Astrid et Raphaëlle

série télévisée policière franco-belge
Astrid et Raphaëlle

Type de série série télévisée
Genre thriller policier
Création Alex de Seguins
Laurent Burtin
Production JLA Productions
France Télévisions
BE-Films
Acteurs principaux Sara Mortensen
Lola Dewaere
Pays d'origine Belgique
France
Chaîne d'origine France 2
Nb. de saisons 1
Nb. d'épisodes 9
Format couleurs
Durée 90 minutes (pilote)
52 minutes (épisodes)
Diff. originale en production
Site web site officiel

Astrid et Raphaëlle est une série télévisée de thriller policier franco-belge composé d'épisodes de 52 minutes, créée par Alex de Seguins et Laurent Burtin et diffusée depuis le sur France 2.

Elle met en scène un duo de femmes policières : le commandant Raphaëlle Coste, une femme impulsive incarnée par Lola Dewaere ; et la documentaliste Astrid Nielsen, autiste[1], jouée par Sara Mortensen.

SynopsisModifier

Astrid Nielsen, trente ans, est une femme autiste[1] qui travaille discrètement comme archiviste pour la police judiciaire, et connaît chaque dossier dont elle s'est occupée[2]. Elle rencontre le commandant Raphaëlle Coste, alors responsable d'une enquête à propos de suicides de médecins. Ces deux femmes solitaires s’apprivoisent, Astrid offrant à Raphaëlle une méthodologie, Raphaëlle offrant en retour à Astrid une aide comportementale.

DistributionModifier

Acteurs principauxModifier

 
Lola Dewaere.

DPJModifier

Documentation criminelleModifier

Famille Astrid NielsenModifier

Famille Raphaëlle CosteModifier

Groupe de parole des autistesModifier

ProductionModifier

Genèse et développementModifier

L’idée de cette série remonte à 2017, ses producteurs souhaitant alors créer un polar dont l’un des personnages principaux serait autiste[3]. Le scénariste Alex de Seguins a rencontré Jean-Sébastien Bouilloux, travaillant pour le producteur Jean-Luc Azoulay ; le pilote a été accepté pour diffusion sur France 2[4], en remplacement de la série Caïn. Hippolyte Dard et Elsa Bennet sont les réalisateurs de cet épisode pilote[2]. Six autres épisodes seront commandés si le pilote rencontre son public[5].

Le , Sara Mortensen annonce, sur son compte Instagram, que, à la suite du succès du pilote, France 2 a commandé six épisodes de 52 minutes : « Diffusé le dernier, le pilote de 90 minutes avait réalisé de solides audiences. Le nouveau duo d’héroïnes de France 2 aura désormais droit à une saison entière. Après avoir réuni cinq millions de téléspectateurs en avril le soir de la diffusion du pilote (20,7 % de PDA), Astrid et Raphaëlle vient d’obtenir le feu vert de France 2 pour une saison 1 constituée de six épisodes de 52 minutes. »

TournageModifier

Le tournage a eu lieu entre et pour une diffusion au printemps 2020[6],[7].

Fiche techniqueModifier

ÉpisodesModifier

À la suite des bonnes audiences réalisées par le pilote, France 2 commande une première saison de huit épisodes de 52 minutes (initialement six)[7]. Pour une raison inexpliquée, les épisodes 5 et 7 ont changé de nom. Initialement intitulés respectivement L'Esprit de famille et La Nuit du mort-vivant, ils ont été diffusés sous les titres Fulcanelli et La Mort et Compagnie.

PiloteModifier

  1. Puzzle (épisode pilote)

Saison 1Modifier

  1. Hantise 1
  2. Hantise 2
  3. Chaînon manquant
  4. Chambre close
  5. Fulcanelli (initialement : L’Esprit de famille)
  6. L’Homme qui n'existait pas
  7. La Mort et Compagnie (initialement : La Nuit du mort-vivant)
  8. Invisible

AccueilModifier

AudienceModifier

En France, le pilote attire 4,2 millions de téléspectateurs, soit 19,5 % de parts de marché, ce qui assure théoriquement la diffusion de huit autres épisodes sur France 2[8]. En Belgique, le pilote a réuni 236 000 téléspectateurs[9], lors de sa diffusion sur La Une.

Les épisodes du tableau ci-dessous sont présentés dans l'ordre de diffusion sur France 2[10].

