Ouvrir le menu principal

Auguste de Talhouët-Roy

personnalité politique française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille de Talhouët.
Auguste de Talhouët-Roy
Auguste de Talhouët-Roy (1819-1884).jpg
Fonctions
Sénateur de la Sarthe
-
Ministre des Travaux publics
-
Député de la Sarthe
-
Conseiller général de la Sarthe
-
Conseiller d'État
Maire du Lude (d)
Biographie
Naissance

Paris
Décès

Château du Lude
Nationalité
Activité
Famille
Père
Mère
Alexandrine Roy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Françoise de Talhouët-Roy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Propriétaire de
Distinction

Auguste Élisabeth Joseph Bon-Amour de Talhouët-Roy, marquis de Talhouët, né le à Paris et mort le au château du Lude, est un homme politique français, député de la Sarthe de 1849 à 1876, sénateur de ce département de 1876 à 1882 et ministre des Travaux Publics du 2 janvier au dans le gouvernement Émile Ollivier.

BiographieModifier

D'une ancienne famille noble de Bretagne dont la filiation est établie depuis le XVe siècle, fils d'Auguste de Talhouët, qui fut maréchal de camp et pair de France sous la Restauration, et d'Alexandrine Roy (1799-1854), fille du comte Antoine Roy, plusieurs fois ministre des Finances sous la Restauration, Auguste de Talhouët-Roy fit des études au collège Sainte-Barbe puis débuta en 1842 dans la carrière administrative comme auditeur de seconde classe au Conseil d'État. Il s'initia à l'éloquence à la Conférence Molé dont il fut vice-président en 1846.

Promu auditeur de première classe en 1846, puis maître des requêtes, il renonça à la fonction publique sous la Deuxième République pour se consacrer aux affaires et à ses propriétés. Il figurait alors parmi les 200 plus gros actionnaires de la Banque de France et était également l'un des plus grands propriétaires fonciers de France, en particulier dans la Sarthe, autour de son château du Lude. Vice-président du chemin de fer d'Orléans, il était administrateur de plusieurs autres sociétés.

En 1847, il épousa Léonie Marie Isidore Désirée Sidonie Honnorez (1829-1892), fille de Florent François Daniel Honnorez (1780-1830), riche homme d'affaires belge, et d'Adèle Narcisse Defontaine (1803-1875), épouse en secondes noces de l'amiral-comte de Rigny. Ils eurent pour enfants :

En 1844, il se fit élire conseiller général de la Sarthe et nommer maire du Lude en 1848. Pendant la révolution de 1848, il se rendit à Paris avec 500 gardes nationaux de son canton et contribua au maintien de l'ordre. Il fut élu le représentant de la Sarthe à l'Assemblée nationale législative[1]. Bien que d'opinions conservatrices et monarchistes, il siégea dans les rangs de la majorité et vota pour la loi Falloux, pour l'expédition de Rome, pour la loi sur le suffrage universel et refusa de se rallier au prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, allant jusqu'à protester, à la mairie du Xe arrondissement, contre le coup d'État du 2 décembre 1851, ce qui lui valut d'être brièvement incarcéré à Vincennes.

Il ne tarda pas à accepter d'être candidat du gouvernement aux élections législatives dans la 3e circonscription de la Sarthe. Il fut élu au Corps législatif le [2] et siégea dans les rangs de la majorité, approuvant la fondation du Second Empire tout en n'hésitant pas à voter contre plusieurs projets gouvernementaux. Il rejeta ainsi les poursuites contre Montalembert.

Il fut réélu comme candidat officiel le [3] et le [4] et soutint de ses votes le gouvernement impérial non sans continuer, à l'occasion, à manifester son indépendance. En 1858, il fit des réserves sur la loi de sûreté générale et demanda que l'on précisât dans son article 2 l'expression « manœuvres et intelligences ». Il soutient l'amendement des « 91 » puis celui des « 84 ». Membre du « parti des réformes », il fut l'un des quarante-trois députés qui réclamèrent la fin des abus de la candidature officielle en , devint l'un des membres les plus en vue du Tiers Parti et fit partie des « 42 ». Il fut secrétaire du Corps législatif de 1861 à 1864 et participa à de nombreuses commissions d'intérêt général. Constamment membre de la commission du budget de 1864 à 1869, il en fut le secrétaire de 1864 à 1866. Il participe aussi en 1867 aux travaux de la commission du contingent et à ceux de la commission chargée d'examiner le projet sur l'armée et la garde nationale mobile.

C'est avec un programme de libéralisme nuancé qu'il fut réélu le [5], contre l'avis du gouvernement. Il contribua à provoquer l'interpellation des 116, dont il fut l'un des signataires, et refusa un portefeuille ministériel dans le gouvernement qui suivit. Il adhéra au programme du centre droit tout en restant très proche de nombreux membres du nouveau centre gauche. En , lorsque le Corps législatif désigna pour la première fois son bureau, il en devint vice-président.

