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Ballroom Dancing

film sorti en 1992
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le film. Pour la danse, voir Danse de salon.
Ballroom Dancing
Titre québécois Fais-moi danser
Titre original Strictly Ballroom
Réalisation Baz Luhrmann
Scénario Baz Luhrmann
Andrew Bovell
Craig Pearce
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Australie Australie
Durée 94 minutes
Sortie 1992

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Ballroom Dancing (Strictly Ballroom) est un film musical australien réalisé par Baz Luhrmann en 1992.

SynopsisModifier

Scott Hastings, danseur de salon, s'entraîne âprement depuis son enfance dans le cours de danse de sa mère Shirley, elle-même ancienne danseuse. Son père Doug se montre d'une discrétion poussée visuellement jusqu'à l'insignifiance. Scott travaille sans relâche avec sa partenaire de toujours, Liz, afin de remporter le prestigieux concours de danse australien, le "Pan Pacific". Mais Scott, qui danse académiquement depuis ses débuts, rêve de dépasser les règles strictes des pas règlementaires de la Fédération, en inventant ses propres pas, qu'il travaille en secret.

Liz, qui veut gagner le Pan Pacific, s'y oppose, craignant que cette prise de risque ne compromette leur chance d'être champions après des années de travail, étant grands favoris. Après une dispute, elle quitte le duo pour en former un nouveau avec le rival principal de Scott, Ken Railings. Au désespoir, Shirley, assistée de l'oncle de Scott, fait passer des castings pour trouver une nouvelle partenaire digne du niveau de son fils. Mais personne ne convient, et la date du concours approche. Le président de la fédération de danse, Barry Fife, qui fait partie de l'entourage proche des parents de Scott, regarde cela de loin.

Dans le cours de danse, Fran, une débutante gauche et timide, surprend un soir Scott en train de danser ses pas. Faisant preuve d'une audace que l'on n'attend pas d'un personnage présenté effacé dans les premières scènes, portant lunettes et souffrant d'acné, elle lui déclare vouloir être sa partenaire, et être d'accord pour danser à sa façon. Scott, grand champion, se moque d'elle, ce qui la fait entrer dans une colère noire et inattendue. Elle l'accuse de vivre dans la peur, selon une expression espagnole "Vivir con miedo es como vivir a medias", avant de fondre en larmes. Scott accepte alors un essai, avec agacement.

