Bâtie

fortification

La bâtie est un ensemble fortifié avec à l'origine un rôle strictement militaire, contrairement au château qui peut être le centre d'une seigneurie. Développées au cours des XIIIe et XIVe siècles, les bâties se trouvent principalement sur les limites du comté de Savoie et du Dauphiné.

ÉtymologieModifier

Le mot bâtie trouve son origine avec le terme francique *bastjan qui donne « bâtir », ou en bas latin bastia pour désigner un château ou une tour[1]. Il possède ainsi la même racine que le terme bastide[2].

On trouve également les formes et dérivées suivantes : Bastie, Bathia, Bathie, Bâthie, Bâtiaz, Batie, Bâtie, Bâties ou encore Battiaz[1].

DescriptionModifier

L'historien Alain Kersuzan définit la bâtie comme « un ouvrage rapidement mis en œuvre, peu onéreux et facilement réparable, que les comptes appellent une bâtie »[3],[4]. L'historien Paul Guichonnet indique qu'il s'agit d'un château ou d'une maison forte édifiée par un puissant seigneur, au cours de la période du XIIIe siècle au XIVe siècles[5].

Ces constructions se trouvent principalement dans les marges entre les seigneuries de Savoie et du Dauphiné[6],[4]. Elle ne possèdent qu'un rôle militaire[6]. Elles sont ainsi mises en place durant une campagne militaire afin de marquer l'occupation d'un territoire[6].

Pour Alain Kersuzan, il s'agit d'« un moyen d'attaque et de conquête territoriale et ensuite de défense et de soutien »[6]. Il qualifie même de construction « sauvage » la Bâtie de Luisandre (construction entre 1304-1305), en Bugey, puisqu'elle devait répondre à des impératifs d'efficacité dans le conflit opposant le comte de Savoie Amédée V à ses voisins dauphinois[6]. Elle est ainsi édifiée avec les ressources accessibles rapidement, le bois et la terre[6], tout comme la bâtie ou bastide de Gironville, également en Bugey[7]. Il semble que ce soit la raison pour laquelle on ne les retrouve qu'au contact de deux territoires[6].

Les bâtiesModifier

Paul Guichonnet en compte 19 dans les anciens territoires des États de Savoie et une dizaine en Piémont[5].

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier

  • Laurent d'Agostino, Maud Chevalier, Christophe Guffond, Liliana Ceci, « Les châteaux du Moyen Age en Haute-Savoie, entre recherches et mises en valeur. Etat de la question et perspectives », Actes du colloque de clôture du projet AVER tenu à Aoste les 29,30 novembre et 1er décembre 2012, Aoste,‎ , p. 67-98 (lire en ligne)

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f D'après Henry Suter, « Bastie, (...), Bâtie », Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, sur le site henrysuter.ch, Henry Suter, 2000-2009 (consulté le 3 septembre 2016).
  2. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 51.
  3. Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, vol. 14, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales », , 433 p. (ISBN 978-2-72970-762-0, lire en ligne), p. 97.
  4. a b et c Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263,‎ , p. 353 (lire en ligne [PDF]).
  5. a b c d e f g h i j k et l Paul Guichonnet, Histoire d'Arthaz-Pont-Notre-Dame, t. 92-93, Académie salésienne, coll. « Mémoires et document », , 319 p. (lire en ligne)
  6. a b c d e f g h i et j Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, vol. 14, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales », , 433 p. (ISBN 978-2-72970-762-0, lire en ligne), p. 124-126.
  7. Article de Jean-Michel Poisson, « Recherches archéologiques sur un site fossoyé du XIVe siècle : la bastide de Gironville », publié dans Château Gaillard, vol. 12 (1985) p. 225-236.
  8. Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey - Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282 - 1355), Lyon, coll. « Histoire et Archéologie médiévales », , 433 p. (ISBN 272970762X, lire en ligne), chap. 14, p. 54-56.
  9. [PDF] Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263,‎ , p. 233 (lire en ligne).
  10. Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol. Volume 7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents », , 486 p., p. 321.
  11. Nathalie Nicolas, La guerre et les fortifications du Haut-Dauphiné, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, , 377 p. (ISBN 978-2-82182-767-7, lire en ligne)