Bah N'Daw

Président de transition la République du Mali

Bah N'Daw
Illustration.
Bah N'Daw en 2021.
Fonctions
Président de la Transition de la République du Mali

(7 mois et 29 jours)
Vice-président Assimi Goïta
Premier ministre Moctar Ouane (transition)
Prédécesseur Assimi Goïta (président du CNSP, de facto)
Ibrahim Boubacar Keïta (président de la République)
Successeur Assimi Goïta
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants

(7 mois et 13 jours)
Président Ibrahim Boubacar Keïta
Premier ministre Moussa Mara
Gouvernement Mara
Prédécesseur Soumeylou Boubèye Maïga
Successeur Tiéman Hubert Coulibaly
Biographie
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance San (Soudan français)
Nationalité Malienne
Entourage Moussa Diawara (neveu)
Diplômé de École militaire interarmes de Koulikoro
Collège interarmées de Défense
Profession Militaire

Bah N'Daw
Chefs d'État maliens

Bah N'Daw ou Ba N'Daou, né le à San (région de Ségou), est un militaire et homme d'État malien. Il est à la tête du pays, en tant que président de la Transition, de à .

Officier de l'Armée de l'air, il est ministre de la Défense et des Anciens Combattants au sein du gouvernement de Moussa Mara, de 2014 à 2015.

Il devient président de la Transition sur désignation de la junte militaire ayant renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta lors du coup d'État de l’été 2020. Assimi Goïta conserve cependant la réalité du pouvoir. Huit mois plus tard, lors d'un nouveau putsch de Goïta, Bah N'Daw est arrêté avec le Premier ministre, Moctar Ouane, et renonce au pouvoir sous la pression de l’armée.

Situation personnelleModifier

Formation et carrière militaireModifier

Né le à San (région de Ségou)[1],[2], il rejoint en 1973 l'armée de l'air. Il est formé l'année suivante en Union soviétique comme pilote d'hélicoptère[3] puis diplôme de la 7e promotion de l'EMIA de Koulikoro (1976-1978). Il devient aide de camp du président Moussa Traoré mais quitte volontairement son poste en 1990, en désaccord avec le dictateur[4]. En 1994, il est breveté de l'École de guerre (CID) française[3]. En 2003, il devient le chef d'état-major de l'armée de l'air mais démissionne dès le . Il prend en 2012 sa retraite au grade de colonel-major[4].

Vie privéeModifier

Il parle français, russe et anglais, en plus du bambara[3]. Il est l'oncle du général Moussa Diawara, directeur général du renseignement intérieur sous la présidence d'Ibrahim Boubacar Keïta[5].

Parcours politiqueModifier

Ministre de la DéfenseModifier

Bah N'Daw est ministre de la Défense et des Anciens Combattants du au , dans le gouvernement Moussa Mara et sous la présidence d'Ibrahim Boubacar Keïta[6]. Il travaille à ce titre avec les forces françaises de l'opération Serval puis Barkhane[7]. Réputé pour son intégrité[8], il aurait choisi de quitter son poste pour refuser de cautionner la réintégration des anciens rebelles déserteurs, demandée lors des discussions préalables aux accords d'Alger[6].

Président de la TransitionModifier

DésignationModifier

 
Bah N'Daw (de dos) prêtant serment, le .

Le , un mois après le renversement d'Ibrahim Boubacar Keïta par un coup d’État, il est désigné président de la Transition[1] par la junte militaire, constituée autour du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Le dirigeant de celui-ci, le colonel Assimi Goïta, est nommé vice-président de la Transition, chargé des Questions de défense et de sécurité.

Bah N'Daw rencontre l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, envoyé spécial de la CEDEAO, le [9], et prête serment le lendemain, en présence de celui-ci et du président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló[10],[11].

Exercice du pouvoirModifier

Le 27 septembre 2020, il nomme l'ancien ministre des Affaires étrangères Moctar Ouane à la fonction de Premier ministre[12],[13].

Assimi Goïta demeure le dirigeant de facto du pays[14].

RenversementModifier

Le , peu après l'annonce d’un second gouvernement conduit par Moctar Ouane se caractérisant par la mise à l'écart de certains membres de l'ex-CNSP, Bah N’Daw, le Premier ministre et le ministre de la Défense désigné sont interpelés puis conduits sous escorte militaire à Kati[15],[16]. Le lendemain, le colonel Assimi Goïta annonce avoir « démis de leurs prérogative » le président et le Premier ministre, qu’il accuse de « sabotage » de la transition, leur reprochant d'avoir formé un nouveau gouvernement sans se concerter avec lui alors que la charte de la transition lui confère un droit de regard sur le choix du ministre de la Défense et celui de la Sécurité, qui étaient jusqu’alors ses alliés Camara et Koné[16],[17]. Bah N'Daw annonce formellement sa démission le 26 mai au médiateur de la CEDEAO Goodluck Jonathan[18]. Il est libéré dans la foulée[19].

Avec ce coup d’État, Assimi Goïta devient président de la Transition par intérim[20]. Le 28 mai, constatant la vacance à la présidence, la Cour constitutionnelle déclare celui-ci président de la Transition jusqu'au terme de la période transitoire[21].

En août 2021, la Cour de justice de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) demande aux autorités maliennes de lui justifier la résidence surveillée de Moctar Ouane et Bah Ndaw, privés de liberté depuis le 24 mai 2021[22].

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Mali: l'ex-ministre de la Défense Bah N’Daw désigné président de transition », sur rfi.fr, (consulté le ).
  2. « Mali : Bah N'Daw va présider la transition », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  3. a b c d e et f « Ba N'Daou (ministre de la Défense et des Anciens Combattants) », sur abamako.com (consulté le ).
  4. a et b « Armée et gestion des affaires publiques du Mali (1968 – 2017) : 2 Présidents, 3 Chefs du Gouvernement, 35 ministres et 3 assimilés », Aujourd'hui-Mali,‎ (lire en ligne).
  5. Cyril Bensimon, « Au Mali, le mystère Moussa Diawara, ancien patron de la sécurité d’Etat », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  6. a et b « Mali : Qui est Bah Ndaw, le président de transition ? », sur latribune.fr (consulté le ).
  7. « Crise. Au Mali, Bah N’Daw, un ancien colonel-major nommé président de la transition », sur courrierinternational.com, (consulté le ).
  8. « Mali – Niagalé Bagayoko : « Bah N’Daw est reconnu pour sa probité, critère important aux yeux de l’opinion publique » – Jeune Afrique », sur jeuneafrique.com, (consulté le ).
  9. « Mali: le président de transition désigné fait sa première apparition publique », sur tv5monde.com, (consulté le ).
  10. « Mali: le président de la transition, Bah N'Daw, a prêté serment », sur rfi.fr, (consulté le ).
  11. « Mali: un ancien ministre de la Défense désigné président de transition du Mali », sur french.china.org.cn, (consulté le ).
  12. « Prise de fonctions du Premier ministre de transition Moctar Ouane », sur voaafrique.com (consulté le ).
  13. « Mali: l'ex-ministre Moctar Ouane nommé premier ministre de transition », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  14. « Mali: le colonel Goïta devrait être investi président sous peu », sur lefigaro.fr (consulté le ).
  15. Morgane Le Cam, « Au Mali, la junte tente un coup de force pour maintenir son emprise sur le gouvernement », sur lemonde.fr, 25 mai 2021 (consulté le 25 mai 2021).
  16. a et b Isabelle Labeyrie, « Nouveau coup d'État au Mali : le vice-président prend le pouvoir », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  17. « Bah N’Daw et Assimi Goïta : comment la transition malienne a basculé », sur jeuneafrique.com, (consulté le ).
  18. « Mali: le président et le premier ministre de transition ont démissionné », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  19. « Mali: les militaires libèrent les dirigeants arrêtés et reprennent les commandes », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  20. « Nouveau coup de force au Mali: que sait-on, quelles suites ? », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  21. « Mali : la Cour constitutionnelle déclare le colonel Goïta président de la transition », sur lefigaro.fr (consulté le ).
  22. Radio France International, « Mali: la Cour de justice de la Cédéao réclame des informations sur la situation de Moctar Ouane et Bah Ndaw », sur rfi.fr, (consulté le ).