Mais contre toute attente et avec beaucoup de travail, Fran progresse au fur et à mesure, apprenant même à Scott un pas de son invention. Un soir, alors qu'il raccompagne Fran chez elle dans un quartier défavorisé, il est vertement repoussé par le père de celle-ci, un espagnol rude pensant qu'il la courtise. Bousculé par l'homme, Scott s'en défend en affirmant qu'ils ne font que danser. Il est alors mis au défi de montrer sa danse devant tout le clan, qui se moque de lui lorsqu'il s'éxécute. Vexé, il s'interrompt brusquement interpelle l'homme dans un élan d'orgueil. L'homme lui fait alors une démonstration de danse. Scott découvre alors que le père de Fran, veuf, est un grand danseur de Paso Doble. Il se rend compte que malgré son statut de champion, il a en réalité beaucoup à apprendre. Fran et Scott commencent à s'entraîner auprès de lui et de son clan, et composent une chorégraphie inédite, tandis que leur complicité se développe. Elle lui dévoile le sens de l'expression espagnole qu'elle avait utilisée : "vivre dans la peur est une vie à moitié vécue". Un soir, Scott dit à Fran qu'il pense qu'elle est prête, et lui annonce qu'ils danseront ensemble leurs propres pas au Pan Pacific. Ils sont fous de joie. Scott annonce à sa mère de ne plus se préoccuper car il a trouvé une partenaire, sans dévoiler qu'il s'agît de Fran. Mais Barry, qui les a surpris, voit d'un mauvais oeil cette prise de liberté et essaie de le faire changer d'avis. Scott lui répond qu'il se moque désormais de gagner, que ce qui compte pour lui désormais, c'est de danser à sa manière. Il se rebelle face à Barry et l'envoie sur les roses. Barry convoque alors les parents et l'oncle de Scott et déclare qu'il est temps de lui révéler des faits anciens. La veille du concours, il attend la venue de Scott dans la salle de danse familiale. Il lui raconte, à contrecoeur, un secret de famille, mis en scène dans un flash back. On y voit comment son père a par le passé brisé la carrière de sa mère, pour la même raison qui pousse aujourd'hui Scott à délaisser l'idée de la victoire au concours. Scott apprend alors que son père, si effacé, était un danseur fabuleux : il formait avec sa mère un duo d'élite envié de tous. Alors qu'ils préparaient eux aussi le Pan Pacific, le père de Scott, pris d'une obsession égotique, se mit à danser à sa façon sans plus tenir compte de sa partenaire désemparée. Il leur fit perdre le concours, et le travail de toute une vie. Il brisa la carrière de sa femme, la reléguant à un statut de professeur de danse sans gloire. Barry suggère à Scott que c'est la raison pour laquelle il est si important pour sa mère qu'il remporte la victoire. Scott, qui ignorait que son père était un tel danseur, est bouleversé. Dans le même temps, un deus ex machina (procédé utilisé très humoristiquement par deux fois dans le film) rend disponible une danseuse de très haut niveau et sublime femme, Tina Sparkle. Barry propose à Scott de s'associer à elle. Résigné à ne pas briser le coeur de sa mère en répétant l'histoire familiale, Scott accepte Tina pour partenaire, afin de gagner le concours, bien qu'il soit tombé amoureux de Fran. Fran l'apprend par la mère de Scott en arrivant le lendemain au matin du concours, alors qu'elle s'attend à ce que leur secret ait été dévoilé. EN coulisse, Scott tente de lui expliquer et ils commencent à danser doucement ensemble, mais ils sont vite séparés par la mère de Scott et par Barry, qui les emmènent chacun d'un côté. La mère de Scott révèle un visage agressif bien que policé, en faisant comprendre à Fran qu'elle n'est pas à la hauteur, ne doit pas être égoïste, et qu'elle doit laisser Scott danser avec une partenaire de son envergure afin qu'il gagne. Le concours commence. Scott et Tina dansent parfaitement bien que Scott danse sans joie. Fran danse avec une femme pour cavalier, dans la catégorie débutants. L'ancienne partenaire de Scott, Liz, subit quant à elle l'incompétence et l'alcoolisme de son nouveau partenaire Ken sur la piste. Entre chaque étape du concours, le père de Scott tente de s'approcher pour lui parler, toujours gauche et inaudible. Mais alors que la finale s'annonce dans quelques instants, il le prend à a parti vivement. Las, Scott lui dit de ne pas s'inquiéter, qu'il sait tout, que Barry lui a tout dit, et qu'il ne fera pas la même erreur que lui: il gagnera le Pan Pacific. Son père, effaré, parle enfin : il lui annonce qu'il n'a jamais dansé le Pan Pacific. À l'époque, il formait bien un duo d'exception avec sa mère, et ils dansaient leurs propres pas en espérant gagner le coeur du jury. Mais alors, Barry avait convaincu sa mère de n'en rien faire et d'abandonner le duo, car cela déplairait à la Fédération, qui mettrait fin à sa carrière. Ainsi, il lui révèle que d'avoir vécu dans la peur les avait empêchés de suivre leur rêve ensemble, condamné leur couple et leur carrière. En quelques secondes, alors qu'il est annoncé sur la piste pour la finale, le temps s'arrête pour Scott : il regarde son père, sa mère, Tina Sparkle qui ignore ce qu'il se joue, puis saute de l'estrade à la recherche de Fran. Il la trouve en train de quitter les lieux avec son père et sa grand-mère, qui avait apporté les costumes, de somptueux habits de flamenco brodés, au cas où. Devant l'urgence, Fran accepte aussitôt de le suivre. Alors que Barry sourit de contentement, Scott fait soudain une entrée magistrale sur la scène en fond de musique de Corrida. La danse de Scott et Fran commence. Tous les proches de Scott sont bouche bée devant la beauté de leur danse. Après les débuts de la chorégraphie du couple, qui éblouit toute l'audience, Barry fait éteindre la musique, prend le micro et demande au couple de quitter la scène en raison de leur disquaification par la Fédération. Ils n'en font rien : mais Barry insiste. Silencieux, et résignés, Scott et Fran s'apprêtent à obtempérer après avoir fait révérence au public. Mais on entend alors le son d'un rythme donné par quelqu'un qui frappe dans ses mains. On voit alors le père de Scott s'avancer, déterminé et les larmes aux yeux, pour encourager Scott à poursuivre. Le père et la grand mère de Fran, assis dans le public, le suivent et frappent le ryhtme à leur tour. Scott et Fran se regardent, et reprennent alors leur danse sur ce seul repère, parmi les autres couples de danseurs statiques. Bientôt, l'oncle de Scott, puis Tina, puis chacun dans le public se joint à eux. En coulisses, les proches de Scott, y compris son ex partenaire Liz, s'opposent physiquement, chacun de leur côté et à leur façon, à la Fédération, sans savoir qu'ils sont en train de s'unir simultanément. Ils parviennent à remettre la musique en route, sous les cris d'enthousiasme de la foule qui accentuent le rythme espagnol de la danse, qui prend alors un mouvement triomphant. Fran et Scott finissent leur danse victorieusement, Scott à genoux et se relevant comme un toréador pour un final auprès de Fran sublimée, tandis que Barry est déchu par la perte de son postiche.

La scène finale est la vision de tous les protagonistes et du public qui, après avoir longuement ovationné Scott et Fran, les rejoignent sur la piste pour danser. Ainsi que les parents de Scott, émus, qui redansent ensemble pour la première fois.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

CommentaireModifier

  • Pour ce premier long-métrage de sa trilogie du « Rideau Rouge », qui va durer près de 10 ans avec plus tard Roméo + Juliette et Moulin Rouge, le réalisateur Baz Luhrmann a su insuffler ce grain de folie qui fait sa particularité dans ses autres films. Très coloré, déjanté et musical, ce film qui parle essentiellement de danse, mais aussi du poids des contraintes familialeshéritées et tûes et de la délivrance par la vérité face au conformisme (Luhrmann a beaucoup pratiqué la danse dans son jeune âge), se montre critique envers les conventions imposées même dans les concours de danse, qu'il a probablement dû lui-même affronter. L'histoire n'est pas originale (la fin en particulier rappelle Dirty Dancing), mais les acteurs, les personnages, qui ne sont pas esthétisés, les costumes, cette façon de filmer typique de Luhrmann en fait un film délicieux à voir si l'on est amateur du genre.[réf. nécessaire]
  • "Le réalisateur respecte les règles du genre, mais avec beaucoup plus de finesse et de tendresse que ses confrères. Pour cela, il parsème son scénario de petites pincées d'humour, sa mise en scène de plans originaux et dynamiques, et il utilise des couleurs vives et franches, agrémentées de paillettes qui donnent au film un ton baroque et fantaisiste. Comme les acteurs sont tous épatants, qu'ils jouent la comédie aussi bien qu'ils dansent (et ils ne dansent pas mal !), et que la musique est réellement entrainante, une seule chose va finir par manquer : ce sont les superlatifs !"[1]

Autour du filmModifier

  • Pour le chorégraphe, John "Cha Cha" O'Connell, le monde du flamenco est le règne de la passion ; une expérience intensément intérieure. Dans le monde de la compétition chacune des danses latines a une expression différente : le cha-cha-cha est léger et impertinent, la rumba est langoureuse, la samba illustre la folie du carnaval, et le paso doble porte en lui la passion de la corrida alliée à l'intensité du flamenco.
  • Pour la création des costumes, on importa pour 7 000 $ de plumes d'autruche qui furent teintes pour être assorties à la couleur des costumes. Le tissu pailleté d'importation également coûta 200 $ du mètre. 10 000 heures de travail furent consacrées à la conception et à la fabrication des costumes. Le boléro que porte Paul Mercurio dans la scène de danse finale est composé avec des broderies venues des Indes, des cristaux de Bohème, des galons du Japon, et des paillettes Tchèques. Il a nécessité le travail à temps plein de deux couturières pendant quatre semaines.

Bande originaleModifier

La musique est un personnage à part entière dans ce film, elle y remplace des dialogues. "Perhaps Perhaps Perhaps" (Quizas Quizas Quizas) performed by Doris Day "La Cumparsita/Tango Please" (Medley) performed by David Hirschfelder & The Bogo Pogo Orchestra "Tequila/Sinful Samba" (Medley) performed by David Hirschfelder & The Bogo Pogo Orchestra "Rhumba de Burros" performed by Ignatius Jones "Doug's Tearful Waltz/First Kiss" performed by David Hirschfelder & The Bogo Pogo Orchestra "Time After Time" performed by Mark Williams & Tara Morice "Standing in the Rain" performed by John Paul Young/David Hirschfelder & The Bogo Pogo Orchestra "Yesterday's Hero" performed by Ignatius Jones "The Blue Danube" performed by David Hirschfelder & The Bogo Pogo Orchestra "Scott & Fran's Paso Doble" performed by David Hirschfelder & The Bogo Pogo Orchestra "Love Is In The Air" (Ballroom Mix) performed by John Paul Young

Notes et référencesModifier

  1. François-Xavier Brabant, Annuel du Cinéma 1992, (ISBN 2-902516-09-6)

Lien externeModifier