bancassureurs et la généralisation de l'offre de compte bancaire avec chéquier et carte de paiement (CB, Visa...). Axa acquiert ainsi le pionnier Banque directe en 2002, et la rebaptise Axa banque. AGF Banque est créée, filiale de l'assureur AGF. Groupama Banque est lancée en collaboration avec la Fimatex (Société générale). Les banques traditionnelles investissent à leur tour le secteur de la banque en ligne avec le rachat de Fimatex par la Société Générale suivi par l'absorption du portail d'information boursière Boursorama. On assiste à un élargissement de l'offre de produits des principales banques en ligne, du courtage en bourse vers l'épargne puis vers les services bancaires comme Boursorama Banque en 2006 ou Cortal Consors pour devenir des banques en ligne généralistes devenant de véritables alternatives aux banques de réseau.

En juin 2006, le Crédit mutuel Arkéa fusionne le courtier en bourse Fortuneo avec Symphonis pour former une banque d'épargne en ligne Fortuneo. Les premiers acteurs pure players ayant du mal à trouver un modèle économique rentable, étant soit rachetés, soit fermant boutique comme BiBop, de nouveaux acteurs entrent sur le marché avec le lancement le 8 octobre 2009 par les Caisses régionales de Crédit Agricole de BforBank, ayant un positionnement marketing de type mass affluent (en) (vise la clientèle cadres et cadres supérieurs aisés).

La troisième génération voit apparaître un modèle hybride avec des Agences bancaires virtuelles au service de banques de réseau traditionnelles telles que e.LCL (Crédit lyonnais) et la NetAgence de BNP Paribas. Elles ont pour objectif de fidéliser les clients traditionnels dans la banque de réseau en éviter de perdre des clients séduits par la banque en ligne, et de bénéficier de l'image de marque de la banque.

ServicesModifier

La banque en ligne propose les mêmes services qu'une banque classique, mais sur Internet :

Les tarifs des banques en ligne sont très souvent moins chères que les banques de réseau car elles ont moins de frais fixes (pas d'agence, moins de conseillers...). Ainsi, dans la grande majorité des banques en ligne, les cartes bancaires sont gratuites, les opérations courantes réalisées sur internet également. Cependant, il faut vérifier les conditions d'éligibilité des banques en ligne avant d'ouvrir un compte. Par exemple, il faut gagner 1 200€ chez Fortuneo[2] pour avoir une carte classique, 1 800  pour une carte haut de gamme. Boursorama Banque quant à elle propose 4 offres, 1 sans condition de revenus avec une carte à autorisation systématique, une carte classique avec 1 000  de revenus, une carte haut de gamme avec 1 800  de revenus et une nouvelle offre premium ne demandant qu'un depôt de 500€[3].

Activités de la banque en ligneModifier

Les activités bancaires des banques en ligne se font à distance par plusieurs canaux de liaison : internet, téléphone, webcam, courrier. Les contrats peuvent être souscrits totalement en ligne grâce à la signature électronique qui a désormais une reconnaissance légale en France, ou imprimés, et grâce au téléchargement en ligne des documents demandés (pièces d'identité, etc.). Ils peuvent faire l'objet d'une souscription papier avec l'édition automatique d'un contrat ligne (parfois fourni sous forme de fichier PDF), qui doit être imprimé puis envoyé par courrier avec les pièces demandées.

Le dépôt des chèques peut également être effectué en ligne grâce à des bordereaux numériques qui datent l'opération et qui font gagner plusieurs jours dans les dates de valeur. Les chèques sont endossés puis retournés par courrier à la banque en ligne qui en accuse réception et les intègre au relevé de compte.

Les retraits d'espèces sont effectués au moyen d'une Carte Bancaire (ex: CB, Visa, Mastercard) depuis n'importe quel automate bancaire de retrait. Les fonctionnalités de retrait (plafond journalier ou hebdomadaire de retrait en France et à l'étranger) peuvent être paramétrés depuis le compte en ligne.

Certaines banques en ligne proposent aussi un service dématérialisé de type coffre-fort numérique dans lequel le client peut conserver en sécurité des documents importants numérisés (ex: carte d'identité, passeport, livret de famille, contrats...). La date de dépôt peut être certifiée, ainsi que la conformité à l'original.

Les conseillers bancaires à distance sont joignables par téléphone, mail, webcam, chat ou courrier postal. Les banques en ligne ont généralement des horaires d'ouverture plus amples en journée et le week-end en comparaison des agences bancaires. Attention, les banques en ligne peuvent faire payer les opérations réalisées par téléphone.

Statut juridiqueModifier

Les banques en ligne sont des banques qui réalisent des opérations bancaires en ligne sur internet. Elles réalisent des opérations bancaires classiques conformément à l'article L311-1 du code monétaire et financier qui donne la définition suivante : « Les opérations de banque comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que les services bancaires de paiement ».

Les activités des banques en ligne sont soumises aux mêmes règles que le secteur de la bancassurance. Les activités bancaires sont régies par le Code monétaire et financier. Les autorités de tutelle dans le domaine bancaire sont l'Autorité des marchés financiers (AMF), et l'Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP). Elles sont soumises aux règles de contrôle TRACFIN.

Les activités liées à l'assurance (assurance-vie, assurance IARD) sont quant à elles régies par l'ORIAS qui donne un agrément à chaque intervenant.

RisquesModifier

Comme toute application web fonctionnant par le moyen d'un navigateur web, les clients d'une banque en ligne peuvent théoriquement être exposés à une usurpation d'identité (vol pouvant être causé par la technique des key logger, ou l'orientation (via hameçonnage) vers un site web falsifié. Des compétences minimales concernant l'usage d'Internet sont recommandées.

TypologieModifier

On peut distinguer plusieurs typologies :

Néo-banquesModifier

Article détaillé : Banque mobile.

De nouveaux acteurs alternatifs aux banques traditionnelles et banques en ligne, dis « néo-banques[7] » ou encore « Fintech » émergent[8].

Les néo-banques sont généralement accessibles principalement depuis une application via son téléphone. Ce sont donc des services bancaires sans guichet pour la plupart, exception faite des filiales des grands groupes bancaires ou autre acteur économique. L'accent est mis sur la relation directe entre le client et l'établissement : création de compte en quelques minutes, facilité de gestion et consultation de son compte à n'importe quel moment et de n'importe où, le tout en temps réel depuis son téléphone.

Bien que le mot « néo-banque » signifie stricto sensu « nouvelle banque », ces nouveaux acteurs ne sont généralement pas des banques à proprement parler, dont l'activité principale est de fournir des moyens de paiement, dépôt et crédit à leurs clients. Les néo-banques sont ainsi le plus souvent des établissements de paiement, sans licence bancaire. Cette limite ne leur permet pas d'accoler les mots « banque » ou « bank » à leurs noms, de proposer du crédit [8] ou de collecter directement les dépôts de leurs clients (les fonds sont alors stockés dans un compte dit de « cantonnement » au sein d’une banque régulée).

En Europe, le Royaume-Uni est pionnier dans la création des néo-banques. Atom Bank, Monzo ou encore Revolut[9] entre autres ont déjà séduit plusieurs milliers de clients. En Allemagne, N26[10] se développe rapidement et est disponible dans plusieurs pays européens. L'ensemble de ces néo-banques ont la particularité d'être de vraies nouvelles banques et de ne pas s'adosser sur des établissements bancaires existants.

En France, historiquement, Morning est l'une des premières néo-banques à voir le jour. Morning est aujourd'hui filiale du groupe E.Leclerc (Banque Edel)[11]. En juin 2017, la néo-banque Soon est intégré dans les services de sa maison mère Axa [12]. Max[13], filiale du Crédit mutuel Arkéa propose un large éventail de services, dont l'agrégation de carte bancaire à l'image du britannique Curve.

En novembre 2017, après plusieurs reports, Orange Bank, filiale de l'opérateur Orange et de Groupama, est le premier grand acteur à lancer son service, profitant de son réseau de boutiques. EKO du Crédit Agricole[14] est également lancé dans la foulée.

En mai 2019, une autre néo-banque française fait son apparition et se positionne sur le marché des banques pour adolescents : Kard[15].

D'autres néo-banques se basent sur des réseaux de distribution déjà existants, le produit est alors vendu dans un coffret en libre-service. Nickel en France, s'appuie sur le réseau de buralistes, C-zam du groupe Carrefour, s'appuie naturellement sur son réseau de magasin.

Des néo-banques se développent aussi autour des services pour les professionnels[16] comme Anytime[17], Ditto Bank[18], Ibanfirst, Monaize ou Qonto[19],[20].

Notes et référencesModifier

  1. « Banque Bipop ferme en France », sur lesechos.fr, (consulté le 9 novembre 2015).
  2. « Les meilleures banques en ligne », sur Panorabanques.com,
  3. « Comment entre chez Boursorama ? », sur Banquesenligne.org
  4. Ma French Bank, de la Banque Postale, sera lancée en 2019, Delphine Cuny, latribune.fr, 8 février 2018
  5. Pourquoi BPCE ne lancera pas une vraie banque mobile en France, Delphine Cuny, latribune.fr, 31 janvier 2018
  6. Orange Bank et les (nombreuses) autres banques mobiles en un tableau, Juliette Raynal, usine-digitale.fr, 2 novembre 2017
  7. Les néo-banques pullulent mais se cherchent encore, Aude Fredouelle, journaldunet.com, 17 octobre 2016
  8. a et b Orange Bank débarque après une multitude de "néobanques", Delphine Cuny, latribune.fr, 31 octobre 2017
  9. Banque digitale : quasi-gratuite, Revolut voit grand, Boris Cassel, leparisien.fr, 7 octobre 2017
  10. N26, le pionnier de la banque mobile, Pauline Houede, lesechos.fr, 3 novembre 2017
  11. Pourquoi la banque de E.Leclerc rachète la fintech Morning, Ninon Renaud, lesechos.fr, 30 mars 2017
  12. Banque digitale : Soon fait place nette à AXA Banque, Philippe Guerrier, .itespresso.fr, 21 juin 2017
  13. « Max, la révolution néobanque d'Arkea », sur neobanking.co, webzine, (consulté le 20 février 2019)
  14. Pour contrer Compte Nickel et Orange Bank, Crédit Agricole lance Eko à 2 euros, Delphine Cuny, latribune.fr, 8 novembre 2017
  15. « Kard dynamise les codes bancaires de la génération Z », sur business.lesechos.fr, (consulté le 20 juin 2019)
  16. « 3 comptes bancaires pour les freelances », sur finanpole.fr, webzine, (consulté le 22 février 2019)
  17. « Anytime se rêve en supermarché de services bancaires », Les Echos,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2018)
  18. Fabien Courant, « Ditto Bank : Voyagez partout, tranquillement ! », sur banquesenligne.org
  19. Qonto, La Néobanque Qui Séduit Tous Les Entrepreneurs, forbes.fr, 7 novembre 2017
  20. « Qonto, le compte courant pour les pros », sur finanpole.fr, webzine, (consulté le 22 février 2019)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier