Auxelles-Haut

commune française du département du Territoire de Belfort

Auxelles-Haut (en franc-comtois Ossarre-Hât) est une commune française située dans le département du Territoire de Belfort en région Bourgogne-Franche-Comté.

Auxelles-Haut
Auxelles-Haut
Vue d'Auxelles-Haut.
Blason de Auxelles-Haut
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Territoire de Belfort
Arrondissement Belfort
Intercommunalité Communauté de communes des Vosges du Sud
Maire
Mandat
Arnaud Ziegler
2020-2026
Code postal 90200
Code commune 90006
Démographie
Gentilé Quichelots
Population
municipale
286 hab. (2019 en diminution de 5,92 % par rapport à 2013)
Densité 44 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 44′ 38″ nord, 6° 46′ 26″ est
Altitude Min. 510 m
Max. 1 140 m
Superficie 6,48 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Belfort
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Giromagny
Législatives Deuxième circonscription du Territoire de Belfort
Localisation
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Auxelles-Haut

Auxelles-Haut est administrativement rattachée au canton de Giromagny.

GéographieModifier

La commune se situe dans le département du Territoire de Belfort, au nord-ouest de celui-ci, où elle jouxte le département de la Haute-Saône. Elle est entourée par les communes de Lepuix, Giromagny, Auxelles-Bas, Plancher-Bas, Plancher-les-Mines.

Établi sur le revers méridional du massif des Vosges et dominant la Trouée de Belfort, le village à l'ambiance pittoresque compte parmi les plus montagnards du département. Environné par la forêt vosgienne, il est dominé à l'est par le sommet arrondi de l'Ordon-Verrier (963 m) et au nord-ouest par une ligne de crête de plus de 1 000 m, culminant à 1 114 m à la Tête de Charborue.

C'est une des 189 communes du parc naturel régional des Ballons des Vosges[1].

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Auxelles-Haut est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Belfort, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 91 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (92 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (92 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (92 %), zones urbanisées (6,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,2 %), prairies (0,2 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Communes limitrophesModifier

ToponymieModifier

  • Village ne datant que du XVIe siècle, il portait le nom de Village-Neuf, Neudorf ou Oberdorf (Revue d'Alsace, VIII, 25).
  • En allemand : Ober-Assel[10].

HistoireModifier

Ober-Assel comme on l'appelait à l'époque autrichienne doit son existence à l'exploitation minière qui s'est développée dès la fin du XIVe siècle dans tout le nord du département[11]. La commune d'Auxelles se divisa en 1569 pour donner naissance à Auxelles-Haut et Auxelles-Bas.

Des mineurs venus du Tyrol et de Saxe immigrent dans le sud des Vosges au XIVe siècle pour travailler au creusement des puits et des galeries et à l'extraction du minerai de plomb, de cuivre et d'argent. Les noms germaniques apportés par cette population se retrouvent à Auxelles-Haut dans la toponymie (Gesellschaft, Teuschgrund, Pfennigthurm...) et bien sûr dans les patronymes, bien que très souvent francisés. Les puits et galeries portent la plupart du temps un nom de saint : Saint-Jean-Fundgruben, Saint-Philippe...

 
La mine Saint-Philippe vers 1900.

L'exploitation des mines d'Auxelles-Haut était complexe et dangereuse en raison de l'instabilité des terrains. Elle était encore compliquée par la présence de grandes quantités d'eau qu'il fallait extraire des mines. Des machines hydrauliques perfectionnées furent installées dans les années 1670-1680, utilisant la force motrice de l'eau de surface amenée aux mines grâce à un système de petits barrages et de canaux parcourant la montagne, et introduite dans les galeries par des conduites forcées. À l'intérieur de la mine Saint-Jean, en particulier, une immense salle accueillait une roue hydraulique de près de 10 mètres de diamètre ce qui était un exploit technologique pour l'époque. La mine Saint-Jean était l'une des trois grandes mines du Rosemont (la région dont Giromagny est le chef-lieu), avec celles du Phanitor et de Saint-Pierre au Montjean. Elle ne produisait que du plomb, qui était utilisé pour séparer le cuivre de l'argent issu des autres mines. La production d'argent assurait des revenus importants ce qui explique que l'on ait réalisé des investissements considérables notamment pour mettre au point des machines hydrauliques très perfectionnées.

L'exploitation des mines a cessé à la fin du XVIIIe siècle, les filons les plus rentables ayant été épuisés. Au XIXe siècle, un tissage mécanique entraîné par la force de l'eau est construit par l'industriel Boigeol. On peut encore voir les ruines de deux petits barrages qui portent son nom, au nord du village dans le vallon du Rhôme, et qui étaient utilisés comme réserve d'eau permettant d'alimenter le moteur hydraulique. Il est probable que ces barrages aient été établis sur ceux servant à l'alimentation des machines hydrauliques des mines, aux siècles précédents.

On peut encore voir à différents endroits les vestiges de l'activité minière : galeries de mines et déblais dans le village, haldes dans la lande du Mont Ménard.

Cette activité industrielle très ancienne a laissé une marque profonde dans la structure de l'habitat : on voit à Auxelles-Haut quantité de maisons de mineurs et d'ouvriers, petites et serrées les unes contre les autres, près des mines, contrairement à ce que l'on voit à Auxelles-Bas où la maison typique est la grosse ferme paysanne.

L'église du village date de 1841, elle est située sous le cimetière établi près du piton rocheux où s'élevait autrefois le château médiéval, dont on voit encore les fossés, selon un plan circulaire typique de la motte castrale. À proximité, on peut voir un ancien puits de reconnaissance réalisé par EDF pour la recherche d'uranium dans les années 1970.

Plusieurs monuments entretiennent le souvenir de la Résistance contre l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale, et des combattants de l'ombre tués par les Allemands dans le village.

Au Mont Ménard, la Vierge des Auxelles a été installée pour la remercier d'avoir protégé la population. Un autre lieu emblématique de la commune est la Chaume du Querty, pâturage communal où se maintiennent deux chalets associatifs et où montent les Quichelots pour cueillir les myrtilles ou brimbelles.

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

 
La mairie-école.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1995 ? François Fendeleur    
mars 2007 3 juillet 2020 Chantal Bergdoll DVG  
3 juillet 2020 En cours Arnaud Ziegler[12] DVG  

Budget et fiscalité 2015Modifier

En 2015, le budget de la commune était constitué ainsi[13] :

  • total des produits de fonctionnement : 229 000 , soit 718  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 181 000 , soit 567  par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 346 000 , soit 1 084  par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 438 000 , soit 1 373  par habitant ;
  • endettement : 147 000 , soit 461  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 11,15 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 15,30 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 90,96 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

La commune est membre de plusieurs structures de coopération intercommunale, dont la Communauté de communes de la Haute-Savoureuse, et le parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Population et sociétéModifier

La commune se distingue par le maintien de traditions vivantes, une certaine qualité de vie, et de nombreuses animations.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[15].

En 2019, la commune comptait 286 habitants[Note 3], en diminution de 5,92 % par rapport à 2013 (Territoire de Belfort : −2,08 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6506366927459321 004948960969
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
8139169199509289129421 010866
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
824796714537523456410315315
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
301256228220252305307304310
2015 2019 - - - - - - -
294286-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

EnseignementModifier

Les enfants sont accueillis à l'école communale dans le cadre d'un regroupement pédagogique.

Personnalités liées à la communeModifier

  • L'une des célébrités d'Auxelles-Haut est le pilote Camille Plubeau, as français de la Seconde Guerre mondiale, qui y est né le .
  • Joseph Briot, né à Auxelles-Haut le 3 février 1888, inventa en 1936 à Louviers la première meuleuse semi-automatique de verre optique, "L'universelle". Elle permettait de dégrossir les verres de lunettes à partir de gabarits et ce avant une finition manuelle. C’est la première machine – connue – capable de ce genre de travail. L'entreprise Briot, établie à Pont-de-l'Arche, a été rachetée par le groupe Luneau technology operation en 2010.

ÉconomieModifier

La commune conserve une petite activité industrielle (métaux) et de restauration, ainsi que des gîtes pour l'accueil des touristes.

EnvironnementModifier

Une petite partie du territoire communal est classée en réserve naturelle, au sein de la réserve naturelle nationale des Ballons Comtois.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Auxelles-Haut est maintenant un joli village bien situé pour être le point de départ de sentiers qui conduiront notamment le randonneur, par des crêtes plantées de beaux hêtres, au sommet de la Planche des Belles Filles, à 1 148 mètres d'altitude, d'où il aura une vue superbe sur toute la Trouée de Belfort, la Forêt-Noire vers l'est et, si le temps est dégagé, les pics des Alpes au-delà des crêtes du Jura, et particulièrement, le mont Blanc. Plus près, la lande du Mont-Ménard, très facilement accessible depuis le cœur du village, ou la Chaume du Querty, plus éloignée, offrent aussi de beaux panoramas et un grand dépaysement. Plusieurs sentiers balisés et entretenus par le Comité départemental de la randonnée et le conseil départemental du Territoire de Belfort offrent de belles possibilités de promenades, courtes ou longues.

  • L'église Notre-Dame-Auxiliatrice[18] et son orgue[19].
  • Patrimoine industriel : maison, puis usine de décolletage Plubeau et Cie[20].
  • Observatoire du Mont Ménard[21].
  • Monuments commémoratifs[22],[23].

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

RéférencesModifier

  1. « Liste des 189 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, 3ème Charte 2012 - 2024 » [PDF].
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Liste des communes composant l'aire d'attraction d'Belfort », sur insee.fr (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Carte IGN sous Géoportail
  10. Dictionnaire topographique du département du Haut-Rhin - Georges Stoffel (1868).
  11. Histoire de la commune
  12. élu le 3 juillet 2020 selon l'Est Républicain du 5 juillet 2020
  13. Les comptes de la commune
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  18. L'église Notre-Dame-Auxiliatrice : les cloches
  19. L’orgue de l’église Notre Dame Auxiliatrice : Instrument en kit de Jean Bourgarel
  20. « maison, puis usine de décolletage Plubeau et Cie », notice no IA90000024, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. Ascension du Mont Ménard depuis Auxelles-haut (Randonnée Pédestre)
  22. Hommage à Louis Lamboley
  23. Monument aux Morts, Plaque commémorative 1914-1918 Eglise Notre-Dame Auxiliatrice, Stèles commémoratives