Le , le marquis de Talhouët devint ministre des Travaux Publics dans le gouvernement Émile Ollivier mais « son inexpérience oratoire le tint éloigné de la tribune et il n'eut qu'un rôle politique secondaire »[6]. Opposé à l'idée du plébiscite, il donna sa démission le [7] quand celle-ci eut prévalu au sein du gouvernement et fut remplacé par Ignace Plichon. Il fut alors triomphalement réélu vice-président du Corps législatif. Au début de la guerre franco-prussienne de 1870, il fut appelé à faire partie du Comité des fortifications. Rapporteur en juillet 1870 de la commission chargée de prendre connaissance des négociations avec la Prusse, il affirma au vu des pièces que la France avait bien été injuriée par le roi de Prusse et que « les deux administrations de la guerre et de la marine se trouvaient en état de faire face, avec une promptitude remarquable, aux nécessités de la situation »[8]. Il entraîna ainsi plusieurs de ses collègues jusque-là hésitants à voter les crédits de guerre.

 
La commission des Trente présidée par Batbie, en , réunie dans une des salles du Musée de Versailles, vice-président De Talhouët, d'après un dessin de G. Janet et un croquis de Pelcoq gravure A. Daudenarde.

Après la chute du Second Empire le , il rentra momentanément dans la vie privée. Le , il fut élu représentant de la Sarthe à l'Assemblée nationale[9]. Il prit place au centre-droit orléaniste, s'inscrivit à la réunion des Réservoirs, fut vice-président de la seconde commission des Trente, vota pour la paix, pour les prières publiques, pour l'abrogation des lois d'exil, contre le retour de l'Assemblée à Paris, pour le pouvoir constituant, pour la chute de Thiers au 24 mai, pour le septennat, pour la loi des maires, pour l'état de siège, pour le ministère de Broglie, contre les amendements Wallon et Pascal Duprat, contre l'ensemble des lois constitutionnelles de 1875. Il monta rarement à la tribune, fut le rapporteur du projet de loi concernant le rétablissement de la commission d'examen des ouvrages dramatiques.

Le , il fut élu sénateur de la Sarthe[10]. Au Sénat, il prit place dans les rangs de la droite et se prononça pour la dissolution de la Chambre des députés en 1877, appuya le gouvernement du 16 mai, combattit le cabinet Dufaure et les ministères républicains qui suivirent, vota contre l'article 7 de la loi sur l'enseignement supérieur et contre la réforme du personnel judiciaire. Il ne se représenta pas au renouvellement triennal du .

Il fut également membre de la Commission supérieure des expositions universelles () et chevalier de la Légion d'honneur ().

L'un des plus importants propriétaires fonciers de France, il se livra à d'importantes spéculations immobilières à Paris au moment des grands travaux d'Haussmann.

Ainsi le , il se rendit adjudicataire pour une somme de 1 865 305 francs des anciennes écuries du comte d'Artois, érigées sur une parcelle de 10 347 m2 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Les terrains furent aussitôt partagés entre quatre bénéficiaires :

  • la première parcelle, d'une façade de 16,50 mètres sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré et correspondant au no 133 de cette rue, était destinée à Achille Fould, ministre de la Maison de l'Empereur qui la réunit à la propriété voisine sur laquelle il avait fait construire par l'architecte Hector-Martin Lefuel un hôtel particulier qu'il céda en 1871 au duc d'Aumale et qui disparut en 1884 lors du percement de la rue Saint-Philippe-du-Roule ;
  • la deuxième parcelle, d'une façade de 30 mètres, faisant suite à la précédente et correspondant au no 135 rue du Faubourg-Saint-Honoré, était destinée à la comtesse de Rigny, belle-mère du marquis de Talhouët-Roy ; celle-ci fit construire l'hôtel particulier qui s'y trouve encore et qui est aujourd'hui la résidence de l'ambassadeur du Canada en France ;
  • le marquis se réserva la troisième parcelle, d'une façade de 40 mètres et d'une superficie de 3 447 m2, correspondant au no 137 sur laquelle il se fit construire un vaste hôtel particulier, qui existe encore de nos jours ; cet hôtel de Talhouët-Roy fut revendu en 1881 à Henri Schneider (1840-1898) fils d'Eugène Ier Schneider ;
  • la quatrième parcelle, à l'angle de la rue Neuve-de-Berry, fut attribuée au journaliste Émile de Girardin.

Disposant d'au moins 300 000 francs de revenus en 1870, il était à la fin de sa vie à la tête d'une énorme fortune estimée à près de 25 millions de francs.

RésidencesModifier

Notes et référencesModifier

  1. 3e sur 10 par 64 007 voix sur 103 029 votants et 135 640 inscrits
  2. 22 481 voix sur 25 383 votants et 34 859 inscrits contre 861 voix à M. Silly, 820 à M. Monternault et 633 à M. Bertron
  3. 19 769 voix sur 20 790 votants et 31 393 inscrits contre 894 à Raspail père
  4. 23 566 voix sur 24 094 votants et 32 213 inscrits
  5. 24 197 voix sur 26 731 votants et 33 757 inscrits contre 2 431 à Raspail
  6. Robert, Bourloton et Cougny, op. cit., p. 356
  7. Robert, Bourloton et Cougny (op. cit., p. 356) donnent comme date le .
  8. cité par Robert, Bourloton et Cougny, op. cit., p. 356
  9. 3e sur 9 par 54 952 voix sur 84 400 votants et 135 095 inscrits
  10. 308 voix sur 459 votants

SourcesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :