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Exécution de Aymerigot Marchès à Paris en 1391. Jean Froissart, Grandes Chroniques de France, BnF.

Aymerigot Marchès, aussi nommé dans les chroniques du temps Mérigot Marchès, né vers 1360 aux confins du Limousin et de l'Auvergne, fut un célèbre mercenaire devenu routier au service du royaume d'Angleterre[1].

Mérigot Marchès, né dans le château de Beaudéduit, à quatre lieues de Limoges, est le fils d'un petit seigneur limousin qui « lequel chastel tenait [...] en foi et hommage de l'évêque de Limoges ». À l'âge de dix ans, son père le donna « à messire Thomas de Roux, chevalier, tenant le parti d'iceux Anglais » qui le garda trois ans puis le donna « à messire Goussier Helias, chevalier, [...] tenant le parti d'iceux Anglais »

Au cours de la guerre de Cent Ans, Marchès fut à la solde du royaume d'Angleterre. À la tête d'une grande compagnie, il sema la terreur durant des années, et occupa notamment le château de La Roche-Vendeix, près de La Bourboule, d’où il commença à rançonner les environs[2].

Plusieurs histoires locales indiquent sa grande activité en Limousin à Châtelus-le-Marcheix ou La Jonchère-Saint-Maurice. Marchès fut un fidèle du redouté Geoffroy Tête Noire. Il occupe le château d'Alleuze, non loin de Saint-Flour et mène de nombreux raids aussi bien en Haute qu'en Basse-Auvergne[3]'[4].

Alerté par les seigneurs voisins (le sire de la Tour et la comtesse Dauphine[5]) et les habitants des méfaits d’Amérigot Marchès et de ses hommes, en Auvergne et Limousin, Charles VI ordonna à Robert de Béthune, Vicomte de Meaux de le capturer. Selon Froissard (voir références précédentes), le chateaux de la Roche-Vendeix était très facile à défendre et très difficile à assiéger. Après un long siège, Marchès traversa les lignes ennemies pour chercher du secours. Le château fut pris en son absence et il fut livré par un de ses cousins. Il fut jugé et exécuté à Paris en juillet 1391[6]. Les registres du procès sont parmi les rares documents d’audience criminelle du Moyen-Âge à nous être parvenus. Ils sont disponibles aux Archives Nationales sous le numéro Y10 531[7].

Notes et référencesModifier

RéférencesModifier

  1. Jean Tricard, Les campagnes limousines du XIVe au XVIe siècle : originalité et limites d'une reconstruction rurale, Paris, Publications de la Sorbonne, (ISBN 2-85944-294-4, ISSN 0290-4500, lire en ligne)
  2. André Artonne, « Froissard historien : Le siège et la prise de la Roche-Vendeix », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 110,‎ , p. 89-107 (ISSN 0373-6237)
  3. Vincent Challet, « Villages en guerre : les communautés de défense dans le Midi pendant la guerre de Cent Ans », Archéologie du Midi médiéval,‎ , p. 111-122 (ISSN 2275-4865, lire en ligne)
  4. Jean Anglade, Histoire de l'Auvergne, Hachette littérature, (ISBN 2-01-000880-4, notice BnF no FRBNF34559868), p. 117
  5. André Artonne, « Froissard historien : Le siège et la prise de la Roche-Vendeix », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 110,‎ , p. 100 (ISSN 0373-6237)
  6. Vincent Challet, « Routiers et Mercenaires pendant la guerre de Cent Ans. Hommage à Jonathan Sumption », Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, Bordeaux,‎ (EAN 978-2-35613-149-2, lire en ligne)
  7. André Artonne, « Froissard historien : Le siège et la prise de la Roche-Vendeix », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 110,‎ , p. 93 (ISSN 0373-6237)

OuvragesModifier

  • Registre criminel du Châtelet à Paris du 6 septembre 1389 au 18 mai 1392, volume 2, publié par la Société des bibliophiles françois, Charles Lahure imprimeur, Paris, 1864