Ouvrir le menu principal

Aymar Joseph de Roquefeuil et du Bousquet

Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Maison de Roquefeuil-Blanquefort.

Aymar Joseph, comte de Roquefeuil et du Bousquet
Comte de Roquefeuil
Aymar Joseph de Roquefeuil et du Bousquet
Aymar-Joseph, Comte de Roquefeuil et du Bousquet

Naissance
à Brest
Décès (à 68 ans)
à Bourbonne-les-Bains
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Lieutenant général des armées navales
Vice-amiral du Levant
Années de service 1727-1782
Commandement Commandant de la Marine, du port, de la ville et du château de Brest et de l'île d'Ouessant
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Distinctions Grand'croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis
Autres fonctions Directeur de l'Académie royale de marine
Famille Maison de Roquefeuil-Blanquefort

Emblème

Aymar-Joseph de Roquefeuil et du Bousquet, comte de Roquefeuil, né le à Brest et mort le , à Bourbonne-les-Bains, est un officier de marine français du XVIIIe siècle. Il sert dans la marine royale pendant les règnes de Louis XV et Louis XVI et termine sa carrière militaire avec le grade de vice-amiral du Levant.

BiographieModifier

Origines et familleModifier

Le comte de Roquefeuil est issu de la Maison de Roquefeuil-Blanquefort, une ancienne famille noble du Rouergue. Il est le fils aîné de Jacques Aymar de Roquefeuil et du Bousquet et de Jeanne-Louise du Main, dame d'Angeret.

Son père, Jacques-Aymar, comte de Roquefeuil, né le au château du Bousquet (Aveyron), entre dans la marine royale à l'âge de dix-sept ans. Il parvient au grade de Lieutenant général des armées navales en 1741 et commande dans la Manche, en 1744, une escadre de dix-neuf vaisseaux, partis de Brest, en vue de favoriser la descente du prince Charles en Angleterre, lorsqu'il meurt à bort de son vaisseau Le Superbe, le 8 mars, à l'âge de 79 ans, sans qu'il puisse voir se réaliser la promesse qui lui avait été faite du bâton de Maréchal de France après la campagne.

Carrière dans la marine royaleModifier

Avant d'entrer dans la marine, Aymar Joseph de Roquefeuil sert peu de temps dans l'armée de terre, où il débute très jeune avec un brevet de capitaine de dragons. Entré dans la Royale, Aymar Joseph devient garde-marine à Brest à 13 ans (1727). Enseigne (1731), il navigue de la Baltique à Saint-Domingue et sera nommé lieutenant de vaisseau en 1741. Il est fait capitaine de vaisseau et chevalier de l'ordre de Saint-Louis le , à moins de 32 ans, pour ses services remarqués pendant 19 ans.

Il commandera L'Aquilon pendant quinze mois aux Antilles en 1750 et 1751. Ayant sous ses ordres La Friponne, la frégate du comte du Chaffault. Le but de sa mission était de visiter, en compagnie d'une frégate anglaise de 36 canons, toutes les îles neutres, et d'y proclamer leur neutralité. À son retour en France, il est félicité à plusieurs reprises par le ministre Rouillé pour la prudence qu'il avait montrée dans cette délicate mission.

Cela lui permit de participer activement avec le vicomte de Morogues, commandant la place de Brest, à la fondation dans ce port, dès 1752, d'une académie de Marine dont il fut un des premiers membres (avec René-Aymar, son frère cadet), mais qui fut décimée par les pertes de la guerre entre 1756 et 1763.

Entre 1754 et 1758, Roquefeuil remplit les fonctions de second chef d'escadre, dans les Antilles, sous le commandement de La Galissonnière, de Périer puis de Bompart. En 1754, 1756 et 1758, il commande successivement les vaisseaux L'Actif, Le Prothée et L'Hector.

Promu au grade de chef d'escadre des armées navales, le , à moins de 47 ans, il reçut le commandement de la Marine et du port de Brest auquel le Roi unira, le , celui de la ville et du château de Brest et de l'île d'Ouessant qu'avait déjà eu son père.

Dans un mémoire de présentation, le ministre écrit au Roi qui approuve de sa main :

« Il sert depuis près de 40 ans dans la Marine, il a fait 16 campagnes, a eu 4 commandements à la mer et a depuis 5 ans le commandement du Port de Brest à la satisfaction de S.M. »

Il est alors nommé Lieutenant général des armées navales, le , à 52 ans, conservant ses commandements à Brest, ce qui lui permettra d'y promouvoir avec le ministre, le Duc de Praslin, la nouvelle « Académie royale de marine », sous le patronage immédiat du Roi, en . Il en est le premier directeur.

En 1777, il est nommé inspecteur de l'infanterie et du corps royal de la marine. Il conserve cette charge, qui lui est conférée en compensation du retrait du double commandement des forces de terre et de mer qu'il avait à Brest, jusqu'à sa nomination à la vice-amirauté.

Promu vice-amiral de la Flotte du Levant le , grand'croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, il décède le , à Bourbonne-les-Bains, à l'âge de 68 ans.

PostéritéModifier

Modernisateur opiniâtre, organisateur hors pair, marin très expérimenté, il marque de son empreinte le port et la ville de Brest, pendant les vingt années de son commandement de la Marine à Brest (1761-1781) avant qu'il ne reçoive pendant deux années la responsabilité (vice-amirauté) de la Marine du Levant. Sous son commandement, les budgets sont obtenus du Roi et de ses ministres et de nombreux navires puissants et bien équipés sont conçus, lancés et amarinés. Ils constitueront la remarquable « Flotte de Louis XVI », probablement la plus cohérente que la France ait jamais possédée.

Méconnu du public, il est pourtant considéré par les historiens de la Marine comme l'un des principaux organisateurs, et réalisateurs, de la politique navale de Louis XV et de Louis XVI, qui permit à la France et aux insurgés américains de vaincre la Grande-Bretagne, au cours de la guerre d'indépendance des États-Unis.

DescendanceModifier

Il épouse le 17 octobre 1741 Gabrielle de Kerguz. De cette union naissent deux filles et un garçon :

  • Jeanne-Jacquette de Roquefeuil, elle épouse le 3 février 1765 Jacques-Claude du Cleuz, marquis du Gage, comte de Guengat, lieutenant colonel de la capitainerie des garde-côtes de Lannion.
  • Louise Thérèse Marie Adélaïde (1746-?) épouse le 12 mars 1775 Charles de Brilhac, comte du Crévy.
  • Innocent-Adrien-Maurice (1752-1796), marquis de Roquefeuil, eu lui aussi une brillante carrière, capitaine au régiment de Noailles-dragons (1777), colonel du Régiment Royal Médoc (1788), maréchal de camps (1792). Il émigre et fut le colonel du Régiment de Roquefeuil dans l’armée des princes. Il mourut des blessures reçues lors d'un combat contre les troupes révolutionnaires françaises près d’Augsbourg en 1796. Son drapeau est conservé au château de Chantilly. Il avait épousé N... de la Lande de Calan.

TravauxModifier

En 1752, Aymar Joseph de Roquefeuil joint ses efforts à ceux du vicomte de Morogues, pour convaincre le Secrétaire d'État à la Marine Rouillé de créer l'Académie de la marine. Lorsqu'en 1765, cette société, dont les séances avaient été suspendues et les membres décimés par la guerre de Sept Ans, se trouve réduite à ne produire que de rares travaux, Roquefeuil en obtient la reconstitution sous le nom d'Académie royale, et placée le patronage immédiat du roi. Il participa à ses travaux par de nombreux mémoires dont voici les principaux[1] :

  • Mémoires ou dissertations sur les mots ABORDAGE ACCIDENTEL et AFFOURCHER
  • Mémoires sur la façon de border les vaisseaux pour en retarder la pourriture
  • Mémoires sur la cause du tourment des canons, 7 pages in-folio
  • Idée sur la contre-quille (aujourd'hui fausse-quille) des vaisseaux, 5 pages
  • Mémoire ou Lettre écrite de Versailles, le 3 février 1769, à M. Clairain-Deslauriers, ingénieur-constructeur en chef à Rochefort, au sujet de l'élévation de la première batterie d'un vaisseau de 64 canons, 8 pages in-folio.
  • Observation sur la construction actuelle des vaisseaux et sur une nouvelle méthode de conduire leurs fonds, 13 pages in-folio.
  • Observations sur le mémoire de M. Clairain, intitulé : « Réponse à un mémoire qui a pour titre: Observations, etc., » 55 pages, in-folio.
  • Examen de la force de l'homme pour tirer ou pousser horizontalement, et notamment pour le cabestan, 9 pages in-folio
  • Lettre à M. de Lironcourt sur son plan de corvette de dix-huit canons de 6, 5 pages in-folio.
  • Mémoire sur les effets de la décomposition du vent pour la manœuvre des vaisseaux, 7 pages in-folio (inséré dans le premier et unique tome des Mémoires imprimés de l'Académie royale de la marine).
  • Mémoire sur une espèce de nœud fort ingénieux, connu sous le nom de NŒUD GOUBERT, 7 pages in-folio.

Certaines des opinions de Roquefeuil étaient contestables. Toutefois, il donne une impulsion fructueuse aux travaux de l'Académie, en l'engageant dans une voie que plusieurs de ses adversaires parcoururent plus sûrement que lui. On doit donc reconnaître et ses efforts et les résultats qu'ils procurèrent.

Notes et référencesModifier

  1. Prosper Levot, p. 769 et suiv.

Voir aussiModifier

Sources et bibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier