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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Buisseret.
Auguste Buisseret
Fonctions
Bourgmestre de Liège
-
Ministre des Colonies
-
Ministre des Travaux publics (en)
-
Ministre de l'Intérieur de Belgique
-
Ministre de l'Éducation (en)
-
Sénateur
depuis
Échevin
Liège
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
LiègeVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités

Auguste Dieudonné Eugène Buisseret, né à Beauraing le et mort à Liège le (à 76 ans)[1], est un homme politique belge libéral.

Sommaire

BiographieModifier

Brillant avocat, militant wallon et francophile, Auguste Buisseret mènera une carrière politique importante comme personnalité d'opinion libérale, architecte de la décolonisation du Congo. Sur le plan communal, il sera conseiller communal à Liège (1930-1965), échevin des Finances et des Secteurs industriels (1934-1937) puis échevin de l’Instruction publique et des Beaux-Arts (1937-1939). Il enrichit les collections de la ville en achetant à Lucerne le 30 juin 1939 des tableaux d'art dit "dégénérés" vendus aux enchères par les dirigeants du IIIe Reich allemand[2]. Il est élu sénateur en 1939 mais la guerre éclate. Son passé antifasciste et anti-rexiste, son action patriote (il défend les patriotes devant les tribunaux durant l'Occupation) le font arrêter par les Allemands le 25 octobre 1942. Relâché, mais menacé de mort par les collaborateurs belges, il entre dans la clandestinité en août 1943 et atteint Londres Londres en janvier 1944 où il devient conseiller juridique de plusieurs départements ministériels.

À la Libération, il occupe plusieurs postes ministériels consécutifs :

  • Ministre de l'Instruction publique (1945, 1945-1946), il participe à la constitution de l'UNESCO (novembre 1945) et fonde le Théâtre National de Belgique.
  • Ministre de l’Intérieur (1946-1947), il contribue à la fondation du Conseil d’État (23 novembre 1946).
  • Ministre des Travaux publics (1949-1950), il crée le Fonds des routes et agrandit les ports d'Anvers, Ostende et Liège[3].
  • Ministre des Colonies (1954-1958), ses réformes se heurteront au conservatisme de l'administration, des colons, et à l'hostilité des missions religieuses[4]. Il crée, dès son entrée en fonction, un réseau d'écoles publiques, primaires et secondaires, ouvertes à tous. En 1956 il fonde l'Université d'Elisabethville/Lubumbashi.[5] Le 8 décembre 1957 il organise les premières élections communales auxquelles participent Africains et Belges.[6] En prenant des mesures sociales (salaire, pension, sécurité sociale) en faveur des autochtones et en élaborant une réforme de la justice, il lutte contre la discrimination raciale[7].

Sénateur de Liège (1939-1946), sénateur provincial (1946-1949 ; 1949-1961), vice-président du Sénat (1947-1949), il devient bourgmestre de Liège le 1er janvier 1959, poste dont il démissionne en août 1963 pour raisons de santé. Homme de progrès, il prend, avec l'échevin des Travaux Publics Jean Lejeune, des décisions pour moderniser la ville. Il lance à l'occasion des Fêtes de Wallonie des harangues qui font date. Il prononce un discours vibrant lors de la visite du Prince Albert de Liège et de sa fiancée la Princesse Paola Ruffo di Calabria le 11 juin 1959[8].

Une de ses premières décisions en tant que Ministre de l'Instruction publique est de licencier l'Inspecteur général, Léon Jeunehomme, pédagogue de réputation internationale et auteur du Plan d'Études qui, en 1936, avait modernisé l'enseignement primaire. Léon Jeunehomme répondra par une lettre publique acerbe, comparant son licenciement à celui qu'il avait vécu en 1940 sous l'occupation nazie[9].

Il est inhumé au cimetière de Robermont à Liège.

HommageModifier

La rue Auguste Buisseret à Liège commémore son nom.

DistinctionsModifier

  • Grand Croix de l'Ordre de Léopold II
  • Croix de grand officier de la Légion d'honneur
  • Croix de grand officier de l'Ordre d'Orange-Nassau
  • Croix de grand officier de l'Ordre de Carlos Manuel de Céspedes
  • Commandeur de l'Ordre de Léopold
  • Croix civique de première classe (1940-1945) au titre militaire
  • Grand Croix de la Couronne de Chêne
  • Grand officier de l'Ordre au Mérite de la République italienne
  •   Officier du Mérite wallon (O.M.W.) (promotion historique, à titre posthume[10]).

Notes et référencesModifier

  1. « Institut Destrée : Auguste Buisseret », sur http://www.wallonie-en-ligne.net (consulté le 16 juin 2019)
  2. Jean-Patrick Duchesne (dir.), L'art dégénéré selon Hitler : la vente de Lucerne, 1939, Liège, Galerie Wittert, , 226 p. (ISBN 9782960091236 et 296009123X, OCLC 897806596)
  3. Biographie nationale, Bruylant, Bruxelles, 1979
  4. Henri Grimal, La Décolonisation de 1919 à nos jours, Editions complexes, Bruxelles, 1985, p. 261-263.
  5. Jean-Marie Mutamba Makombo, Du Congo belge au Congo indépendant 1940-1960, publications de l'Institut de Formation et d'Études politiques, Kinshasa,s.d., p. 160-173
  6. Fernand Pierrot, Lumières sur l'Afrique belge, Le Congo depuis 1954, Bruxelles, 1958, p. 123-128
  7. Hervé Hasquin (sous la direction de), Les Libéraux belges, Editions Labor et Centre Jean Gol, Loverval, 2006, p. 300-302
  8. May Servais Declaye, Auguste Buisseret, mon grand-père, Wallon, Libéral, Ministre, Bourgmestre de Liège, Centre Jean Gol, Bruxelles, 2018, p. 85-92
  9. Lettre de Léon Jeunhomme à Auguste Buisseret, 10 septembre 1945.
  10. « Auguste Buisseret, officier (historique) », sur Connaître la Wallonie, (consulté le 24 août 2015)

Voir aussiModifier