Auguste Champetier de Ribes

homme politique français

Auguste Champetier de Ribes
Illustration.
Fonctions
Président du Conseil de la République
Prédécesseur Jules Jeanneney (indirectement, Sénat)
Successeur Gaston Monnerville
Sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères
Gouvernement Daladier III, Reynaud
Ministre des Anciens Combattants et des Pensionnés
Sénateur des Basses-Pyrénées
, ,
Ministre des Pensions
Gouvernement Tardieu II
Gouvernement Laval I, Laval II, Laval III et Tardieu III
Sous-secrétaire d'État aux Finances
Gouvernement Tardieu I
Président du Parti démocrate populaire
Député des Basses-Pyrénées
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Antony (Seine)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique PDP

Jean Jules Marie Auguste Champetier de Ribes, né le à Antony et mort le dans le 17e arrondissement de Paris[1], est un homme d'État français. Il fut ministre sous la IIIe République et président du Conseil de la République sous la IVe République.

BiographieModifier

Fils d'un notaire parisien, Auguste Champetier de Ribes fait ses études primaires et secondaires au collège Stanislas, passe son baccalauréat en 1900 et est reçu en 1903 licencié ès lettres, et en droit de l'Université de Paris[2].

Appelé sous les drapeaux à la mobilisation générale le , il est d'abord adjudant au 10e bataillon de chasseurs à pied[3], avant d'être promu sous-lieutenant à titre temporaire et adjoint au chef de bataillon du 50e BCP[4]. Nommé sous-lieutenant à titre définitif en mai, il est blessé une 1re fois au combat de Reillon le . Engagé, toujours comme adjoint au chef de bataillon, dans une opération visant à rejeter l'ennemi au-delà du fort de Douaumont[5], il est à nouveau blessé, avec amputation de deux doigts, le à Vaux et fait chevalier de la Légion d'honneur[6].

Juriste, il est adepte du catholicisme social et disciple d'Albert de Mun. Il est élu, sous l’étiquette du Parti démocrate populaire, député des Basses-Pyrénées, un mandat qu'il occupe de 1924 à 1934. Il est ensuite sénateur, de 1934 à 1940[7].

Président du Parti démocrate populaire à partir de 1929, il est sous-secrétaire d'État aux Finances du au , puis ministre des Pensions du au , dans le ministère André Tardieu, ministre des Anciens combattants et pensionnés du au , dans le cabinet Édouard Daladier, et sous-secrétaire d'État du au , dans les gouvernements Daladier et Paul Reynaud.

Il est l'un des 80 parlementaires qui, le , votent contre l'octroi des pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Il se retire dans son département, où il dirige le groupe départemental de Combat. Premier chef de parti à reconnaître l'autorité du général de Gaulle en qualité de chef de la France libre, il est membre de l'Assemblée consultative provisoire à la Libération.

En 1946, il est nommé par la France procureur au Procès de Nuremberg[8], lorsque François de Menthon quitte Nuremberg à la suite de la démission de De Gaulle du gouvernement provisoire de la République française.

Auguste Champetier de Ribes devient président du Conseil de la République le au bénéficie de l’âge, car, comme son concurrent communiste Georges Marrane, il obtient 129 voix. Deux jours plus tard, il est le candidat du MRP à l'élection présidentielle, qui voit la victoire du socialiste Vincent Auriol.

La maladie l’empêche d’assumer sa fonction de président de la haute Assemblée, et il meurt en fonction. Des obsèques nationales lui sont faites, le , en la cathédrale Notre-Dame de Paris[2].

Détail des mandats et fonctionsModifier

DistinctionsModifier

  Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze : « ... sous-lieutenant au 50e bataillon de chasseurs : a montré, dans la nuit du , le plus grand mépris du danger, en circulant à plusieurs reprises en terrain découvert, sous un bombardement d'une extrême violence pour porter les ordres du commandant de bataillon. S'est mis spontanément à la tête de quelques chasseurs privés de chefs pour marcher, en plein jour, à l'attaque d'une tranchée qu'il savait très fortement occupée. A été blessé au moment où il y arrivait. »[9]

  Médaille de la Résistance française[10]

  Officier de la Légion d'honneur[11]

Notes et référencesModifier

  1. Selon mention marginale de l'acte de naissance, no 21 du .
  2. a et b « Auguste Champetier de Ribes », sur assemblee-nationale (consulté le 17 mai 2020)
  3. Fiche matricule no 257, classe 1902, du bureau de recrutement de la Seine
  4. Journal de marches et opérations du 50e BCP, p. 1
  5. Journal de marches et opérations du 50e BCP le
  6. Journal de marches et opérations du 50e BCP - tableau des décorations, p. 19
  7. « Champetier de Ribes, Auguste », sur Sénat (consulté le 17 mai 2020)
  8. (en) R. W. Cooper, « The men of Nuremberg », dans The Nuremberg Trial, Faber & Faber, (1re éd. 1946) (ISBN 057128759X).
  9. « Ministère de la Guerre : citations à l'ordre de l'armée », Journal officiel de la République française,‎ , p. 9482 (lire en ligne)
  10. « Auguste Champetier de Ribes », sur Mémoire des hommes (consulté le 18 mai 2020)
  11. « Cote LH/478/40 », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Philippe Dazet-Brun, Auguste Champetier de Ribes : la foi dans la République, Editions Gascogne, 2015 (ISBN 978-2366660630).
  • Philippe Dazet-Brun, Champetier de Ribes (1882-1947) : un catholique social en République, Séguier, 2008 (ISBN 978-2-8404-9520-8).
  • « Auguste Champetier de Ribes », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Liens externesModifier