Bancs dans l'église Gustaf Vasa de Stockholm.

Un banc d'église est une pièce de mobilier liturgique où prennent place les membres d'une assemblée religieuse. Il se présente comme un long banc, pourvu d'un dossier et éventuellement d'un agenouilloir.

Comme pour les chaises, les fidèles pouvaient se voir réserver tout ou partie d'un banc contre versement d'une contribution généralement annuelle.

HistoireModifier

Au Moyen Âge, les fidèles assistent debout[1] aux offices de la paroisse[2].

Au XIIIe siècle, des bancs en pierre apparaissent dans les églises anglaises. D'abord placés le long des murs latéraux, ils sont disposés au sein de la nef et fixés au sol. Progressivement, les bancs en bois les remplacent pour se généraliser au XVe siècle[3]. Les seigneurs avaient généralement leur banc d'église réservé au premier rang de la nef ou parfois même dans le chœur, jouissant d'un droit de fondation et de prééminence.

Ces bancs sont partiellement et progressivement remplacés par les chaises apportées par chaque particulier. Mais cette pratique entraîne une lutte pour obtenir les meilleures places, si bien qu'est mis en place le bail des bancs et chaises (location par les fabriques qui leur assure une bonne partie de leurs ressources financières)[4]. À partir du XVIe siècle sont ainsi mis à la disposition, selon un ordre fixé par le coutumier[5], des bancs ou chaises en bois loués[6] au fermier adjudicataire de la « ferme des chaises » ou au marguillier, les prix fixes (majorés lors de messes solennelles) étant perçus par le chaisier ou la chaisière[7].

Cette coutume du bail des bancs et des chaises dans les églises se codifie au milieu du XVIIIe siècle et ce mobilier devient au XIXe siècle un bien de consommation commun, chaises et bancs étant progressivement mis à disposition gratuitement. Mais il reste d'usage pour les notables de la paroisse d'être propriétaire dans les premiers rangs de leurs chaises avec prie-Dieu sur lesquels ils font graver leurs noms sur des plaques de métal (généralement en cuivre) ou émaillées vissées au dossier des chaises. Après le concile Vatican II est progressivement abandonné l'usage de ces prie-Dieu dans les églises au profit de simples bancs[8]ou chaises[9].

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Cependant, les femmes riches ont des pliants apportés par leurs valets et des bancs en pierre existent parfois le long des murs ou autour des piliers.
  2. Louis Batiffol, La vie de Paris sous Louis XIII, Calmann-Lévy, , p. 176.
  3. Frank Viola (auteur) et George Barna, Pagan Christianity? : Exploring the Roots of Our Church Practices, Tyndale House Publishers, Inc., , 336 p. (ISBN 978-1-4143-4165-1, présentation en ligne), p. 35

    « Au treizième siècle, des bancs sans dossier sont progressivement introduits dans les bâtiments paroissiaux en Angleterre. Ces bancs, faits de pierre, sont disposés contre les murs. Ils occupent plus tard l'espace central de la nef, d'abord disposés en demi-cercle autour de la chaire. Ils sont plus tard fixés au sol (...). Le banc d'église connu à l'époque moderne est introduit au XIVe siècle, même s'il n'est pas présent dans les églises avant le XVe siècle. À cette époque, les bancs en bois remplacent les bancs de pierre. »

  4. Laurence Jean-Marie, Christophe Maneuvrier, Distinction et supériorité sociale (Moyen Age et époque moderne), Publications du CRAHM, , p. 94-95.
  5. Recueil des règles de coutume qui régissent la paroisse.
  6. Certaines places sont gratuites, tels les bancs situés le long des murs.
  7. Jean-Pierre Moisset, Les biens de ce monde : les finances de l'Église catholique au XIXe siècle dans le diocèse de Paris (1802-1905), Presses Universitaires de Bordeaux, , p. 248.
  8. Le banc d'œuvre est réservé aux membres du conseil de fabrique.
  9. Laurence Jean-Marie, Christophe Maneuvrier, Distinction et supériorité sociale (Moyen Age et époque moderne), Publications du CRAHM, , p. 99.


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