Azawakh

race de chiens

Azawakh
Image illustrative de l’article Azawakh
Région d’origine
Région Sahara
Caractéristiques
Taille M 64-74 cm, F 60-70 cm

grand, élancé et longiligne

Poids M 20-25 kg, F 15-20 kg
Poil Ras, fin
Robe Toutes nuances de fauve, balzane aux membres, plastron blanc, pinceau blanc en bout de queue.
Tête Fine, carré
Yeux En amande, assez grands, foncés ou ambrés
Oreilles Attachées haut, fines, tombantes
Queue Longue, mince, effilée
Caractère Vif, attentif, distant, voire très méfiant avec les étrangers, fort caractère. Indépendant et assez désobéissant, il est nécessaire de bien le cadrer dès son plus jeune âge. Cependant il est très attaché à ses maîtres et se montre débordant d'affection avec ceux qu'il connaît bien. Il aime les caresses et plus que tout jouer avec d'autres chiens.
Nomenclature FCI
  • groupe 10
    • section 3
      • no 307

L'Azawakh, Azawagh ou Oska[1] est un lévrier originaire d'une région sahélienne comportant une partie du Mali, de l'Algérie, du Niger et du Burkina Faso. Il tire son nom de la vallée de l'Azawagh, un vaste territoire situé près du plateau central du Niger et de la frontière du Mali. On l'appelle aussi Lévrier Touareg, Sloughi Touareg, ou encore Lévrier du Sud saharien. Son nom d'origine en langue touarègue est oska, terme qui signifie « lévrier » et qualifie aussi une personne, un animal ou une chose digne d'éloge[2].

HistoireModifier

L'Azawakh est un lévrier d'origine ancienne, utilisé par les tribus nomades du sud du Sahara comme un chien de chasse. Il a d'abord été élevé par les Berbères avant d'être aussi élevé par les Dahoussaq et les Peuls Wodabés[3]. Les pasteurs paléo-berbères de bovins ont représenté dans l'art rupestre du Sahara, sur les parois des abris du Tassili n’Ajjer, un lévrier très proche du tessem égyptien et de l’oska actuel. Des découvertes archéologiques faites sur le site d’Azelik dans l'Azawagh ont notamment livré des restes de ce lévrier associés à des ossements humains datant de 1500 av. J.-C.[3].

À l'origine, ce lévrier était utilisé pour la chasse, sa rapidité convenant très bien à la poursuite des antilopes et à la capture des oiseaux au vol. Sa beauté en faisait également un animal d'apparat et de compagnie.

En octobre 1967, Gervais Coppé[4] découvre ce chien à Gao (Mali) et fait venir un couple (Réhéouel et Reylane) des campements touaregs de la vallée de l'Azawakh (Est de Ménaka). Il le rapatrie en France en juillet 1968 avec ses maîtres et les installe au pied du château de Pierrefonds (Oise). La naissance de la première portée de ce couple à Pierrefonds se produit en décembre 1968 suivi de la diffusion de la race en France et en Europe. Considérée comme Sloughi, cette race a été reconnue par la Fédération cynologique internationale (FCI) en 1981 (qui publie un standard en 1982) sous le nom de Lévrier de l'Azawakh (Oska en langue touarègue).

En 1973, quelques amateurs passionnés de la race (Guy Mazel[5], Gervais Coppé, Renato et Maryvonne Parigi) déposent les statuts du Club du Lévrier Touareg (Oska) en vue d'obtenir de la FCI la reconnaissance d'un standard pour cette population canine. La thèse[6] du Dr Vétérinaire François Roussel, soutenue en 1975, contribuera alors au succès de la démarche. Ce lévrier appartient bien à la culture berbère, à la différence du lévrier des Arabes, le Sloughi.

