Comics underground

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Les comics underground ou bandes dessinées underground (en anglais, « underground comics ») ou comix sont des bandes dessinées relevant de la culture underground, née aux États-Unis avant d'être diffusée dans le monde entier. Elles ont fortement inspiré les auteurs de bande dessinée alternative.

DéfinitionModifier

Au sens strict, les comics underground, parfois nommés comix sont des comics auto-produits sous forme de fanzines ou édités dans le cadre de la small press au cours des années 1960 et de la première partie des années 1970, et associés à la beat generation et au mouvement hippie. Ils se distinguent des comics grand-public par les thèmes abordés (sexualité, drogue et tout ce qui appartient à la contre-culture et qui est interdit ou mal vu par les bien-pensants). À cette liberté de thème répond celle du style de dessin qui refuse les canons de la bande dessinée classique[1].

HistoireModifier

Les précurseursModifier

 
dessin issu d'une Bible de Tijuana parodiant le comic strip Chris Crusty

La bande dessinée underground n'est pas apparue aux États-Unis ex nihilo et les artistes considérés comme faisant partie de ce mouvement ont souvent reconnu leurs dettes envers des artistes et des comics antérieurs. Parmi ceux-ci sont souvent cités des strips comme Krazy Kat de George Herriman et Pogo[2] de Walt Kelly, les Bibles de Tijuana[1] (bien que celles-ci dans les années années 1950 étaient très rares[3]), les EC Comics[4],[3] et les magazines dirigés par Harvey Kurtzman[4],[3] : Trump et Humbug en 1957 et surtout Help! qui dure cinq ans[3]. Une autre source d'inspiration potentielle se trouve dans des magazines consacrés au bondage et au fétichisme comme Bizarre de John Willie, auteur de la bande dessinée Sweet Gwendoline. De tous ces précurseurs, Harvey Kurtzman est celui qui a le plus de liens directs avec les auteurs de comics underground. Non seulement son travail au sein d'EC Comics et surtout de Mad a été le plus facilement accessible aux enfants et adolescents qui seraient par la suite auteur de bande dessinée, mais aussi ses magazines offrent des cartes blanches à de jeunes talents dans une section amateur. Parmi ces derniers se trouvent Robert Crumb, Gilbert Shelton, Jay Lynch et Skip Williamson qui seront des auteurs phares des comix[3].

Les débutsModifier

 
Gilbert Shelton en 2013. La couverture montre sa création Wonder Wart-Hog

Les comics underground ne sont cependant pas seulement les héritiers de ces bandes dessinées. Ils sont aussi l'expression d'une jeunesse qui se révolte contre l'american way of life. Au cœur de ces comix s'exprime une critique sociale et politique. Ceci est lié aux mouvements contestataires des années 1960 et 1970, à la libération sexuelle et aux mouvements pacifistes et hippies. Le début de ce mouvement peut être daté du la fin des années 1950, début des années 1960. En effet, en 1961, Don Dohler et Mark Tarka réalisent un fanzine intitulé Wild dont le nombre d'exemplaires tourne autour de cinquante. Ce fanzine ne dure que 8 numéros mais on y trouve des artistes tels que Jay Lynch, Skip Williamson et Art Spiegelman[5]. Cependant, la série qui est souvent donnée comme point de départ de l'histoire des comics underground est Wonder Wart-Hog de Gilbert Shelton. Cette parodie de Superman paraît dans le magazine humoristique Texas Ranger publié par Shelton et Franck Stack par l'université du Texas à Austin de 1958 à 1962[6]. La diffusion est bien plus importante que le fanzine de Dohler et Tarka et la série est un succès[7]. D'autres journaux étudiants accueillent aussi des bandes dessinées anticonformistes comme le Pelican à l'université de Berkeley[8].

La liberté de ton, qui se retrouve dans ces comics, va de pair avec une diffusion des œuvres hors du système classique des marchands de journaux. Les comix sont publiés dans des journaux underground[4] ou dans des fanzines[9]. Ces journaux apparaissent dans plusieurs grandes villes et pour être diffuser sur tout le territoire s'associent en 1966 pour former l'Underground Press Syndicate (UPS) fondé par Walter Bowart, éditeur de l'East Village Other. UPS accueille aussi des journaux européens et atteint une distribution de 5 millions d'exemplaires. Les membres d'UPS apprécient les bandes dessinées underground qui attirent les lecteurs et des séries se retrouvent ainsi diffusées à grande échelle comme Captain High de William Beckman et Fritz the Cat de Crumb[8]. Parmi ces journaux The East Village Other tient une place particulière. Tout d'abord en 1968 Spain Rodriguez y crée Trashman et surtout à partir de 1969, y est inséré un livret au format tabloid intitulé Gothic Blimp Works qui accueille tous les noms importants de la bande dessinée underground parmi lesquels Vaughn Bodé et Willy Murphy[8]. En 1964, Gilbert Shelton, Jack Jackson et Tony Bell font paraître une revue underground intitulée The Austin Iconoclastic Newsletter, plus connu sous le nom de THE, dans lequel Frank Stack publie The Adventures of J.[n 1]. Les épisodes seront ensuite rassemblés par Shelton qui en fera un recueil diffusé sous forme de photocopies. Par ailleurs cette même année Jack Jackson sous le pseudonyme de Jaxon publie ce qui est considéré comme le premier comics underground, God nose (snot reel) imprimé à 1 000 exemplaires[7]. À cette époque les auteurs de comix se rassemblent principalement à Austin au Texas ou en Californie[10]. L'édition et la diffusion est confidentielle et dépend du soutien de propriétaires de magasins spécialisés dans la vente de produits de la contre-culture[N 1] ou des magasins de comics comme celui de Gary Arlington à San Francisco ouvert en 1968 et qui pouvait se targuer d'être l'un des premiers[4]. L'accès à ces œuvres ne se fait donc pas par l'intermédiaire des kiosques mais par un circuit de distribution parallèle relayé par la diffusion sur les campus[1]. Cela implique une impression en quantité limitée ce qui n'empêche pas ces comics d'avoir une influence importante[N 1].

L'âge d'orModifier

 
Robert Crumb en 2010

Les comix sont donc le moyen pour de nombreux auteurs de diffuser leurs bandes dessinées. Parmi ceux-ci, on trouve on trouve Robert Crumb qui en 1967 publie Zap Comix[11]. Le premier numéro est imprimé à 5 000 exemplaires par l'éditeur de comics underground Don Donahue qui le fait distribuer dans des head shops et chez des disquaires[7]. À partir du deuxième numéro Zap devient une anthologie et publie les bandes dessinées de Spain Rodriguez, Victor Moscoso, Jay Griffin et S. Clay Wilson[7]. Cela encourage la même année Jay Lynch et Skip Williamson à publier un comix nommé Bijou Funnies qui prend la place du magazine Chicago Mirror qu'ils éditaient[12] et dans lequel Art Spiegelman présente ses premiers récits[7].

Les comics underground sont souvent des œuvres auto-éditées mais des maisons d'édition spécialisées commencent à apparaître. Ainsi en 1968, après avoir quitté le Texas pour San Francisco, épicentre de la contre-culture, Shelton, Fred Todd, Dave Moriaty et Jaxon fondent en 1968 Rip Off Press qui publie Fabulous Furry Freak Brothers[13]. La première apparition de ces personnages, qui sont les plus connus de la création underground américaine, se fait dans le journal underground The Austin Rag[13] et date de cette même année. En 1970, Ron Turner fonde Last Gasp qui publie en 1972 le premier comics entièrement créé par des femmes, It ain't me, Babe, sous la direction éditoriale de Trina Robbins[7]. f'est aussi chez Last Gasp que Justin Green dessine le comix Binky Brown meets the Virgin Mary qui est souvent considérée comme la première autobiographie dessinée[7] bien qu'on trouve des précurseurs à des périodes plus anciennes comme l'autrice Fay King qui dans les années propose un strip dans lequel elle raconte certains éléments de sa vie[14]. Enfin Last Gasp est aussi l'éditeur du comix Air Pirates Funnies qui parodie les personnages de Walt Disney, surtout Mickey Mouse. Deux numéros seulement sont publiés en juillet et août 1971 mais le procès qui oppose les auteurs du comics, à commencer par Dan O'Neill, dure jusqu'en 1980[15].

