Augustin de Maupeou

évêque français

Augustin de Maupeou
Image illustrative de l’article Augustin de Maupeou
Augustin de Maupeou d'après Hyacinthe Rigaud, Musée des beaux-arts d'Orléans
Biographie
Naissance v. 1647
à Paris
Décès
Évêque de l’Église catholique
Archevêque d'Auch
Évêque de Castres

Ornements extérieurs Archevêques.svg
Blason famille fr de Maupeou.svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Augustin de Maupeou, né à Paris vers 1647 et mort le , est un prélat français du XVIIIe siècle. Il est évêque de Castres de 1682 à 1705 puis archevêque d'Auch de 1705 à sa mort.

BiographieModifier

Issu d'une famille « de robe » (notaires puis magistrats) anoblie en 1587 à Paris, il est le fils de René II de Maupeou, vicomte de Bruyères, président des enquêtes du Parlement, et de Marie Doujat fille d'un conseiller au Parlement de Paris. Augustin de Maupeou est l'oncle de René-Charles de Maupeou, chancelier et garde des sceaux de France.

Augustin de Maupeou fait ses études à l'université de Paris et obtient sa maîtrise ès arts en 1667, son doctorat en théologie en 1676 et est ordonné prêtre. L'année suivante, les chanoines de l'abbaye royale de Saint-Quentin-en-Vermandois l'élisent doyen à la place de son oncle Jean de Maupeou, évêque de Chalon, qui venait de mourir ()[1].

En , il est reçu conseiller du roi et avocat général au Grand Conseil en survivance de son frère Pierre et est ensuite président aux enquêtes. En 1682, député du clergé de la province de Paris, il prend part à l'assemblée générale du clergé qui vote les « quatre articles » rédigés par Bossuet sur les prérogatives de l'église de France. Le pape Innocent XI réagit et refuse l'institution canonique à tous les nouveaux évêques nommés par le roi. Louis XIV ne voulant pas céder, le pape non plus ; si bien que, quelques années plus tard, près d'une quarantaine de diocèses se trouve sans évêques.

C'est ainsi qu'Augustin de Maupeou dut attendre plus de onze ans avant de prendre possession de l’évêché de Castres auquel le roi l'avait nommé le . Ce n'est que lorsque la querelle fut apaisée que son nom fut admis à Rome, au consistoire du . Le suivant, il reçoit la consécration épiscopale dans la cathédrale Saint-Just de Narbonne. À Castres, il trouve un beau palais épiscopal que son prédécesseur, Mgr Tubeuf, venait de faire édifier par Mansart. Continuant l'oeuvre ainsi entreprise, il demande à Le Nôtre de dessiner le jardin du palais épiscopal et commence également la reconstruction de la cathédrale de Castres. En 1697, il fait publier un catéchisme pour son diocèse sous le titre de Doctrine chrétienne. Il tient des synodes généraux en 1697 et 1699, le dernier pour l'observation des Statuts synodaux, qu'il a dressés.

Le , il est nommé archevêque d'Auch. Là, il commande à Jean-Baptiste Alexandre Le Blond le dessin du palais de l'archevêché qui ne sera achevé, dans le respect des plans que par Mgr de Montillet. Peu avant sa mort, il avait fait un testament léguant la somme considérable de 170 000 livres « pour être employée en œuvres pies dans tous les lieux où il avait eu des bénéfices ». Ses exécuteurs testamentaires, notamment son ami l'intendant de Languedoc Lamoignon de Basville, prélèvent sur ce don 65 000 livres pour fonder à Auch un hôpital général dont la première pierre fut posée le et qui reçut le nom d’hôpital Saint-Augustin, en souvenir de son généreux fondateur[2].

Une cartographie du diocèse de Castres décorée de ses armes lui est dédiée en 1695 par le géographe Hubert Jaillot[3].

Ses armes figurent également sur la frise du XVIIIe siècle des évêques de Castres, dans l'ancienne salle des états diocésains de l’évêché reconverti en mairie.

Son portrait réalisé en 1710 par Hyacinthe Rigaud — volé — se trouvait à l'Hôpital d'Auch[4]. Plusieurs copies de ce portrait sont néanmoins conservées, dont une identifiée récemment au musée des Beaux-arts d'Orléans[5].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Joseph Bergin, Crown, Church, and Episcopate under Louis XIV, New Haven Conn., Yale University Press, , 526 p. (ISBN 978-0-300-10356-4, présentation en ligne), p. 452
  2. Jean-Jacques Piales, Traité des réparations et reconstruction des églises, t. I, (lire en ligne), p. 412
  3. [Carte] Hubert Jaillot, « Diocèse de Castres dédié à messire Augustin de Maupeou »,
  4. Joseph-Hippolyte Roman, Le Livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud (lire en ligne)
  5. Stéphan Perreau, « Portrait d'Augustin de Maupeou »

BibliographieModifier

  • Jacques Lapart, La préfecture du Gers à Auch : histoire et architecture de l'ancien palais archiépiscopal. Bulletin de la Société Archéologique du Gers, 2014/2, p.153-182.
  • Jacques de Maupeou, Histoire des Maupeou, (notice BnF no FRBNF32431990)