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Autriche sous le nazisme

Autriche sous domination nazie

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(7 ans, 1 mois et 15 jours)

Drapeau
Drapeau de l'Autriche entre 1938 et 1945 (drapeau de l'Allemagne entre 1935 et 1945).
Blason
Armoiries de l'Autriche entre 1938 et 1945 (armoiries de l'Allemagne entre 1933 et 1945).
Description de cette image, également commentée ci-après
L'Autriche au sein de l'Allemagne nazie en 1938.
Informations générales
Statut territoire du Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Capitale Vienne
Langue allemand
Monnaie reichsmark
Histoire et événements
12 mars 1938 Anschluss : l'ancienne Première République autrichienne devient un territoire de l'Allemagne nazie.
27 avril 1945 Restauration de l'indépendance autrichienne sous la forme de la Deuxième République.

Entités précédentes :

L'Autriche sous le nazisme est une période de l'histoire de l'Autriche, depuis l'annexion du pays par le Reich allemand le — connue sous le nom d'Anschluss — jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale et le rétablissement de la République d'Autriche le . La fin temporaire du statut d'État de l'Autriche et la prise de pouvoir par le parti nazi ont été précédés par la Première république autrichienne (1919-1938) caractérisée par de nombreuses tensions sociales et politiques telles que la guerre civile autrichienne (février 1934), le putsch de Juillet (en) (juillet 1934) et l'austrofascisme (1934-1938). De même, le pays traversa de nombreuses crises économiques à la suite de l'effondrement de la double monarchie de l'Empire austro-hongrois à la fin de la Première Guerre mondiale et à cause de l'interdiction imposée par les puissances victorieuses en 1919 à l'Autriche Allemande de rejoindre la République de Weimar.

La domination nazie en Autriche a duré 7 ans et a été suivi d'une occupation alliée de dix ans, jusqu'au 15 mai 1955 où le pays retrouva sa souveraineté par la signature du Traité d'État autrichien et le retrait des troupes alliées. Pendant ces dix années, sous la pression des quatre puissances occupantes (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni et France), la dénazification est régie par la loi prohibitive de 1947 interdisant l'appartenance au NSDAP et les criminels de guerres, les participants à la Shoah et au Samudaripen, les crimes de la Wehrmacht ont été condamnés par les tribunaux populaires autrichiens et par les Procès de Nuremberg; mais les enquêtes et les poursuites à l'encontre des crimes nazis et à la récupération des biens volés ont été rapidement reportés. L'intérêt international amorcé par l'affaire Kurt Waldheim et l'apparition d'une nouvelle génération ont conduit à la poursuite du traitement juridique, social, politique et scientifique de la dictature nazi jusqu'à aujourd'hui.

Après l'Anschluss, le code de la route allemand est entré en vigueur dans toute l'Autriche, ainsi, à partir du 19 septembre 1938, la conduite se fait dans tout le pays à droite. Auparavant, l'Autriche était divisée en différentes zones de conduite à gauche ou à droite.[1]

ContexteModifier

En 1918, après la première guerre mondiale et l'effondrement de l'empire austro-hongrois ainsi que l'abolition de la monarchie autrichienne, trois partis politiques s'affrontent dans la jeune république provisoire :

  • Les sociaux-démocrates du SDAP (Sozialdemokraten)
  • Les sociaux-chrétiens du CS (Christlichsozialen)
  • Les nationalistes du GVP ou GDVP (Großdeutsche Vereinigung, à partir de 1920: Großdeutsche Volkspartei)

Les autres partis mineurs, comme le parti communiste (KPÖ) et le parti national-socialiste (DNSDAP) n'étaient pas représentés à l'assemblée nationale provisoire de l'Autriche allemande et à l'assemblée nationale constituante ni au conseil national créé en 1920.

Le SDAP, Großdeutsche aussi appelé Alldeutsche et le DNSDAP étaient clairement favorable, mais pour des raisons différentes, à l'unification du Reich Allemand devenu une république (république de Weimar) et de l'Autriche allemande. Les sociaux-chrétiens étaient également favorable à cette union mais pas à l'unanimité car certains soutenaient la poursuite de la monarchie et d'autres la république. Pendant les années 1920 et 1930 le KPÖ s'est opposé à l'Anschluss alors que les monarchistes s'y sont d'abord opposés puis l'ont défendu plus tard après le gouvernement insurrectionnel de la République soviétique bavaroise et la domination allemande.

Avec la décision de l'Assemblée nationale provisoire de l'Autriche allemande du 12 novembre 1918 de proclamer la république, la question de la monarchie fut réglée. Mais, le souhait d'une union entre l'Autriche allemande et le Reich a été signalé comme clairement illusoire au gouvernement autrichien par les vainqueurs de la Première guerre mondiale. Ainsi, le 10 septembre 1919, le traité de Saint-Germain-en-Laye est signé par le premier chancelier Karl Renner (SDAP) , il permet d'établir la paix entre l'Autriche et les puissances victorieuses, de consacrer la dislocation de la monarchie austro-hongroise en sept Etats et permet enfin d'affirmer l'indépendance de l'Autriche et implicitement le lien d'interdiction contre l'unification avec l'Allemagne. Le pays prend alors le nom de République d'Autriche et devient un Etat indépendant au sens du droit international.

Première RépubliqueModifier

La vie et la politique ont été marquées dans les années suivantes par de grandes difficultés économiques (perte de zones industrielles et de matières premières en Tchécoslovaquie désormais indépendante et hyperinflation) et par un fossé croissant entre les différents camps politiques. De 1918 à 1920, le SDAP fut le parti le plus présent à l'assemblée nationale constituante et forma une coalition rouge-noir avec le CS. Mais en 1920, le conseil national succède à l'assemblée nationale constituante et le CS devient majoritaire et se rapproche souvent avec les nationalistes allemands.

Le 31 mai 1922, le prélat Ignaz Seipel (CS) est élu par le conseil national au poste de chancelier du gouvernement dirigé par le CS. Il a réussi à améliorer la situation économique avec l'aide financière de la Société des Nations (réhabilitation de Genève en 1922, réforme monétaire en 1925). Idéologiquement, Seipel était strictement anti-marxiste et visait à limiter autant que possible l'influence des sociaux-démocrates car le conflit était considéré de part et d'autre comme un conflit opposant les classes sociales.



Notes et référencesModifier

  1. (de) Johann Berlakovich, « Rechtsfahrordnung: Fahren wir auf der falschen Seite? », Die Presse,‎ , p. 1 (lire en ligne)