  • Le plus haut chiffre d'audience
  • Le plus bas chiffre d'audience
Saison N° épisode 1re diffusion France Titre Nb de téléspectateurs Part d'audience Acteurs invités
Pilote 0 12 avril 2019 Puzzle 4 221 000 19,5 % Linda Massoz, Julien Prévost
1 1 13 mars 2020 Hantise 1 3 895 000 16,3 % Kamel Isker, Sarah Haxaire
1 2 13 mars 2020 Hantise 2 3 470 000 16,4 % Charlélie Couture
1 3 20 mars 2020 Chaînon manquant 4 990 000 18,0 % Richard Gotainer
1 4 20 mars 2020 Chambre close 4 330 000 17,6 % Stéphane Guillon, Ariel Wizman
1 5 27 mars 2020 Fulcanelli 4 760 000 17,1 % Daniel Mesguich
1 6 27 mars 2020 L’Homme qui n’existait pas 4 260 000 17,9 % Fauve Hautot, Anne Le Nen
1 7 3 avril 2020 La Mort et Compagnie 5 243 000 18,2 % Raphael Mezrahi, Hugo Horiot
1 8 3 avril 2020 Invisible 4 750 000 19,1 % Vincent Moscato, Gérard Miller

Le pilote Puzzle est rediffusé sur France 2 le vendredi 10 avril 2020 à 21 h 5 et rassemble 4 885 000 spectateurs soit 18,3 % de part de marché [11].

CritiquesModifier

D’après Julia Fernandez d’Allociné, la scène du groupe de paroles entre personnes autistes est l’une des plus réussies dans l’épisode pilote, la faiblesse de cet épisode résidant dans une certaine prévisibilité du dénouement de l’enquête policière[12].

Lors de la diffusion du pilote, le magazine belge Moustique constate une forte ressemblance avec la série américaine Good Doctor : « Comme Shawn Murphy, Astrid vit une situation familiale difficile mais peut compter sur l’aide de son tuteur. Comme le jeune médecin, elle est sortie de l’isolement provoqué par son atypie neurologique — grâce à son job —, mais doit régulièrement faire face à l’incompréhension de ceux qui ne savent pas[9]. »

Lors du démarrage de la première saison, le même magazine insiste sur la difficulté des scénaristes d'inventer des histoires autour de « personnages en situation de handicap » : « Ils doivent slalomer entre l'intérêt de l'histoire, le respect du politiquement correct et le souci d'éviter la caricature, dans laquelle il est facile de tomber pour le plaisir d'un moment d'émotion ou d'une scène drôle. » Le journaliste estime le pari plutôt réussi : « Sans éviter tous les écueils, la série tient vraiment la route et arrive à ne traiter l'autisme d'Astrid que comme un élément et non une définition de la jeune femme[13]. »

CaractéristiquesModifier

D'après l'actrice Lola Dewaere, ce polar permet « un autre regard sur la différence »[3]. La série s'apparente à un remix de Sherlock Holmes au féminin[14].

D'après l'un des scénaristes, Alexandre de Seguins, le personnage d'Astrid, qu'il veut le plus éloigné possible du cliché de l'autiste de génie, est inspiré de la lecture des ouvrages de Temple Grandin, qui lui ont « donné les éléments sur sa façon de voir le monde, les difficultés du quotidien »[15]. Il s'est aussi inspiré de sa rencontre et de discussions avec Josef Schovanec, ainsi qu'une dizaine de personnes autistes qui ont lu et commenté les textes des épisodes[15].

L'un des trois coauteurs de la série a reçu un diagnostic de syndrome d'Asperger[15]. Hugo Horiot, acteur lui-même autiste, joue un personnage neurotypique dans l'épisode 7[15].

Clins d’œilModifier

Les scénaristes ont introduit des clins d’œil à des films ou à des personnages célèbres dans les noms des personnages sujets des enquêtes :

  • Dans le pilote, Raphaëlle sollicite le meneur du groupe de parole d’Astrid afin d’infiltrer l’ordinateur d’un certain Yann Malcolm, qui n’est autre que le nom du personnage joué par Jeff Goldblum dans Jurassic Park (Ian Malcolm). Deux des victimes s’appellent respectivement Alain Grant (Alan Grant) et Denis Nedry (Dennis Nedry), tous deux protagonistes de ce même film. Raphaëlle contacte également par téléphone un certain docteur Thierry Rex (référence au T-Rex ou Tyrannosaurus Rex). Toujours dans le pilote, Astrid explique à Raphaëlle que la mémoire n’est pas extensible à l’infini ; il s’agit de la même explication que celle que fournit Sherlock Holmes au docteur Watson au début de leur relation dans le roman Étude en rouge. Le choix de la Cattleya constitue une allusion au roman de Marcel Proust, Un amour de Swan où le personnage principal utilise l’expression « faire cattleya » pour désigner faire l’amour. Enfin, la variété mentionnée, Cattleya Trianae, est endémique de la Colombie, tout comme la coupable.
  • Dans les deux premiers épisodes, Laure Gana et Wilfred Tarquin sont des références à deux protagonistes de Star Wars (Leïa Organa et le général Wilhuff Tarkin). Il est également fait furtivement référence à un certain Max Rebo et un Monsieur Jaba né à Tataouine (pour Jabba le Hutt vivant sur la planète Tatooine).
  • Dans le troisième épisode, c’est SOS Fantômes qui est mis à l’honneur, faisant allusion au sujet des deux épisodes précédents, les fantômes : la victime se nomme Diana Barrette, son ancien petit ami Pierre Venkman, et son patron Raymond Stan (Dana Barett, Peter Venkman et Ray Stanz).
  • Dans le quatrième épisode, les noms des personnages Ricœur et Lamarck font sans doute allusion à Paul Ricœur, spécialiste de l’anthropologie philosophique et à Jean-Baptiste de Lamarck, naturaliste, là encore renvoyant à l’épisode précédent, qui se passe au Musée d'histoire naturelle[16].
  • Le sixième épisode, L’Homme qui n’existait pas peut faire référence au livre d'Erwan Montaigu relatant la mise en œuvre d’une opération d’espionnage par les Britanniques à partir d’un cadavre portant sur lui de faux documents. Par ailleurs, le nom de Louis Valméras est celui d’un pseudonyme d’Arsène Lupin dans le roman L'Aiguille creuse.
  • Dans le huitième épisode (1 min 10), un personnage jette une boîte de cure-dents sur le sol et demande à Astrid de les compter d’un seul regard, allusion évidente à une scène de Rain Man dans laquelle le rôle de l’autiste était joué par Dustin Hoffman.

