Ouvrir le menu principal

Atrax robustus est une espèce d'araignées mygalomorphes de la famille des Atracidae[1], se trouvant en Australie dans la région de Sydney.

Les anglophones l'appellent « Sydney funnel-web spider » (araignée à toile-entonnoir de Sydney). C'est l'espèce d'araignée venimeuse la plus dangereuse pour l'homme.

DistributionModifier

Cette espèce est endémique de Nouvelle-Galles du Sud en Australie[1]. Elle se rencontre au Sud du fleuve Hunter, à l'Est des Montagnes Bleues et jusqu'à la région d'Illawarra au Sud[2]. Elle est très présente dans la banlieue de Sydney.

DescriptionModifier

 
Atrax robustus

La carapace du mâle décrit par Gray en 2010 mesure 10,20 mm de long sur 8,70 mm et l'abdomen 9,52 mm de long sur 7,38 mm et la carapace de la femelle mesure 12,63 mm de long sur 10,41 mm et l'abdomen 14,82 mm de long sur 12,07 mm[2].

La femelle peut atteindre jusqu’à 7 cm de longueur ; quant au mâle, il ne mesure guère plus de 5,5 cm.

Leur couleur est sombre, allant du brun au noir.

Ses chélicères, de forte puissance, peuvent sans peine percer et traverser un ongle[3], un jean ou encore le cuir souple d'une chaussure de sport[3],[4].

En France, l'élevage et l'importation à destination de particuliers sont prohibés.

ComportementModifier

A. robustus occupe principalement des trous déjà formés (crevasses, espaces sous des rochers) d'une profondeur d'une trentaine de centimètres. Cependant, possédant des chélicères puissants pouvant atteindre 5 mm, elle peut tout aussi bien construire son propre habitat (terrier ou tunnel), parfois dans les arbres jusqu'à plusieurs mètres de hauteur[4].

Elle se nourrit essentiellement de gros insectes, voire d'autres araignées. Cette araignée au comportement très agressif n'est dangereuse que pour les primates y compris l'Homme, la plupart des autres animaux étant immunisés contre ses toxines.

Elle tapisse son terrier de soie en créant un « vestibule d'entrée ». Lorsque les proies tombent ou y pénètrent, l'araignée tapie derrière l'entrée est alertée par les vibrations des fils de soie. Ces proies sont tuées par morsure venimeuse, pour servir de nourriture à l'araignée[4],[5].

La morsure des humains est le fait des mâles qui se déplacent à la recherche de partenaires lors de la période de reproduction. Ils peuvent alors entrer dans des habitations (banlieue de Sydney), se cacher dans les placards (vêtements, chaussures...), en infligeant des morsures réflexes dès qu'ils sont dérangés.

VeninModifier

 
Atrax robustus le mâle en haut et la femelle en bas

A. robustus fait partie des trois groupes d'araignées dont la morsure peut être mortelle pour l'Homme, avec les Latrodectus, et les Loxosceles. On dit des victimes qu'elles sont atteintes d'atraxisme, de latrodectisme, ou de loxoscelisme.

A. robustus est considérée comme l'espèce d'araignée la plus dangereuse pour l'Homme, en raison de la puissance de son venin et de sa relative proximité (zones péri-urbaines de Sydney). La toxicité de son venin n'est dépassée que par celle de Hadronyche formidabilis, autre araignée australienne mais qui vit en zone forestière (moins de risques de rencontre)[6].

Le venin du mâle est environ cinq fois plus toxique que celui de la femelle. De plus, ce qui le rend encore plus dangereux, le mâle est nomade en période de reproduction, à la recherche de femelle pour s'accoupler.

Le composant principal du venin est la robustoxine (δ-ACTX-Ar1 ou delta-atracotoxin), un peptide neurotoxique très actif sur les primates[7],[4].

Chez l'homme, on estime que 10 à 15 % des morsures par A. robustus sont venimeuses, mais la règle est de considérer comme venimeuse toute morsure du genre Atrax (araignées à toile-entonnoir), du fait du risque mortel potentiel[4].

Le syndrome d'envenimation survient rapidement, le plus souvent dans les deux heures (temps moyen une demi-heure). La mort peut survenir en 15 minutes (petit enfant) jusqu'à 3 jours, par œdème pulmonaire ou choc circulatoire[4].

Un antivenin a été créé en Australie en 1981, à base d'anticorps de lapins, ceux-ci n'étant pas réactifs aux morsures de l'Atrax robustus. Efficace (depuis 1981, un seul décès en Australie en 2005[4]), il doit être injecté dans l'heure qui suit la morsure.

Publication originaleModifier

  • Pickard-Cambridge, 1877 : On some new genera and species of Araneidea. The Annals and Magazine of Natural History, ser. 4, vol. 19, p. 26-39 (texte intégral).

Notes et référencesModifier

  1. a et b WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. a et b Gray, 2010 : A revision of the Australian funnel-web spiders (Hexathelidae: Atracinae). Records of the Australian Museum, vol. 62, p. 285-392 (texte intégral).
  3. a et b « Araignées », sur futura-science.com (consulté le 11 juin 2019)
  4. a b c d e f et g Justin T. Binstead et Thomas M. Nappe, « Funnel Web Spider Toxicity », dans StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30571015, lire en ligne)
  5. Yves Boisseau, Le monde de la nature, Larousse, , 246 p. (ISBN 2-03-019112-4), p. 95
  6. Gérard Duvallet, Entomologie médicale et vétérinaire, (ISBN 978-2-7099-2376-7), p. 613-615.
  7. Mylecharane, Spence, Sheumack, Claassens & Howden, 1989 : Actions of robustoxin, a neurotoxic polypeptide from the venom of the male funnelweb spider (Atrax robustus), in anaesthetized monkeys. Toxicon, vol. 27, no 4, p. 481-492.

Liens externesModifier