L'essor de cette bande-dessinée underground voit l'arrivée de nouveaux artistes tels que Kim Deitch, Rick Griffin, Robert Williams et S. Clay Wilson et l'apparition de nouveaux éditeurs. En 1970, Denis Kitchen, déçu du fonctionnement de Print Mint, qui est à l'époque le principal éditeur de comix, fonde sa société nommée Kitchen Sink[7]. Le nombre de comix publié augmente (300 en 1973[13] et les ventes se chiffrent en dizaines de milliers d'exemplaires[13].

Déclin et métamorphoseModifier

 
Art Spiegelman, figure emblématique de l'underground et de la bande dessinée alternative

Après avoir atteint ces sommets, la chute est brutale. Le monde de la contre-culture américaine s'essouffle, la Cour suprême des États-Unis affirme que l'obscénité n'est pas couverte pas le premier amendement de la Constitution des États-Unis ce qui permet aux procureurs de poursuivre les auteurs et éditeurs de comix et les head shops sont soumis à la pression policière. De plus les éditeurs se professionnalisent et les sociétés s'inscrivent dans le système marchand classique. Des liens entre les éditeurs grands publiques et le monde du comics underground se créent comme le montre la tentative de Marvel Comics de publier un magazine intitulé Comix Book avec Denis Kitchen et des auteurs underground. Même si l'essai dure peu puisque Marvel ne publie que trois numéros, il montre un rapprochement entre les deux types de création qu'à l'origine tout opposait[13].

L'évolution de la société et les transformations du monde de l'underground entraînent une chute importante des ventes[13]. Cependant, de nouveaux auteurs désireux de produire un travail personnel apparaissent, bien que les thèmes abordés diffèrent de ceux des comics underground. Ainsi en 1976 Harvey Pekar propose un comics autobiographique, intitulé American Splendor dessiné par Robert Crumb et qui est un des premiers comics à faire le lien entre l'underground et l'altenatif. En effet, progressivement la scène underground se transforme en scène alternative. La grande différence entre ces deux genres de bande dessinée tient au fait que les comix ne visaient qu'une population limitée adepte de la contre-culture alors que la bande dessinée alternative cherche à atteindre le plus grand nombre avec des sujets plus adultes[13].

1976 est aussi l'année du lancement de la revue Arcade éditée par Art Spiegelman. Bien qu'elle soit pensée pour être diffusé avec les magazines grand public, elle ne sort pas du réseau de l'underground et ne peut se maintenir plus de sept numéros. Cet échec est parfois considéré comme la dernière tentative de comics underground. La revue cependant est aussi vue comme la précurseure de RAW, édité à partir de 1980 par Spiegelman et son épouse Françoise Mouly, qui à partir du deuxième numéro accueil Maus. RAW accueille aussi bien des auteurs underground connus que de nouveaux artistes comme Charles Burns. Robert Crumb publie aussi sa revue nommée Weirdo à partir de 1981 prise en main ensuite par Peter Bagge[16].

Les auteurs underground sont de plus en plus reconnus et leurs travaux sont parfois réédités et traduits par des maisons d'édition plus conventionnelles, pour devenir des produits culturels de masse, à l'instar des comics mainstream desquels ils se distinguaient à l'origine. Art Spiegelman est récompensé par un prix Pulitzer pour Maus et reçoit en 2011 le Grand prix de la ville d'Angoulême[17] ; Robert Crumb l'avait déjà reçu en 1999.

InfluencesModifier

En détournant ou en allant à contre-courant des codages et décodages traditionnels du genre dominant, comme le sens de lecture ou les personnages stéréotypés, les artistes underground, bien que reconnus, restent identifiables comme issus d'une avant-garde contre-culturelle.

L'influence des principaux auteurs de cette première période a conduit à un développement mondial de la bande dessinée underground. Ce mouvement stylistique influence aujourd'hui autant les auteurs de bande-dessinée diffusés à large échelle dans la société de consommation que ceux continuant à les diffuser par des moyens alternatifs, comme le DIY, de par le monde.

Styles et discoursModifier

Les comics underground ne se contentent pas d'être un objet artistique, ils sont aussi un moyen pour les artistes d'exprimer leurs opinions qui rejoignent celles de la contre-culture américaine de l'époque. On y trouve une critique de la société de consommation, des messages contre la guerre du Viêt Nam, des soutiens aux luttes pour les droits civiques mais aussi souvent une apologie de l'amour libre, des drogues et de tout ce qui appartient au mouvement hippie. Tout ce qui fonde la société américaine, comme la religion, ou ce qui en est une représentation idéale est critiquée. Ainsi en 1969, Frank Stack publie The New Adventures of Jesus, comics anti-religieux, et en 1971, l'anthologie Air Pirates Funnies se moque des personnages Disney[4]. L'ordre policier est aussi une cible des comics underground et, selon Spain Rodriguez, ceux-ci ont une approche plus réaliste de ce qu'est la police, y compris avec ses déviances (torture, mensonge, violence gratuite, etc.), que les médias grand public[18].

 
Trina robbins en 1982

Des femmes ont participé à ce mouvement pour lutter contre le sexisme de la société américaine mais aussi celui des auteurs underground. En effet, les artistes masculins, à l'instar de Robert Crumb, dessine des scènes pornographiques dans lesquelles les femmes sont traitées comme des objets soumis par la violence. Parmi les auteures de comics underground certaines se détachent comme Trina Robbins qui dessine en 1970 un comic strip intitulé Belinda Berkeley et publié dans le journal féministe It Ain't Me, Babe puis qui édite le premier comics entièrement réalisé par des femmes intitulé It Ain't Me, Babe, publié par Last Gasp. En 1972, se forme le groupe Wimmen's Comix Collective qui comprend, en plus de Trina Robbins, Michelle Brand, Lee Marrs, Laura Fountain, Patti Moodian, Sharon Rudahl, Shelby Sampson, Aline Kominsky, Karen Marie Haskell et Janet Wolfe Stanley. Ce collectif publie cette année le premier numéro de Wimmen's Comix qui sera publié durant 20 ans[19] et dans lequel sont publiées des histoires traitant du mariage, de l'avortement et d'autres sujets intéressant les femmes et jamais traité ainsi jusqu'alors. Cependant Wimmen's Comix est devancé de quelques semaines par Tits and Clits publié par Lyn Chevli et Joyce Farmer en juillet 1972[20]. Celles-ci publieront peu après Abortion Eve en 1973. On trouve aussi durant cette période Mary Wings qui écrit et dessine Come Out Comix le premier comics homosexuel[21]. Ces auteures ne cherchent pas la provocation pour elle-même mais elles font de chaque œuvres un manifeste politique pour défendre les droits des femmes contre le sexisme, la violence machiste, l'homophobie[22].

Aspects économiquesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. J. fait référence à Jésus

RéférencesModifier

Références bibliographiquesModifier

  1. a et b p. 138

Autres référencesModifier

  1. a b et c Duncan 2010, p. 647.
  2. Estren 1993, p. 29-30.
  3. a b c d et e Duncan 2010, p. 648.
  4. a b c d et e « Underground Comix Overview by Lambiek », sur lambiek.net, (consulté le 10 juin 2012)
  5. Estes 2010, p. 44.
  6. Gabilliet 2010, p. 63.
  7. a b c d e f g et h Duncan 2010, p. 649.
  8. a b et c Gabilliet 2010, p. 64.
  9. Estes 2010, p. 43.
  10. Estes 2010, p. 50.
  11. Estes 2010, p. 53.
  12. Estes 2010, p. 52.
  13. a b c d e f et g Duncan 2010, p. 650.
  14. (en) Lambiek comic shop and studio in Amsterdam, The Netherlands, « Comic creator: Fay King », sur lambiek.net, (consulté le 16 août 2018)
  15. (en) Betsy Gomez, « Disney’s Bloody Attack on The Air Pirates », sur cbldf.org, (consulté le 24 mai 2020).
  16. Duncan 2010, p. 654.
  17. « Art Spiegelman Grand prix du Festival 2011 », La Charente libre, 30 janvier 2011.
  18. (en) Gary Groth et Spain Rodriguez, « 44The Spain Interview44 », The Comic Journal, no 206,‎ (lire en ligne)
  19. (en) Trina Robbins, « Feminism », dans M. Keith Booker (dir.), Encyclopedia of Comic Books and Graphic Novels, Santa Barbara, Grenwood, , xxii-xix-763 p. (ISBN 9780313357466, lire en ligne), p. 213.
  20. (en) Lambiek comic shop and studio in Amsterdam, The Netherlands, « Comic creator: Joyce Farmer », sur lambiek.net, (consulté le 28 novembre 2018)
  21. Lopes 2009, p. 83
  22. Lopes 2009, p. 84

BibliographieModifier

  • (en) Randy Duncan, « Underground and Adult Comics », dans M. Keith Booker, Encyclopedia of Comic Books and Graphic Novels, Santa Barbara, Grenwood, , xxii-xix-763 p. (ISBN 9780313357466, lire en ligne), p. 647-655.
  • (en) Mark James Estren, A History of Underground Comics, Ronin Publishing, , 3e éd., 319 p. (ISBN 978-0-914171-64-5, lire en ligne)  
  • (en) Jean-Paul Gabilliet, Of Comics and Men : A Cultural History of American Comic Books, Jackson, University Press of Mississippi, , 390 p. (ISBN 978-1-60473-267-2 et 1-60473-267-9, lire en ligne)
  • Patrick Gaumer, « BD & underground », dans Guide totem : La BD, Larousse, (ISBN 9782035051301), p. 50 - 52
  • (en) Charles Hatfield, Alternative Comics. An Emerging Literature, University Press of Mississippi, Jackson, 2005.
  • (en) Amy Kiste Nyberg, Seal of Approval : The History of the Comics Code, Jackson (Miss.), University Press of Mississippi, , 224 p. (ISBN 0-87805-975-X, lire en ligne)
  • (en) Bob Levin, The Pirates and the Mouse. Disney's War Against the Counterculture, Fantagraphics, 2003.
  • (en) Paul Lopes, Demanding Respect : The Evolution of the American Comic Book, Temple University Press, , 260 p. (ISBN 978-1-59213-443-4, lire en ligne), p. 82 
  • (en) Leonard Rifas, « Race and Comix » dans Frederick Luis Aldama (dir.), Multicultural Comics: From Zap to Blue Beetle, coll. « Cognitive Approaches to Literature and Culture », University of Texas Press, Austin, 2010, p. 27-38. (ISBN 9780292722811)
  • (en) Patrick Rosenkranz, Rebel Visions. The Undeground Comix Revolution 1963-1975, Fantagraphics, 2002.
  • (en) Dez Skinn, Comix: The Undergound Revolution, Thunder's Mouth Press, New York, 2004.


  : source utilisée pour la rédaction de cet article.

Voir aussiModifier