La première version du standard comportait des carences. Car le terme « Lévrier de l'Azawakh » fait référence à un espace géographique (un toponyme) alors que ce stock canin appartient à des sociétés pastorales (Touaregs et Dahoussaqs) qui l'ont façonné, élevé et transmis depuis plus de deux millénaires. Et l'ont nommé d'un terme berbère parfaitement univoque : Oska. Autre erreur de cette première version du standard, la robe bringée, qui a été pénalisée par les juges pendant plus de dix ans.

Après plusieurs révisions, le standard est toujours détenu par la Société Canine de France, et géré par son Club des Lévriers d'Afrique et de la Méditerranée -le Clamed- qui en exerce la tutelle. Mais d'autres dérives (et déviances), liées aux intérêts mercantiles, sont toujours menaçantes, depuis que la race Azawakh-Oska a connu sa diffusion à l'échelle planétaire.

Une superbe scène de chasse traditionnelle dans les dunes, filmée par Raymond Depardon, est visible dans Journal de France.

CaractèreModifier

Vif et attentif, c'est un animal qui peut se montrer un peu distant, surtout avec les étrangers. Il recherche peu les caresses. Doux et sensible, il nécessite un dressage patient, à commencer dès son plus jeune âge. Ce chien est aussi un chasseur rustique, vif et résistant. Vigilant et farouche, c'est un bon gardien. Il a aussi un caractère décidé.

Si vous voulez lui faire plaisir vous pouvez l'amener aux entrainements de la poursuite à vue sur leurre (Coursing, PVL).

SoinsModifier

 
Courses d'Azawakh

On ne lui connaît pas de problème de santé particulier.

Son poil très fin nécessite un bon brossage hebdomadaire.

C'est un chien taillé pour la course qui a donc un besoin d'espace et de beaucoup d'exercice.

Vitesse de pointeModifier

Chasseur, il est d'abord un coureur de fond des zones arides. Il peut poursuivre des gazelles à 40 km/h sur une longue distance, avec des pointes à près de 60 km/h. Les nomades ont pu l'associer à la chasse au lion, espèce aujourd'hui disparue de la zone. Sa proie de prédilection était la gazelle, devenue très rare avec la désertification. Cet auxiliaire des pasteurs contribue à protéger le cheptel des prédateurs les plus redoutés : la hyène et le chacal.

PhotosModifier

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SportModifier

Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. Hincker C. 2004. – Représentations sociales de la domestication des animaux sauvages dans l’ouest du monde touareg (Mali). Anthropozoologica 39 (1) : 275-288. http://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/az2004n1a17.pdf
  2. Mohand Akli Haddadou, Dictionnaire des racines berbères communes : suivi d'un index française-berbère des termes relevés, Tizi-Ouzou, Haut commissariat à l'amazighité, 2006-2007, 314 p. (ISBN 978-9961-7-8998-8, lire en ligne), p. 162.
  3. a et b E. B, S. Chaker, G. Espérandieu et G. Coppé, « Chien », dans Encyclopédie berbère, Éditions Peeters, (ISBN 9782857446965, lire en ligne), p. 1919–1924
  4. Né en septembre 1946 à Rémy (Oise), après une licence de sociologie et une maîtrise d'ethnologie (Paris 8), il soutient une thèse d'ethnologie sur l'acculturation d'un groupe Songhaï. Il obtient également un diplôme de langue et civilisation peules (INALCO). Il séjourne au Sahel (Mali et Niger) au gré des missions de 1967 à 1987 pour la Coopération française. Lors de son dernier poste au Mali (1983-87), il est conseiller du directeur national de l'élevage avec également une mission au Nord-Mali (Tessalit) sur la relance de l'économie d'oasis. Il est l'auteur de trois films : Quel avenir pour les nomades sinistrés (1986, 110'), Le lévrier de l'Azawakh (2006, 33') et L'économie d'oasis (2007, 34'). Gervais Coppé est propriétaire du château de La Coste à Grézels (Lot) depuis 1983.
  5. [lire en ligne]
  6. Contribution à l'étude des lévriers du sud saharien [lire en ligne]

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