Placement de produitModifier

Un placement de produit pour la société Cofidis se retrouve dans chacun des épisodes  : une affiche de la société de crédit à la consommation apparaît très visiblement dans plusieurs scènes, placardée sur un mur ou dans une vitrine.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Contrairement à ce qui est affirmé sur le site de France 2, la série ne désigne Astrid Nielsen que comme autiste, sans précision. Le syndrome d'Asperger, traité abondamment dans la littérature ou le cinéma, désigne un TSA particulier, mais le nom même d’Asperger est remis en cause à cause du passé sulfureux de Hans Asperger ; c’est pourquoi le scénariste, Alex de Seguins, a pris soin de ne pas préciser la forme d'autisme abordée ici, précisant que la source d'inspiration d'Astrid Nielsen est Temple Grandin.
  2. a et b « Astrid et Raphaëlle : Sara Mortensen et Lola Dewaere héroïnes du pilote d'une nouvelle série de France 2 ce soir », sur ozap.com (consulté le 18 avril 2019).
  3. a et b « Lola Dewaere: «Le polar Astrid et Raphaëlle est un autre regard sur la différence» », sur tvmag.lefigaro.fr, (consulté le 13 avril 2019).
  4. « Astrid et Raphaëlle (France 2) : « Raphaëlle n’a aucun à priori envers Astrid, c’est ce qui fait sa force » selon Sara Mortensen [INTERVIEW] », sur Allociné (consulté le 14 avril 2019).
  5. Stéphanie Gorlin, « Astrid et Raphaëlle (France 2) : la fiction aura-t-elle une suite ? », sur Programme-tv.net, (consulté le 18 avril 2019).
  6. « Val-d’Oise. La série policière « Astrid et Raphaëlle » en tournage à Pontoise », sur actu.fr, (consulté le 31 mars 2020).
  7. a et b Céline Fontana, « La série Astrid et Raphaëlle en tournage pour France 2 », sur lefigaro.fr, (consulté le 31 mars 2020).
  8. « Astrid et Raphaëlle : la nouvelle fiction de France 2 va-t-elle devenir une série ? - Télé Star », sur téléstar, (consulté le 18 avril 2019).
  9. a et b Vanessa Vansuyt, « Association insolite », Moustique, no 4862,‎ , p. 144.
  10. À l'exception des deux premiers épisodes (retardés d'un jour, à la suite d’une émission spéciale du journal télévisé consacrée au coronavirus), la RTBF les a programmés sur La Une la veille de leur diffusion sur France Télévisions.
  11. « Audiences TV Prime (vendredi 10 avril 2020) : Koh-Lanta surpuissant, Astrid et Raphaëlle impressionnent en rediffusion, NCIS garde ses fidèles », sur toutelatele.com, (consulté le 11 avril 2020).
  12. Julia Fernandez, « Astrid et Raphaëlle : que vaut le nouveau duo policier de France 2 qui aborde le thème de l’autisme ? », sur Allociné (consulté le 14 avril 2019).
  13. Yannic Duchesne, « Femmes de loi », Moustique, no 4910,‎ , p. 134.
  14. « Faut-il regarder Astrid et Raphaëlle, le nouveau duo policier de France 2 ? », sur tvmag.lefigaro.fr, (consulté le 14 avril 2019).
  15. a b c et d Carine Didier, « «Astrid et Raphaëlle» sur France 2 : leurs enquêtes sont de sacrés casse-têtes ! », sur leparisien.fr, Le Parisien, (consulté le 28 mars 2020)
  16. « Astrid et Raphaëlle », sur Allocine.fr (consulté le 31 mars 2020).

AnnexesModifier

Article connexeModifier

BibliographieModifier

  • Julia Baudin, « Astrid et Raphaëlle : France 2 ose l'atypique. La chaîne lance un pilote construit sur un tandem d'héroïnes dont l'une est autiste et l'autre complètement ingérable », TV Magazine, Le Figaro, Paris, , p. 12.

Liens externesModifier